Irak: Le surge de Dah’ech et sa signification

René Naba*

Paris – L’assaut de Dahe’ch –l’acronyme en arabe, ISIS en Français contre la zone pétrolifère du nord de l’Irak répond à un triple objectif:

1. Se constituer un trésor de guerre dans la perspective d’un tarissement du flux financier wahhabite.

2. Prendre des gages vis-à-vis de la Turquie dans la perspective d’une éventuelle fermeture des frontières de transit vers la Syrie.

3. Peser sur un éventuel rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite, à cinq jours de la visite officielle du vice-ministre iranien des affaires étrangères au Royaume saoudien.

En voici le développement:
I- La plus riche organisation terroriste au Monde
La prise d’un butin de 450 millions de dollars des banques de Mossoul, faisant d’ISIS la plus riche organisation terroriste au Monde, la prise de ressortissants turcs en otage dans une zone où la Turquie dispose de cinq consulats, le massacre de soldats chiites, l’ensemble de ces actions terroristes constituent autant d’éléments qui pourraient donner crédit à une telle interprétation du surge jihadiste ISIS en Irak.

En mauvaise posture en Syrie, en conflit ouvert avec les autres formations jihadistes de Syrie, ISIS a voulu se repositionner sur l’échiquier régional en partant à l’assaut du nord de l’Irak, zone Kurdophone certes, mais pétrolière et sunnite ; de surcroit le lieu d’une forte implantation israélienne et des forces libanaises, les anciennes milices chrétiennes de Samir Geagea et les phalangistes d’Amine Gemayel.

Coïncidant avec la reprise des négociations bilatérales entre Iraniens et Américains, d’une part, entre Iraniens et Français, d’autre part, ce coup de pied dans la fourmilière, à cinq jours du premier déplacement d’un officiel iranien en Arabie Saoudite depuis le déclenchement de la guerre de Syrie pourrait constituer dans le jeu trouble saoudien, un message subliminal à Téhéran sur sa capacité de nuisance régionale.

II – L’Etat islamique en Irak et au Levant (ISIS)
Fruit d’une copulation ancillaire entre jihadiste d’Al Qaida et d’anciens dirigeants baasistes happés par la tentation d’un alignement sunni sectaire, le commandement de l’ISIS, dont l’acronyme en arabe est Da’ech, est exclusivement irakien.

Autour du noyau central d’ISIS se sont greffés d’une part des membres des tribus sunnites d‘Irak lésés par la disparition de Saddam Hussein, d’autre part des Frères Musulmans irakiens, des Nachkabandistes. Il s’agit d’une structure hétéroclite, scellée par une alliance contre nature liée entre Izzat Ibrahim ad’Doury –ancien vice-président du Conseil de la Révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête de la guérilla anti-américaine en Irak–, et son ancien bourreau, le Prince saoudien Bandar Ben Sultan, un des artisans de la destruction de l’Irak et des assises du pouvoir baasiste sunnite dans ce pays, et ce en vue de restaurer le primat sunnite à Bagdad, dans l’ancienne capitale abbasside.

Une démarche qui révèle la fragilité des convictions « idéologiques » de ces dirigeants, une insulte à la mémoire des nombreux morts d’Irak et du Monde arabe. Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets libyens, a opéré la même mutation au service du Prince saoudien pour la zone Maghreb-Sahel.

III – Les barbares aux portes des vieilles civilisations
Ainsi que le démontre l’assaut du nord Irak, la rapine, les butins, les exécutions sommaires et les prises de guerre ont constitué le mode opératoire privilégié de l’ISIS. Ce dernier relève d’un commandement irakien qui a fait ses preuves en Irak contre les Américains, alors que Jabhat al-Nosra est une structure panislamique sous la houlette d’Al Qaida, sunnite, particulièrement active en Syrie.

Trois des grandes capitales de la conquête arabe des premiers temps de l’Islam échappent au contrôle des sunnites : Jérusalem, sous occupation israélienne, Damas, sous contrôle alaouite et Bagdad, sous contrôle kurdo-chiite. Il est devenu urgent pour les wahhabites, de crainte d’être démasqués, de laver cette souillure infligée par leur politique d’alignement inconditionnel sur les Etats-Unis, le principal protecteur d’Israël – l’ennemi officiel du Monde arabe qu’ils considèrent comme l’usurpateur de la Palestine.

Les barbares sont aux portes des pays de vieilles civilisations, aux portes de Bagdad et d’Alep, qu’ils ont déjà saccagés. Les dirigeants au pouvoir dans la région par leur veulerie, et les pays occidentaux par leur morgue doivent assumer les conséquences de leurs incohérences :

– Favoriser inconditionnellement l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins stratégiques, afin de provoquer l’implosion de l’Union soviétique, (Guerre d’Afghanistan décennie 1980), détourner le combat arabe de la Palestine vers l’Asie.

– Cautionner la forme la plus rétrograde et la plus répressive de l’islam, le wahhabisme, et soutenir inconditionnellement le délire jihadiste de leur enfant chéri, Bandar Ben sultan, au-delà de toute mesure, sans la moindre retenue, pour assurer la pérennité des roitelets du Golfe, sur les débris du monde arabe.

– Faire de l’Arabie saoudite, ce royaume des ténèbres, l’allié privilégié de la grande démocratie américaine et de la France -Patrie des droits de l’homme.

– Instrumentaliser des binationaux pour une fonction supplétive à une politique de prédation économique du monde arabe aboutit à de telles monstruosités, signes de la pathologie atlantiste en même temps que pétro-monarchique.

Les appels à la guerre sainte lancés tant par l’Ayatollah Ali Sistani (chiite iraqui) que par le Mufti de l’Otan, le téléprédicateur Youssef Al Qaradawi (sunni saudi) ne feront qu’accentuer le carnage, dans une guerre ou des Arabes s’entretueront sans la moindre perte ni occidentale, ni iranienne, ni israélienne.

La Syrie de la décennie 2010 remplit ainsi une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980 :
– Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille, dans la pure tradition de la guerre froide soviéto-américaine. Pour preuve, trois ans de combat en Syrie ont permis à Israël d’achever de phagocyter la totalité de la Palestine.

– Un défouloir absolu du jihadisme erratique que les pétromonarchies préfèrent sacrifier sur le théâtre des opérations extérieures plutôt que le réprimer sur le sol national, avec son cortège de représailles.

– Un dérivatif au combat pour la libération de la Palestine, la «grande oubliée » du printemps arabe.

– A contre-courant du flux de la mondialisation, la guerre de Syrie aura été la première opération de délocalisation sud/nord d’une «révolution» en ce que ses meneurs auront été porteurs de nationalité occidentale, salariés de l’ancienne administration coloniale : des supplétifs, ivres de notoriété et de vanité.

Finalement, le surge de l’ISIS apparait dans un tel contexte comme un coup de semonce aux Arabes, afin qu’ils cessent d’être des pantins désarticulés, complices de leur sujétion et de leur cupidité.
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Source : http://tunisitri.wordpress.com/2014/06/16/irak-le-surge-de-dahech-isis-et-sa-signification/

EIIL ou Dah’ech: Ejercito Mercenario USA

Purificación González de la Blanca
Jul 2, 2014
Purificación González de la Blanca
Jul 2, 2014

Ojos para la Paz
Una vez más nuestros compañeros de Armas contra las Guerras hacen un magnífico trabajo de investigación e información.
Según la prensa atlantista, el Emirato Islámico de Irak y el Levante (EIIL) que acaba de invadir el norte y el oeste de Irak es un grupo de yihadistas inspirados por su fe que luchan con el Corán en una mano y el kalachnikov en la otra.
Para quienes han sido víctimas de sus crímenes, sobre todo en Siria, el EIIL es un ejército privado de mercenarios provenientes del mundo entero, dirigido por oficiales estadounidenses, franceses y sauditas, que está dividiendo la región para que las potencias coloniales puedan controlarla. La maniobra mediática es evidente.

¿Qué hay detrás? Hay una estrategia de desarrollo de las autopistas energéticas planeada por Estados Unidos, que ha fracasado. Solo les queda la intervención militar camuflada tras los terroristas que ha creado y sigue financiando.

Y esto por no hablar de los planes del grupo yihadista Estado Islámico de Irak y el Levante (EIIL) que asola Irak -que son los planes de EE.UU.-, publicado en un mapa de su sitio web que muestra sus fantasiosos delirios para controlar todo el petróleo de Oriente Medio, del norte de África y de Asia.

Un Général Libanais analyse la nouvelle invasion de l’Irak

Général Amin Hoteit: Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL (ou Dah’ech)?

Entrevue publiée par Candide le 1 juillet 2014 dans Actualités, Al-Qaida, Irak, Israel, Syrie, Terrorisme, USA

Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ?

Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ?
Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ?

1. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ?
Considérons les événements tels qu’ils sont et ne tombons pas dans les pièges des médias occidentaux qui nous laissent à penser que Daech est ce géant nanti d’une force contre laquelle nous ne pourrions résister. Ce n’est pas vrai.

2. Comment cela ?
Nous disposons de suffisamment de renseignements sur les forces de cette organisation. Les évènements qui se sont succédés m’ont conduit à rédiger, il y a quelques jours, un article que j’ai intitulé « Mossoul : une mise en scène daechienne » [1]. Car nous avons bel et bien assisté à une mise en scène !

Savez-vous que 25 000 hommes de la police et de l’armée de l’État irakien étaient présents à Mossoul et que Daech ne comptait que 500 combattants ? Par conséquent, ce qui s’est passé à Mossoul n’était pas une guerre, mais un cas de trahison et de capitulation associé à une guerre médiatique menée par les chaines TV Al-Jazeera [qatarie] et Al-Arabiya [saoudienne], lesquelles chaines ont annoncé la capitulation de Mossoul six heures avant sa chute réelle ! Ceci, exactement comme elles avaient procédé pour Bab al-aziziya en Libye, annonçant la défaite de Mouammar Kadhafi trois jours avant qu’il ne tombe et sa mort trois jours avant qu’il ne soit assassiné.
Il faut savoir qu’en cas de « guerre psychologique », la règle veut qu’une bonne partie de la population, plongée dans le « brouillard médiatique », attend de savoir qui est le plus fort pour décider de quel côté se ranger.

Il était donc évident que si les Irakiens des régions à prédominance sunnite des quatre provinces concernées [Ninawa, Salah Ad Din, Diyala, et Al-Anbar] avaient su que les forces attaquantes de Daech ne comptaient que 500 éléments face à 25 000, ils ne se seraient jamais résignés à leur servir de « couveuse ». Il fallait donc « exagérer » les forces de Daech pour en arriver à la situation souhaitée avant que le brouillard des médias complices ne se dissipe.

Daech, en tant qu’organisation, a été créée en Irak en 2004. Lorsque l’« incendie arabe » a été déclenché en Tunisie fin 2010, elle est restée cantonnée en Irak où elle a fini par compter, au grand maximum, 5200 éléments. Daech n’a été expédiée en Syrie qu’après le premier véto sino-russe d’Octobre 2011 et une fois que « Jabhat al-Nosra », créée spécialement pour alimenter la crise syrienne, s’est révélée incapable de renverser le gouvernement en place.

Il est de notoriété publique que Daech et Jabhat al-Nosra sont liées à l’organisation Al-Qaïda, elle-même créée par l’administration américaine, de l’aveu même de Mme Hilary Clinton [2]. C’est en Syrie que Daech est passée de 5200 à 7000 éléments en 2012, alors qu’elle en compte aujourd’hui 15 000 contre 10 000 en Irak, d’où 25 000 combattants au total.

3. Et voilà que Daech et Jabhat al-Nosra se battent en Syrie !
Non… tout cela relève de la « tactique » du maestro qui mène le jeu. Ainsi, nous avons appris ce midi [25 Juin] qu’à Abu Kamal [localité frontalière entre la Syrie et l’Irak] Al-Nosra a été obligée de déclarer son allégeance à Daech [3], pour la doter d’une « puissance cumulée » et faciliter sa besogne dans les provinces irakiennes. Et ceci, parce que le terrain principal de cette guerre s’est déplacé en Irak.

4. Qui commande Daech ?
C’est toujours le même maestro qui pense que le « contrat sécuritaire américano-irakien » qu’il a conçu [4][5], fera de l’Irak une colonie américaine qu’il dirigerait à distance depuis Washington. Mais il se trouve que trois ans après le retrait américain, l’Irak a cherché sa route, dictée par sa condition géopolitique ; autrement dit, celle qui le mène à une certaine harmonisation avec l’Iran et la Syrie. Résultat : les Américains sont furieux que l’Irak se rapproche de l’axe qui lui résiste, et les Pays du Golfe sont encore plus furieux contre Al-Maliki qui refuse de se plier à leurs diktats.

Ce qui s’est passé en Irak, est la conséquence de leur échec en Syrie ; surtout qu’Obama a sonné le glas de la prétendue opposition syrienne [sur CBS], en admettant publiquement qu’« il n’y a pas d’opposition syrienne capable de renverser le Président Al-Assad » [6].
L’administration américaine a donc admis son échec en Syrie, mais n’a pas abandonné son plan initial. Nuance ! Elle s’est donc déplacée vers l’Irak où ses intérêts se sont recoupés avec ceux de l’Arabie saoudite d’une part, du Qatar et de la Turquie d’autre part ; lesquels ont mis leurs désaccords de côté car ils se sont tous trouvés confrontés à une même catastrophe et à une même urgence : empêcher l’Irak de rejoindre le front du refus et donc, l’axe de la Résistance.

La question est : comment ont-ils procédé pour l’en empêcher ? Al-Maliki faisant partie de l’« Alliance nationale irakienne » habilitée, selon la Constitution, à former le gouvernement, ils lui ont mis en scène l’invasion daechienne ! Mais, aujourd’hui, nos renseignements disent que plus du tiers des sunnites de Mossoul et d’ailleurs se sont retournés, en à peine 24 heures, contre cette engeance qui a déplacé 750 000 des leurs ; ce qui correspond à un sunnite sur sept, le nombre de sunnites irakiens oscillant entre 5,5 et 6 millions.

Cette mise en scène daechienne a donc deux raisons : l’échec subi en Syrie, et aussi la lutte pour le pouvoir. Terroriser Al-Maliki ainsi que les membres de la coalition autorisée à décider de la Constitution et du Gouvernement, devrait permettre de proposer un gouvernement qui négligerait les résultats des dernières élections législatives. D’où la proposition d’un « Gouvernement de salut national » présentée par John Kerry [7][8].

Ce que suppose la proposition de John Kerry c’est, en effet, de mettre de côté les résultats des dernières élections législatives remportées par le bloc Al-Maliki et de distribuer le pouvoir à égalité entre les chiites, les sunnites et les kurdes; donc, sur une base confessionnelle et ethnique !
Ce qui reviendrait à un tiers pour les chiites [60 à 65% de la population], un tiers pour les sunnites [15 à 18% de la population], et un tiers pour les Kurdes [< 20% de la population]. Résultat : les deux-tiers sunnite et kurde sont aux mains des Pays du Golfe et des USA. Et, c’est le but de cette mise en scène en Irak !

5. Mais alors, comment devons-nous comprendre l’appel à l’aide des États-Unis de la part d’Al-Maliki [9] ?
C’était plutôt intelligent, étant donné le « contrat sécuritaire américano-irakien » qui stipule que si l’un des deux pays [ici, il s’agit évidemment de l’Irak] fait face à un danger menaçant son existence, ses frontières, son unité territoriale… à lui de demander à l’autre partie son aide dans les limites, le lieu et la durée qu’il aura fixés. Or, Al-Maliki sait parfaitement que les USA sont derrière toute cette opération, comme il sait que ni les Saoudiens, ni les Turcs n’auraient jamais osé encourager l’invasion daechienne sans que la décision, et non simplement l’accord, ne soit venus des États-Unis. Il les a donc appelés à l’aide !

Dans le cas où les États-Unis se seraient décidés à appliquer les termes de l’accord sécuritaire, ils envoyaient leur aviation. À ce propos, je vous fais part d’un sujet que je divulgue pour la première fois : lorsqu’Al-Maliki a parlé de bombardements US sur des centres de Daech dans la région d’Al-Anbar, ce n’était pas vrai ! Mais cela a obligé les États-Unis à démentir et a permis au Chef de l’alliance nationale irakienne, Ibrahim al-Jaafari, de rétorquer aux Américains qu’ils n’avaient rédigé leur accord sécuritaire bilatéral que dans leurs propres intérêts, puisqu’ils se sont abstenus de l’appliquer à la première occasion, ce qui autoriserait désormais l’Irak à le réviser et à faire face, par lui-même, aux dangers qui le menacent. D’où la « fatoua » prononcée aussi bien par les autorités religieuses chiites et sunnites contre cette mise en scène « dirigée pas les Américains en association avec la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite »…

En pleine interview, tombe la nouvelle d’une explosion lors d’une perquisition dans un hôtel à Beyrouth : 10 blessés [10] ; ce qui ramène le sujet vers la première question de cet extrait.

6. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que DAECH se déplace au Liban ?
La réponse du Général Hoteit à ces actes terroristes qui frappent le Liban revient à dire qu’au Liban le système de Sécurité prend des coups mais ne cède pas ! Réponse développée, par ailleurs, dans un article du 26 Juin, dont voici les points essentiels [NdT].

L’occident tente de briser l’axe de la Résistance depuis l’an 2000. Il a commencé avec la Résolution 1559, est passé à la guerre de 2006, puis à la provocation de la discorde au Liban en 2008 et en Iran en 2009, pour ensuite s’attaquer à la Syrie en 2011, avant d’en arriver à l’Irak aujourd’hui ; dernière carte américano- sioniste… Par conséquent, nous pouvons nous demander si le passage à l’Irak, après fermeture de la frontière libano-syrienne, est la raison qui éloigne le Liban du feu de l’incendie. Sinon, est-il destiné à jouer un autre rôle?
Maintenant que l’Irak est devenu le théâtre principal de l’agression, nous pensons que l’Occident s’est légèrement mis en retrait de la Syrie devenue un théâtre auxiliaire, tandis que le Liban est désormais « le théâtre de pression » sur les composantes de l’axe de la Résistance en général, et sur le Hezbollah en particulier. Mais le problème de l’Occident réside dans son incapacité à pénétrer la société de la Résistance vu le bouclier de sécurité qui s’est formé autour d’elle. C’est pourquoi de nombreuses tentatives terroristes ont échoué les unes après les autres… [Celle-ci est passée].

Certes, les tentatives se répètent mais nous notons une nette baisse des niveaux de préparation et d’exécution, d’autant plus qu’il semble que la fabrication soit devenue locale depuis que les terroristes ont été privés de leurs « usines de la mort » dans le Qalamoun.

À ce stade, nous pouvons dire que l’échec de nombreuses autres tentatives terroristes est dû à l’incessante collaboration entre les institutions officielles de la Sécurité et de l’Armée libanaises d’une part, et les composantes de la société civile de la Résistance et des citoyens d’autre part. Ceci, sans oublier la complémentarité avec l’Armée arabe syrienne de l’autre côté de la frontière. Tant que cette coopération se poursuivra, la sécurité du Liban ne cèdera pas, malgré les secousses causées par une attaque terroriste ici ou là pour tenter de mettre fin à l’équation libanaise en vigueur : « Peuple, Armée, Résistance ».

7. Et que pensez-vous du danger qui guetterait la Jordanie ?
Daech a communiqué sa carte géographique qui correspond, en réalité, à un avertissement américain adressé à cinq pays, plus un sixième pour mystification !
Cette carte inclut l’Irak et le Koweït à l’Est, la Syrie et la Jordanie au centre, le Liban et la Palestine occupée à l’Ouest. Bien évidemment, Israël n’est pas concerné par Daech, car le haut commandement de Daech est américain et soucieux de ses intérêts. Par conséquent, ni le commandant, ni Daech ne porteront atteinte à Israël.
Le Koweit a été ajouté à la carte, car certaines informations ont fait état de ses tentatives de retour vers la Syrie et l’Iran depuis « l’échec du projet ».

L’avertissement est venu lui dire : ne bouge pas !
La Jordanie, qui a été la carte maîtresse de la guerre contre la Syrie tout le temps où Bandar Bin Sultan était à l’œuvre, hésite à son tour. Elle a reçu l’avertissement [mais c’est une autre histoire, NdT]

Le Liban est sur la carte depuis le début. Ceux qui prétendent le contraire doivent avoir des informations directes à partir des chambres opératoires dirigées par les États-Unis, les sionistes, les jordaniens ou les Pays du Golfe, que nous n’avons pas !

8. Finalement, et vu le scénario que vous venez de nous décrire, ne craignez-vous pas une guerre régionale ?
Une guerre traditionnelle, dont Israël ferait partie en envoyant ses propres soldats se battre sur tous les fronts n’est pas à l’horizon, ni au Liban, ni au Golan, ni en Iran. Si une telle guerre était possible, Israël n’aurait pas attendu 8 ans pour lancer sa guerre !

Dr Amin Hoteit
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http://reseauinternational.net/quels-les-buts-mise-en-scene-linvasion-lirak-leiil/
Sources : Synthèse de 2 interventions
25/06/2014 : Vidéo TV libanaise ANB
26/06/ 2014 : Article Al-Binaa
Transcription et Traduction par Mouna Alno-Nakhal
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Notes :
[1] Mossoul : une mise en scène daechienne
[2] Hillary Clinton : Nous avons crée Al-Qaïda, nous avons financé les Moudjahidin
[3] Al-Qaïda et l’EIIL fusionnent à la frontière syro-irakienne
[4] Les accords du 17 novembre 2008 établissant le cadre juridique de la présence américaine en Irak et de la coopération entre les deux États
[5] L’escroquerie du contrat sécuritaire américano-irakien
[6] Obama: Notion that Syrian opposition could overthrow Assad a “fantasy”
Extrait traduit :
« Il n’y a pas d’opposition syrienne qui soit en mesure de vaincre Al-Assad… Je pense que l’idée selon laquelle il y aurait actuellement une force d’opposition modérée capable de vaincre Al-Assad n’est tout simplement pas vraie… Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de travailler avec l’opposition modérée en Syrie… l’idée qu’ils puissent tout à coup renverser non seulement Assad, mais aussi les impitoyables djihadistes hautement entraînés, si nous envoyons quelques bras, relève du fantasme… Je pense qu’il est très important que le peuple américain, et sans doute encore plus important, que Washington et les services de presse comprennent cela ! »
[7] Iraq crisis : Kerry in Irbil for talks as crisis rages
[8] Kerry calls for inclusive government in Iraq
[9] L’Irak appelle les Etats-Unis à l’aide
[10] De nouveau, le carnage évité de justesse à Beyrouth
Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
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Source : http://tunisitri.wordpress.com/2014/07/01/general-amin-hoteit-quels-sont-les-buts-de-la-mise-en-scene-de-linvasion-de-lirak-par-leiil/

Lettre d’un senateur US au Président Syrien

Version française & arabe

“Merci aux Forces armées syriennes”
Par Richard H. Black

Monsieur le Président Al-Assad,

Je vous écris pour remercier l’Armée arabe syrienne de s’être héroïquement portée au secours des Chrétiens de la région montagneuse du Qalamoun.
Je suis particulièrement reconnaissant pour sa victoire spectaculaire à Yabroud où, avec les Forces aériennes, elle a réussi à les libérer, ainsi que d’autres Syriens, alors qu’ils étaient détenus en captivité par des terroristes depuis plusieurs années. Et, nous sommes profondément reconnaissants pour la compétence et la bravoure dont les troupes syriennes ont fait montre en sauvant 13 religieuses enlevées puis utilisées comme boucliers humains par de lâches jihadistes à Yabroud.

Il est clair que la guerre en Syrie est en grande partie menée par de vicieux criminels liés à Al-Qaïda. Des groupes, tels al-Nosra et l’Etat Islamique d’Irak et du Levant, commettent systématiquement des crimes de guerre et les pratiquent comme politique officielle. Ils postent fièrement sur YouTube des vidéos montrant les exécutions massives de prisonniers de guerre, les décapitations de prêtres et de civils, et même leur cannibalisme. À Alep, en Juin dernier, al-Nosra s’est vanté d’avoir forcé une mère à les regarder assassiner son fils de 14 ans en lui tirant une balle dans la bouche et le cou. Il est difficile de comprendre comment une nation civilisée en arrive à tolérer les actions de tels criminels assoiffés de sang.

De toute évidence, le peuple syrien est fatigué de voir des mercenaires étrangers pénétrer son territoire pour lui faire la guerre. Votre peuple continue à endurer les crimes de ces jihadistes venus violer et assassiner des Syriens innocents. Et ceci, même si certains médias occidentaux rapportent que les rebelles ont perdu la guerre et que leur cause est désormais sans espoir.
Pourtant, jusqu’ici, peu d’Américains se rendent compte qu’en Syrie les rebelles sont dominés par notre pire ennemi : Al-Qaïda. Ils ne savent pas que vos ennemis ont juré allégeance à la même organisation qui, le 11 Septembre 2001, a envoyé des avions de ligne s’écraser sur le Pentagone et les Tours jumelles, tuant plus de 3000 Américains innocents. Aujourd’hui, les combattants affiliés à Al-Qaïda commettent des attentats-suicides pour assassiner des femmes et des enfants sans défense dans votre pays, tout comme ils ont massacré des civils sans défense ici [aux États-Unis].

Je ne peux pas expliquer comment des Américains, qui ont si cruellement souffert des agissements d’Al-Qaïda, se sont laissé duper au point de soutenir les jihadistes. En revanche, je sais que nombre d’officiels ne sont pas d’accord pour équiper et entraîner les terroristes qui traversent vos frontières à partir du Royaume de Jordanie et de la Turquie.
Le pire des dénouements serait que les rebelles s’emparent de la capitale et hissent le terrifiant drapeau noir d’Al-Qaïda sur Damas. C’est pour cette raison qu’ils se sont vu refuser des armes plus sophistiquées. Les planificateurs militaires savent que les terroristes sont fourbes et indignes de confiance. Rien ne les empêchera d’utiliser les missiles antiaériens contre des avions civils. S’ils avaient réussi à prendre le contrôle de l’arsenal syrien, qui serait de 4000 MANPADS, ils auraient transformé les avions de ligne en boules de feu sur l’aéroport de Dulles, de Heathrow, et de LaGuardia, paralysant l’aviation commerciale dans le monde entier. Les aider à cela est un acte de pure folie.

Comme votre père, vous avez traité avec respect tous les Chrétiens ainsi que la petite communauté des Juifs à Damas. Vous avez défendu les églises des uns et les synagogues des autres, et vous leur avez permis de pratiquer librement leur foi. Pour cela, je vous suis reconnaissant.

En revanche, là où les rebelles ont pris le contrôle, ils ont agi comme des voleurs, des criminels et des vandales. Ils ont violé, torturé, kidnappé et décapité des citoyens innocents. Ils ont profané les églises. Des terroristes ont imposé la “dhimmitude”, une taxe odieuse, aux Chrétiens et aux Juifs, et les ont traités comme des sous-hommes. Je prie pour que votre Armée chasse les jihadistes en dehors de Syrie, afin que les Syriens de toutes les confessions puissent vivre ensemble en paix.

D’ici là, je continuerai à prier pour que les Forces armées syriennes continuent à témoigner de cette même courtoisie extraordinaire dans leur guerre contre les terroristes. Et je vous prie de transmettre mes remerciements personnels à l’Armée arabe syrienne, et aux Forces aériennes, pour avoir protégé tous les Syriens patriotes, notamment les minorités religieuses qui affrontent la mort aux mains de jihadistes étrangers.

Sincèrement
senator-black
Sénateur de Virginie, 13ème District
01/04/2014

Source : Facebook Présidence syrienne, lettre postée le 26/05/2014
https://www.facebook.com/SyrianPresidency
Traduction : Mouna Alno-Nakhal pour mondialisation.ca
http://www.mondialisation.ca/lettre-dun-senateur-americain-au-president-al-assad-merci-aux-forces-armees-syriennes/5384266&Prime;; data-title= »Lettre d’un Sénateur américain au Président al-Assad: “Merci aux Forces armées syriennes” »>

Mondialisation.ca, 28 mai 2014

Reproduit de : http://tunisitri.wordpress.com/2014/06/19/lettre-dun-senateur-americain-au-president-al-assad-merci-aux-forces-armees-syriennes/
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https://www.facebook.com/SyrianPresidency
رسالة من السيناتور الأمريكي ريتشارد بلاك -سيناتور فيرجينيا- إلى الرئيس الأسد، اعتبر فيها أن الانتخابات الرئاسية في سورية كانت « نصراً مدوّياً للشعب السوري، وأن العالم لا يستطيع أن يتجاهل الدعم الكاسح الذي عبّر عنه السوريون المبتهجون الذين تدفقوا إلى صناديق الاقتراع للتصويت ».

وأشار بلاك إلى أن « الناخبين السوريين وجّهوا تقريعاً لاذعاً للجهاديين العنفيين. كما أثبتت الانتخابات اشمئزاز وقرف السوريين من جزّ الرؤوس، والإعدامات العلنية، وأكل لحوم البشر وعمليات الصلب.. »، واعتبر أنه « بات من الواضح الآن أن المؤامرات الخارجية لتقسيم سورية على أساس مذهبي قد فشلت »، وأن « الشعب السوري اليوم يبقى موحَّداً ».

وأضاف: « أعتذر عن تعليقات وزير الخارجية كيري الفظّة وغير اللائقة حول الانتخابات.. لا يمكن لعاقل أن يتجاهل انتخابات يختار فيها ثلاثة أرباع الناخبين مرشحاً بهامش تسعة إلى واحد. لحسن الحظ، أن اختيار الرؤساء ليس من حقّ السيد كيري، بل من حقّ الشعب السوري ».

وتابع بلاك: « لقد كانت بلادكم يوماً درّة الاستقرار، والانسجام الديني، والثقافة والحضارة. ويبعث انتخابكم الأمل لأولئك الذين يحلمون باستعادة العظَمة التي كانت سورية تتمتّع بها ».

وختم السيناتور بلاك رسالته بالقول: « لا ينبغي تجاهل هذه الانتخابات. لقد كانت خطوة رئيسية نحو تحقيق السلام العالمي. لقد كانت علامة على أن الوقت قد حان للإذعان لإرادة الشعب السوري ووضع حد لهذه الحرب ».

رئاســة الجمهوريــة العربيــة السوريــة

Khalifa Haftar, encore un homme «providentiel»?

En Libye (une Somalie à nos frontières ?) se joue un destin tragique qu’un général suspect, Khalifa Haftar, tente de conjurer. L’urgence pour les Tunisiens est de rester vigilants…

Par Kawther Hayder

A la suite de la destruction massive de la Libye par les forces armées de l’Otan, les terroristes de tout bord y ont naturellement trouvé une niche confortable, chaque noyau armé jusqu’aux dents, chacun versant un dérivé frelaté de religion à sa sauce. Ils ont pris le peuple libyen en otage: voilà le fait.

Transfuges d’horizons divers avec la complicité active des autocraties du Golfe, ils ont tous apporté dans leur rage criminelle aussi bien le coup de grâce à asséner à ce peuple martyrisé au nom de leur lubie nommée «califat» qu’une menace imminente très GRAVE contre les pays voisins et plus au sud encore.

Aussi, la realpolitk exige-t-elle d’urgence une coalition militaire très large entre les forces internes de plus en plus importantes réunies autour du général Khalifa Haftar, à la fois en liaison avec celles des armées des pays voisins sommés de se défendre contre ce fléau terroriste qui ravage déjà des pays de la région et d’ailleurs.

En attendant une paix hypothétique pour élaborer les solutions politiques du consensus, le temps presse car les opérations militaires doivent cette fois être gérées au niveau régional sans intervention étrangère quoiqu’avec l’appui nécessaire de services du renseignement de source variée internationale.

Une nouvelle Somalie à nos portes

En l’absence de tout pouvoir central légal accordé par les urnes et légitimé par la constante volonté du peuple, les actions du général Haftar et ses troupes ne peuvent compter que sur une légitimité conditionnelle. Elle ne sera éventuellement acquise qu’après coup suivant la capacité de ces acteurs militaires à remplir la tâche qu’ils se sont imposée pour effectivement protéger la population libyenne de la terreur et des crimes commis chaque jour par l’ensemble varié de ces bandes armées de quelque dénomination fussent-elles. Le contexte tragique n’est pas à la concertation ni au dialogue déjà absent culturellement. Le grand nettoyage en question s’impose donc comme une priorité militaire absolue avant d’ouvrir la voie à toute autre action pacifique et politique.

Plus tard, ce serait au peuple libyen une fois «libéré» de ses nouveaux bourreaux de décider de son destin si seulement il arrivait à structurer un dénominateur commun parmi les différentes ramifications complexes d’un pouvoir en miettes entre tribus, clans et régions afin de dégager une forme politique cohérente et stable de gouvernement – à défaut de bénéficier d’emblée d’une Nation et d’un État dans le sens moderne du terme. Car à notre humble avis, soit dit avec le respect du à ce peuple voisin, jusqu’ici Nation et État y étaient illusoires.

A la suite de son renversement du roitelet Idriss installé comme ailleurs par les vainqueurs de la Guerre Mondiale, le colonel Kadhafi avait mis en place au cours des décennies un système à sa mesure, quoique la population ait bénéficié relativement de la rente pétrolière. Il s’agissait d’un pouvoir personnel tout à la fois grandiloquent, paranoïde, populiste, paternaliste et coercitif, pour le moins qu’on puisse dire et pour être bref. La destruction massive par les forces de l’Otan a mis à nu la vacuité de ce système de gouvernement. Pas d’État, pas de Nation et par conséquent pas la moindre velléité d’unité nationale.

Le régime vite détruit dans ses fondements a brutalement laissé place à un vide béant, à la confusion totale, à un espace idéal pour la prolifération des armes, du banditisme et le crime assuré de toute impunité contre une population sans défense et au-delà contre les pays voisins et ceux encore plus éloignés comme la Syrie.

En somme, afin de s’approprier des ressources stratégiques du sous-sol libyen (pétrole et eau en abondance), les forces de l’Otan ont créé de toute pièce dans l’arrogance et l’impunité totale une base géante du terrorisme international et une nouvelle Somalie à nos portes. Et qu’en est-il de la proximité de «leurs» portes?

Pour notre propre survie, soyons vigilants !

En comparaison avec la Libye, qui a subi une intervention armée étrangère ponctuelle en vue d’un changement de régime décidé à Paris et Washington, il en fut autrement pour notre pays entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011, dates finales d’une insurrection populaire qui couvait depuis des années.

On se souviendra longtemps de la ferveur et la fierté toutes patriotiques, de l’unité nationale soudée, affirmée sous forme de fraternisation émouvante au cours de ces journées historiques. Quoique chez nous certaines régions comportent encore quelques vestiges enquistés de structures sociales tribales et/ou claniques, toutefois nous avions réussi assez tôt au lendemain de l’indépendance formelle à constituer un Etat viable au sein d’une nation moderne différenciée par ses frontières et sa population en «melting-pot».

Cette jeune nation avait donné sens à notre citoyenneté nouvelle et notre identité collective effectivement partagée dans la diversité de nos origines ethniques et religieuses, identité tout à la fois africaine et méditerranéenne. Aussi, notre État moderne a-t-il tenu bon à la suite de l’effondrement de la dictature mafieuse. Il persiste et demeure viable quoiqu’affaibli sous les coups de boutoir du mouvement Ennahdha au pouvoir appuyé par ses forces réactionnaires et ses auxiliaires fascistes à visage découvert ou occulte.

A présent, que les mêmes pyromanes occidentaux se pressent aujourd’hui à la porte libyenne munis d’un pseudo mandat (auto-octroyé) de pompiers, le sort de ce pays a déjà été scellé par ces forces impériales. Quant aux pays voisins, il est donc du devoir impérieux de leurs gouvernements respectifs de renforcer d’URGENCE la surveillance des frontières et d’assurer la protection des populations, et ce en coordination étroite d’abord entre eux, ensuite en liaison avec ce général tel qu’il se croit investi à la manière d’un Sissi.

Tout compte fait, dans l’état actuel des choses, et quelle que soit la trajectoire tortueuse et peut-être même suspecte d’un Haftar, du fait de ses connivences éventuelles avec les services secrets des USA, s’il fallait encore s’en remettre à un autre homme «providentiel» ayant les mêmes intentions, rien ne changerait à la donne. Les dés sont jetés. Destin tragique que celui du peuple libyen!

La «cinquième colonne» parmi nous des émules d’un Morsi déchu et leurs dérivés s’inquiète et cherche à influencer en sous-main le cours des évènements en Libye à son avantage et pour sa propre survie. SOYONS VIGILANTS !

Sources : http://www.kapitalis.com/tribune/22514-tribune-libye-khalifa-haftar-encore-un-homme-providentiel.html
http://www.leaders.com.tn/article/encore-un-homme-providentiel?id=14188
Article de la même auteure dans Kapitalis:
A propos des 100 jours du gouvernement Jomaa

Se Busca Hombre Providencial por Kawther Hayder & Rashid Sherif (parte 1 & 2)

Se Busca Hombre Providencial (parte 1)

Hoy en Libia está en juego el destino trágico de un pueblo mártir con un general sospechoso pretendiendo salvarlo. ¿Acaso una nueva Somalia a nuestras fronteras? Con urgencia, los tunecinos y toda la región han de mantener una vigilancia constante…

Kawther HAYDER
Rashid SHERIF
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Kawther Hayder es una joven tunecina entre los miles de mujeres y jóvenes protagonistas en primera fila activ@s durante nuestra Intifadha o insurreccional popular. Sus artículos de opinión en periódicos electrónicos de la capital tienen impacto. A pesar de sus diplomas de alto nivel universitario sigue sin encontrar trabajo, lo mismo ocurre para miles de jóvenes tunecin@s. Se trata de una nueva generación inconforme con la insurrección frustrada, las componendas políticas, víctima además de hostigamiento por parte de los gobiernos transicionales de turno. ¿Acaso le tendrían miedo?

Partiendo del artículo escrito en francés publicado en varios sitios, a petición y con pleno acuerdo de su autora, he tratado de ampliar libremente esta versión en lengua castellana.

Libia y Túnez, países africanos vecinos viven cada uno por su lado diferentes situaciones de crisis. En esta primera parte, Kawther apunta hacia el caos en Libia, mientras en la segunda parte trataré brevemente de establecer un paralelo entre los dos procesos transicionales.

Nuestra segunda república tarda demasiado en nacer. De hecho, atravesamos en Túnez una transición alargada y con graves peligros bajo la presión de una calamidad introducida por fuerzas imperiales occidentales llamada “Islam político”, una excrecencia del movimiento fundamentalista wahabita de los Hermanos Musulmanes en Egipto. Otros países en África y Asia padecen la misma desgracia con el cortejo de violencia sembrada por esta cofradía.
R.Sh.
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Libia en la Tormenta de la Realpolitik

Luego de la destrucción masiva de Libia por las fuerzas armadas de la OTAN, un enjambre de terroristas ha encontrado allí un nicho cómodo, armados hasta los dientes, cada uno de ellos instilando su veneno derivado de una bazofia seudo-religiosa. Han tomado el pueblo libio como rehén: este es el hecho acabado.

Llegados desde lo más cercano hasta lo más lejano de los horizontes, por vía terrestre e incluso aérea, con el apoyo activo militar y financiero de las autocracias del Golfo saudí y qatarí, tal como ocurre en Siria, estos mercenarios rabiosos tienen el propósito criminal de dar al pueblo mártir el golpe de gracia a nombre de un ilusorio “califato”. En realidad, ellos representan la nueva infantería del intervencionismo imperial sembrando muerte. A la vez, constituyen una grave amenaza de desestabilización para los países vecinos y otros más al sur.

Ahora bien, frente a semejantes peligros la realpolitik en Libia exige con urgencia organizar una sólida defensa a través de una amplia coalición militar primero desde el interior del país, con fuerzas actualmente en vía de agruparse bajo el mando del General retirado Khalifa Haftar. Por otra parte y al mismo tiempo, es preciso organizar otra coalición de fuerzas armadas externas desde los países vecinos. Un amplio cerco militar concéntrico debe operar así hasta comprimir adentro y acabar con la calamidad terrorista que está diseminándose ya en toda la región norte del África, incluyendo la franja sur de países del Sahel y hasta más allá en Asia occidental (el mal llamado Medio Oriente).

Todavía no se puede contemplar una paz en Libia basada en un consenso político entre las partes tan heterogéneas en conflicto. De hecho, el contexto trágico no se presta ahora a la concertación por el dialogo como lo sugieren algunos cuanto más no existe allí la cultura del dialogo. “La gran limpieza” llamada por el General Haftar es una exigencia objetiva como prioridad basada en las acciones militares para precisamente acabar con la violencia impuesta desde adentro y afuera y así poder abrir luego un espacio para la concertación política pacífica.

El tiempo apremia. Es preciso realizar de forma coordenada estas acciones militares con vista al desarme, desmovilización de todas las milicias para encauzar y limitar estrictamente a nivel regional esa guerra civil sin nombre. Es preciso evitar la nueva intervención en preparación de las fuerzas militares de EEUU y la OTAN. Con todo, estas coaliciones regionales por articular desde adentro y fuera de Libia necesitan todavía el apoyo selectivo de varios servicios de inteligencia internacionales.

Una nueva Somalia a las puertas

La Libia de hoy, “somalizada”, queda desprovista de un gobierno central legal efectivo y eficiente salido de las urnas y respaldado a lo largo de su mandato por la voluntad del pueblo soberano único garante de la legitimidad. En este contexto nebuloso, el General Haftar carece de legitimidad sin ese mandato. Quizás podría lograrlo demostrando su capacidad en el terreno por cumplir a cabalidad y a corto plazo la tarea que se propone: proteger a toda la población civil libia del terror y de los asesinatos a diario y desarmar las milicias criminales diseminadas en el amplio territorio del país.

Es así como en un futuro el pueblo libio una vez “liberado” de sus nuevos verdugos tomaría en sus manos su propio destino para eventualmente levantar el difícil edificio de un Estado dentro de una Nación soberana. Desgraciadamente, ese futuro sigue lejano. Libia ha vivido y aún se presenta desde el principio del siglo pasado no como una entidad de pueblo unido sino a través del màs amplio espectro disperso constituido por varias ramificaciones arcaicas complejas subdivididas dentro de regiones tribales férreas y clanes (Urushya) cerrados. Numerosas agrupaciones terroristas o “katayeb” (núcleos fuertemente armados formados desde decenas hasta cientos de hombres) proliferan a través esa enorme dispersión de pobladores y regiones antagónicas. Por eso no se puede hablar con propiedad de una Nación y un Estado libios. Lo decimos con todo respeto y lo lamentamos mucho aún más cuanto nos afecta directamente a nosotros en Túnez.

Recordemos que el vasto territorio de Libia es uno de los mayores de África con la mayor extensión de costa marina sobre el frente mediterráneo a poca distancia de Europa y con tan solo seis millones de habitantes, más de la mitad de los cuales vive en un exilio forzoso en países vecinos (dos millones ya en Túnez) y otras partes. A la vez, las riquezas del subsuelo de Libia encierran, como se sabe, unas de las mayores reservas mundiales de petróleo, gas y agua potable. De allí la inmensa codicia neocolonial de los países europeos a poca distancia de allí, con igual avidez por parte de los EE.UU. Lo sabemos, mismo pasa con el petróleo venezolano tanto sino aún más codiciado por EE.UU. a poca distancia de las costas del Texas. De allí la brutal intervención militar de la OTAN para derrocar al régimen del Coronel Gadhafi y apropiarse con voracidad imperial de esas riquezas estratégicas naturales.

En definitiva, vivimos en un mundo todavía dominado desde milenarios por la ley del más fuerte, la soberbia de la política de la cañonería, la constante sobreexplotación y la deshumanización racista: ¿Acaso en este planeta solitario sufrido y mal compartido, existiera algo así como una “maldición” persiguiendo sin cesar a los débiles despreciados y los pobres condenados de la tierra?

Sería como decir: ¡Desgracia para pueblo del Sur sin riquezas naturales! ¡Desgracia para pueblo del Sur con grandes riquezas naturales!

[Segunda y última parte: Un infierno anunciado]

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– Versión libre en castellano por Rashid Sherif en pleno acuerdo con la autora.

– Dos fuentes de publicación en Túnez del texto original en francés de la autora:
http://www.kapitalis.com/tribune/22514-tribune-libye-khalifa-haftar-encore-un-homme-providentiel.html
http://www.leaders.com.tn/article/encore-un-homme-providentiel?id=14188

Otro articulo (en francés) de la misma autora en Kapitalis:
A propos des 100 jours du gouvernement Jomaa

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Se Busca Hombre Providencial (parte 2/2)

Hoy en Libia está en juego el destino trágico de un pueblo mártir con un general sospechoso pretendiendo salvarlo. ¿Acaso una nueva Somalia a nuestras fronteras? Con urgencia, los tunecinos y toda la región han de mantener una vigilancia constante…
Rashid SHERIF

Partiendo del artículo acerca del tema de Libia escrito en francés por Kawther Hayder publicado en varios sitios, a petición y con pleno acuerdo de su autora, he tratado de presentar en la primera parte una versión libre del mismo en lengua castellana.
En esta segunda y última parte me doy cuenta al redactar que el anunciado paralelo entre los dos procesos de transición en Libia y en Túnez necesitaría más espacio para su desarrollo. Por consiguiente, me limitaría aquí en recordar algunos hechos históricos acerca de Libia con un breve análisis de la situación desde el derrocamiento de Gadhafi y sus consecuencias.
R.Sh.

“! Desgracia para el pueblo que no tiene jefe!
¡Desgracia para el pueblo que necesita de un jefe!”
Bertold Brecht (Arturo Ui)

Un infierno anunciado

Libia 1946: Muhammad Idriss está siendo reconocido por el Reino Unido como Emir de la Cirenaïca (región este del país). Luego con la declaración de independiente formal en diciembre 1951, fue proclamado rey de Libia. Es así como los vencedores de la guerra mundial decidieron de la suerte de Libia como lo hicieron de otras regiones del mundo.
El rayuelo Idriss fue derrocado en 1969 sin violencia por un golpe de Estado militar del Coronel Gadhafi –a semejanza del golpe de Gamal Abdennaser y sus compañeros de armas contra el rey Farouk en el vecino país de Egipto. Luego, Gadhafi desde el poder, tal como lo describe en su “Libro Verde”, trató a lo largo de cuatro décadas de crear un sistema político original ajeno por completo a los conocidos modelos occidentales. Descartó con desdén a los partidos políticos por considerarlos inocuos y parasitarios. Implementó unas reformas sociales radicales desde arriba, de corte populista y paternalista; realizó una redistribución –aunque no equitativa- de la renta petrolera a favor de la reducida población libia (seis millones actuales), la cual había gozado entonces el privilegio de país rentista con mayor ingreso anual per cápita superando con creces cualquier otro país africano. Más de cuatro millones de trabajadores africanos, asiáticos y técnicos occidentales asumieron las funciones necesarias a todos niveles de la vida social y productiva del país.

Dentro de un contexto de confrontación y hostilidad entre fuerzas imperiales al acecho de las riquezas del país y el gobierno “nacionalista” libio, cuanto más agresiones y amenazas externas más resistencia pero también más concentración del poder central en manos de Gadhafi y mayor vigilancia policiaca de la ciudadanía. En cierto modo, Libia parecía un país asediado. Gadhafi siguió por décadas casi atrincherado, protegido por una guardia pretoriana y fuerzas armadas léales traídas del Sahara (Tuareg más algunos saharauis) y del Sahel (Mali, Níger). Estaba, rodeado por su familia, elementos leales a su persona de su clan y otra tribu allegada. Aunque sin título de estadista, Gadhafi detenía todo el poder real: Y como bien decía Lenin, “El poder corrompe. El poder absoluto corrompe absolutamente”.

A Gadhafi le sobraban enemigos externos a la vez creaba otros a su alrededor, contribuyendo a su aislamiento. El caso más emblemático es la región de la Cirenaica al este por donde desemboca gran parte del petróleo hacia puertos del mediterráneo. Sus habitantes se han considerado frustrados tanto por la pérdida de su rey Idriss como por el agravante ingreso discriminatorio –según argumentan- de la renta petrolera. Mantuvieron una hostilidad constante llegando a un estado de beligerancia abierta en contra del poder central de Trípoli con drástico castigo y constante represión gubernamental hasta la irrupción de la chispa tunecina desde el país vecino. Por supuesto, ese caldo de cultivo por décadas había sido aprovechado por fuerzas imperiales enemigas para reclutar, entrenar y fomentar intentos de magnicidio y golpe de estado para finalmente iniciar desde allí precisamente la conocida intervención militar criminal de la OTAN preparada de antemano, con Francia al frente, contra el Estado libio soberano.

Es así como esta región del este con su capital Benghazi dominada por la tribu de los Senoussi (rey derrocado) se consideraba y era de hecho victima de discriminación y represión. No era nada casual ver allá las miles de banderas del tiempo del rey ondear en Benghazi al día siguiente del principio mismo de los bombardeos de la OTAN, sustituyendo la bandera verde impuesta por Gadhafi: ¿Vuelta al punto de partida? ¿Revancha y venganza del regionalismo de Benghazi? Dicho de paso, el candidato “salvador”, General retirado Khalifa Haftar, es también originario de Benghazi.
En cuanto a su política externa, junto con sustanciales ayudas financieras a gobiernos africanos y también generosas donaciones de dinero a otras partes, Gadhafi siguió una política errática de gobierno. Pasó de un anti-imperialismo militante pagando por ello un alto precio en represalias, hacia una desesperada búsqueda de reconciliación con occidente llegando hasta entregar a sus enemigos armas altamente sofisticadas incluyendo las defensas anti-aéreas del país, una suerte de rendición que lo volvió un objetivo “blando” ideal para los planes ya en marcha del intervencionismo imperial.
De allí la gran confusión característica de la política exterior versátil de Gadhafi, a veces conciliadora, otras veces aventurera y bélica incluso en contra de países vecinos como Chad y Túnez donde gran parte de la población tunecina le mantuvo mucho rencor por varias ofensas. Recuerdan el maltrato gratuito policiaco sufrido por trabajadores despojados, emigrados allá, en represalia por diferencias con el gobierno tunecino de aquella época; así como episodios de agresión armada e intervención en asuntos internos tunecinos. Semejante memoria viva llevó tanto al gobierno de transición post-insurrección como a una parte de la población hasta ayudar directamente a los enemigos de Gadhafi durante los bombardeos de la OTAN, infiltrando armas, municiones y comida junto con mercenarios desde Túnez, para luego aplaudir de forma indecente y ciega la caída final tan horrorosa y deshumanizante del hombre, caída cuyas desastrosas consecuencias los tunecinos sin embargo lamentan muchísimo hoy.

Libia arrasada salta al vacio

He aquí la secuencia mortífera del cinismo imperial: Las fuerzas de la OTAN bombardean la población civil indiscriminadamente, hacen pagar sus bombas con petróleo libio, luego se imponen para reconstruir lo destruido por ellos mismos también pagado con petróleo libio. Según la doctrina de Washington, esto se llama el “caos creativo”.
Por otra parte, luego de asesinar impunemente miles de ciudadanos inocentes y destruir las infraestructuras del país, se puso al descubierto la vacuidad objetiva del sistema personal de gobierno, revelando la ausencia de un Estado, de una Nación con su debida defensa territorial y por consiguiente de toda veleidad de unidad nacional. El régimen socavado brutalmente desde sus cimientes dejó ver un gigantesco cráter. Ese vacío se llenó muy pronto de una verdadera plaga, con los peores enemigos del pueblo libio, manteniéndolo como rehén.

Pasada la euforia ilusoria inicial por la caída de lo que occidente llamó la dictadura, ese vacío de poder y de Estado creó una confusión general, un trágico desconcierto en la población entregada a los criminales. Se vio impotente frente a la dispersión de millones de armas sofisticadas en cualquier mano, atrayendo de inmediato a bandas y bandidos, aventureros, mercenarios de toda calaña, agrupaciones terroristas o “katayeb” (núcleos fuertemente armados formados desde decenas hasta cientos de hombres) las que proliferan a través esa enorme dispersión de pobladores y regiones antagónicas. Hay que añadir a ese cuadro desastroso las vendettas locales para saldar a pleno sol viejas cuentas pendientes y viejos rencores entre vecinos. La sangre libia derramada por la OTAN sigue derramándose sin cesar.

Con apoyos técnico-militares y financieros externos, abiertos y ocultos, el espacio de Libia se ha vuelto el terreno predilecto del terrorismo con varias ramificaciones de Al Qaeda. Se han creado campamentos para entrenar y luego exportar terroristas de origen distinto pertrechados con armas de guerra sofisticada hacia países vecinos al norte y centro de África, hacia Siria e Irak, pronto más allá hacia las márgenes occidentales asiáticas de Irán, Rusia y China.

En definitiva, EE.UU., la OTAN e Israel han contribuido en crear con arrogancia y total impunidad una base gigantesca del terrorismo internacional a su servicio el cual pretenden combatir cuando en realidad siguen cultivándolo con eficiencia. O sea, queda claro que el mejor aliado actual y brazo armado de las fuerzas imperiales e Israel para fomentar caos en países del Sur, los musulmanes en primera intención, son esas fuerzas terroristas enropadas de una seudo religiosidad de la Edad Media. Europa neocolonial a la vez ella misma vasalla del imperio USA y sus aliados Israel, autocracias del Golfo, adiestran a estos desarraigados, marginales, despreciables y crueles desechos humanos, los pertrechan, los manipulan en función de sus planes invasivos. A la vez, ellos tratan (en vano) de cuidarse de sus creaturas cuando se les viran en contra como boomerang en terrenos afgano, iraquí, sirio y otros tantos.

Es así como con Libia se ha creado una nueva Somalia a las puertas de otros países africanos al norte y al sur. Sin embargo y para su desgracia también, estas fuerzas neocoloniales occidentales consideran sus intereses con vista corta. Mientras los aviones militares de sus países estaban matando día y noche la población libia inocente, los “Indignados” en la Plaza del Sol en Madrid y los “Ocupy Wall Street” en Nueva York hacían reclamos sociales legítimos más sin embargo desconectados en esos mismos instantes de su responsabilidad ciudadana y moral en relación con crímenes llevados a cabo por sus respectivos gobiernos en su nombre. Se olvidan del hecho patente de que estamos todos conectados. Vale preguntar: ¿Y qué tal por ejemplo de la proximidad también de las puertas de esa Europa vasalla, neocolonial y cobarde a la hora en que está ya recibiendo el fulgor del boomerang con sangre y luto en sus calles? ¿Y qué tal de sus ciudadanos rabiosos mercenarios de regreso de Siria e Iraq con manos ensangrentadas y afán de sembrar allá también un caos nada “creativo”, muerte y desolación en aquellos parajes de la civilización occidental tan decadente con sus valores manchados con la sangre de los pueblos invadidos, con sus bellas laderas y praderas enriquecidas con la rapiña de los pueblos del Gran Sur?

¡Trágico destino del pueblo de Libia!

En las condiciones descritas no se puede hablar propiamente de una transición política posible en Libia entre el régimen derrocado desde afuera por fuerzas militares extranjeras y la caricatura de sistema parlamentario que tratan de implantar con varios intentos fracasados de antemano. Es más ridículo que ilusorio tratar de crear de la nada un sistema político parlamentario de tipo occidental en un país totalmente desarticulado y sin ninguna tradición de partidos políticos con su corolario “democrático” de la alternancia de gobierno: ¡un turno pa’ti, otro pa’mi! Al igual que copeyanos, adecos y sus derivados en la Venezuela de antes.

Lo que se observa hoy en Libia es una lucha férrea entre facciones rivales basadas en regionalismos y clanes. El hecho evidente es que actualmente no existe allí ni gobierno, ni Estado ni Nación alguna. Todas las estructuras políticas y sociales del país están por re-inventar. Sin embargo y para desgracia del pueblo hermano libio, las condiciones no están reunidas para llevar a cabo con rigor semejante tarea institucional a largo plazo. Hoy en Trípoli, predominan facciones “políticas” rivales improvisadas, débiles frente a las presiones y a los intereses extranjeros, occidentales por los unos, la fracasada cofradía de los Hermanos Musulmanes y al Qaeda para los demás: Un verdadero atolladero en un callejón sin salida.

Si sumamos la carencia alimentaria actual y otros productos en Libia, su desastre se extiende al país vecino, Túnez, por un amplio contrabando operado por libios y tunecinos sacando por camiones y remolques productos agrícolas, agua potable y materiales de construcción. Estos hechos ilícitos agravan la ya desastrosa situación económica en Túnez provocada por dos fallidos gobiernos “islamistas” de Enahdha. Además se observa desde la caída del régimen libio un flujo migratorio intenso hacia Túnez de unos dos millones de personas, o sea un tercio de la población libia, elevando aquí de forma artificial precios de alquiler, venta y construcción de la vivienda así como precios para la canasta básica. En el otro sentido, se importa hacia Túnez siempre por la misma vía del contrabando, armas sofisticadas para uso del mismo terrorismo importado con su implantación en las montanas y ciudades tunecinas.

Ese intercambio insólito, tanto injusto como mortífero está induciendo un sentimiento de rechazo en la población tunecina. Se oye a menudo el siguiente lamento: A ellos le han destruido su país y le han matado seres queridos. Entonces nosotros solidarios y por deber hospitalario los hemos recibido y protegido por millones. ¡Ahora nos lo devuelven con el hambre y la muerte!

En esta situación trágica de un pueblo abandonado a su suerte como un barco a la deriva, no es de extrañar que el hermano pueblo libio hoy tan desesperado llame a un “salvador”, un jefe providencial para primero hacer “la limpieza del terror”, como ellos dicen, sacar a esos bandidos matones y terroristas, apoyados de forma descarada por amplios medios financieros incluyendo transporte marítimo y aéreo de las autocracias del Golfo, con el Qatar al frente de ese bandidismo internacional al servicio del occidente neocolonial.

Pirómanos disfrazados de bomberos

Recogemos en parte aquí la conclusión de Kawther Hayder en su artículo:
Con su conocido cinismo, luego de haber sellado la suerte de ese país, los pirómanos de ayer se están ahora apresurando a las puertas libias calificándose de bomberos. Por una parte, el pueblo libio necesita de forma vital de la solidaridad internacional. Por otra parte, como es legítimo, les toca a los gobiernos de países africanos de la región norte y del sur tomar medidas urgentes y drásticas de seguridad para aislar desde afuera a los terroristas, al vigilar sus propias fronteras y garantizar la protección de las respectivas poblaciones vecinas. Primero deben coordinar sus esfuerzos entre ellos mismos luego con ese general libio que pretende aglutinar seguidores para ganarse un mandato (sic) del pueblo a la manera de un General Sissi.

En todo caso y en última instancia, sea cual haya sido la trayectoria pasada tortuosa y algo sospechosa del General retirado Khalifa Haftar, por el hecho de sus eventuales nexos con los servicios de inteligencia de los EE.UU durante su largo exilio en Washington, si acaso la población libia ahora tomada como rehén por los terroristas pudiera hacer un llamado a un mejor “salvador”, otro hombre “providencial”, de nada le serviría. Sea éste sino otro jefe, su suerte está ya echada.

En Túnez, se observa el gran nerviosismo de Enahdha y derivados, esa « Quinta columna » apegada a un Morsi fracasado luego derrocado. Al perder el importante apoyo de la casa madre de los Hermanos Musulmanes en Egipto, Enahdha está ahora tratando de salvar la “base” de su retaguardia en Libia para sus propios intereses y supervivencia política. Intenta maniobrar sigilosamente para de alguna manera influir a favor de sus aliados “islamistas”, estos terroristas notorios, en el curso de los trágicos acontecimientos libios y en la región.

Hemos pues de seguir con vigilancia constante estos acontecimientos “en pleno desarrollo”, ¡como diría nuestro buen amigo Walter Martínez!

Al Pueblo Tunecino y a los Pueblos del Mundo:

¡SEAMOS ALERTAS y ORGANIZADOS!

Pope J. Paul II. El Papa J. Paulo II & Edouado Galeano

In English
En Castellano
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The miracle that John Paul II refused to perform
by Eduardo Galeano

In the spring of 1979, the Archbishop of El Salvador, Oscar Arnulfo Romero, traveled to the Vatican. He requested, pleaded, begged for an audience with Pope John Paul II:

-Wait for your turn.
-No one knows.
-Come back tomorrow.

Finally, taking a place in the line of the faithful waiting for a blessing, one more among the many, Romero caught His Holiness by surprise, and was able to steal a few minutes.

He tried to give the pope a voluminous report, photographs, testimonies, but His Holiness gave it back to him:

-I don’t have the time to read so much stuff!

And Romero blurted out that thousands of Salvadorans had been tortured and murdered by the military, among them many Catholics and five priests, and just the day before, on the eve of this audience, the army had riddled twenty five persons with bullets at the doors of the cathedral.

The head of the Church bluntly stopped Romero:

-Do not exaggerate, Mr. Archbishop!

The encounter was all but finished.
The heir to Saint Peter urged, commanded, and ordered:
-You must deal with the government! A good Christian does not create problems with the authorities! The Church wants peace and harmony!

Ten months later, Archbishop Romero fell, assassinated in a parish of San Salvador. The bullet struck him during mass, as he was elevating the host. From Rome, His Holiness condemned the crime. But he forgot to condemn the criminals.

Years later, in the Cuscatlán park, an extremely long wall commemorates the civilian victims of the war. Thousands and thousands of names are engraved in white, on black marble. The name of Archbishop Romero is the only one that is gastadito, worn down.

gastadito, Worn down by people’s fingers.

Eduardo Galeano, in his book, « Espejos »
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El milagro que Juan Pablo II se negó hacer
por Eduardo Galeano

En la primavera de 1979, el arzobispo de El Salvador, Óscar Arnulfo Romero, viajó al Vaticano. Pidió, rogó, mendigó una audiencia con el papa Juan Pablo II:

-Espere su turno.
-No se sabe.
-Vuelva mañana.

Por fin, poniéndose en la fila de los fieles que esperaban la bendición, uno más entre todos, Romero sorprendió a Su Santidad y pudo robarle unos minutos.

Intentó entregarle un voluminoso informe, fotos, testimonios, pero el Papa se lo devolvió:

-¡Yo no tengo tiempo para leer tanta cosa!

Y Romero balbuceó que miles de salvadoreños habían sido torturados y asesinados por el poder militar, entre ellos muchos católicos y cinco sacerdotes, y que ayer nomás, en vísperas de esta audiencia, el ejército había acribillado a veinticinco ante las puertas de la catedral.

El jefe de la Iglesia lo paró en seco:

-¡No exagere, señor arzobispo!

Poco más duró el encuentro.
El heredero de San Pedro exigió, mandó, ordenó:

-¡Ustedes deben entenderse con el gobierno! ¡Un buen cristiano no crea problemas a la autoridad! ¡La iglesia quiere paz y armonía!

Diez meses después, el arzobispo Romero cayó fulminado en una parroquia de San Salvador. La bala lo volteó en plena misa, cuando estaba alzando la hostia.
Desde Roma, el Sumo Pontífice condenó el crimen. Se olvidó de condenar a los criminales.

Años después, en el parque Cuscatlán, un muro infinitamente largo recuerda a las víctimas civiles de la guerra. Son miles y miles de nombres grabados, en blanco, sobre el mármol negro. El nombre del arzobispo Romero es el único que está gastadito.

Gastadito por los dedos de la gente.
——————————————-
Eduardo Galeano en su libro “Espejos”.
Free translation from the Spanish sent by
Melina Alfaro, volar@fibertel.com.ar,
done at REFUGIO DEL RIO GRANDE, Texas, EE.UU.

La crisis de Ucrania acelera la descomposición del sistema occidental unipolar

Articulo por Pierre Charasse

La crisis de Ucrania no ha modificado radicalmente el panorama internacional, pero sí puede decirse que está acelerando los cambios que ya habían comenzado. La propaganda occidental, que nunca antes había sido tan intensa, esconde principalmente a los pueblos de los países miembros de la OTAN la realidad de la decadencia de Occidente. Pero esa propaganda carece de efectos concretos sobre la realidad política. Rusia y China, y junto a ellas los demás países del grupo BRICS, van ocupando progresivamente el lugar que les pertenece por derecho en las relaciones internacionales.

Red Voltaire | Ciudad de México (México) | 29 de abril de 2014
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La crisis ucraniana ha puesto en evidencia la magnitud de la manipulación de las opiniones occidentales por los grandes medios de comunicación televisivos, como CNN, Fox News, Euronews, Televisa y la mayoría de la prensa escrita alimentada por las agencias noticiosas. La manera en que el público occidental está desinformado es impresionante, pese a que hay abundante información disponible en Internet.

Es muy preocupante que muchos ciudadanos del mundo se dejen llevar por una rusofobia jamás vista, ni en los peores momentos de la guerra fría. La imagen que la maquinaria mediática nos impone es que los rusos son unos «bárbaros atrasados» frente a los «civilizados occidentales».

El importantísimo discurso de Vladimir Putin el 18 de marzo, después del referendo en Crimea, fue prácticamente boicoteado en todos los medios. En cambio, se dedicaron amplios espacios a las reacciones occidentales. Naturalmente, todas negativas. En ese discurso, Putin explicó detalladamente que la crisis en Ucrania no fue provocada por Rusia y presentó con toda racionalidad la posición rusa y los legítimos intereses estratégicos de su país en la era postconflicto ideológico.
Humillada por el trato que le impuso Occidente a partir de 1989, Rusia despertó con Putin y empezó a reanudar una política de gran potencia buscando reconstruir posiciones en la línea histórica tradicional de la Rusia zarista y después de la Unión Soviética. La geografía determina muchas veces la estrategia. Rusia, después de haber perdido –según la fórmula de Putin– gran parte de sus «territorios históricos» y de su población rusa y no rusa, se fijó como gran proyecto nacional y patriótico, recuperar su estatus de superpotencia, de actor «global», asegurando en primer lugar la seguridad de sus fronteras terrestres y marítimas. Eso es precisamente lo que quiere impedir un Occidente inmerso en su visión unipolar del mundo.
Como buenos ajedrecistas, Putin y su equipo tienen varias jugadas de adelanto, basadas todas en un conocimiento profundo de la historia, de la realidad del mundo y de las aspiraciones de gran parte de las poblaciones de los territorios anteriormente controlados por la ex Unión Soviética. Vladimir Putin conoce a la perfección las divisiones de la Unión Europea, sus debilidades, la capacidad militar real de la OTAN y el estado de las opiniones públicas occidentales, poco deseosas de aumentar los gastos militares en un periodo de recesión económica. A diferencia de la Comisión Europea, cuyo proyecto coincide con el de Estados Unidos en cuanto a consolidar un bloque euroatlántico político-económico-militar, los ciudadanos europeos no quieren seguir ampliando la Unión Europea hacia el este ni admitir en ella a Ucrania, Georgia ni ningún otro país ex soviético.

Con sus gesticulaciones y amenazas de sanciones, la Unión Europea, siguiendo servilmente a Washington, no demuestra otra cosa que el estado de impotencia en que se encuentra para poder castigar seriamente a Rusia. Su peso real no está a la altura de sus ingenuas ambiciones de moldear el mundo a su imagen.
Por su lado, el gobierno ruso, reactivo y astuto, aplica respuestas graduales, poniendo en ridículo las medidas punitivas de Occidene. Putin se dio incluso el lujo de anunciar que iba a abrir una cuenta en el Rossiya Bank, de Nueva York. Él todavía no habla de limitar el suministro de gas a Europa occidental, conservando esta carta en su manga, por si acaso, pero obliga a los occidentales a pensar en una reorganización total de sus fuentes de energía, algo que tardará años en concretarse.

Aprovechando los errores y divisiones de Occidente, Rusia está en posición de fuerza. Putin goza de una popularidad extraordinaria en su país y en las comunidades rusas de las naciones vecinas. Sus servicios de inteligencia tienen seguramente informaciones de primera mano sobre las fuerzas en presencia en toda la zona ex soviética. Su aparato diplomático le da sólidos argumentos para arrebatar a los países occidentales el monopolio de la interpretación del derecho internacional, en particular sobre la autodeterminación de los pueblos. Como era de esperarse, Putin se refirió al caso de Kosovo para resaltar la incoherencia de los occidentales y su papel en la desestabilización y guerra de los Balcanes.
Las vociferaciones occidentales bajaron entonces de tono y en la cumbre del 24 de marzo, en La Haya, el G7 decidió no excluir a Rusia del G8, contrariamente a lo anunciado días antes, sino limitarse a «no participar en la cumbre de Sochi», dejando así abierta la posibilidad de reactivar en cualquier momento el G8, foro privilegiado de diálogo con Rusia creado… a petición del G7, en 1994. Moscú no pide nada. Los occidentales tendrán que dar el primer paso. Eso fue un primer retroceso del G7.

El segundo retroceso fue el de la OTAN. Obama fue muy claro al anunciar que no habrá intervención militar occidental para ayudar a Ucrania, solamente una promesa de cooperación militar para reconstruir el potencial militar de Ucrania, que actualmente se limita en gran medida a material soviético obsoleto. Van a tardar años en construir un nuevo ejército. Y ¿quién va a pagar eso? No se sabe con certeza en qué estado están las fuerzas armadas ucranianas. Moscú invitó a los militares que lo desearan, herederos del Ejército Rojo, a incorporarse al ejército ruso. La flota de Ucrania pasó totalmente a control ruso.

Tercer retroceso de Estados Unidos: se habla de conversaciones secretas muy adelantadas entre Washington y Moscú para imponer a Ucrania una nueva constitución, aprovechar las elecciones del 25 de mayo para establecer un gobierno plural –sin los extremistas neonazis–, llegar a un acuerdo de «finlandización» de Ucrania, excluyendo su ingreso a la OTAN pero permitiendo acuerdos económicos tanto con la Unión Europea como con Rusia. De paso, Moscú y Washington dejarían a la Unión Europea fuera de la jugada, manteniéndose así las dos superpotencias en un tête-à-tête excluyente para los europeos. Con tales garantías Moscú podría dejar de alentar el separatismo de otras provincias ucranianas y en Transnistria [1], cumpliendo así el compromiso de respeto de las fronteras europeas y ofreciendo a Obama una salida decorosa. La jugada de Putin es magistral.
El G7 no calculó que tomando medidas para aislar a Rusia, aparte de aplicarse a sí mismo una serie de «castigos sadomasoquistas», según la fórmula del ex canciller francés Hubert Védrine, estaba acelerando un proceso muy profundo de recomposición del mundo a favor de un bloque no occidental liderado por China y Rusia reunidos en el grupo de los BRICS.

En reacción al comunicado del G7 del 24 de marzo los cancilleres de los BRICS, también reunidos en La Haya, expresaron su rechazo inmediato a cualquier medida de aislamiento contra Rusia, aprovechando de paso su reunión para condenar el espionaje estadunidense a sus líderes y exigir a Estados Unidos que ratifique la nueva repartición de los derechos de voto en el FMI como primer paso hacia un «orden mundial más equitativo».
El G7 no esperaba una reacción tan contundente y rápida de los BRICS. En la práctica esto quiere decir que el Grupo de los 20 (G20), del cual el G7 y los BRICS son los dos pilares, podría pasar por un momento de crisis antes de su próxima cumbre en Brisbane, Australia (15 y 16 de noviembre), sobre todo si el G7 persiste en querer excluir a Rusia. Es casi seguro que una mayoría de países del G20 condenará las sanciones adoptadas contra Rusia, aislando así al G7. En su comunicado, los cancilleres de los BRICS consideran que definir quién es miembro del G20 y para qué sirve es una decisión a tomar por todos los miembros del grupo «en igualdad de condiciones» y que «ningún integrante [del G20] puede unilateralmente determinar su naturaleza y carácter».

Los BRICS llaman a resolver la crisis actual, en el marco de las Naciones Unidas, «de manera serena y de alto nivel, abandonando el lenguaje hostil, las sanciones y contrasanciones». Bofetada con guante blanco. El G7 ya está avisado: tendrá que hacer muchas concesiones para conservar algo de influencia en el G20. Se ha metido en un callejón sin salida.

En los próximos meses se perfilan dos acontecimientos fundamentales:
Uno es la visita de Vladimir Putin a China, en mayo. Los dos gigantes están a punto de firmar un convenio energético de gran alcance que va a modificar profundamente el mercado energético mundial, estratégica y financieramente. Las operaciones compraventa ya no se harían en dólares sino utilizando las divisas nacionales de cada país. Si Europa occidental decide cambiar de proveedor, Rusia no tendrá ningún problema para reorientar las exportaciones de sus recursos naturales. En el mismo movimiento de acercamiento, China y Rusia están desarrollando una cooperación industrial para la producción del cazabombardero Sukhoi 25.

El otro hecho es que en la próxima cumbre de los BRICS, que tendrá lugar en Brasil en julio, después del mundial de futbol, se podría acelerar el lanzamiento del Banco de Desarrollo, decidido en 2012, en reacción a la falta de voluntad de los países del G7 de cambiar las reglas del juego en el FMI y el Banco Mundial para dar más peso a los países emergentes y a sus monedas junto al dólar en las transacciones internacionales.

Finalmente, otros factores poco comentados por los medios occidentales revelan que la interdependencia entre Occidente y Rusia es también una realidad en el terreno militar. Desde 2002, Rusia aceptó cooperar con la OTAN en Afganistán para facilitar la logística de las tropas occidentales. A petición de la OTAN, Moscú autorizó el tránsito por el territorio ruso de suministro no letal para las tropas de la International Security Assistance Force (ISAF), por vía aérea y terrestre, entre Duchambé (Tayikistán), Uzbekistán y Estonia, vía una plataforma multimodal en Ulianovsk, Siberia. Se trata de abastecer un ejército de varios miles de hombres (lo cual representa toneladas de cerveza, vinos, queso, hamburguesa, lechuga, indispensables para mantener en alto la moral de las tropas). Y eso se hace con aviones civiles rusos ya que las fuerzas aéreas europeas no tienen los aviones de carga necesarios para sostener un despliegue militar de tal envergadura. El acuerdo de la OTAN y Rusia firmado en octubre de 2012 profundiza esa cooperación, indispensable para los occidentales e incluye la presencia de un importante destacamento ruso, dotado de 40 helicópteros, en territorio afgano, donde capacitan al personal afgano principalmente para la lucha contra el narcotráfico. Pero Rusia se negó a dejar pasar por su territorio el material pesado de la OTAN repatriado hacia Europa, lo que obligó a la ISAF a utilizar una ruta aérea (Kabul-Emiratos Árabes Unidos) y marítima hasta los puertos occidentales, multiplicando así por 4 el costo de la retirada. Es el precio a pagar para evitar los ataques de los talibanes contra los convoyes que se retiran entre Kabul y el puerto de Karachi. Para el gobierno ruso, la intervención de la OTAN fue un fracaso, pero su retirada precipitada de Afganistán antes de fines de año va a generar un caos que puede afectar la seguridad de Rusia y desencadenar un nuevo brote de terrorismo.

Rusia tiene también muchos contratos de armamento con países europeos. El más importante es la fabricación en Francia de 2 buques portahelicópteros [clase Mistral] por un monto de 1 300 millones de euros, ya pagados por Rusia. Si [Francia] cancela el contrato, las consecuencias serán miles de empleos perdidos en ese país, que tendrá además que rembolsar a Rusia los pagos ya realizados y multas por incumplimiento de contrato. Sin hablar de algo muy importante en el mercado del armamento: la pérdida de confianza en el proveedor, que podría afectar la industria armamentista francesa, como ya subrayó el ministro ruso de Defensa.
No hay que olvidar tampoco que sin la intervención de Rusia los países occidentales no habrían logrado un acuerdo con Irán sobre el tema de la proliferación nuclear, ni tampoco con Siria sobre el desarme químico.
Estos son los hechos que no comentan los medios occidentales. La realidad es que, por su arrogancia, torpeza y desconocimiento de la historia, el bloque occidental está precipitando la deconstrucción sistémica del mundo unipolar, ofreciendo en bandeja a Rusia y China una oportunidad única para fortalecer un nuevo bloque con el apoyo de la India, Sudáfrica y Brasil, y probablemente de muchas otras naciones. El cambio ya estaba en marcha, pero a un paso lento y gradual. Ahora todo se acelera y la interdependencia cambia todas las reglas de la globalización.

En cuanto al G20 de Brisbane, será interesante ver cómo se posiciona México después de las cumbres del G7 en Bruselas (en junio) y de los BRICS en Brasil (julio). La situación va a evolucionar muy rápidamente y va a exigir mucha agilidad diplomática. Si el G7 persiste en su actitud de aislar a Rusia, el G20 podría desintegrarse. México, atrapado en las redes del TLCAN [2] y del TPP [3], tendría entonces que escoger entre zozobrar con el Titanic occidental o adoptar una línea autónoma, conforme a sus intereses de potencia regional con vocación mundial, acercándose a los BRICS.

Pierre Charasse
Fuente La Jornada (México)

[1] «Solicita Transnistria adhesión a la Federación Rusa», Red Voltaire, 24 de marzo de 2014; «Pravy Sector filtra la frontera de Ucrania con Transnistria», Red Voltaire, 27 de abril de 2014. Ver además nuestro dossier sobre Transnistria.
[2] Tratado de Libre Comercio de América del Norte, firmado entre Canadá, Estados Unidos y de México para instaurar una zona de libre comercio
[3] TTP, siglas en inglés del Trans-Pacific Partnership, y designado en español como Acuerdo Estratégico Trans-Pacífico de Asociación Económica. Su objetivo es liberalizar las economías de los países con costas a ambos lados del Pacífico.

Fuente de la Red Voltaire: http://www.voltairenet.org/article183537.html

A Propos des Cent Jours du Gouvernement Jomaa par Kawther Hayder

Le gouvernement Jomaa est en droit d’attendre non pas la critique froide d’observateurs arrogants, mais plutôt l’apport encourageant de ceux qui relèvent les manches.
Par Kawther Hayder*

Tout en respectant sa personne, je suis tentée par dire d’abord à Jilani Hammami – qui a noté la copie du nouveau gouvernement à 4/20 – qu’en matière de communication, il a droit à un 2/20, et encore, je suis indulgente quoique navrée.

Sa participation sur le plateau de Nessma (6/5/2014), empreinte de jugement excessif à l’emporte-pièce, dégage quelque chose de sombre, de lymphatique, de triste et de désolant pour ne pas dire dépressif tout court.

Faut-il rappeler à Jilani Hammami que les peuples encore soumis qu’il prétend défendre ont des ennemis violents mais encore si futés pour leur insuffler la culture de la désespérance, source de leur démobilisation et même la haine d’eux-mêmes.
Il est vain de mettre en avant à tout bout de champ des références idéologiques abstraites, toutes confortables et si paresseuses qui ne sont en fait que des grilles de lecture usées et stériles.

Loin de l’hypercriticisme morbide bien confortable que Jilani Hammami manifeste, tel un relent de gauchisme sur le tard, la conjoncture actuelle de notre pays appelle des voix jeunes, irrévérentes, innovatrices, énergiques, pleines d’audace et de souplesse, capables d’apporter des perspectives réalistes de lutte collective par rapport à ce qui est immédiat, concret et faisable. En somme, il s’agit de penser et agir ensemble envers et contre tout, pour forcer le destin: cela s’appelle l’espoir.

A la lumière de cette démarche, il est nécessaire de prendre acte du nouveau climat général chez nous – et ici la perception est de valeur –, un climat en voie d’amélioration – comme entrée en matière – du fait de l’action interne/externe du nouveau gouvernement sur les plans sécuritaire et diplomatique.

Cette sensation partagée (à l’intérieur/extérieur de nos frontières), vécue positivement, provoque des effets stimulants par opposition nette au climat oppressif, décourageant et démobilisateur instauré sciemment par Enahdha, par le désastre de ses deux gouvernements successifs, par son noyautage des rouages de l’Etat, ses manœuvres de basse politique au sein de l’Assemblée nationale constituante (ANC), en particulier contre les droits citoyens des femmes, par ses complicités évidentes avec les terroristes, l’horreur des crimes d’Etat dont Enahdha garde l’entière responsabilité politique et morale, par l’utilisation scandaleuse de milices fascistes sur les places publiques et dans les mosquées.
La liste des souffrances infligées en si peu de temps à notre peuple est encore longue et les comptes se feront bien un jour, sans doute.

Evidemment, la feuille de route du Quartet exige des actions précises en profondeur à court et moyen termes pour lesquelles ce 6e gouvernement transitoire qui tranche sur les précédents s’est engagé.

En même temps, ce gouvernement de technocrates est en droit de recevoir au nom de ce qui est bien pour le pays non pas la critique froide d’observateurs arrogants ou nonchalants mais plutôt un apport encourageant, efficace et effectif, de la part de partis politiques qui s’engagent dans ces réformes urgentes, relèvent les manches, situent le pays au-dessus de leurs intérêts propres; et également de la part de mouvements sociaux protagonistes du changement.

Il ne s’agit pas au bout de ces 100 jours d’émettre à l’endroit de ce nouveau gouvernement un jugement clos, absolu, mais de l’accompagner dans sa tâche démesurée à travers un processus à peine initié qui nous implique tous, et qui devra être mené avec l’énergie d’un espoir collectif naissant pour les décennies à venir, passant d’abord par les prochaines élections qui se doivent de déboucher nécessairement sur les horizons clairement définis par notre peuple insurgé: «Shoghl, Horrya, Karama Watanya» (Travail, Liberté et Dignité nationale).

Au lieu de se laisser piéger par son questionnaire, il aurait fallu plutôt critiquer le journal  »El Maghreb » dont l’initiative journalistique intéressée tombe en porte-à-faux, ce qui lui vaut à son tour une note en dessous de la moyenne.

*Diplômée au chômage, parmi tant d’autres de nos concitoyens(nes).

Source : http://www.kapitalis.com/tribune/22178-tunisie-tribune-a-propos-des-100-jours-du-gouvernement-jomaa.html

Note : Article également publié le même jour en première page par Leaders :
http://www.leaders.com.tn/article/a-propos-des-cent-jours-du-gouvernement-jomaa?id=14016

La crise ukrainienne accélère la recomposition du monde

Article par Pierre Charasse

La crise ukrainienne n’a pas changé radicalement la donne internationale, mais elle a précipité des évolutions en cours. La propagande occidentale, qui n’a jamais été aussi forte, cache surtout la réalité du déclin occidental aux populations de l’Otan, mais n’a plus d’effet sur la réalité politique. Inexorablement, la Russie et la Chine, assistés des autres BRICS, occupent la place qui leur revient dans les relations internationales.

Réseau Voltaire | Mexico (Mexique) | 29 avril 2014
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La crise ukrainienne a mis en évidence la magnitude de la manipulation des opinions publiques occidentales par les grands media, les chaines de TV comme CNN, Foxnews, Euronews et tant d’autres ainsi que par l’ensemble de la presse écrite alimentée par les agences de presse occidentales. La manière dont le public occidental est désinformé est impressionnante, et pourtant il est facile d’avoir accès à une masse d’informations de tous bords. Il est très préoccupant de voir comment de très nombreux citoyens du monde se laissent entraîner dans une russophobie jamais vue même aux pires moments de la Guerre froide. L’image que nous donne le puissant appareil médiatique occidental et qui pénètre dans l’inconscient collectif, est que les Russes sont des « barbares attardés » face au monde occidental « civilisé ». Le discours très important que Vladimir Poutine a prononcé le 18 mars au lendemain du référendum en Crimée a été littéralement boycotté par les médias occidentaux [1], alors qu’ils consacrent une large place aux réactions occidentales, toutes négatives naturellement. Pourtant, dans son intervention Poutine a expliqué que la crise en Ukraine n’avait pas été déclenchée par la Russie et présenté avec beaucoup de rationalité la position russe et les intérêts stratégiques légitimes de son pays dans l’ère post-conflit idéologique.

Humiliée par le traitement que lui a réservé l’Occident depuis 1989, la Russie s’est réveillée avec Poutine et a commencé à renouer avec une politique de grande puissance en cherchant à reconstruire les lignes de force historiques traditionnelles de la Russie tsariste puis de l’Union soviétique. La géographie commande souvent la stratégie. Après avoir perdu une grande partie de ses « territoires historiques », selon la formule de Poutine, et de sa population russe et non russe, la Russie s’est donné comme grand projet national et patriotique la récupération de son statut de superpuissance, d’acteur « global », en assurant en premier lieu la sécurité de ses frontières terrestres et maritimes. C’est précisément ce que veut lui interdire l’Occident dans sa vision unipolaire du monde. Mais en bon joueur d’échecs, Poutine a plusieurs coups d’avance grâce à une connaissance profonde de l’histoire, de la réalité du monde, des aspirations d’une grande partie des populations des territoires antérieurement contrôlés par l’Union soviétique. Il connaît à la perfection l’Union européenne, ses divisions et ses faiblesses, la capacité militaire réelle de l’Otan et l’état des opinions publiques occidentales peu enclines à voir augmenter les budgets militaires en période de récession économique. À la différence de la Commission européenne dont le projet coïncide avec celui des États-Unis pour consolider un bloc politico-economico-militaire euro-atlantique, les citoyens européens dans leur majorité ne veulent plus d’élargissement à l’Est de l’UE, ni avec l’Ukraine, ni avec la Géorgie, ni avec aucun autre pays de l’ex-Union soviétique.

Avec ses gesticulations et ses menaces de sanctions, l’UE, servilement alignée sur Washington, montre en fait qu’elle est impuissante pour « punir » sérieusement la Russie. Son poids réel n’est pas à la hauteur de ses ambitions toujours proclamées de façonner le monde à son image. Le gouvernement russe, très réactif et malicieux, applique des « ripostes graduelles », tournant en dérision les mesures punitives occidentales. Poutine, hautain, se paye même le luxe d’annoncer qu’il va ouvrir un compte à la Rossyia Bank de New-York pour y déposer son salaire ! Il n’a pas encore fait mention de limitation dans la fourniture de gaz à l’Ukraine et l’Europe de l’Ouest, mais tout le monde sait qu’il a cette carte dans la manche, ce qui contraint déjà les Européens à penser à une réorganisation complète de leur approvisionnement en énergie, ce qui mettra des années à se concrétiser.
Les erreurs et les divisions des occidentaux mettent la Russie en position de force. Poutine jouit d’une popularité exceptionnelle dans son pays et auprès des communautés russes des pays voisins, et on peut être sûr que ses services de renseignement ont pénétré en profondeur les pays auparavant contrôlés par l’URSS et lui donnent des informations de première main sur les rapports de force internes. Son appareil diplomatique lui donne de solides arguments pour retirer à l’« Occident » le monopole de l’interprétation du droit international, en particulier sur l’épineuse question de l’autodétermination des peuples. Comme on pouvait s’y attendre, Poutine ne se prive pas de citer le précédent du Kosovo pour vilipender le double langage de l’Occident, ses incohérences, et le rôle déstabilisateur qu’il a joué dans les Balkans.

Alors que la propagande médiatique occidentale battait son plein après le référendum du 16 mars en Crimée, les vociférations occidentales ont subitement baissé d’un ton et le G7 lors de son sommet à la Haye en marge de la conférence sur la sécurité nucléaire n’a plus menacé d’exclure la Russie du G8 comme il l’avait claironné quelques jours plus tôt mais simplement a annoncé « qu’il ne participerait pas au sommet de Sotchi ». Ceci lui laisse la possibilité de réactiver à tout moment ce forum privilégié de dialogue avec la Russie, crée en 1994 à sa demande expresse. Première reculade du G7. Obama de son côté s’est empressé d’annoncer qu’il n’y aurait aucune intervention militaire de l’Otan pour aider l’Ukraine, mais seulement une promesse de coopération pour reconstruire le potentiel militaire de l’Ukraine, composé en grande partie de matériel soviétique obsolète. Seconde reculade. Il faudra des années pour mettre sur pieds une armée ukrainienne digne de ce nom et on se demande bien qui va payer compte tenu de la situation catastrophique des finances du pays. De plus, on ne sait plus exactement quel est l’état des forces armées ukrainiennes après que Moscou ait invité, avec un certain succès semble-t-il, les militaires ukrainiens héritiers de l’Armée rouge, à rejoindre l’armée russe en respectant leurs grades. La flotte ukrainienne est déjà entièrement passée sous contrôle russe.

Enfin, autre marche arrière spectaculaire des États-Unis : il y aurait des conversations secrètes très avancées entre Moscou et Washington pour faire adopter une nouvelle constitution à l’Ukraine, installer à Kiev à l’occasion des élections du 25 mai un gouvernement de coalition dont les extrémistes néo-nazi seraient exclus, et surtout pour imposer un statut de neutralité à l’Ukraine, sa « finlandisation » (recommandée par Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinsky) [2], ce qui interdirait son entrée dans l’Otan, mais permettrait des accords économiques tant avec l’UE qu’avec l’Union douanière eurasiatique (Russie, Biélorussie, Kazakhstan). Si un tel accord est conclu, l’UE sera mise devant le fait accompli et devra se résigner à payer la facture du tête-à-tête russo-US. Avec de telles garanties Moscou pourra considérer comme satisfaites ses exigences de sécurité, aura repris pied dans son ancienne zone d’influence avec l’accord de Washington et pourra s’abstenir de fomenter le séparatisme d’autres provinces ukrainiennes ou de la Transnistrie (province de Moldavie peuplée de russes) en réaffirmant très fort son respect des frontières européennes. Le Kremlin offrira par la même occasion une porte de sortie honorable à Obama. Un coup de maître pour Poutine.

Conséquences géopolitiques de la crise ukrainienne
Le G7 n’a pas calculé qu’en prenant des mesures pour isoler la Russie, outre le fait qu’il s’appliquait à lui-même une « punition sado-masochiste » selon la formule d’Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères français, il précipitait malgré lui un processus déjà bien engagé de profonde recomposition du monde au bénéfice d’un groupe non occidental dirigé par la Chine et la Russie réunies au sein des BRICS.

En réaction au communiqué du G7 du 24 mars [3], les ministres des Affaires étrangères des BRICS ont fait connaître immédiatement leur rejet de toute mesures visant à isoler la Russie et ils en ont profité pour dénoncer les pratiques d’espionnage états-unien tournées contre leurs dirigeants et pour faire bonne mesure ils ont exigé des États-Unis qu’ils ratifient la nouvelle répartition des droits de vote au FMI et à la Banque Mondiale, comme premier pas vers un « ordre mondial plus équitable » [4]. Le G7 ne s’attendait pas à une réplique aussi virulente et rapide des BRICS. Cet épisode peut donner à penser que le G20, dont le G7 et les BRICS sont les deux principaux piliers, pourrait traverser une crise sérieuse avant son prochain sommet à Brisbane (Australie) les 15 et 16 novembre, surtout si le G7 persiste à vouloir marginaliser et sanctionner la Russie. Il est à peu près sûr qu’il y aura une majorité au sein du G20 pour condamner les sanctions à la Russie, ce qui de fait reviendra à isoler le G7. Dans leur communiqué les ministres des BRICS ont estimé que décider qui est membre du groupe et quelle est sa vocation revient à placer tous ses membres « sur un pied d’égalité » et qu’aucun de ses membres « ne peut unilatéralement déterminer sa nature et son caractère ». Les ministres appellent à résoudre la crise actuelle dans le cadre des Nations unies « avec calme, hauteur de vue, en renonçant à un langage hostile, aux sanctions et contre-sanctions ». Un camouflet pour le G7 et l’UE ! Le G7, qui s’est mis tout seul dans une impasse, est prévenu qu’il devra faire d’importantes concessions s’il veut continuer à exercer une certaine influence au sein du G20.

En outre, deux événements importants s’annoncent dans les prochaines semaines.
D’une part Vladimir Poutine se rendra en visite officielle en Chine en mai. Les deux géants sont sur le point de signer un accord énergétique d’envergure qui affectera sensiblement le marché mondial de l’énergie, tant sur le plan stratégique que financier. Les transactions ne se feraient plus en dollars, mais dans les monnaies nationales des deux pays. En se tournant vers la Chine, la Russie n’aura aucun problème pour écouler sa production gazière au cas où l’Europe de l’Ouest déciderait de changer de fournisseur. Et dans le même mouvement de rapprochement la Chine et la Russie pourraient signer un accord de partenariat industriel pour la fabrication du chasseur Sukhoï 25, fait hautement symbolique.

D’autre part lors du sommet des BRICS au Brésil en juillet prochain, la Banque de Développement de ce groupe, dont la création a été annoncée en 2012, pourrait prendre forme et offrir une alternative aux financements du FMI et de la Banque Mondiale, toujours réticents à modifier leurs règles de fonctionnement, pour donner plus de poids aux pays émergents et à leurs monnaies à côté du dollar.

Enfin il y a un aspect important de la relation entre la Russie et l’Otan peu commenté dans les média mais très révélateur de la situation de dépendance dans laquelle se trouve l’« Occident » au moment où il procède au retrait de ses troupes d’Afghanistan. Depuis 2002, la Russie a accepté de coopérer avec les pays occidentaux pour faciliter la logistique des troupes sur le théâtre afghan. À la demande de l’Otan, Moscou a autorisé le transit de matériel non létal destiné à l’ISAF (International Security Assistance Force) par voir aérienne ou terrestre, entre Douchambé (Tadjikistan), l’Ouzbekistan et l’Estonie, via une plateforme multimodale à Oulianovk en Sibérie. Il s’agit rien de moins que d’acheminer toute l’intendance pour des milliers d’hommes opérant en Afghanistan, entre autre des tonnes de bière, de vin, de camemberts, de hamburgers, de laitues fraîches, le tout transporté par des avions civils russes, puisque les forces occidentales ne disposent pas de moyens aériens suffisants pour soutenir un déploiement militaire de cette envergure. L’accord Russie-Otan d’octobre 2012 élargit cette coopération à l’installation d’une base aérienne russe en Afghanistan dotée de 40 hélicoptères où les personnels afghans sont formés à la lutte anti-drogue à laquelle les occidentaux ont renoncé. La Russie s’est toujours refusé à autoriser le transit sur son territoire de matériel lourd, ce qui pose un sérieux problème à l’Otan à l’heure du retrait de ses troupes. En effet celles-ci ne peuvent emprunter la voie terrestre Kaboul-Karachi en raison des attaques dont les convois sont l’objet de la part des talibans. La voie du Nord (la Russie) étant impossible, les matériels lourds sont transportés par avion de Kaboul aux Émirats Arabes Unis, puis embarqués vers les ports européens, ce qui multiplie par quatre le coût du repli. Pour le gouvernement russe l’intervention de l’Otan en Afghanistan a été un échec, mais son retrait « précipité » avant la fin de 2014 va accroître le chaos et affecter la sécurité de la Russie et risque de provoquer un regain de terrorisme.

La Russie a aussi d’importants accords avec l’Occident dans le domaine de l’armement. Le plus important est sans doute celui signé avec la France pour la fabrication dans les arsenaux français de deux porte-hélicoptères pour un montant de 1,3 milliards d’euros [5]. Si le contrat est annulé dans le cadre des sanctions, la France devra rembourser les montants déjà payés plus les pénalités contractuelles et devra supprimer plusieurs milliers d’emplois. Le plus grave sera sans doute la perte de confiance du marché de l’armement dans l’industrie française comme l’a souligné le ministre russe de la Défense.

Il ne faut pas oublier non plus que sans l’intervention de la Russie, les pays occidentaux n’auraient jamais pu aboutir à un accord avec l’Iran sur la non prolifération nucléaire, ni avec la Syrie sur le désarmement chimique. Ce sont des faits que les médias occidentaux passent sous silence. La réalité est qu’en raison de son arrogance, de sa méconnaissance de l’histoire, de ses maladresses, le bloc occidental précipite la déconstruction systémique de l’ordre mondial unipolaire et offre sur un plateau à la Russie et à la Chine, appuyée par l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et bien d’autres pays, une « fenêtre d’opportunité » unique pour renforcer l’unité d’un bloc alternatif. L’évolution était en marche, mais lentement et graduellement (personne ne veut donner un coup de pied dans la fourmilière et déstabiliser brusquement le système mondial), mais d’un seul coup tout s’accélère et l’interdépendance change les règles du jeu.

En ce qui concerne le G20 de Brisbane il sera intéressant de voir comment se positionne le Mexique, après les sommets du G7 à Bruxelles en juin et des BRICS au Brésil en juillet. La situation est très fluide et va évoluer rapidement, ce qui va demander une grande souplesse diplomatique. Si le G7 persiste dans son intention de marginaliser ou exclure la Russie, le G20 pourrait se désintégrer. Le Mexique, pris dans les filets du TLCAN et du futur TPP devra choisir entre sombrer avec le Titanic occidental ou adopter une ligne autonome plus conforme à ses intérêts de puissance régionale à vocation mondiale en se rapprochant des BRICS.

Pierre Charasse
Source: La Jornada (Mexique)

[1] « Discours de Vladimir Poutine sur l’adhésion de la Crimée », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 18 mars 2014.
[2] « Henry Kissinger propose de finlandiser l’Ukraine », Réseau Voltaire, 8 mars 2014.
[3] « Déclaration du G7 sur la Russie », Réseau Voltaire, 24 mars 2014.
[4] “Conclusions of the BRICS Foreign Ministers Meeting”, Voltaire Network, 24 March 2014.
[5] « La France vendra-t-elle des armes à la Russie ? », Réseau Voltaire, 20 mars 2014.

Source indirecte via Réseau Voltaire : http://www.voltairenet.org/article183531.html