CIA & bases militaires US: Tentacules autour du Grand Sud

Les USA, L’Amérique du Sud & l’Afrique

Dans le premier article de cette série, nous avons montré que la seule chose que les États-Unis peuvent faire est de retarder le plus possible un résultat prévisible. Pour le moment ils sont obligés de renforcer, encore maintenant, leur présence militaire dans Asie du Sud, par la redistribution dans la région des forces et des ressources autres que le commandement de l’USPACOM. Sinon, la Chine, en plein essor économique, les éliminera instantanément de cet énorme marché qui représente 60% de la population terrestre.

Selon la « théorie du Heartland » de Halford John Mackinder, le continent américain est une des « îles lointaines situées à la périphérie » qui n’ont pas de valeur géopolitique en raison de l’isolement. Pour faire sentir leur présence partout dans le monde, les Etats-Unis ont créé la plus grande force navale du monde structurée sur plusieurs flottes.
(http://4.bp.blogspot.com/-IEAQc0qQDVQ/TwNcczxN0mI/AAAAAAAABJw/RsD1NHohOkg/s1600/USN_Fleets_%25282008%2529.png)
Pour garder le contrôle sur l’ensemble de la planète, les américains utilisent le chantage et la force, tous les continents étant destinés à avoir des centres de commandement aéro-navalo-terrestres US, certains d’entre eux prêt à intervenir à tout moment.
(http://en.wikipedia.org/wiki/Unified_Combatant_Command)
USAFRICOM est responsable du continent africain, USCENTCOM du Proche-Orient et de l’Asie du Sud, USEUCOM de l’Europe et de la Russie, USNORTHCOM de l’Amérique du Nord, USPACOM de l’Asie du Sud-Est et de l’océan Pacifique, et USSOUTHCOM de l’Amérique du Sud. Contrairement aux troupes qui peuvent être déployées par avion à partir des Etats-Unis, le matériel, le carburant et les munitions sont transportées par bateaux pour être acheminés sur le théâtre des opérations en 4-7 jours.

Même dans ces conditions, une agression armée d’un pays n’ayant pas de débouché sur la mer et dont les limites sont à plus de 400 km de littoral est un objectif irréalisable pour les Etats-Unis, car elle dépasse la portée des avions embarqués sur des porte-avions. Par exemple, l’Irak, la Yougoslavie et la Libye, tous pays ayant accès à la mer, ont été attaqués par les Etats-Unis. Pour raccourcir le temps de réaction de ses forces, les États-Unis ont créé pour 3 des 6 commandements (USPACOM, l’USEUCOM et USCENTCOM) un vaste réseau de dépôts continentaux, même sur le théâtre des opérations. USCENTCOM a des dépôts au Koweït, le Ali Al Salem Air Base, Camp Arifjan, Camp Buehring, Camp Virginia et Patriot Camp, fournissant l’équipement d’un corps d’armée américain. Les dépôts les plus importants de l’USCENTCOM se trouvent en Arabie saoudite, où sont stockés le matériel de combat, les munitions et le carburant pour la 3ème armée américaine. La plupart de ces dépôts sont situés à peu de distance d’un port accessible à la flotte de la marine américaine.

En Europe centrale et en Amérique du Sud, les Etats-Unis ont réussi à former des groupes paramilitaires appelés Contras grâce à ses forces d’opérations spéciales et la CIA, organisant des coups d’état et mettant en place des juntes militaires ou des gouvernements dirigés par des espions de la CIA. Les seules interventions directes de l’armée américaine ont eu lieu en 1965 en République dominicaine et au Panama en Décembre 1989. Ces opérations avaient utilisé des unités de la force d’intervention rapide appartenant au XVIIIème Corps et le 75ème régiment des Rangers. L’intervention s’est faite par le biais de parachutage à partir d’avions ayant décollé des Etats-Unis. Fondamentalement, pour l’Amérique Centrale et du Sud, les États-Unis n’avaient pas encore créé de dépôts ou des forces USSOUTHCOM en raison de la distance relativement faible du territoire national et il n’y avait pas besoin de transférer du matériel à partir de l’USPACOM (Asie du Sud-Est).

En 2002, le Brésil a élu comme président Luiz Inacio Lula da Silva (assimilé au Brésil à Nicolas Ceausescu de la Roumanie). Celui-ci fut réélu en 2006. La fulgurante croissance économique du Brésil durant la dernière décennie a projeté ce pays au 6ème – 7ème rang dans l’économie mondiale, et a conduit à la création d’une union économique et politique en Amérique du Sud appelé Mercosur. Comme l’Allemagne est le moteur de l’UE, il en est de même pour le Brésil au sein du Mercosur qui est composé de l’Argentine, du Brésil, du Paraguay, de l’Uruguay, du Venezuela et de la Bolivie, et qui dans le passé ont pleinement mesuré la signification des « avantages » de la démocratie imposée par l’armée américaine. Pour savoir ce qu’était la démocratisation apportée par les États-Unis dans ces pays dans les années 70 – 80, je vous recommande de regarder le film « l’état de siège » réalisé en 1973 par Costa Gavras (http://youtu.be/Rrmz7MOkhIQ). Notez que le Mercosur a comme principaux partenaires économique les pays émergents (BRICS) et la présence de ces états dans Mercosur est possible aussi longtemps que leurs gouvernements auront une orientation anti-américaine. Par ailleurs, la Russie est à nouveau présente dans la zone de manière permanente et va déployer une force d’intervention rapide composée de destroyers, de sous-marins, de bombardiers et d’avions multirôles à la base navale de Lourdes à Cuba.

L’atroce guerre civile en Angola, qui a duré plus de 2 décennies, a pris fin en 2002 et, après des années de reconstruction, le taux de la croissance économique du pays était incroyable (20% entre 2005-2007) en stimulant les exportations massives, en particulier du pétrole (L’Angola est, après le Nigeria, le 2ème exportateur de pétrole en Afrique) du gaz naturel et des diamants. L’Angola est devenu un leader régional dans le domaine militaire avec le soutien de la Russie avec les nouveaux avions d’entrainement Yak-130, des avions multirôles Su-30MK3, des hélicoptères d’attaque Mi-28, des installations de lancement de missiles anti aériens à longue portée S-300 PMU-2, des installations APR type BM-30 (LMR) cal. 300 mm, des corvettes transporteur de missiles de classe Tarantul, armées de missiles Kh-35 Uran, etc. L’ancien colonisé, José Eduardo dos Santos, aujourd’hui président communiste de l’Angola, est celui qui a refinancé la Banque Portugaise d’Investissement, et non Manuel Barroso, lauréat du prix Nobel de la paix 2012, ni les États-Unis ou le FMI, évitant ainsi à l’ancienne métropole, membre de l’OTAN et de l’UE, une faillite déjà annoncée.

Un autre détail important dans l’équation, concerne les investissements chinois dans les pays africains qui ont enregistré une augmentation exponentielle au cours des 13 dernières années, réussissant à éliminer la concurrence américaine et européenne. Toutes ces raisons ont poussé les Etats-Unis, à partir du 1er Octobre 2008, à opérationnaliser l’AFRICOM, à partir des forces militaires de l’USEUCOM et de certains dépôts américains en Europe, en les engageant dans un Partenariat pour lutter contre le terrorisme transsaharien, dans le Sahel et dans le Maghreb (Afrique du nord). En 2008, sous l’égide de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), coordonnée par les Etats-Unis, l’OTAN a créé son propre noyau intervention armée en Afrique de l’Ouest, dépendant du partenariat transsaharien. La première mise en œuvre de ce dispositif a été effectuée en 2008 par la CEDEAO dans une opération de simulation appelée Jigui 2008 qui a eu lieu sur le territoire malien, avec la participation des troupes de la France, du Danemark, du Canada, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
La Chine est le plus grand fabricant de textile dans le monde, le revenu annuel provenant de la vente des produits textiles est de 755 milliards de dollars. Le coton brut, la matière première pour l’industrie textile provient de sa propre production et des importations (2,28 millions de tonnes). Les Etats-Unis n’utilisent dans leur industrie textile que 16% de coton et en vendent annuellement pour 5 milliards de dollars. Ces dernières années, un groupe de pays africains: le Mali, le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad (appelé cotton-4) a été préféré par le fabricant de textiles chinois Yuemei, pour ses importations de coton, plutôt que les États-Unis. Yuemei envisage de délocaliser ses capacités de production au Mali et, à cet effet, offrir aux entreprises d’État la technologie et l’expertise pour améliorer la qualité du coton. Dans la région de Ségou, les Chinois, par le biais de la société sino-malienne Sukala, ont construit un vaste complexe de traitement de la canne à sucre, avec une capacité de plus de 100.000 tonnes, faisant du Mali un exportateur de sucre, le 3ème de l’Afrique de l’Ouest. La Chine a lancé un projet de grande envergure dans les infrastructures de transport du Mali. Parmi ces grands travaux, Bamako vient d’être doté d’un 3ème pont traversant le fleuve Niger, et d’une route périphérique ceinturant la ville. Récemment, la Chine a ouvert un crédit de 149 millions de dollars pour la construction routière Bamako-Ségou.

Comme l’intervention de l’OTAN en Libye, celle du Mali était dirigée en réalité contre les intérêts économiques de la Chine, ce qui montre que, par rapport à l’Afrique, l’Europe présente de moins en moins d’intérêt pour les Etats-Unis. Ca a donné d’autres révolutions colorées importées, avec l’aide des médias, en Tunisie, en Egypte et en Libye où les États-Unis ont remplacé certains de leurs agents usés au pouvoir par d’autres serviteurs complètement malades passés par les filières d’Al-Qaida, créé par la CIA. Toute cette effervescence s des américains en Afrique et dans le monde arabe arrive un peu tard, dans la mesure où la situation des Etats-Unis en Asie du Sud-Est empire de jour en jour. Elle ne leur permet pas de se concentrer sur l’Afrique et de bien maîtriser l’extension du «Printemps arabe», avec l’aide des forces d’opérations spéciales. Car, rappelez-vous que AFRICOM et USEUCOM ont des stocks et des dépôts communs, et que 50-60% des équipements de combat américains doivent être transférés à partir de USPACOM, ainsi que les soldats américains et les espions de la CIA.

http://avicennesy.wordpress.com/2013/04/15/le-dragon-chinois-et-lours-russe-ont-taille-les-griffes-de-laigle-americain-partie-ii/

Rédigé par : valentin vasilescu | le 16 avril 2013 à 12:40

Source : http://america-latina.blog.lemonde.fr/2013/04/16/comment-nicolas-maduro-est-devenu-lelu-de-cuba-au-venezuela/

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