Irak: Le surge de Dah’ech et sa signification

René Naba*

Paris – L’assaut de Dahe’ch –l’acronyme en arabe, ISIS en Français contre la zone pétrolifère du nord de l’Irak répond à un triple objectif:

1. Se constituer un trésor de guerre dans la perspective d’un tarissement du flux financier wahhabite.

2. Prendre des gages vis-à-vis de la Turquie dans la perspective d’une éventuelle fermeture des frontières de transit vers la Syrie.

3. Peser sur un éventuel rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite, à cinq jours de la visite officielle du vice-ministre iranien des affaires étrangères au Royaume saoudien.

En voici le développement:
I- La plus riche organisation terroriste au Monde
La prise d’un butin de 450 millions de dollars des banques de Mossoul, faisant d’ISIS la plus riche organisation terroriste au Monde, la prise de ressortissants turcs en otage dans une zone où la Turquie dispose de cinq consulats, le massacre de soldats chiites, l’ensemble de ces actions terroristes constituent autant d’éléments qui pourraient donner crédit à une telle interprétation du surge jihadiste ISIS en Irak.

En mauvaise posture en Syrie, en conflit ouvert avec les autres formations jihadistes de Syrie, ISIS a voulu se repositionner sur l’échiquier régional en partant à l’assaut du nord de l’Irak, zone Kurdophone certes, mais pétrolière et sunnite ; de surcroit le lieu d’une forte implantation israélienne et des forces libanaises, les anciennes milices chrétiennes de Samir Geagea et les phalangistes d’Amine Gemayel.

Coïncidant avec la reprise des négociations bilatérales entre Iraniens et Américains, d’une part, entre Iraniens et Français, d’autre part, ce coup de pied dans la fourmilière, à cinq jours du premier déplacement d’un officiel iranien en Arabie Saoudite depuis le déclenchement de la guerre de Syrie pourrait constituer dans le jeu trouble saoudien, un message subliminal à Téhéran sur sa capacité de nuisance régionale.

II – L’Etat islamique en Irak et au Levant (ISIS)
Fruit d’une copulation ancillaire entre jihadiste d’Al Qaida et d’anciens dirigeants baasistes happés par la tentation d’un alignement sunni sectaire, le commandement de l’ISIS, dont l’acronyme en arabe est Da’ech, est exclusivement irakien.

Autour du noyau central d’ISIS se sont greffés d’une part des membres des tribus sunnites d‘Irak lésés par la disparition de Saddam Hussein, d’autre part des Frères Musulmans irakiens, des Nachkabandistes. Il s’agit d’une structure hétéroclite, scellée par une alliance contre nature liée entre Izzat Ibrahim ad’Doury –ancien vice-président du Conseil de la Révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête de la guérilla anti-américaine en Irak–, et son ancien bourreau, le Prince saoudien Bandar Ben Sultan, un des artisans de la destruction de l’Irak et des assises du pouvoir baasiste sunnite dans ce pays, et ce en vue de restaurer le primat sunnite à Bagdad, dans l’ancienne capitale abbasside.

Une démarche qui révèle la fragilité des convictions « idéologiques » de ces dirigeants, une insulte à la mémoire des nombreux morts d’Irak et du Monde arabe. Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets libyens, a opéré la même mutation au service du Prince saoudien pour la zone Maghreb-Sahel.

III – Les barbares aux portes des vieilles civilisations
Ainsi que le démontre l’assaut du nord Irak, la rapine, les butins, les exécutions sommaires et les prises de guerre ont constitué le mode opératoire privilégié de l’ISIS. Ce dernier relève d’un commandement irakien qui a fait ses preuves en Irak contre les Américains, alors que Jabhat al-Nosra est une structure panislamique sous la houlette d’Al Qaida, sunnite, particulièrement active en Syrie.

Trois des grandes capitales de la conquête arabe des premiers temps de l’Islam échappent au contrôle des sunnites : Jérusalem, sous occupation israélienne, Damas, sous contrôle alaouite et Bagdad, sous contrôle kurdo-chiite. Il est devenu urgent pour les wahhabites, de crainte d’être démasqués, de laver cette souillure infligée par leur politique d’alignement inconditionnel sur les Etats-Unis, le principal protecteur d’Israël – l’ennemi officiel du Monde arabe qu’ils considèrent comme l’usurpateur de la Palestine.

Les barbares sont aux portes des pays de vieilles civilisations, aux portes de Bagdad et d’Alep, qu’ils ont déjà saccagés. Les dirigeants au pouvoir dans la région par leur veulerie, et les pays occidentaux par leur morgue doivent assumer les conséquences de leurs incohérences :

– Favoriser inconditionnellement l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins stratégiques, afin de provoquer l’implosion de l’Union soviétique, (Guerre d’Afghanistan décennie 1980), détourner le combat arabe de la Palestine vers l’Asie.

– Cautionner la forme la plus rétrograde et la plus répressive de l’islam, le wahhabisme, et soutenir inconditionnellement le délire jihadiste de leur enfant chéri, Bandar Ben sultan, au-delà de toute mesure, sans la moindre retenue, pour assurer la pérennité des roitelets du Golfe, sur les débris du monde arabe.

– Faire de l’Arabie saoudite, ce royaume des ténèbres, l’allié privilégié de la grande démocratie américaine et de la France -Patrie des droits de l’homme.

– Instrumentaliser des binationaux pour une fonction supplétive à une politique de prédation économique du monde arabe aboutit à de telles monstruosités, signes de la pathologie atlantiste en même temps que pétro-monarchique.

Les appels à la guerre sainte lancés tant par l’Ayatollah Ali Sistani (chiite iraqui) que par le Mufti de l’Otan, le téléprédicateur Youssef Al Qaradawi (sunni saudi) ne feront qu’accentuer le carnage, dans une guerre ou des Arabes s’entretueront sans la moindre perte ni occidentale, ni iranienne, ni israélienne.

La Syrie de la décennie 2010 remplit ainsi une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980 :
– Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille, dans la pure tradition de la guerre froide soviéto-américaine. Pour preuve, trois ans de combat en Syrie ont permis à Israël d’achever de phagocyter la totalité de la Palestine.

– Un défouloir absolu du jihadisme erratique que les pétromonarchies préfèrent sacrifier sur le théâtre des opérations extérieures plutôt que le réprimer sur le sol national, avec son cortège de représailles.

– Un dérivatif au combat pour la libération de la Palestine, la «grande oubliée » du printemps arabe.

– A contre-courant du flux de la mondialisation, la guerre de Syrie aura été la première opération de délocalisation sud/nord d’une «révolution» en ce que ses meneurs auront été porteurs de nationalité occidentale, salariés de l’ancienne administration coloniale : des supplétifs, ivres de notoriété et de vanité.

Finalement, le surge de l’ISIS apparait dans un tel contexte comme un coup de semonce aux Arabes, afin qu’ils cessent d’être des pantins désarticulés, complices de leur sujétion et de leur cupidité.
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http://www.renenaba.com/irak-le-surge-de-dahech-isis-et-sa-signification/

Source : http://tunisitri.wordpress.com/2014/06/16/irak-le-surge-de-dahech-isis-et-sa-signification/

EIIL ou Dah’ech: Ejercito Mercenario USA

Purificación González de la Blanca
Jul 2, 2014
Purificación González de la Blanca
Jul 2, 2014

Ojos para la Paz
Una vez más nuestros compañeros de Armas contra las Guerras hacen un magnífico trabajo de investigación e información.
Según la prensa atlantista, el Emirato Islámico de Irak y el Levante (EIIL) que acaba de invadir el norte y el oeste de Irak es un grupo de yihadistas inspirados por su fe que luchan con el Corán en una mano y el kalachnikov en la otra.
Para quienes han sido víctimas de sus crímenes, sobre todo en Siria, el EIIL es un ejército privado de mercenarios provenientes del mundo entero, dirigido por oficiales estadounidenses, franceses y sauditas, que está dividiendo la región para que las potencias coloniales puedan controlarla. La maniobra mediática es evidente.

¿Qué hay detrás? Hay una estrategia de desarrollo de las autopistas energéticas planeada por Estados Unidos, que ha fracasado. Solo les queda la intervención militar camuflada tras los terroristas que ha creado y sigue financiando.

Y esto por no hablar de los planes del grupo yihadista Estado Islámico de Irak y el Levante (EIIL) que asola Irak -que son los planes de EE.UU.-, publicado en un mapa de su sitio web que muestra sus fantasiosos delirios para controlar todo el petróleo de Oriente Medio, del norte de África y de Asia.

Un Général Libanais analyse la nouvelle invasion de l’Irak

Général Amin Hoteit: Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL (ou Dah’ech)?

Entrevue publiée par Candide le 1 juillet 2014 dans Actualités, Al-Qaida, Irak, Israel, Syrie, Terrorisme, USA

Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ?

Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ?
Quels sont les buts de la mise en scène de l’invasion de l’Irak par l’EIIL ?

1. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que Daech [EIIL : État Islamique en Irak et au levant] se déplace au Liban ?
Considérons les événements tels qu’ils sont et ne tombons pas dans les pièges des médias occidentaux qui nous laissent à penser que Daech est ce géant nanti d’une force contre laquelle nous ne pourrions résister. Ce n’est pas vrai.

2. Comment cela ?
Nous disposons de suffisamment de renseignements sur les forces de cette organisation. Les évènements qui se sont succédés m’ont conduit à rédiger, il y a quelques jours, un article que j’ai intitulé « Mossoul : une mise en scène daechienne » [1]. Car nous avons bel et bien assisté à une mise en scène !

Savez-vous que 25 000 hommes de la police et de l’armée de l’État irakien étaient présents à Mossoul et que Daech ne comptait que 500 combattants ? Par conséquent, ce qui s’est passé à Mossoul n’était pas une guerre, mais un cas de trahison et de capitulation associé à une guerre médiatique menée par les chaines TV Al-Jazeera [qatarie] et Al-Arabiya [saoudienne], lesquelles chaines ont annoncé la capitulation de Mossoul six heures avant sa chute réelle ! Ceci, exactement comme elles avaient procédé pour Bab al-aziziya en Libye, annonçant la défaite de Mouammar Kadhafi trois jours avant qu’il ne tombe et sa mort trois jours avant qu’il ne soit assassiné.
Il faut savoir qu’en cas de « guerre psychologique », la règle veut qu’une bonne partie de la population, plongée dans le « brouillard médiatique », attend de savoir qui est le plus fort pour décider de quel côté se ranger.

Il était donc évident que si les Irakiens des régions à prédominance sunnite des quatre provinces concernées [Ninawa, Salah Ad Din, Diyala, et Al-Anbar] avaient su que les forces attaquantes de Daech ne comptaient que 500 éléments face à 25 000, ils ne se seraient jamais résignés à leur servir de « couveuse ». Il fallait donc « exagérer » les forces de Daech pour en arriver à la situation souhaitée avant que le brouillard des médias complices ne se dissipe.

Daech, en tant qu’organisation, a été créée en Irak en 2004. Lorsque l’« incendie arabe » a été déclenché en Tunisie fin 2010, elle est restée cantonnée en Irak où elle a fini par compter, au grand maximum, 5200 éléments. Daech n’a été expédiée en Syrie qu’après le premier véto sino-russe d’Octobre 2011 et une fois que « Jabhat al-Nosra », créée spécialement pour alimenter la crise syrienne, s’est révélée incapable de renverser le gouvernement en place.

Il est de notoriété publique que Daech et Jabhat al-Nosra sont liées à l’organisation Al-Qaïda, elle-même créée par l’administration américaine, de l’aveu même de Mme Hilary Clinton [2]. C’est en Syrie que Daech est passée de 5200 à 7000 éléments en 2012, alors qu’elle en compte aujourd’hui 15 000 contre 10 000 en Irak, d’où 25 000 combattants au total.

3. Et voilà que Daech et Jabhat al-Nosra se battent en Syrie !
Non… tout cela relève de la « tactique » du maestro qui mène le jeu. Ainsi, nous avons appris ce midi [25 Juin] qu’à Abu Kamal [localité frontalière entre la Syrie et l’Irak] Al-Nosra a été obligée de déclarer son allégeance à Daech [3], pour la doter d’une « puissance cumulée » et faciliter sa besogne dans les provinces irakiennes. Et ceci, parce que le terrain principal de cette guerre s’est déplacé en Irak.

4. Qui commande Daech ?
C’est toujours le même maestro qui pense que le « contrat sécuritaire américano-irakien » qu’il a conçu [4][5], fera de l’Irak une colonie américaine qu’il dirigerait à distance depuis Washington. Mais il se trouve que trois ans après le retrait américain, l’Irak a cherché sa route, dictée par sa condition géopolitique ; autrement dit, celle qui le mène à une certaine harmonisation avec l’Iran et la Syrie. Résultat : les Américains sont furieux que l’Irak se rapproche de l’axe qui lui résiste, et les Pays du Golfe sont encore plus furieux contre Al-Maliki qui refuse de se plier à leurs diktats.

Ce qui s’est passé en Irak, est la conséquence de leur échec en Syrie ; surtout qu’Obama a sonné le glas de la prétendue opposition syrienne [sur CBS], en admettant publiquement qu’« il n’y a pas d’opposition syrienne capable de renverser le Président Al-Assad » [6].
L’administration américaine a donc admis son échec en Syrie, mais n’a pas abandonné son plan initial. Nuance ! Elle s’est donc déplacée vers l’Irak où ses intérêts se sont recoupés avec ceux de l’Arabie saoudite d’une part, du Qatar et de la Turquie d’autre part ; lesquels ont mis leurs désaccords de côté car ils se sont tous trouvés confrontés à une même catastrophe et à une même urgence : empêcher l’Irak de rejoindre le front du refus et donc, l’axe de la Résistance.

La question est : comment ont-ils procédé pour l’en empêcher ? Al-Maliki faisant partie de l’« Alliance nationale irakienne » habilitée, selon la Constitution, à former le gouvernement, ils lui ont mis en scène l’invasion daechienne ! Mais, aujourd’hui, nos renseignements disent que plus du tiers des sunnites de Mossoul et d’ailleurs se sont retournés, en à peine 24 heures, contre cette engeance qui a déplacé 750 000 des leurs ; ce qui correspond à un sunnite sur sept, le nombre de sunnites irakiens oscillant entre 5,5 et 6 millions.

Cette mise en scène daechienne a donc deux raisons : l’échec subi en Syrie, et aussi la lutte pour le pouvoir. Terroriser Al-Maliki ainsi que les membres de la coalition autorisée à décider de la Constitution et du Gouvernement, devrait permettre de proposer un gouvernement qui négligerait les résultats des dernières élections législatives. D’où la proposition d’un « Gouvernement de salut national » présentée par John Kerry [7][8].

Ce que suppose la proposition de John Kerry c’est, en effet, de mettre de côté les résultats des dernières élections législatives remportées par le bloc Al-Maliki et de distribuer le pouvoir à égalité entre les chiites, les sunnites et les kurdes; donc, sur une base confessionnelle et ethnique !
Ce qui reviendrait à un tiers pour les chiites [60 à 65% de la population], un tiers pour les sunnites [15 à 18% de la population], et un tiers pour les Kurdes [< 20% de la population]. Résultat : les deux-tiers sunnite et kurde sont aux mains des Pays du Golfe et des USA. Et, c’est le but de cette mise en scène en Irak !

5. Mais alors, comment devons-nous comprendre l’appel à l’aide des États-Unis de la part d’Al-Maliki [9] ?
C’était plutôt intelligent, étant donné le « contrat sécuritaire américano-irakien » qui stipule que si l’un des deux pays [ici, il s’agit évidemment de l’Irak] fait face à un danger menaçant son existence, ses frontières, son unité territoriale… à lui de demander à l’autre partie son aide dans les limites, le lieu et la durée qu’il aura fixés. Or, Al-Maliki sait parfaitement que les USA sont derrière toute cette opération, comme il sait que ni les Saoudiens, ni les Turcs n’auraient jamais osé encourager l’invasion daechienne sans que la décision, et non simplement l’accord, ne soit venus des États-Unis. Il les a donc appelés à l’aide !

Dans le cas où les États-Unis se seraient décidés à appliquer les termes de l’accord sécuritaire, ils envoyaient leur aviation. À ce propos, je vous fais part d’un sujet que je divulgue pour la première fois : lorsqu’Al-Maliki a parlé de bombardements US sur des centres de Daech dans la région d’Al-Anbar, ce n’était pas vrai ! Mais cela a obligé les États-Unis à démentir et a permis au Chef de l’alliance nationale irakienne, Ibrahim al-Jaafari, de rétorquer aux Américains qu’ils n’avaient rédigé leur accord sécuritaire bilatéral que dans leurs propres intérêts, puisqu’ils se sont abstenus de l’appliquer à la première occasion, ce qui autoriserait désormais l’Irak à le réviser et à faire face, par lui-même, aux dangers qui le menacent. D’où la « fatoua » prononcée aussi bien par les autorités religieuses chiites et sunnites contre cette mise en scène « dirigée pas les Américains en association avec la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite »…

En pleine interview, tombe la nouvelle d’une explosion lors d’une perquisition dans un hôtel à Beyrouth : 10 blessés [10] ; ce qui ramène le sujet vers la première question de cet extrait.

6. Général Hoteit, ne craignez-vous pas que DAECH se déplace au Liban ?
La réponse du Général Hoteit à ces actes terroristes qui frappent le Liban revient à dire qu’au Liban le système de Sécurité prend des coups mais ne cède pas ! Réponse développée, par ailleurs, dans un article du 26 Juin, dont voici les points essentiels [NdT].

L’occident tente de briser l’axe de la Résistance depuis l’an 2000. Il a commencé avec la Résolution 1559, est passé à la guerre de 2006, puis à la provocation de la discorde au Liban en 2008 et en Iran en 2009, pour ensuite s’attaquer à la Syrie en 2011, avant d’en arriver à l’Irak aujourd’hui ; dernière carte américano- sioniste… Par conséquent, nous pouvons nous demander si le passage à l’Irak, après fermeture de la frontière libano-syrienne, est la raison qui éloigne le Liban du feu de l’incendie. Sinon, est-il destiné à jouer un autre rôle?
Maintenant que l’Irak est devenu le théâtre principal de l’agression, nous pensons que l’Occident s’est légèrement mis en retrait de la Syrie devenue un théâtre auxiliaire, tandis que le Liban est désormais « le théâtre de pression » sur les composantes de l’axe de la Résistance en général, et sur le Hezbollah en particulier. Mais le problème de l’Occident réside dans son incapacité à pénétrer la société de la Résistance vu le bouclier de sécurité qui s’est formé autour d’elle. C’est pourquoi de nombreuses tentatives terroristes ont échoué les unes après les autres… [Celle-ci est passée].

Certes, les tentatives se répètent mais nous notons une nette baisse des niveaux de préparation et d’exécution, d’autant plus qu’il semble que la fabrication soit devenue locale depuis que les terroristes ont été privés de leurs « usines de la mort » dans le Qalamoun.

À ce stade, nous pouvons dire que l’échec de nombreuses autres tentatives terroristes est dû à l’incessante collaboration entre les institutions officielles de la Sécurité et de l’Armée libanaises d’une part, et les composantes de la société civile de la Résistance et des citoyens d’autre part. Ceci, sans oublier la complémentarité avec l’Armée arabe syrienne de l’autre côté de la frontière. Tant que cette coopération se poursuivra, la sécurité du Liban ne cèdera pas, malgré les secousses causées par une attaque terroriste ici ou là pour tenter de mettre fin à l’équation libanaise en vigueur : « Peuple, Armée, Résistance ».

7. Et que pensez-vous du danger qui guetterait la Jordanie ?
Daech a communiqué sa carte géographique qui correspond, en réalité, à un avertissement américain adressé à cinq pays, plus un sixième pour mystification !
Cette carte inclut l’Irak et le Koweït à l’Est, la Syrie et la Jordanie au centre, le Liban et la Palestine occupée à l’Ouest. Bien évidemment, Israël n’est pas concerné par Daech, car le haut commandement de Daech est américain et soucieux de ses intérêts. Par conséquent, ni le commandant, ni Daech ne porteront atteinte à Israël.
Le Koweit a été ajouté à la carte, car certaines informations ont fait état de ses tentatives de retour vers la Syrie et l’Iran depuis « l’échec du projet ».

L’avertissement est venu lui dire : ne bouge pas !
La Jordanie, qui a été la carte maîtresse de la guerre contre la Syrie tout le temps où Bandar Bin Sultan était à l’œuvre, hésite à son tour. Elle a reçu l’avertissement [mais c’est une autre histoire, NdT]

Le Liban est sur la carte depuis le début. Ceux qui prétendent le contraire doivent avoir des informations directes à partir des chambres opératoires dirigées par les États-Unis, les sionistes, les jordaniens ou les Pays du Golfe, que nous n’avons pas !

8. Finalement, et vu le scénario que vous venez de nous décrire, ne craignez-vous pas une guerre régionale ?
Une guerre traditionnelle, dont Israël ferait partie en envoyant ses propres soldats se battre sur tous les fronts n’est pas à l’horizon, ni au Liban, ni au Golan, ni en Iran. Si une telle guerre était possible, Israël n’aurait pas attendu 8 ans pour lancer sa guerre !

Dr Amin Hoteit
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http://reseauinternational.net/quels-les-buts-mise-en-scene-linvasion-lirak-leiil/
Sources : Synthèse de 2 interventions
25/06/2014 : Vidéo TV libanaise ANB
26/06/ 2014 : Article Al-Binaa
Transcription et Traduction par Mouna Alno-Nakhal
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Notes :
[1] Mossoul : une mise en scène daechienne
[2] Hillary Clinton : Nous avons crée Al-Qaïda, nous avons financé les Moudjahidin
[3] Al-Qaïda et l’EIIL fusionnent à la frontière syro-irakienne
[4] Les accords du 17 novembre 2008 établissant le cadre juridique de la présence américaine en Irak et de la coopération entre les deux États
[5] L’escroquerie du contrat sécuritaire américano-irakien
[6] Obama: Notion that Syrian opposition could overthrow Assad a “fantasy”
Extrait traduit :
« Il n’y a pas d’opposition syrienne qui soit en mesure de vaincre Al-Assad… Je pense que l’idée selon laquelle il y aurait actuellement une force d’opposition modérée capable de vaincre Al-Assad n’est tout simplement pas vraie… Nous avons passé beaucoup de temps à essayer de travailler avec l’opposition modérée en Syrie… l’idée qu’ils puissent tout à coup renverser non seulement Assad, mais aussi les impitoyables djihadistes hautement entraînés, si nous envoyons quelques bras, relève du fantasme… Je pense qu’il est très important que le peuple américain, et sans doute encore plus important, que Washington et les services de presse comprennent cela ! »
[7] Iraq crisis : Kerry in Irbil for talks as crisis rages
[8] Kerry calls for inclusive government in Iraq
[9] L’Irak appelle les Etats-Unis à l’aide
[10] De nouveau, le carnage évité de justesse à Beyrouth
Le Docteur Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
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Source : http://tunisitri.wordpress.com/2014/07/01/general-amin-hoteit-quels-sont-les-buts-de-la-mise-en-scene-de-linvasion-de-lirak-par-leiil/