مسودة الدستورتمهد « لدولة دينية » (brouillon de la constitution)

في تعليق له على مسودة الد ستور اكد الأستاذ عياض ابن عاشور أستاذ القانون الدستوري بالجامعة التونسية « بأن المسودة الثانية للدستور الجديد ضعيفة وليست واقعية ولاتتسم بالدقة ». وأوضح « بأن عد م وجود الخبرة والمعرفة القانونية الدستورية بين أعضاء المجلس الوطني التأسيسي قد أدى إلى صياغة تفتح الباب لتأولات خطيرة مناهضة للحرية »
وكان جدلا كبيرا قد سبق إنطلاق آشغال اللجان التأسيسية الستة حول « أهليتها » و »خبرتها » القانونية لصياغة الدستور الذي يعد وثيقة هامة في تحديد النمط المجتمعي والنظام السياسي بالنسبة للأجيال القادمة.
وهو ما يفترض حصول إجماع ووفاق وطني واسع حول هذه « الوثيقة » الهامة ولايجب أن يحسم وفق قاعدة الآغلبية النيابية.
لكن مثل هذا الرأي يرفضه البعض وخاصة الإسلاميين الذين يرون أنه يكرس »لدكتاتورية الخبراء » ويلغي دور النواب الذين إنتخبهم الشعب لمثل هذه « المهمة ».
وفي هذه الوثيقة للدستور نجد تنكر واضح للتنصيص على مرجعية حقوق الإنسان كما تتضمن هذه المسودة للدستور مسائل خطيرة أبرزها إغتيال الحرية الفكرية وكذلك خطر « شبح » الدولة الدينية./.
.Cherif..A

Yadh Ben Achour dénonce…

2ème Brouillon du projet de la Constitution Tunisienne
Dans un commentaire relatif au projet de constitution, le professeur Yadh Ben Achour, professeur de droit constitutionnel à l’université de Tunis a déclaré dans une conférence de presse que ce projet est insuffisant, loin de la réalité du pays et truffé d’imprécisions. Il a ajouté que l’absence d’experts en matière de droit constitutionnel auprès des membres de l’Assemblée Nationale Constituante a eu pour conséquence la rédaction d’un texte ouvrant la voie à des interprétations dangereuses et contraires à la liberté. Il a décrit un débat qui a eu lieu au tout début des travaux des six commissions des travaux de l’assemblée. Il se trouve que les membres de ces commissions manquent d’expérience et ne sont pas habilités à rédiger un texte à la fois clair et de caractère juridique, document important susceptible de refléter le genre de société tunisienne dans sa spécificité ainsi que le régime politique requis par les futures générations.
De telles idées exprimées à travers ce document doivent être l’objet d’un consensus de l’assemblée et non pas de la majorité de ses membres. De fait, les principes énoncés plus haut sont loin d’intéresser les islamistes qui contrôlent la majorité simple avec leurs alliés. Ils ont préféré initier leurs travaux à partir de la feuille blanche sous prétexte d’être mandatés par le peuple.
Quant au projet en question (deuxième brouillon), il omet toute référence à la déclaration universelle des Droits de l’Homme. En revanche, il avance d’autres aspects dangereux dont la destruction de la liberté d’expression, ce qui est représente le spectre d’un futur état despotique islamique.
Traduction libre par A. Cherif

2ème Brouillon. Constitution Tunisienne

Lecture des droits de la Femme selon le 2ème brouillon du projet de la constitution
Les représentantes de la Ligue des Electrices tunisiennes et l’Association des Femmes Juristes déclarent que l’article 148 de ce texte est très dangereux parce qu’il est en contradiction avec le reste des articles. Elles ont insisté lors d’un atelier tenu à Tunis sur une lecture nouvelle pour inscrire le droit des femmes au sein de la nouvelle constitution.
Le style de la rédaction dénote un jeu sur les termes. On ne sait pas au juste si ce bavardage est innocent ou voulu. On avait cru qu’un ensemble de recommandations faites par ces associations lors d’une réunion de travail au sein d’une commission aurait été tenu compte pour l’inscription des droits de la Femme, notamment l’égalité entre les deux sexes et la liberté de procréer, conformément aux conventions internationales approuvées par la Tunisie, ce qui n’est pas inscrit dans ce projet.
Ces associations ont également exigé le principe de la parité homme-femme dans les élections. Mme Mansuri déclare que l’article 43 du projet est une déclaration d’intention sans plus, elle ne tient pas compte du processus de candidature ni du remplacement éventuel.

Rédaction discontinue
Mme Klibi, professeur de droit constitutionnel à Tunis, a présenté une étude comparative des droits de la femme entre le premier et le deuxième projet. Elle a constaté des redites et même des contradictions. Certains articles tels que l’article 7 –qui déclare la protection des droits de la femme et la consolidation de ses biens- laissent à désirer du point de vue rédactionnel. Ici en fait l’Etat ne garantit rien. Elle a ajouté que l’ensemble des articles sont attribués à l’homme et non à la femme par l’utilisation du genre masculin seul, ce qui de fait exclut la femme de ses droits en particulier dans les espaces de pouvoir, comme celui de la candidature à la présidence de la république.
Ces remarques font l’objet d’un rapport qui sera transmis à l’AC pour en tenir compte dans la rédaction de la version définitive.
Mme Salwa El Hamrouni, professeur adjoint à la Faculté des Sciences Juridiques de Tunis, insiste sur le principe de l’égalité entre les citoyens et les citoyennes.
______________
Document tiré du journal Assabah du 6 janvier 2013, article rédigé par Jihad Kalboussi. Traduction libre de l’Arabe par A. Cherif

Ennahdha trahit la Tunisie

TUNISIE

Comment Ennahdha a vendu la Tunisie au Qatar
Les ambitions planétaires du Qatar ne font plus de doute et sont visibles à l’œil nu. Énergie, immobilier, hôtellerie… et même le football ! Le Qatar est présent partout dans le monde et rachète à tour de bras les plus beaux fleurons des économies occidentales.
Bénéficiant d’une incroyable complicité de la part de dirigeants politiques locaux pourtant démocratiques. Le nouveau statut du minuscule émirat du Golfe, où les qataris eux-mêmes représentent à peine 20% de la population, a changé spectaculairement depuis le lancement il y a 15 ans d’Al Jazeera, la chaîne d’information continue. Al Jazeera a préparé le terrain au « printemps arabe » et permis à l’émirat de surfer allègrement sur la vague des révoltes populaires qui ont balayé de puissants dictateurs arabes. Le Qatar ne cache plus ses ambitions planétaires. Et profitant de la bénédiction américaine, il intervient de plus en plus dans les politiques locales de ces pays pour assurer ses propres intérêts économiques et géostratégiques.

Partenariat économique ou retour d’ascenseur ?
En Tunisie, avec l’arrivée des islamistes d’Ennahdha au pouvoir, le tapis rouge a été déroulé aux Qataris. Et on ne compte plus les secteurs économiques investis par la puissance financière de l’émirat. D’aucuns attribuent l’emprise qatarie sur l’économie de notre pays à un retour d’ascenseur d’Ennahdha qui aurait bénéficié des largesses financières de l’émir et de son soutien sans failles pour l’aider à conquérir le pouvoir. Si cette ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Tunisie reste à prouver, il n’en demeure pas moins que la présence des qataris en Tunisie dépasse le cadre d’un partenariat économique classique et inquiète plus d’un Tunisien lorsqu’on voit la facilité et la rapidité avec lesquelles des projets importants et stratégiques sont attribués au Qatar par le gouvernement provisoire.

Mode d’emploi : avec Ben Ali ou Ennahdha, à la fin c’est toujours le Qatar qui gagne !
Le gouvernement reprend souvent des projets stratégiques dans des secteurs sensibles (énergie, mines, transport aérien…), dont certains ont été accordés sous Ben Ali aux qataris dans des conditions plus que suspectes, pour les offrir en cadeau aux mêmes qataris de manière encore plus favorable. C’est-à-dire sans appel d’offres, sans débat sur leurs enjeux économiques, écologiques… et sans passer par l’Assemblée nationale constituante qu’Ennahdha proclame pourtant à cor et à cri comme le seul lieu de la légitimité. Une partie de ce processus trouble se déroule souvent via des mémorandums d’entente, sorte d’accord de gré à gré passé discrètement à l’abri des regards.

Dans cet article nous tenterons d’expliquer, projet par projet, comment Ennahdha est en train de brader la Tunisie aux « frères » qataris.

Diar Qatar : Ben Ali a préparé le terrain,
Ennahdha finit l’ouvrage

Diar Qatar est un méga projet immobilier (villas de luxe, parcours de Golf, marina, restaurants…) qui s’étend sur 140 hectares, au coeur des palmeraies, entre Nefza et Tozeur. Ce projet a été tout bonnement reconduit sans aucune modification par le gouvernement dominé par Ennahdha. Il faut dire qu’il avait été voté en 2010 par des gens de confiance, à savoir… le parlement de Ben Ali. Sans même que les députés qui l’ont voté ne soient au courant du montant de la transaction qui leur a été cachée par le ministre chargé de l’affaire ! Le projet est passé dans la foulée d’autres méga projets immobiliers (« Sport City » du groupe Abou Kathir près du Kram, « La ville des roses » du groupe émirati « Al Maabar » à Raoued, « La porte de la méditerranée » de SamaDubai à l’entrée sud de Tunis…) généreusement octroyés à des opérateurs du Golfe. Ces projets présentés par la propagande benaliste comme des gisements d’emplois ont été très critiqués car ils représentent des forteresses isolées du monde extérieur, dont les infrastructures et les habitations sont économiquement inaccessibles aux Tunisiens, car destinées exclusivement à une clientèle fortunée de l’Europe ou du Golfe. Sans oublier leur coût écologique et urbain élevé.
Ces méga projets n’ont pas manqué de faire réagir -Z-, le célèbre caricaturiste et également architecte tunisien qui, déjà du temps de Ben Ali avait réservé une bonne partie de son blog,DEBATunisie, à dénoncer ces affaires aux relents mafieux. Diar Qatar ne semble pas échapper à cette règle. -Z- se pose de sérieuses questions sur le potentiel de développement d’un projet de villas de luxe dans une région pauvre, le qualifiant ironiquement de « Tourisme spatial ». Déjà en 2008, en plein soulèvement du bassin minier, il se demandait comment Diar Qatar pourrait « transformer nos mineurs en colère en cosmonautes d’élite. » En 2012, après la révolution, il est rejoint dans son scepticisme par des experts tunisiens de l’environnement qui exigent une étude sérieuse sur l’impact de projet sur l’environnement avant de démarrer les travaux. Le gouvernement provisoire, prompt à faire plaisir à ses amis qataris, a fait mine d’ignorer les dessous de ce projet de 80 millions de dollars, et ne semble pas concerné par son impact quasi nul sur le développement et l’emploi dans la région, encore moins ses conséquences potentielles sur le fragile écosystème de la région. Quand on aime (le qatari), on ne compte pas.

Raffinerie de pétrole de la Skhira :
deux projets pour le prix d’un

Le projet de raffinerie à la Skhira est destiné à augmenter considérablement les capacités de raffinage de la Tunisie pour diminuer sa dépendance vis-à-vis de nos importations de brut et envisager même de répondre à la demande en hausse en raffinage du marché international. Ce projet qui a été lancé à l’ère Ben Ali a déjà fait l’objet d’un appel d’offres douteux remporté par les qataris de Qatar Petrolium. Le projet, initialement convoité par les algériens de la Sonatrach, était promis à Kadhafi – par l’entremise de Leila Ben Ali semble-t-il – mais des transactions occultes l’ont détourné à la dernière minute en faveur des qataris. Par la suite, sa mise en oeuvre a été retardée par une affaire de corruption dans laquelle serait impliqué Abdelwahab Abdallah, l’ancien conseiller de Ben Ali, qui aurait exigé des qataris le versement de commissions exorbitantes contre le démarrage du projet. La révolution a été bénéfique pour les qataris puisqu’ils récupèrent ce projet dans le cadre de l’habituel mémorandum d’entente. Le gouvernement provisoire, lui, n’a pas jugé utile de réexaminer les conditions douteuses du précédent appel d’offres, ni d’organiser un nouvel appel d’offres international pour obtenir la meilleure offre. Il a offert le projet de raffinerie de la Skhira dans un package avec un autre gros cadeau : le gisement de phosphates de SraOuertane. Le tout pour 7 milliards de dollars alors que dans le premier appel d’offres la réalisation de la raffinerie de Skhira était valorisée à elle seule à 6,3 milliards de dollars !

Ennahdha pire que Ben Ali
Le projet SraOuertane est très prometteur. Cette mine située près du Kef produit du phosphate, matière première très demandée sur le marché mondial. En 2008, le gouvernement de Ben Ali avait déjà lancé un appel d’offres international pour mettre en concession 25% de la mine pour une valeur de 3 milliards de dollars. Selon les experts, les conditions d’exploitation de SraOuertane prévues dans l’appel d’offres de Ben Ali étaient loin de garantir parfaitement les intérêts de la Tunisie. Et voilà que le gouvernement actuel issu de la légitimité populaire gère avec encore moins de transparence le dossier stratégique de SraOuertane. En effet, la procédure de l’appel d’offres a été contournée pour laisser la place à une transaction directe entre HamadiJebali, le chef du gouvernement, et le prince hériter du Qatar conclue à Tunis à l’occasion de la visite de ce dernier en juillet dernier.

Le schéma est identique. On se met d’accord à travers la signature d’un mémorandum d’entente sans mettre en concurrence les qataris avec d’autres investisseurs locaux ou étrangers. L’affaire a été « liquidée » ni vu ni connu dans les coulisses de la Kasabh. Les qataris peuvent pavoiser car ils pourront exploiter non pas les 25% de SraOuertane prévus par Ben Ali mais la totalité de la mine ! Et lorsque le ministère de l’industrie est interpellé sur l’absence d’appel d’offres préalable, sa réponse est étonnante ! : les qataris assureront la mise à jour de l’étude de faisabilité du projet, très coûteuse pour être prise en charge par le gouvernement tunisien. Le ministère de l’industrie ne nous dira pas comment un candidat parmi d’autres à l’exploitation d’un projet puisse réaliser lui-même l’étude de faisabilité du même projet ! A l’évidence, on voit mal comment le projet SraOuertane échappera aux qataris. Et on imagine que l’appel d’offres international ne sera qu’une formalité. Puisque tout a déjà été décidé à l’avance dans les alcôves de la Kasbah. De quoi nous rappeler les détestables pratiques du régime de Ben Ali. Et dire que le gouvernement « légitime » nous a inlassablement matraqué avec ses discours zélés sur la transparence et l’intégrité des nouveaux gouvernants de la Tunisie. En attendant, SraOuertane s’ajoute à la liste des joujous qataris dans notre pays.

Tunisair : liberté totale à Qatar Airways ou comment achever un corps qui agonise
Le cas de Tunisair est emblématique de la sujétion d’Ennahdha au Qatar. Le gouvernement provisoire vient en effet d’accorder à la compagnie nationale qatarie, Qatar Airways, la fameuse cinquième liberté. Cela veut dire que les avions de Qatar Airways « joueront à domicile » puisqu’ils pourront embarquer et débarquer des voyageurs dans tout aéroport tunisien non seulement vers le Qatar mais aussi et surtout vers n’importe quelle autre destination dans le monde. Un privilège plus favorable que l’Open Sky – qui se limite aux vols entre les pays des compagnies membres – et que même Syphax Airlines, la compagnie privée pourtant tunisienne, n’a pas obtenu, se contentant seulement d’exploiter la ligne Tunis-Paris. D’ailleurs, on se demande pourquoi le gouvernement tunisien n’a pas poursuivi ses négociations sur l’Open Sky, potentiellement bien plus favorable à la Tunisie, pour s’empresser de signer en catimini avec le Qatar. C’est dire le cadeau royal offert sur un plateau au Qatar par le gouvernement de la Troïka.

Ultime affront pour Tunisair, l’accord avec le Qatar a été signé sans consulter ses dirigeants, ni même les syndicats, qui n’ont pas été associés aux négociations. Et les regrets du ministre des transports pour cette « omission » et ses promesses cyniques que l’avis de Tunisair sera pris en compte dans le futur, ne font qu’enfoncer le couteau dans la plaie béante du transporteur historique national.

Gros cadeaux entre amis
Pourquoi Ennahda se montre-elle si généreuse avec les qataris ? Mise à part l’aide qu’il aurait apporté au parti islamiste avant les élections et qui se poursuivrait à ce jour, le Qatar financerait également avec beaucoup de générosité, certaines des innombrables associations du réseau associatif islamiste qui poussent comme des champignons depuis le 14 janvier 2011. Officiellement pour enrichir le tissu associatif national mais en réalité dans le but non avoué d’islamiser la société par le bas. Un projet cher à RachedGhannouchi et parfaitement bien explicité par ce dernier dans sa fameuse vidéo avec des salafistes et confirmé par Abdelfattah Mourou dans une autre vidéo tournée avec WajdiGhounim, le prêcheur égyptien, lors de sa dernière « tournée » en Tunisie.

Pour assurer ses intérêts très particuliers et promouvoir son véritable projet pour la Tunisie, qui se situe aux antipodes de la révolution et de ses objectifs, Ennahdha a décidé de sacrifier notre pays et de livrer la Tunisie et ses richesses à la cupidité sans limites du grand frère qatari. Les spécialistes des mouvements islamistes vous diront que cela est normal car la loyauté d’Ennahdha s’exprime en premier lieu envers, « la société mère », la confrérie des frères musulmans et son projet islamique universel. Et le mouvement islamiste n’a aucune loyauté pour la Tunisie dont il traite les citoyens avec mépris. Cela a été prouvé à plusieurs reprises, lors de l’affaire de la profanation du drapeau national et de celle des harrakas de Lampedusa, ignorés par les leaders d’Ennahdha qui fêtaient un mariage collectif pendant que des Tunisiens périssaient par dizaines dans le grand large du rêve cauchemardesque d’Italie.

Drones assassins

DRONES • Un ancien pilote américain raconte
Posted by Candide on 5 janvier 2013 in USA

DRONES • Un ancien pilote américain raconte
Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air américaine. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait.
• Der Spiegel : Nicola Abé , 3 janvier 2013

DRONES • Un ancien pilote américain raconte
Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air américaine. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait.
• Der Spiegel : Nicola Abé , 3 janvier 2013
Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète.
A l’intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C’est le cerveau d’un drone. Dans l’US Air Force, on appelle cette pièce un “cockpit”. A cette différence près que les pilotes du container ne volent pas – ils se contentent de piloter.
Brandon était l’un d’entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10 000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, “marque” le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. “Les secondes s’écoulent au ralenti”, se souvient Brandon aujourd’hui. Enregistrées au moyen d’une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes.
Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent.
“On vient de tuer le gamin ?” demande-t-il à son collègue assis à côté.
“Je crois que c’était un gamin”, lui répond le pilote.
“C’était un gamin ?” continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran.
C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : “Non, c’était un chien.”
Ils se repassent l’enregistrement une nouvelle fois. Un chien sur deux jambes ? Lorsque Brandon Bryant sort de son container ce jour-là, le cœur de l’Amérique profonde s’étale devant lui : l’herbe drue de la steppe à perte de vue, des champs, l’odeur du lisier. A intervalles de quelques secondes, la tour de radar de la base de Cannon [au Nouveau-Mexique] de l’US Air Force projette un éclair dans le crépuscule. Une guerre est en cours.
La guerre moderne est invisible, la distance lui ôte de sa gravité. C’est une guerre larvée, contrôlée, téléguidée depuis de petites unités high-tech disséminées en différents points du globe. La guerre nouvelle se veut plus précise que l’ancienne. Pour cela, beaucoup la disent “plus humaine”. C’est la guerre d’un intellectuel : plus qu’aucun autre avant lui, Barack Obama l’a encouragée.

Une guerre lointaine et intime
C’est dans un couloir lambrissé de bois sombre du Pentagone, le ministère qui conçoit cette guerre, que les responsables de l’US Air Force ont leurs bureaux. Aux côtés des portraits des chefs militaires, on découvre le tableau d’un Predator, une peinture de drone. Si l’on en croit l’armée, aucune autre invention n’a autant fait la preuve de son utilité ces dernières années dans la “guerre contre le terrorisme”.
L’armée télécommande des drones à partir de sept bases militaires sur le territoire américain, auxquelles il faut ajouter les bases de l’étranger, notamment à Djibouti, en Afrique. Depuis son siège de Langley, dans l’Etat de la Virginie, la CIA opère au Pakistan, en Somalie et au Yémen.
Jusqu’à sa promotion voilà quelques mois au ministère de la défense au poste de responsable de la force d’intervention Drones, William Tart était commandant de la base aérienne de Creech, au Nevada, près de Las Vegas, où il dirigeait l’engagement des drones.
Il évoque l’usage humanitaire des drones après le tremblement de terre de Haïti et les succès militaires pendant le conflit libyen : il raconte comment ses hommes ont détruit un camion qui lançait des roquettes sur Misrata, comment ils ont traqué le convoi dans lequel fuyaient Kadhafi et ses partisans. Il ajoute que les troupes terrestres engagées en Afghanistan ne tarissaient pas d’éloges sur l’appui aérien. “Nous sauvons des vies”, affirme-t-il.
Il sera moins disert sur les exécutions ciblées. Pendant ses deux années à la tête de la base de Creech, il n’a vu mourir que des combattants, jure-t-il. Les cibles n’étaient abattues que lorsque les femmes et les enfants étaient dehors. Quand on lui pose des questions sur la chaîne de commandement, le colonel Tart renvoie à un document de 275 pages énonçant que les attaques de drones sont soumises aux mêmes autorisations que toutes les autres attaques conduites par l’US Air Force. Un officier basé dans le pays en question doit donner son feu vert.
Puis le colonel Tart sort de ses gonds. Il n’aime pas entendre parler de frappes “chirurgicales”. Cela le fait penser à ces vétérans du Vietnam qui lui reprochent de n’avoir jamais pataugé dans la boue, de n’avoir jamais senti l’odeur du sang, de ne pas avoir la moindre idée de ce qu’est la guerre.
Faux, rétorque le gradé. L’heure de trajet qui sépare Las Vegas de son lieu de travail lui a souvent été nécessaire pour prendre du recul. “Nous observons des hommes pendant des mois, nous les voyons jouer avec leurs chiens, étendre leur linge. Nous connaissons leurs habitudes comme nous connaissons celles de nos voisins, nous allons même à leur enterrement.” Cela n’a pas toujours été simple, assure-t-il. “Avec le drone, la guerre a quelque chose de personnel”, fait observer William Tart.
Jamais il n’aurait imaginé tuer tant de gens
Une maison de bois jaune en périphérie de la petite ville de Missoula, dans le Montana. En toile de fond, des chaînes de montagnes, des bois et des nappes de brouillard. Les premières neiges s’accrochent. Brandon Bryant, 27 ans, est installé sur le canapé de sa mère. Il est revenu vivre chez elle depuis qu’il a quitté l’armée, porte une barbe de trois jours et se rase la tête. “Cela fait quatre mois que je ne rêve plus en infrarouge”, confie-t-il en souriant. Une victoire pour lui.
Il a fait six ans dans l’US Air Force et totalise 6 000 heures de vol. “Pendant ces six ans, j’ai vu mourir des hommes, des femmes et des enfants”, raconte-t-il. Jamais il n’aurait imaginé tuer tant de gens. En fait, il n’aurait même jamais imaginé en tuer un seul.
A la sortie du lycée, Brandon voulait devenir journaliste. A l’époque, il allait encore à l’église le dimanche et “flashait” sur les pom-pom girls rousses. Après un semestre d’études, il avait plusieurs milliers de dollars de dettes.
Son engagement dans l’armée tient du hasard : il accompagne un ami venu signer, entend que l’US Air Force dispose de sa propre université et qu’il pourrait y étudier sans débourser un centime. Brandon se sort si brillamment des épreuves qu’on le destine au service de renseignements. Il apprend à guider les caméras et les lasers d’un drone, à analyser les images du sol, les cartes et les données météo.
Il a 20 ans lorsqu’il participe à sa première mission au-dessus de l’Irak. Ce jour-là, un soleil de plomb brûle dans le ciel du Nevada, mais le container est dans la pénombre. Au Proche-Orient, la nuit se termine. Un détachement de soldats américains regagne son camp de base. La mission de Brandon est de surveiller l’itinéraire, d’être leur “ange gardien” dans le ciel.
Il distingue un “œil”, une forme sur le macadam. “J’avais appris ce qu’était un œil pendant ma formation”, raconte-t-il. Lorsqu’il veut enfouir un engin explosif artisanal sous une route, l’ennemi brûle un pneu pour attendrir le goudron, et la partie brûlée ressemble à un œil.
Le convoi de soldats est encore à plusieurs kilomètres de là. Brandon informe ses supérieurs, qui informent à leur tour le haut commandement. Sa mission, pendant les minutes qui suivent, est de scruter le comportement des véhicules sur place.
“Qu’est-ce qu’on doit faire ?” s’enquiert-il auprès de son coéquipier. Mais le pilote est novice, lui aussi. Impossible d’entrer en contact radio avec les soldats au sol, ils ont activé un brouilleur. Brandon voit un premier véhicule passer sur l’œil. Rien. Un deuxième engin arrive. Brandon voit un éclair sous le véhicule, puis une explosion à l’intérieur. Cinq soldats américains viennent de perdre la vie.
Depuis ce jour, Brandon se dit qu’il a la mort de cinq de ses compatriotes sur la conscience. Il entreprend alors de tout apprendre par cœur, les manuels sur le Predator, sur les missiles. Il se familiarise avec tous les scénarios possibles. Il veut devenir le meilleur pour qu’une telle chose ne se reproduise jamais.
Il travaille jusqu’à douze heures d’affilée. L’US Air Force n’a pas encore assez de personnel pour la guerre télécommandée en Irak et en Afghanistan. Les pilotes de drones passent pour des couards qui se contentent d’appuyer sur un bouton. Le poste a si mauvaise presse que l’on va même chercher des retraités pour l’occuper.

La première fois
Brandon se souvient de son premier tir de missile : deux hommes meurent sur le coup et il assiste à l’agonie du troisième. L’homme a perdu une jambe, il se tient le moignon, son sang chaud ruisselle sur l’asphalte. La scène dure deux minutes. En rentrant chez lui, Brandon appelle sa mère en pleurant. “Pendant une semaine, j’étais comme coupé du reste du monde”, glisse-t-il. Il est attablé dans l’un de ses cafés préférés de Missoula. Ça sent le beurre et la cannelle. Il vient souvent ici, observe les gens, lit des livres de Nietzsche ou de Mark Twain, et change de place – dès qu’il reste trop longtemps au même endroit, il angoisse.
Sa petite amie vient de rompre. Elle lui avait demandé de lui parler de ce poids qu’il avait sur les épaules. Il s’en est ouvert, et elle ne s’est pas sentie de taille, elle ne voulait pas partager ce fardeau avec lui.
Lorsque Brandon traverse sa ville natale en voiture, c’est avec des lunettes d’aviateur sur le nez et un keffieh. Il a tapissé l’intérieur de sa Chrysler des insignes de ses unités. Sur Facebook, il présente une galerie photo de ses médailles, des décorations non officielles qui lui ont été décernées. Il n’a pas d’autre passé que celui-là, qui est à la fois un ennemi contre lequel il doit lutter et un motif de fierté.
Il est envoyé en Irak en 2007. “Prêt à en découdre”, poste-t-il sur son profil Facebook. Depuis une base militaire américaine située à une centaine de kilomètres de Bagdad, il a pour mission de faire décoller et atterrir des drones. Deux ans plus tard, l’US Air Force l’envoie dans une unité spéciale. Il est muté sur la base de Cannon. Là, il partage un pavillon avec un de ses collègues dans la petite ville poussiéreuse et très isolée de Clovis, laquelle se compose essentiellement de caravanes, de stations-service et d’églises évangéliques.
Brandon préfère l’équipe de nuit, car il fait alors jour en Afghanistan. Au printemps, le paysage afghan lui rappelle son Montana natal, avec ses sommets enneigés et ses vallées verdoyantes. Il voit les gens travailler aux champs, les jeunes jouer au football, les hommes embrasser leurs femmes et leurs enfants.
Lorsque la nuit tombe, Brandon enclenche la caméra infrarouge. En été, de nombreux Afghans dorment sur leur toit, à cause de la chaleur. “Je les voyais faire l’amour. Ce sont deux points infrarouges qui fusionnent.” Il observe certaines personnes pendant des semaines, notamment des talibans qui dissimulent des armes, ou ceux qui figurent sur une liste parce que l’armée, les services secrets ou des informateurs présents sur place savent quelque chose à leur sujet.
“J’apprenais à les connaître. Jusqu’à ce que quelqu’un placé plus haut dans la hiérarchie donne l’ordre de tirer.” Le fait de priver des enfants de leur père lui donne mauvaise conscience. A ses heures perdues, Brandon joue aux jeux vidéo ou à World of Warcraft sur Internet, ou va boire un verre avec les autres.
Une mère pilote
A Holloman, une base de l’US Air Force située au Nouveau-Mexique, le major Vanessa Meyer – [sur son uniforme vert de l’armée de l’air] son vrai nom est recouvert d’un ruban adhésif noir – présente la formation des pilotes de drones. En 2013, l’US Air Force devrait enfin bénéficier d’effectifs suffisants pour répondre aux besoins.
Gloss sur les lèvres et diamant au doigt, Vanessa Meyer, 34 ans, a piloté des avions-cargos avant de téléguider des drones. Aujourd’hui, elle est formatrice. Revêtue de son uniforme, elle a pris place dans le cockpit d’entraînement et fait une démonstration de téléguidage d’un drone au-dessus de l’Afghanistan. Sur le moniteur, le réticule suit un véhicule blanc jusqu’à un village de maisons en terre. Le joystick oriente l’appareil tandis que la main gauche actionne le levier permettant de contrôler la vitesse. Sur un terrain d’aviation situé derrière le container, Vanessa Meyer nous présente le Predator, un oiseau délicat et argenté, et son grand frère le Reaper – la Faucheuse –, qui transporte quatre missiles et une bombe : “D’excellents appareils. Sauf par mauvais temps, auquel cas on ne peut pas les utiliser.”
C’est non loin de Las Vegas, depuis la base de Creech, qu’elle pilotait ses drones, même quand elle était enceinte de son premier enfant. Au neuvième mois de grossesse, elle était encore dans son cockpit, le ventre appuyé contre le clavier. Quand on planifie une attaque [de drone], dit-elle, il n’y a “pas de place pour les sentiments”. Naturellement elle sentait bien, alors, que son cœur battait plus fort et que l’adrénaline se diffusait dans son corps. Mais elle s’en tenait rigoureusement aux consignes, se concentrait sur le positionnement de l’appareil : “Quand l’ordre tombait et qu’il s’agissait d’un ennemi qui l’avait mérité, cela ne me posait aucun problème.”
Chez elle, il n’y a pas de place pour la méchanceté de ce monde. Avec son époux, un pilote de drone, elle ne parle pas travail. Elle regarde des dessins animés en pyjama à la télé ou joue avec son bébé. Aujourd’hui, Vanessa Meyer a deux enfants en bas âge. Elle veut leur montrer que “maman fait du bon travail”. Son emploi actuel de formatrice lui apporte beaucoup de satisfaction, assure-t-elle. Mais elle aimerait revenir aux opérations de combat.
Un jour, il s’est effondré
Un beau jour, Brandon Bryant n’a plus eu qu’une seule envie, partir, faire autre chose. Il avait été renvoyé à l’étranger quelques mois, en Afghanistan cette fois. A son retour au Nouveau-Mexique, il s’est mis à haïr ce cockpit qui sentait la sueur et qu’il aspergeait de désodorisant. Il voulait sauver des vies humaines, se disait-il, et non les détruire. Organiser des stages de survie, par exemple. Ses amis ont essayé de l’en dissuader.
Les jours où il trouvait le temps long, il écrivait son journal dans le cockpit : “Sur le champ de bataille, il n’y a pas de belligérants, juste du sang, la guerre totale. Je me sens tellement mort. Je voudrais que mes yeux se décomposent.” Il se disait qu’ils ne le laisseraient faire autre chose que s’il avait la forme physique ad hoc. Le problème, c’est qu’il était plutôt bon dans ce qu’il faisait.
Et puis, un jour, il n’a plus éprouvé le moindre plaisir à retrouver ses amis. La jeune fille qu’il fréquentait s’est plainte de ses accès de mauvaise humeur. “Il n’y a pas d’interrupteur, je ne peux pas changer comme cela”, lui a-t-il rétorqué. Quand il rentrait chez lui et ne parvenait pas à dormir, il faisait de la muscu. Il a commencé à répondre à ses supérieurs.
Et puis un jour il s’est effondré au bureau, s’est plié en deux, a craché du sang. Le médecin lui a prescrit un arrêt de travail. Il pourrait revenir lorsqu’il dormirait plus de quatre heures par nuit pendant quinze jours d’affilée.
“Six mois plus tard, j’étais de retour dans le cockpit à faire voler des drones”, raconte Brandon, installé dans le salon de sa mère, à Missoula. Son chien gémit et appuie sa tête contre sa joue. Brandon n’a pas encore récupéré ses meubles. Ils sont au garde-meubles et il n’a pas d’argent pour régler la facture. Il n’a plus que son ordinateur.
La nuit précédant notre entrevue, Brandon a posté un dessin sur Facebook. On y voit un couple d’amoureux se tenir par la main dans une prairie verdoyante, le regard tourné vers le ciel. Dans l’herbe, un enfant et un chien sont accroupis. Mais cette prairie ne représente qu’une partie du monde. Dessous, on voit une marée de soldats à l’agonie qui tentent de soutenir la prairie avec la dernière énergie, une marée de cadavres, de membres arrachés et de sang.
Les médecins du département des anciens combattants lui ont diagnostiqué un syndrome post-traumatique. L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu. Le monde de Brandon s’est confondu avec celui de ce petit Afghan, comme s’il y avait eu un court-circuit dans le cerveau du drone.
Pourquoi Brandon Bryant a-t-il quitté l’US Air Force ? Un beau jour, il a compris qu’il ne signerait pas le nouveau contrat qu’on lui proposait – le jour où il est entré dans le cockpit et s’est entendu dire à ses collègues : “Hey, lequel de ces fils de pute on se fait aujourd’hui ?”

• Der Spiegel: Nicola Abé -3 janvier 2013

USA champion du terrorisme

Terrorisme à “visage humain”: L’histoire des escadrons de la mort des États-Unis
De Prof Michel Chossudovsky
Global Research, janvier 17, 2013
Url de l’article:
http://www.mondialisation.ca/terrorisme-a-visage-humain-lhistoire-des-escadrons-de-la-mort-des-etats-unis/5319225
Le recrutement d’escadrons de la mort relève d’un programme bien établi de l’armée et des services de renseignement. L’histoire des assassinats ciblés ainsi que du financement et de l’appui clandestins à des brigades terroristes par les États-Unis est longue, macabre et remonte à la guerre du Vietnam.
Alors que les forces gouvernementales continuent à confronter l’« Armée syrienne libre » (ASL) autoproclamée, les racines historiques de la guerre clandestine occidentale en Syrie, laquelle a provoqué de nombreuses atrocités, doit être entièrement révélée.
Dès le début en mars 2011, les États-Unis et leurs alliés ont soigneusement planifié et soutenu la formation d’escadrons de la mort et l’incursion de brigades terroristes.
Le programme de recrutement et la formation de brigades terroristes à la fois en Irak et en Syrie ont été calqués sur « l’option Salvador », un « modèle terroriste » de massacres commis par des escadrons de la mort soutenus par les États-Unis en Amérique centrale. Cette option a d’abord été appliquée au Salvador, au plus fort de la résistance contre la dictature militaire, entraînant la mort d’environ 75 000 personnes.
La formation d’escadrons de la mort en Syrie s’inspire de l’histoire et de l’expérience des brigades terroristes en Irak appuyées par les États-Unis dans le cadre du programme de « contre-insurrection » du Pentagone.
La création d’escadrons de la mort en Irak
Les escadrons de la morts soutenus par les États-Unis on été recrutés en Irak en 2004-2005 dans le cadre d’une initiative lancée sous la direction de l’ambassadeur étasunien John Negroponte [image à droite], envoyé à Bagdad par le département d’État en juin 2004.
Negroponte était « l’homme de la situation ». À titre d’ambassadeur au Honduras de 1981 à 1985, Negroponte a joué un rôle clé dans l’appui et la supervision des Contras du Nicaragua, établis au Honduras, et le contrôle des escadrons de la mort de l’armée hondurienne.
« Sous le règne du général Gustavo Alvarez Martinez, le gouvernement militaire du Honduras a été un proche allié du gouvernement Reagan tout en faisant « disparaître » des dizaines d’opposants politiques à la manière classique des escadrons de la mort.
En janvier 2005, le Pentagone, a confirmé qu’il envisageait :
[F]ormer des commandos de combattants kurdes et chiites pour cibler des chefs de l’insurrection irakienne [Résistance] dans un changement stratégique emprunté à la lutte des États-Unis contre les guérilleros gauchistes en Amérique centrale il y a 20 ans ».
En vertu de la soi-disant « option Salvador », les forces étasuniennes et irakiennes seraient envoyées pour tuer ou enlever des chefs de l’insurrection, même en Syrie, où l’on croit que certains se cachent […]
Les commandos seraient controversés et demeureraient probablement secrets.
À l’heure actuelle, l’expérience des « escadrons de la morts » en Amérique centrale est toujours douloureuse pour bien des gens et a contribué à souiller l’image des États-Unis dans la région.
À l’époque, l’administration Reagan a financé et formé des équipes de forces nationalistes afin de neutraliser les chefs rebelles salvadoriens et leurs sympathisants […]
John Negroponte, l’ambassadeur étasunien à Bagdad, était alors à l’avant plan comme ambassadeur au Honduras de 1981 à 1985.
Les escadrons de la mort étaient une caractéristique brutale de la politique latino-américaine de l’époque […]
Au début des années 1980 l’administration du président Reagan finançait et aidait à former les Contras nicaraguayen situés au Honduras dans le but de chasser le régime sandiniste du Nicaragua. L’équipement des Contras était acheté avec de l’argent provenant de la vente illégale d’armes étasuniennes à l’Iran, un scandale qui aurait pu renverser M. Reagan.
Le but de la proposition du Pentagone en Irak, […] est de suivre ce modèle […]
Il est difficile de dire si l’objectif principal des missions serait d’assassiner les rebelles ou de les enlever pour les interroger. Toute mission en Syrie serait probablement entreprise par des Forces spéciales étasuniennes.
On ignore également qui assumerait la responsabilité d’un tel programme – le Pentagone ou la Central Intelligence Agency (CIA). De telles opérations clandestines ont traditionnellement été dirigées par la CIA, indépendamment de l’administration, donnant la possibilité aux représentants officiels étasuniens de nier être au courant de leur existence. (El Salvador-style ‘death squads’ to be deployed by US against Iraq militants – Times Online, 10 janvier 2005, c’est l’auteur qui souligne.)
Alors que le but affiché de « l’option Salvador irakienne » était de « supprimer l’insurrection », les brigades terroristes parrainées par les États-Unis étaient impliquées en pratique dans des massacres successifs de civils en vue de fomenter de la violence interconfessionnelle. La CIA et le MI6 supervisaient pour leur part des unités d’« Al-Qaïda en Irak » impliquées dans des assassinats ciblés contre la population chiite. Fait significatif, les escadrons de la mort étaient intégrés et conseillés par des Forces spéciales étasuniennes.
Robert Stephen Ford, nommé ultérieurement ambassadeur des États-Unis en Syrie, était membre de l’équipe de Negroponte à Bagdad en 2004-2005. En janvier 2004 il a été envoyé à titre de représentant étasunien dans la ville chiite de Najaf, le bastion de l’armée Mahdi avec laquelle il a pris contact.
En janvier 2005, Robert S. Ford a été nommé conseiller du ministre pour les affaires politiques à l’ambassade étasunienne, sous la direction de l’ambassadeur John Negroponte. Il ne faisait pas seulement partie du cercle restreint de Negroponte, il était aussi son partenaire dans la mise en oeuvre de l’option Salvador. Une partie du travail de terrain avait été effectuée à Najaf avant le transfert de Ford à Bagdad.
John Negroponte et Robert Stephen Ford ont été chargés du recrutement des escadrons de la mort irakiens. Alors que Negroponte coordonnait l’opération à partir de son bureau à l’ambassade des États-Unis, Robert S. Ford, qui parle couramment l’arabe et le turc, avait la tâche d’établir des contacts stratégiques avec les milices chiites et kurdes à l’extérieur de la « zone verte ».
Deux autres représentants de l’ambassade, à savoir Henry Ensher (adjoint de Ford) ainsi qu’un représentant plus jeune de la section politique, Jeffrey Beals, ont joué un rôle important dans l’équipe Negroponte « en discutant avec un éventail d’Irakiens, incluant des extrémistes ». (Voir The New Yorker, 26 mars 2007) L’ancien ambassadeur étasunien en Albanie (2002-2004), James Franklin Jeffrey, est un autre individu clé de l’équipe Negroponte. En 2010, il a été nommé ambassadeur des États-Unis en Irak (2010-2012).
Negroponte a également amené dans l’équipe un de ses anciens collaborateurs du temps de son apogée au Honduras, le colonel James Steele (à la retraite) :
Dans le cadre de « l’option Salvador » Negroponte était assisté par son collègue des années 1980 en Amérique centrale, le colonel à la retraite James Steele. Steele, dont le titre à Bagdad était conseiller pour les Forces de sécurité irakiennes, supervisait la sélection et la formation de membres de l’organisation Badr et de l’armée Mehdi, les deux plus grandes milices shiite en Irak, afin de cibler les dirigeants et d’appuyer des réseaux de résistance principalement sunnites. On ignore si cela a été planifié ou non, mais ces escadrons de la mort ont rapidement échappé à tout contrôle, et sont devenus la première cause de décès en Irak.
Que cela soit intentionnel ou non, la multitude de corps torturés et mutilés qui aboutissent dans les rues de Bagdad chaque jour est générée par les escadrons de la mort propulsés par John Negroponte. Et c’est cette violence interconfessionnelle soutenue par les États-Unis qui a mené à ce désastre infernal qu’est l’Irak aujourd’hui. (Dahr Jamail, Managing Escalation: Negroponte and Bush’s New Iraq Team,. Antiwar.com, 7 janvier 2007.)
Selon le député Dennis Kucinich, « le colonel Steele était responsable de la mise en oeuvre d’un plan au Salvador dans le cadre duquel des milliers de Salvadoriens sont « disparus » ou ont été assassinés, dont l’archevêque Oscar Romero et quatre religieuses étasuniennes ».
Dès sa nomination à Bagdad, le colonel Steele a été assigné à une unité de contre-insurrection connue sous le nom de « Commando spécial de police » dirigée par le ministère irakien de l’Intérieur. (Voir ACN, La Havane, 14 juin 2006.)
Des reportages confirment que « l’armée étasunienne a transféré de nombreux prisonniers à la Brigade des loups (Wolf Brigade), le second bataillon redouté des commandos spéciaux du ministère de l’Intérieur », lequel était justement supervisé par le colonel Steele :
« Des soldats et des conseillers étasuniens se tenaient à l’écart et ne faisaient rien » pendant que des membres de la Brigade des loups battaient et torturaient les prisonniers. Les commandos du ministère de l’Intérieur ont pris le contrôle de la bibliothèque publique à Samarra et l’ont transformée en centre de détention, a-t-il affirmé. Une entrevue menée par Maass [du New York Times] en 2005 à la prison improvisée en compagnie du conseiller militaire étasunien de la Brigade des loups, le colonel James Steele avait été interrompue par les cris terrifiants d’un prisonnier à l’extérieur. Steele aurait été employé auparavant comme conseiller pour réprimer l’insurrection au Salvador. (Ibid. C’est l’auteur qui souligne.)
Une autre figure notoire ayant joué un rôle dans le programme de contre-insurrection en Irak est l’ancien commissaire de la police de New York Bernie Kerik [photo : Bernie Kerik à l’Académie de police de Bagdad avec des gardes du corps]. En 2007, il a fait face à 16 chefs d’accusation criminelles devant la Cour fédérale.
Kerik a été nommé par l’administration Bush au début de l’occupation en 2003 pour aider à organiser et former les Forces policières irakiennes. Durant son court passage en 2003, Bernie Kerik, qui a pris le poste de ministre de l’Intérieur par intérim, a oeuvré à l’organisation d’unités terroristes au sein des Forces policières irakiennes :
Envoyé en Irak pour remettre les forces de sécurité irakiennes à l’ordre, Kerik se décrivait comme “ministre irakien de l’intérieur par intérim”. Les conseillers de la police britannique l’appelaient “le Terminator de Bagdad”. (Salon, 9 décembre 2004, C’est l’auteur qui souligne.)
Sous la direction de Negroponte à l’ambassade des États-Unis à Bagdad, une vague clandestine de meurtres de civils et d’assassinats ciblés a été déclenchée. Des ingénieurs, des médecins, des scientifiques et des intellectuels étaient également ciblés.
L’auteur et analyste géopolitique Max Fuller a documenté en détail les atrocités commises dans le cadre du programme de contre-insurrection financé par les États-Unis.
L’apparition des escadrons de la mort a d’abord été soulignée en mai cette année [2005], […] des dizaines de corps ont été trouvés, jetés nonchalamment […] dans des zones inhabitées autour de Bagdad. Toutes les victimes portaient des menottes, avaient les yeux bandés et avaient été tuées d’une balle dans la tête. Des signes indiquaient par ailleurs que de nombreuses victimes avaient été brutalement torturées […]
Les preuves étaient suffisamment concluantes pour que l’Association des chercheurs musulmans (AMS), une importante organisation sunnite, publie une déclaration dans laquelle elle accuse les forces de sécurité attachées au ministère de l’Intérieur et à la Brigade Badr, l’ancien bras armé du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), d’être à l’origine des meurtres. L’Association a par ailleurs accusé le ministère de l’Intérieur de faire du terrorisme d’État. (Financial Times)
Les commandos de police et la Brigade des loups étaient supervisés par le programme de contre-insurrection étasunien du ministère irakien de l’Intérieur :
Les commandos de police ont été formés sous la tutelle expérimentée et la supervision d’anciens combattants étasuniens de la contre-insurrection et ont mené, dès le départ, des opérations conjointes avec les unités d’élite et extrêmement secrètes des forces spéciales étasuniennes. (Reuters,National Review Online)
[…] James Steele, un ancien agent des forces spéciales des États-Unis a joué un rôle clé dans la formation des Commandos spéciaux de la police. James Steele a fait ses premières armes au Vietnam avant d’aller diriger la mission des États-Unis au Salvador à l’apogée de la guerre civile.
Steven Casteel est un autre collaborateur étasunien, celui-là même qui, à titre de conseiller principal du ministère de l’Intérieur, a balayé du revers de la mains des accusations graves et bien fondées de violation consternantes des droits humains en les qualifiant de « rumeurs et insinuations ». À l’instar de Steele, il a acquis une expérience considérable en Amérique latine, en participant en ce qui le concerne à la chasse au baron de la cocaïne, Pablo Escobar, lors de la guerre contre la drogue en Colombie dans les années 1990 […]
La feuille de route de Casteel est significative car ce genre de rôle de soutien à la collecte de renseignement et la production de listes de décès sont caractéristiques de l’implication des États-Unis dans des programmes de contre-insurrection et constituent le fil conducteur sous-jacent à des folies meurtrières qui peuvent sembler aléatoires et désordonnées.
De tels génocides planifiés correspondent entièrement à ce qui se passe en Irak aujourd’hui [2005]. Ils correspondent également au peu d’information dont nous disposons à propos des Commandos spéciaux de la police, faits sur mesure pour fournir au ministère de l’Intérieur des forces spéciales ayant une capacité de frappe (Département de la défense des États-Unis). En conservant ce rôle, le quartier général du Commando de la police est devenu la plaque tournante nationale d’un centre de commandement, de contrôle, de communication, d’informatique et d’opérations de renseignement, gracieuseté des États-Unis. (Max Fuller, op. cit.)
Le travail préparatoire effectué sous Negroponte en 2005 a été mis en pratique sous son successeur, l’ambassadeur Zalmay Khalilzad. Robert Stephen Ford a assuré la continuité du projet avant d’être nommé ambassadeur en Algérie en 2006, ainsi qu’à son retour à Bagdad comme chef de mission adjoint en 2008.
Opération « Contras syriens »: Leçons de l’expérience irakienne
L’horrible version irakienne de l’« option Salvador » sous la direction de l’ambassadeur John Negroponte a servi de « modèle » à la mise sur pied des Contras de l’« Armée syrienne libre ». Robert Stephen Ford a été sans aucun doute impliqué dans l’implantation du projet des Contras syriens, à la suite de sa réaffectation à Bagdad comme chef de mission adjoint en 2008.
Le but en Syrie était de créer des divisions entre les factions sunnites, alaouites, chiites, kurdes, druzes et chrétiennes. Alors que le contexte syrien est complètement différent de celui de l’Irak, il existe des similitudes frappantes dans la manière dont les tueries et les atrocités sont commises.
Un reportage publié par Der Spiegel sur les atrocités commises dans la ville syrienne de Homs confirme l’existence d’un processus sectaire organisé de massacres et d’exécutions extrajudiciaires comparables à ceux menés par les escadrons de la mort soutenus par les États-Unis en Irak.
À Homs, les citoyens étaient régulièrement catégorisés comme « prisonniers » (chiites, alaouites) et « traitres ». Les « traitres » sont des civils sunnites situés dans les zones urbaines occupées par les rebelles et qui expriment leur désaccord ou leur opposition au règne de la terreur de l’ASL.
Depuis l’été dernier [2011], nous avons exécuté un peu moins de 150 hommes, ce qui représente environ 20 % de nos prisonnier », a déclaré Abu Rami […] Mais les traitres dans leurs propres rangs ont occupé les bourreaux de Homs plus que les prisonniers de guerre. « Si nous surprenons un sunnite en train d’espionner ou si un citoyen trahit la révolution, nous faisons ça rapidement », a dit le combattant. Selon Abu Rami, la brigade d’enterrement d’Hussein a mis à mort entre 200 et 250 traitres depuis le début du soulèvement. (Der Spiegel, 30 mars 2012)
Le projet nécessite un programme initial de recrutement et de formation de mercenaires. Des escadrons de la mort incluant des unités salafistes libanaises et jordaniennes sont entrés en Syrie par sa frontière méridionale avec la Jordanie à la mi-mars 2011. Une bonne partie du travail préparatoire était déjà effectué à l’arrivée de Robert Stephen Ford à Damas en janvier 2011.

L’ambassadeur Ford à Hama au début juillet 2011
La nomination de Ford comme ambassadeur en Syrie a été annoncée au début 2010. Les relations diplomatiques avaient été interrompues en 2005 à la suite de l’assassinat de Rafick Hariri et pour lequel Washington avait accusé la Syrie. Ford est arrivé à Damas à peine deux mois avant le début de l’insurrection.
L’Armée syrienne libre (ASL)
Washington et ses alliés ont répliqué en Syrie les caractéristiques essentielles de l’« option Salvador irakienne », menant à la création de l’Armée syrienne libre et ses diverses factions terroristes, dont les brigades Al-Nosra affiliées à Al-Qaïda.
Bien que la création de l’ASL ait été annoncée en juin 2011, le recrutement et la formation des mercenaires étrangers a débuté bien avant.
À bien des égards, l’ASL est un écran de fumée. Les médias occidentaux la présente comme une véritable entité militaire résultant des défections massives des forces gouvernementales. Le nombre de déserteurs n’était toutefois ni significatif ni suffisant pour établir une structure militaire cohérente avec des fonctions de commandement et de contrôles.
L’ASL ne constitue pas une entité militaire professionnelle. Il s’agit plutôt d’un réseau informel de brigades terroristes distinctes, composées de nombreuses cellules paramilitaires opérant dans différentes parties du pays.
Chacune de ces organisations opère indépendamment des autres. L’ASL n’exerce pas véritablement de fonctions de commandement et de contrôle, dont la liaison entre ces diverses entités paramilitaires. Ces dernières sont contrôlées par les forces spéciales et les agents du renseignement parrainés par les États-Unis et l’OTAN et intégrés aux rangs des formations terroristes sélectionnées.
Ces forces spéciales sur le terrain (bien entraînées et dont bon nombre sont des employés d’entreprises privées de sécurité) sont régulièrement en contact avec les unités de commandement de l’armée et du renseignement des États-Unis, de l’OTAN et leurs alliés (dont la Turquie). Il n’y a pas de doute que ces forces spéciales intégrées sont elles aussi impliquées dans les attaques soigneusement planifiées et dirigées contre des édifices gouvernementaux, des complexes militaires, etc.
Les escadrons de la mort sont des mercenaires entraînés et recrutés par les États-Unis, l’OTAN, leurs alliés du Conseil de coopération du Golfe et la Turquie. Ils sont supervisés par des forces spéciales alliées (dont les SAS britanniques et les parachutistes français) et des firmes de sécurité privées à contrat avec l’OTAN et le Pentagone. À cet égard, des reportages confirment l’arrestation par le gouvernement syrien de 200 à 300 employés d’entreprises privées de sécurité ayant intégré les rangs rebelles.
Le Front Jabhat Al-Nosra
Le Front Jabhat Al-Nosra, responsable de plusieurs attaques à la bombe très médiatisées et qui serait affilié à Al-Qaïda, est décrit comme le groupe de combattant le plus efficace de « l’opposition ». Les opérations d’Al-Nosra, considéré comme un ennemi des États-Unis (figurant sur la liste des organisations terroristes du département d’État), portent néanmoins les empreintes de la formation paramilitaire, des tactiques de terreur et des systèmes d’armes étasuniens. Les atrocités commises contre des civils par Al-Nosra (financé clandestinement par les États-Unis et l’OTAN) sont semblables à celles perpétrées par les escadrons de la mort soutenus par les États-Unis en Irak.
Pour citer le chef d’Al-Nosra à Alep, Abu Adnan : “Jabhat Al-Nosra compte dans ses rangs des vétérans syriens de la guerre en Irak, des hommes qui mettent de l’avant leur expérience en Syrie, particulièrement dans la fabrication d’engins explosifs improvisés (EEI).
Comme en Irak, la violence entre factions et le nettoyage ethnique ont été fortement encouragés. En Syrie, les escadrons de la mort soutenus par les États-Unis et l’OTAN ont ciblé les communautés alaouites, shiite et chrétiennes. Les communautés alaouites et chrétiennes sont les principales cibles du programme d’assassinat et cela est confirmé par l’agence de nouvelles du Vatican.
Les chrétiens d’Alep sont victimes de la mort et de la destruction causées par les combats qui affectent la ville depuis des mois. Les quartiers chrétiens ont récemment été frappés par les forces rebelles qui luttent contre l’armée régulière, causant l’exode des civils.
Certains groupes de la brutale opposition, où se trouvent également des djihadistes « tirent sur des maisons et des édifices appartenant à des chrétiens pour forcer les occupants à fuir et en prendre possession [nettoyage ethnique] » (Agence Fides, 19 octobre 2012.)
« Les militants salafistes, a déclaré l’évêque, continuent à commettre des crimes contre les civils et à contraindre des gens à se battre. Les extrémistes sunnites fanatiques mènent fièrement une guerre sainte, particulièrement contre les alaouites. Lorsque des terroristes cherchent à vérifier l’identité religieuse d’un suspect, ils lui demandent de citer la généalogie en remontant jusqu’à Moïse et de réciter une prière que les alaouites ont abandonné. Les alaouites n’ont aucune chance de s’en sortir vivants. » (Agence Fides, 4 juin 2012.)
Des reportages confirment le flot d’escadrons de la mort salafistes et affiliés à Al-Qaïda entrant en Syrie sous les auspices des Frères musulmans dès le début de l’insurrection en mars 2011.
De plus, rappelant l’enrôlement des moudjahidines pour mener le djihad (guerre sainte) de la CIA à l’apogée de la guerre soviéto-afghane, l’OTAN et le haut commandement turc ont initié, selon des sources du renseignement israélien :
[U]ne campagne de recrutement de volontaires musulmans dans les pays du Moyen-Orient et du monde musulman pour se battre aux côtés des rebelles syriens. L’armée turque hébergerait et formerait ces volontaires et assurerait leur passage en Syrie. (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, 14 août 2011.)
Les entreprises privées de sécurité et le recrutement de mercenaires
Selon les reportages, les entreprises privées de sécurité oeuvrant dans les pays du Golfe sont impliquées dans le recrutement et la formation de mercenaires.
Bien qu’ils ne soient pas spécifiquement destinés au recrutement de mercenaires destinés à la Syrie, certains reportages indiquent la création de camps d’entraînement au Qatar et aux Émirats arabes unis. (EAU).
Dans la ville militaire de Zayed (EAU), « une armée secrète est en train de se former », dirigée par Xe Services, anciennement connu sous le nom de Blackwater. L’entente des EAU visant la création de camps militaires pour la formation des mercenaires a été signée en juillet 2010, neuf mois avant les offensives guerrières en Libye et en Syrie.
Selon des informations récentes, des firmes de sécurité à contrat avec l’OTAN et le Pentagone sont impliquées dans la formation des escadrons de la mort de l’« opposition » sur l’utilisation d’armes chimiques :
Les États-Unis et certains alliés européens utilisent des entrepreneurs à contrat avec la Défense pour apprendre aux rebelles syriens à sécuriser les stocks d’armes chimiques en Syrie, ont déclaré un représentant des États-Unis et plusieurs diplomates de haut rang dimanche à CNN. (CNN Report, 9 décembre 2012.)
Les noms des entreprises en question n’ont pas été révélés.
Derrière les portes closes du département d’État des États-Unis
Robert Stephen Ford faisait partie d’une petite équipe du département d’État supervisant le recrutement et la formation des brigades terroristes avec Derek Chollet et Frederic C. Hof, un ancien partenaire d’affaires de Richard Armitage, ayant agit à titre de « coordonateur spécial de Washington pour la Syrie ». Derek Chollet a récemment été nommé au poste de secrétaire adjoint à la Défense et coordonateur pour les Affaires de sécurité internationale (ASI).
Cette équipe agissait sous la direction de (l’ancien) secrétaire d’État adjoint aux Affaires du Proche-Orient Jeffrey Feltman.
L’équipe de Feltman était étroitement liée au processus de recrutement et de formation des mercenaires en provenance de la Turquie du Qatar, de l’Arabie Saoudite et de la Libye (gracieuseté du régime post-Kadhafi qui a envoyé en Syrie six cent troupes du Groupe islamique combattant en Libye (GICL) en les faisant passer par la Turquie dans les mois ayant précédé l’effondrement du gouvernement de Kadhafi.)
Le secrétaire d’États adjoint Jeffrey Feltman était en contact avec les ministres saoudien et qatari des Affaires étrangères, le prince Saud al-Faisal et le cheik Hamad bin Jassim. Il était aussi en charge du bureau de Doha pour la « coordination spéciale de la sécurité » lié à la Syrie et qui incluait des représentants de la Libye et des agences de renseignement occidentales et du CCG. Le prince Bandar bin Sultan, membre éminent et controversé du renseignement saoudien faisait également partie du groupe. (Voir Press Tv, 12 mai 2012.)
En juin 2012, Jeffrey Feltman (image) a été nommé Secrétaire général adjoint aux affaires politiques de l’ONU, un poste stratégique consistant, en pratique, à établir le programme de l’ONU (pour le compte de Washington) relatif à la « résolution de conflit » dans divers « points chauds » à travers le monde (incluant la Somalie, le Liban, la Libye, la Syrie, le Yémen et le Mali). Ironiquement, les pays où l’ONU doit « résoudre des conflits » sont ceux ciblés par des opérations clandestines des États-Unis.
En liaison avec le département d’État étasunien, l’OTAN et ses commissionnaires du CCG à Doha et Ryad, Feltman est l’homme de Washington derrière le « plan de paix » de l’envoyé spécial de l’ONU Lakhdar Brahmi.
Entre-temps, en feignant d’accorder de l’importance à l’initiative de paix de l’ONU, les États-Unis et l’OTAN ont accéléré le processus de recrutement et la formation de mercenaires en réaction aux lourdes pertes essuyées par les forces rebelles de l’« opposition ».
La « phase finale » en Syrie proposée par les États-Unis n’est pas le changement de régime, mais la destruction de l’État-nation que constitue la Syrie.
Le déploiement des escadrons de la mort l’« opposition » ayant pour mandat de tuer des civils relève de cette entreprise criminelle.
« Le terrorisme à visage humain » est défendu par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies qui représente le porte-parole des « interventions humanitaires » de l’OTAN en vertu de la doctrine de la « responsabilité de protéger » (R2P).
Les atrocités commises par les escadrons de la mort des États-Unis et de l’OTAN sont imputées nonchalamment au gouvernement de Bachar Al-Assad. Selon la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Navi Pillay :
« Ces importantes pertes de vies auraient pu être évitées si le gouvernement syrien avait choisi un autre chemin que celui de la répression sans pitié de ce qui étaient au départ des manifestations pacifiques et légitimes de civils non armés. » (Cité dans Stephen Lendman, UN Human Rights Report on Syria: Camouflage of US-NATO Sponsored Massacres, Global Research, 3 janvier 2012.)
« L’indicible objectif » de Washington consiste à diviser l’État-nation syrien en plusieurs entités politiques « indépendantes » selon des frontières ethniques et religieuses.
Article original : Terrorism with a “Human Face”: The History of America’s Death Squads
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
Guerre et mondialisation
Mondialisation de la pauvreté.
http://www.mondialisation.ca/terrorisme-a-visage-humain-lhistoire-des-escadrons-de-la-mort-des-etats-unis/5319225/

Copyright © 2013 Global Research

CIA recherche des cerveaux…

La CIA et la pêche aux intellectuels
Posted by Candide on 8 janvier 2013 in USA

La CIA et la pêche aux intellectuels

Enfouie dans un article récemment publié par le Washington Post, sur l’expansion des opérations d’espionnage de la DIA (Agence de Renseignement de la Défense) se trouve une phrase qui devrait donner des frissons à tout chercheur, journaliste, étudiant ou intellectuel oeuvrant sur le monde musulman, qu’il soit ou non citoyen américain : « C’est une tâche colossale que de faire passer des agents de la DIA pour des intellectuels, des professionnels et de créer de toutes pièces de fausses identités, ce qui veut dire que, s’ils sont pris, ils ne bénéficieront d’aucune immunité diplomatique »…
Par Mark LeVine:Mardi 8 janvier 2013
La CIA et la pêche aux intellectuels
Mardi 8 janvier 2013
Par Mark LeVine (revue de presse : Al Jazeera.com – Extraits – 5/12/12)*
Enfouie dans un article récemment publié par le Washington Post, sur l’expansion des opérations d’espionnage de la DIA (Agence de Renseignement de la Défense) se trouve une phrase qui devrait donner des frissons à tout chercheur, journaliste, étudiant ou intellectuel oeuvrant sur le monde musulman, qu’il soit ou non citoyen américain : « C’est une tâche colossale que de faire passer des agents de la DIA pour des intellectuels, des professionnels et de créer de toutes pièces de fausses identités, ce qui veut dire que, s’ils sont pris, ils ne bénéficieront d’aucune immunité diplomatique »…
Mais, il est peu probable que la DIA ait besoin de fabriquer des « intellectuels » vu la propension de ces derniers à signer volontairement pour un tel boulot car la coopération et la collaboration entre les services de renseignement US et ces intellectuels sont une longue histoire.
Il y a presque un siècle, l’anthropologiste Franz Boas fut ostracisé pour avoir révélé que des intellectuels servaient en qualité d’espions en Amérique Latine, une pratique qui a débuté au Mexique puis s’est renforcée au cours de la 2ème guerre mondiale. Boas caractérisait cette déviation qui faisait de la science une couverture pour l’espionnage politique, « comme la prostitution de la science de manière impardonnable et lui (l’individu) déniait le droit d’être classé comme scientifique »…
Les universitaires firent partie de l’effort de guerre dans les années 40-45 dans des capacités diverses, y compris au sein de l’OSS (le Bureau des Services Stratégiques), précurseur de la CIA. Depuis sa création en 1947, cette dernière a recruté, dans les meilleures facultés et universités, des diplômés pour faire de la recherche et de l’analyse. Si cette relation s’est un peu affaiblie entre 1970-1980, elle a rebondi avant les attaques du 11 septembre 2001 et s’est développée dans la foulée.
Quelle que soit la position idéologique d’un individu vis-à-vis de la CIA, il est naturel que les agences de renseignement recrutent des employés de la même manière que le feraient les grandes entreprises. Mais, c’est une chose que de faire de la recherche, pour les institutions militaires, diplomatiques ou le renseignement, et une autre de le cacher…
Les relations de la CIA avec l’Université se sont approfondies au cours des soixante dernières années et sont allées au-delà du simple parrainage de la recherche pour lui faciliter l’analyse des données. L’Agence n’a pas seulement soutenu l’expertise des intellectuels des pays et cultures qu’elle a engagés, mais a financé des recherches et des publications sans publiquement révéler l’origine de ce financement et utilisé ces individus pour l’aider à produire de la désinformation et à s’engager dans des activités directement reliées à l’espionnage.
De plus, en Asie du sud-est (particulièrement dans le Vietnam en guerre), en Amérique latine et en Afrique, les recherches en études de développement et techniques de contre- insurrection du « tiers monde » sont devenues l’aliment de base de la collaboration CIA – intellectuels.
Nonobstant les problèmes éthiques que posent de telles collaborations, des universitaires de renom ont, au cours des années, non seulement apporté leur soutien à la CIA, mais ont occupé des postes importants au coeur même l’agence. Comme Robert Gates, ancien directeur de l’agence de renseignement US et Secrétaire à la Défense, qui avait dirigé le Minerva Research Initiative, où il tentait de « comprendre plus étroitement les populations mondiales et leur diversité pour atteindre des décisions politiques stratégiques et opérationnelles plus efficaces ».
Même la célèbre Université de Berkeley, foyer de la contre-culture, a directement encouragé des recherches sous label universitaire mais en fait, produites par et pour la CIA. Dans le contexte de la guerre froide, des personnalités prétendument de gauche ont largement soutenu la compétition stratégique, politique, économique, scientifique et culturelle avec l’Union Soviétique.
Les véritables universitaires
sont en danger
On peut se demander, étant donné le degré élevé de violence qui caractérise les services du renseignement et les militaires, si le fait que des intellectuels les rejoignent vaut que l’on s’insurge? Oui, il le faut.
Il est déjà difficile de se rendre dans un pays où les Etats-Unis sont engagés, soit dans des activités violentes par la guerre, l’occupation ou l’usage de drones (Irak, Afghanistan, Yémen), soit soutiennent les politiques répressives de gouvernements locaux (Maroc, Bahreïn, Israël, Egypte… etc) ou pratiquent l’espionnage (Iran, Soudan), ou encore essaient de gagner la confiance des militants religieux, sociaux, ou politiques, dans la ligne de mire de services secrets locaux ou étrangers. L’établissement de relations normales dans ce genre de pays est carrément hasardeux, sinon impossible, si on l’apprend que les agences de renseignement US utilisent des intellectuels (ou des journalistes) comme couvertures pour leurs agents.
Il en va de même des accords conclus par les universités, sans le consentement et dans l’ignorance des facultés et étudiants, pour offrir une couverture à des agents clandestins, mettant ainsi en danger ces universitaires sans qu’ils le sachent. Si cette pratique perdurait, elle entacherait définitivement les recherches universitaires dans le monde musulman ou dans sa diaspora en Europe et en Amérique du nord.
Ces dernières années, en plus du Programme Minerve, ceux de Human Terrain Systems (HTS) ont essayé de placer des universitaires dans ce qui est appelé des « opérations kinétiques » afin de développer des objectifs militaires et stratégiques en Afghanistan et en Irak. Que ces derniers espionnent les peuples qu’ils étudient de telle sorte que leurs études aboutissent directement à la « chaîne de la mort », le plus arbitrairement du monde, est tout simplement déplorable. (…)
Fonds inconnus, travail clandestin
Le Guardian rapportait, à la suite de l’article du Washington Post, que l’espionnage pourrait être utilisé pour accroître l’efficacité du programme de drones US qui, par « des frappes signées », cible et tue des gens supposés dangereux par ceux qui appuient sur le bouton.
Le succès des programmes Minerve et HTS, auprès des journalistes et étudiants, volontairement ou par nécessité, se lit comme la conséquence des coupes budgétaires pour financer la recherche. Mais il existe un monde parallèle à l’université qui ne manque pas d’argent privé en provenance du gouvernement, des entreprises et du privé : les think tank ou réservoirs de pensée, très proches, idéologiquement et professionnellement des agences de renseignement et de leurs vues politiques…
En 1982 et 1985, la Middle East Studies Association a voté deux résolutions interdisant aux universitaires d’accepter des fonds inconnus ou de travailler en clandestin tout en étant enregistré à l’Association en tant que membres. D’autres institutions professionnelles comme l’American Sociological Association et l’American Academy of Religion, se sont dotées de codes d’éthique forts, mais ne visent pas précisément la question de la coopération dans la chaîne de la mort, entre universitaires, militaires et renseignement.
Ce qui est clair, c’est que la communauté scientifique doit ériger un mur entre elle-même et les institutions militaires et du renseignement avant qu’un plan ne soit mis en place pour recourir au monde universitaire comme écran pour l’espionnage et activités clandestines. Si cela n’est pas fait très vite, le sort (arrestation, emprisonnement, mort) des ces universitaires, ou de ceux avec qui ils travaillent, sera de notre seule responsabilité.
Traduction et synthèse : Xavière Jardez – Titre et intertitres : AFI-Flash
* Titre original : Scholars and spies: A disastrous combination, par Mark LeVine (Al Jazeera – 5/12/12)
http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2012/12/201212475854134641.html
Mark LeVine est professeur à la Middle Eastern history à l’Université d’Irvine et professeur honoraire au Centre for Middle Eastern Studies à l’Université de Lund en Suède. Il est l’auteur du livre à venir sur les révolutions dans le monde arabe The Five Year Old Who Toppled a Pharaoh.
Repris dans http://tunisitri.wordpress.com/2013/01/08/la-cia-et-la-peche-aux-intellectuels/
Institut Tunisien des Relations Internationales
_______________________

Mark LeVine
Mark LeVine is professor of Middle Eastern history at UC Irvine, and distinguished visiting professor at the Center for Middle Eastern Studies at Lund University in Sweden and the author of the forthcoming book about the revolutions in the Arab world, The Five Year Old Who Toppled a Pharaoh.

University of California, Irvine
Books
RSS

Scholars and spies: A disastrous combination

The academic community needs to create a clear firewall between itself and the military and intelligence communities.
Last Modified: 05 Dec 2012 13:27
inShare4

Email

Print

Share

Feedback

The CIA’s relationship with academia has gone much deeper than merely sponsoring research [Reuters]
Buried in a just published Washington Post exposé on the expansion of spying operations by the Defence Intelligence Agency (DIA) is a sentence that should send shivers down the spine of any researcher, journalist, student or scholar working in the Muslim world, regardless of whether she or he is an American citizen:
« Having DIA operatives pose as academics or business executives requires painstaking work to create those false identities, and it means they won’t be protected by diplomatic immunity if caught. »
I’m glad to know it takes « painstaking work » to create the « false » identity of a scholar (it’s most likely not as hard to fake being a businessman, given the CIA’s long history of using front companies for its espionage activities). But I have little doubt that the US intelligence and defence communities would do so if they believed such a cover could help better collect and/or produce actionable intelligence. Indeed, it’s quite likely they wouldn’t need to fake it, as there are likely many « scholars » who would willingly sign up for the job.
Long and sordid history
There is a long history of co-operation and collaboration between American intelligence agencies and academics. Almost a century ago, the seminal anthropologist Franz Boas was ostracised for revealing that academics were serving as spies in Latin America, a practice that apparently started in Mexico and was strengthened in World War II. As Boas argued, any scholar « who uses science as a cover for political spying, who demeans himself to pose before a foreign government as an investigator and asks for assistance in his alleged researches in order to carry on, under this cloak, his political machinations, prostitutes science in an unpardonable way and forfeits the right to be classed as a scientist ».
Scholars were also part and parcel of the allied effort in World War II in various capacities, including with the CIA’s precursor, the OSS (the Office of Strategic Services). Since its creation in 1947, the Agency has routinely enlisted academics to engage in research and analysis, and recruited new generations of agents from the « best and brightest » students at elite colleges and universities. While the relationship waned somewhat in the 1970s and 1980s, it had already started to rebound before the September 11, 2001 attacks and grew substantially in their wake.

CIA director Petraeus quits over extramarital affair
Whatever one’s ideological or political views towards the CIA, it’s natural that intelligence agencies would recruit employees in the same way as do the best corporations, or federal law enforcement for that matter. But it is one thing for the CIA or military to recruit students on campus. And under certain conditions, academics can do research for the military, diplomatic and/or intelligence communities, as long as the researcher doesn’t hide this fact. It’s also to be expected that experienced soldiers with higher academic degrees will do research and teach at military or even non-military colleges on subjects in which they’ve gained unique expertise or perspectives.
But the CIA’s relationship with academia has gone much deeper in the last sixty years than merely sponsoring research that can help it analyse intelligence data. The Agency has not merely relied on the expertise of scholars on countries and cultures it engages. It has sponsored research and journals without publicly declaring its funding, and used academics to help produce disinformation and engage directly in activities related to spying. Moreover, in Southeast Asia (particularly in Vietnam during the war years), Latin America and Africa, research on « third world » development studies and techniques in counter-insurgency became staples of CIA-academic collaborations.
A January 2001 Los Angeles Times article by political scientist David Gibbs explained that « the ‘cloak and gown’ connection has flourished in the aftermath of the Cold War… Since 1996, the CIA has made public outreach a ‘top priority and targets academia in particular. According to experts on US intelligence, the strategy has worked’. » Gibbs was building on a longer 2000 article in the magazine Lingua Franca by Chris Mooney, which went into even greater detail about the renewed scholar-spy relationship.
Discussing the issue with Gibbs after we’d both read the Washington Post article, he explained in dismay, « Such situations present classic conflicts of interest. The problem is compounded by the fact that academic consulting agreements with intelligence agencies are highly secretive – thus undermining yet another basic tenet of academic research, which is the need for openness and full disclosure. »
It’s worth recalling here the response of the 1976 Church Committee Report, which investigated the abuses of the intelligence community, to the situation Gibbs discusses. The report declared:
« The Committee is disturbed both by the present practices of operationally using American academics and by the awareness that the restraints on expanding this practice are primarily those of sensitivity to the risks of disclosure and not an appreciation of dangers to the integrity of individuals and institutions. »
Scholar-spies?
Despite the ethical problems associated with such collaborations, over the years prominent scholars such as Columbia University’s Robert Jervis, Harvard’s Joseph Nye and Texas A&M’s Robert Gates have not only supported the CIA-academia relationship, but have served at the highest positions of the CIA. Most recently, Gates, the former CIA Director and Defence Secretary, has spearheaded the Minerva Research Initiative, which attempts to achieve a « deeper understanding of global populations and their variance [to] yield more effective strategic and operational policy decisions ».
Even the leadership of UC Berkeley, home of the 60s’ academic counter-culture, was directly involved in promoting research done under academic cover but in fact being produced by and for the CIA. In the context of the Cold War, even supposedly « liberal » public figures broadly supported the strategic – political, economic, scientific and cultural – competition with the Soviet Union.
« Franz Boas was ostracised for revealing that academics were serving as spies in Latin America, a practice that apparently started in Mexico and was strengthened in World War II. »
However powerful and prescient Franz Boas’ sentiment recalled above, it’s not farfetched to imagine that in the present economic and political climate, finding people with a claim to legitimate status as academics to work as spies will not be that difficult, and that doing so will seriously damage the integrity of academia, diminish an already shrinking funding stream for non-military research as money is allocated to fund scholars who spy (the oldest carrot in the academic world), and most important, put the research and even lives of non-spying scholars in danger.
One might ask, given the far greater levels of violence in which the intelligence community and military are involved, is the (re)joining of scholars and spies really worth getting up in arms about?
Yes, it is.
It’s hard enough to go to a region of the world where one’s government is engaged either in violent activities through war, occupation or drone activities (Iraq, Afghanistan, Pakistan, Yemen), supports the oppressive policies of the local government (Morocco, Bahrain, Israel, Egypt, etc) or as bad, is actively engaged in espionage against it (Iran, Sudan), and try to win the trust of social, religious and/or political activists who would naturally be on the radar of their own and foreign intelligence services. Such relationships will be even harder, if not nearly impossible, to develop if it becomes known that the US government is actively using scholars (and, we can presume, journalists) as covers for intelligence operatives.
Equally bad would be the agreement by universities, without the consent or even knowledge of their faculty and students, to provide covers for clandestine intelligence operatives, thereby putting legitimate scholars at risk without them having any idea of their so being. Such a situation would permanently taint every scholar engaged in research in the field in the Muslim majority world, or with diaspora Muslim communities in Europe or North America.
However it is done, such practices would undoubtedly make it well-nigh impossible either to produce the kind of well-researched and objective knowledge that is crucial for accurate policy-making by governments, or to know when the research being produced is done explicitly to promote clandestine strategic ends, or is in fact deliberate disinformation or is otherwise tainted as the product of espionage or otherwise clandestine activities.
Scholars in the field
In recent years, not just the Minerva Program, but also the Human Terrain Systems (HTS) programmes have attempted to place scholars in the field of « kinetic operations » in order to help advance military and strategic objectives in Afghanistan and Iraq. There are numerous ethical problems with such programmes, as well as intellectual problems associated with the production of end-user determined knowledge.
But at least such scholars, directly embedded with the military in the field, do not – as far as I have heard – pretend to be independent and outside military control. But to have scholars literally spying on the people they’re studying, and in a way that puts their findings directly into the « kill chain » and thus can lead to the deaths of these subjects without any internationally accepted legal standard or judicial review, is in fact deplorable.
Lest readers think that I’m being alarmist, in a follow-up article to the Washington Post piece, the Guardian reported that officials are having trouble filling the hundreds of spots that will be created by this programme, which means they’ll be even more hard-pressed not to recruit members of academia. It further reported that the spying could be used to increase the efficacy of the US drone programme, which has been heavily criticised for the use of « signature strikes » that target and kill people merely for looking or behaving in a way those behind the trigger button declare is suspicious.
We might imagine that most scholars, students or journalists would not risk their reputations, never mind their freedom and even lives, to spy on people while doing field work. But the success of the HTS and Minerva programmes show that in an era of deep budget cuts for research funding for students and professors, and a similar crisis facing journalism, there is likely no shortage of people who would feel compelled (or be willing) to engage in such work if enough compensation were offered to induce their participation.

Frost Over the World:
Tinker, Tailor, Soldier, Spy
Even worse, as I have explained in earlier columns (here and here), a parallel scholarly universe to the existing professional systems is being created, in part through the HTS and Minerva programmes and the rise of well-funded (neo)conservative think-tanks. This set of networks and institutions has access to comparatively large levels of funding from private, corporate and government sources, and is ideologically and professionally much closer to military and intelligence agencies and the policies they promote and serve than the existing professional scholarly establishment.
There may not be much interaction between scholars in these parallel universes, but the differences between them will be largely lost to anyone on the ground who could now reasonably suspect that the academic interviewing them could be an intelligence operative.
Protecting academics and the broader public globally
It’s perhaps not surprising given its past association with military and intelligence activities that the American Anthropology Association has taken the lead in prohibiting members from engaging in spying or other clandestine activities in the guise of research. Its current Code of Ethics declares that:
« Researchers who mislead participants about the nature of the research and/or its sponsors; who omit significant information that might bear on a participant’s decision to engage in the research; or who otherwise engage in clandestine or secretive research that manipulates or deceives research participants about the sponsorship, purpose, goals or implications of the research, do not satisfy ethical requirements for openness, honesty, transparency and fully informed consent. »
In 1982 and 1985, the Middle East Studies Association passed two resolutions that precluded scholars accepting covert funding or doing covert work while working as university-based academics. Other professional associations, such as the American Sociological Association and the American Academy of Religion, might have strong codes of ethics, but they don’t explicitly address the issue of clandestine kill chain co-operation or collaboration between scholars and military and intelligence agencies. It’s now time for all professional scholarly associations who might possibly be impacted by the renewed drive to recruit academics or use academic cover for spying to take a firm public stand against such practices.
What is clear is that the academic community needs to create a clear firewall between itself and the military and intelligence communities now, before any programme is put into place to use academia as a cover for spying and other clandestine activities. If this does not happen soon, the inevitable disasters that result, including the arrests, imprisonment or even deaths of actual academics and/or the people with whom they work or study, will be on all our hands.
Mark LeVine is professor of Middle Eastern history at UC Irvine and distinguished visiting professor at the Centre for Middle Eastern Studies at Lund University in Sweden and the author of the forthcoming book about the revolutions in the Arab world, The Five Year Old Who Toppled a Pharaoh. His book, Heavy Metal Islam, which focused on ‘rock and resistance and the struggle for soul’ in the evolving music scene of the Middle East and North Africa, was published in 2008.
The views expressed in this article are the author’s own and do not necessarily reflect Al Jazeera’s editorial policy.
http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2012/12/201212475854134641.html

Israel Vs Iran

Israël-Iran: La Guerre asymétrique 1/4
Posted by Candide on 5 janvier 2013 in « Islam et Occident », Iran, Israel, Mossad, Syrie, Terrorisme sioniste, USA

Israël-Iran: La Guerre asymétrique 1/4
Paris – Le délai de latence observé par les Etats-Unis à l’égard de l’Iran, en raison de la campagne présidentielle américaine et de la vacance du pouvoir en Arabie saoudite pour cause de maladie du Roi et de son ministre des Affaires étrangères, Saoud Al Faysal, prend fin avec la reconduction du mandat de Barack Obama et son discours sur l’Etat de l’Union le 21 janvier 2013, déblayant ainsi la voie à une possible épreuve de force entre le duo israélo américain et la République islamique iranienne.
samedi,5 jan 2013: Iran / News | Par René Naba
Publié Le: sam,5 jan 2013
Iran / News | Par René Naba
Israël-Iran: La Guerre asymétrique 1/4
Paris – Le délai de latence observé par les Etats-Unis à l’égard de l’Iran, en raison de la campagne présidentielle américaine et de la vacance du pouvoir en Arabie saoudite pour cause de maladie du Roi et de son ministre des Affaires étrangères, Saoud Al Faysal, prend fin avec la reconduction du mandat de Barack Obama et son discours sur l’Etat de l’Union le 21 janvier 2013, déblayant ainsi la voie à une possible épreuve de force entre le duo israélo américain et la République islamique iranienne.
Papier co-publié avec Golias Magazine numéros de Janvier 2013 2 et Février 2013.
La première confrontation entre l’Etat hébreu et un état musulman non arabe.
Une guerre entre Israël et l’Iran constituerait la première confrontation entre l’Etat hébreu et un pays non arabe, depuis l’auto proclamation de son indépendance, en 1948, il y a 64 ans.
Premier conflit armé entre Israël et un état musulman non arabe, la guerre Israël-Iran tendrait à étendre les hostilités vers la zone inflammable des pétromonarchies du golfe arabo persique, bien au-delà de la zone traditionnelle du champ de bataille constitué par les pays bordant le bassin historique de la Palestine du mandat britannique (Egypte, Jordanie, Liban, Syrie et Palestine).
Si elle devait avoir lieu, elle traduirait un retournement stratégique de tendance, mettant aux prises, à fronts renversés, les deux anciens alliés de la guerre froide, l’Iran et Israël, et placerait en délicate posture l’Islam atlantiste, les régimes néo-islamistes du «printemps arabes», l’Egypte, La Tunisie et la Libye, de même que la Turquie et leurs alliés pétro monarchiques pro américains, comme en a témoigné la dernière opération israélienne contre Gaza, en novembre 2012.
Dans la période post indépendance des pays arabes, dans la foulée de la fin de la IIme Guerre mondiale (1939-1945), l’Iran impériale et Israël avaient noué, de concert avec la Turquie, deuxième pays musulman non arabe du Moyen Orient, une alliance de revers en vue de prendre en tenaille le Monde arabe et brider ses pulsions nationalistes, particulièrement sur la question palestinienne.
La rupture de l’alliance stratégique israélo-iranienne est intervenue à la chute de la dynastie Pahlévi, en Février 1979, et la signature un mois plus tard du Traité de paix de Washington entre Israël et l’Egypte, le 25 mars 1979, entraînant la neutralisation militaire de l’Egypte et son exfiltration du champ de bataille, parallèlement à la promotion concomitante de l’Iran Khomeyniste au rang de porte étendard de la cause palestinienne.
Un deuxième infléchissement des termes du conflit israélo-arabe est survenu lors de la première guerre du Golfe (1990-1991), qui a constitué la première alliance militaire objective entre Israël, l’Egypte et les pétromonarchies arabes, en superposition à la première guerre Nord-sud par la réalisation de l’Union sacrée des consommateurs de pétrole contre l’un de leurs principaux fournisseurs du sud, en l’occurrence l’Irak de Saddam Hussein. Un exploit financé de surcroît, faut-il le souligner, avec les deniers arabes.
L’accession de l’Iran au rang de «puissance du seuil nucléaire», en dépit d’un embargo de trente ans doublé d’une guerre de près de dix ans imposée à l’Iran par Irak interposé, a suscité l’admiration de larges fractions de l’opinion de l’hémisphère sud, qui ont vu dans cet exploit technologique incontestable la preuve parfaite d’une politique d’indépendance, en ce qu’elle a débouché sur la possibilité pour l’Iran de se doter d’une dissuasion militaire en même temps que de maintenir son rôle de fer de lance de la révolution islamique.
Dans une zone de soumission à l’ordre israélo américain, le cas iranien est devenu de ce fait un cas d’école, une référence en la matière, et, l’Iran, depuis lors, est devenu le point de mire d’Israël, sa bête noire, dans la foulée de la destruction de l’Irak, en 2003.
Le primat d’Israël
Le primat d’Israël conditionne le récit médiatique occidental et obère la crédibilité de sa démarche, en ce qu’elle révèle une distorsion de comportement des pays occidentaux face aux puissances nucléaires. Les Etats-Unis et l´Union européenne contrôlent 90% de l´information de la planète et sur les 300 principales agences de presse, 144 ont leur siège aux Etats-Unis, 80 en Europe et 49 au Japon. Les pays pauvres, où vit 75% de l´humanité, possèdent 30% des médias du monde (1).
Unique puissance nucléaire du Moyen-Orient, Israël a ainsi constamment bénéficié de la coopération active des États occidentaux, membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, France, Grande-Bretagne), pour se doter de l‘arme atomique, bien que non adhérent au Traité de Non-Prolifération. Il en est de même de l’Inde et du Pakistan, deux puissances nucléaires asiatiques antagonistes, qui bénéficient néanmoins d’une forte coopération nucléaire de la part des États-Unis et de la France en dépit de leur non ratification du traité de non-prolifération nucléaire.
L’argumentaire occidental gagnerait donc en crédit si la même rigueur juridique était observée à l’égard de tous les autres protagonistes du dossier nucléaire, au point que la Chine et la Russie, les principaux alliés de l’Iran, se sont dotées d’une structure de contestation du leadership occidental à travers l’organisation de coopération dite «le groupe de Shanghai», pour en faire une OPEP nucléaire regroupant les anciens chefs de file du camp marxiste (Chine et Russie), ainsi que les Républiques musulmanes d’Asie centrale, avec l’Iran en tant qu’observateur.
L’Iran apparaît ainsi du fait de la pression israélienne, relayée par ses alliés européens notamment la France, comme une épreuve militaire et diplomatique d‘importance. Mais la focalisation du débat sur le nucléaire iranien pourrait contrarier l’approche binaire de la diplomatie américaine, visant la promotion d’un règlement négocié du conflit israélo-palestinien parallèlement à une neutralisation de l’Iran, à défaut d’une normalisation des relations irano américaines, en vue de se dégager du bourbier afghan.
La croisade israélienne contre l’Iran est double: écarter une éventuelle menace iranienne et se soustraire à ses engagements internationaux concernant le règlement de la question palestinienne. Comparable par son intensité à la campagne de mobilisation contre l’Irak, cette offensive militaro médiatique israélienne, en reléguant au second plan le règlement du conflit israélo-palestinien, viserait, d’une manière sous-jacente, à acclimater l’opinion internationale au fait accompli de l’annexion de la Palestine, à l’effet de restaurer le prestige israélien terni par ses échecs répétés tant contre le Liban, en 2006, que contre l’enclave palestinienne de Gaza en 2008-2009 et en 2012.
L’Iran, par effet d’aubaine, a acquis une stature de puissance régionale du fait de la politique erratique des États-Unis tant en Afghanistan qu’en Irak, où ses rivaux idéologiques, les radicaux taliban sunnites et le laïc baasiste irakien Saddam Hussein ont été éliminés par leur ancien protecteur américain. Il entend se faire reconnaître la place qu’il estime sienne dans le concert régional, qui était en fait sienne, dans la décennie 1970, lorsque les Américains avaient confié au Chah d’Iran un rôle de «super gendarme» dans le Golfe, en proie alors à la rébellion communiste du Dhofar (Sultanat d’Oman) et à la contestation nationaliste du «Front de Libération Nationale de la Péninsule Arabique» tant en Arabie saoudite qu’au Yémen que dans les Émirats pétroliers.
Dans cet esprit, l’Iran a réaffirmé son droit inaliénable au nucléaire et proposé une négociation globale avec le groupe de contact portant sur tous les aspects du contentieux qui l’oppose avec les pays occidentaux depuis trente-cinq ans, tant l’embargo qui frappe la République islamique, que les avoirs iraniens bloqués aux Etats-Unis, de l’ordre de plusieurs milliards de dollars, que le rôle régional de l’Iran, la coopération sécuritaire en Irak et en Afghanistan.
Suivra…
http://www.renenaba.com est un média indépendant qui ne perçoit ni de rémunérations ni de la publicité, et ne relève ni d’un éditeur, ni d’un groupe de presse. La vraie valeur ajoutée du blog réside précisément dans son indépendance tant intellectuelle que financière. Les sites relais qui rediffusent nos papiers ne répercutent pas leurs recettes sur notre production, le prix de son indépendance, la marque de notre indépendance. La progression constante de notre lectorat, sa configuration, ses exigences, constituent pour http://www.renenaba.com une marque de confiance renouvelée à l’effet de nous inciter à aller de l’avant, animés d’une volonté inébranlable de poursuivre sans concession le combat pour la dignité des hommes et la souveraineté des peuples.
http://www.renenaba.com/israel-iran-la-guerre-asymetrique-1/

Génocide du Peuple Palestinien

UN GENOCIDE PROGRAMME :
CELUI DES PALESTINIENS.

Par Ginette Hess Skandrani

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !

Présentation du livret et de son auteur,
Par le Comité sur le génocide en Palestine.

Ce qui suit est un petit livret monstrueux, car ce qu’il contient est insupportable à lire. Ce livret décrit un génocide en cours, qui a commencé en 1948, et qui se poursuit depuis à chaque instant.

Ginette Hess Skandrani, l’auteur de ce livret, a passé la majeure partie de sa vie à défendre les peuples colonisés, dont le peuple de Palestine. Elle a séjourné en Palestine dans les camps, fréquenté des Palestiniens, et a été en relation avec des organisations de ce peuple. Elle n’a jamais renoncé à lutter aux côtés des Palestiniens, et n’a jamais accepté de se compromettre avec leurs bourreaux. C’est ce qu’on lui reproche, et c’est pourquoi on la fait passer pour une antisémite, alors qu’elle est d’origine tzigano-juive, et pour quasiment une nazie, alors que beaucoup de membres de sa famille lointaine, ont été déportés dans des camps de concentration nazis.

L’auteur, malgré son âge, et de multiples persécutions dont dernièrement une agression physique par quatre « sbires » sionistes à son domicile, ne faiblit pas. C’est le genre de personne rare qui jusqu’au bout restera à faire face à ce qui est l’une des pires monstruosités que la violence humaine ait engendré.

Les pages qui suivent sont issues de l’expérience intime de l’auteur. Cette expérience est irremplaçable, et son témoignage devait être transcrit sur le papier, afin d’ouvrir les yeux aux lecteurs.

Il n’y a pas de mots pour qualifier ce qui se passe en Palestine, hormis peut-être celui d’abomination. Ce document est une tentative, et sans doute l’une des plus sincères et authentiques, pour restituer cette réalité.

Les mots de droit, qui décrivent juridiquement ce qu’est un génocide, tels ceux de la Convention de l’ONU de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, et ceux de l’article 211-1 du code pénal français relatif à la répression du crime de génocide, suivent ce texte et le complètent.

C’est à chacun de juger si ces textes de droit s’appliquent bien à ce que l’auteur décrit.

UN GENOCIDE PROGRAMME :
CELUI DES PALESTINIENS.

Par Ginette Hess Skandrani

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas !

En Palestine occupée, on peut observer depuis un demi-siècle les formes modernes d’un génocide commis tranquillement, avec un aplomb hallucinant, au vu et au su de tout le monde : massacres par bombardement de populations civiles, enfants tués ou estropiés par des snipers, démolition de maisons, rationnement de l’eau, empoisonnement des puits, des animaux, des cultures, diffusion de gaz toxiques, empêchement d’accéder aux soins et à l’école, destruction des écoles et des universités, entraves aux accouchements, avortements provoqués par empoisonnements par des gaz, irradiation des populations dans certains check points, assassinat des élites intellectuelle, religieuse, scientifique et politique, puits bouchés, oliviers arrachés, destruction de la vie culturelle, sociale et économique, commerces, usines, ateliers et champs démolis, villages et bourgs rasés jusqu’aux fondations, déportations de masse organisées par la terreur des massacres et par l’épuisement, production d’électricité détruite, destruction des infrastructures sanitaires, égouts et tuyaux d’écoulement d’eaux détruits, ambulances, cliniques et hôpitaux détruits, médecins et infirmières assassinés, stress continuel par drones volant la nuit, avions passant le mur du son tous les jours, tortures, disparitions, kidnappings, punitions et persécutions collectives, couvre-feu permanent, chantage, famine organisée par l’occupant. Plus de la moitié des palestiniens souffre de malnutrition et de sous-alimentation chronique grave entraînant chez plus du tiers des enfants des invalidités et des déficiences définitives à vie. Plus de dix mille prisonniers croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d’enfants. L’usage de la torture est constant, et se déroule sous le contrôle de médecins israéliens.

* GAZA N’EST PAS LIBEREE SON EMPRISONNEMENT S’EST JUSTE RAFFINE.

La bande de Gaza que l’on nous présente comme territoire libéré est un tout petit territoire d’une longueur de 40 km sur 10 de large, soit 380 km2. Sur ce petit bout de terre, semi-aride, coincé entre l’Egypte et Israël s’entassent 1,4 million de personnes, l’une des plus fortes concentrations humaines au monde.

Depuis que le Hamas, classé par Israël comme « organisation terroriste », est arrivé au pouvoir lors des élections libres et démocratiques du 25 janvier 2006, toute la Palestine est soumise à un boycottage international de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis. Depuis la formation du gouvernement, fin mars, l’aide internationale a cessé et l’étroite bande de terre est devenue, plus que jamais, une prison à ciel ouvert, entièrement coupée du monde puisque les frontières terrestres, maritimes et aériennes sont totalement contrôlées par l’Etat juif qui, en plus, a décidé de ne pas reverser le produit des taxes prélevées sur les Palestiniens à l’Autorité « autonome ». Près de 420 millions de dollars sont dus à ce jour.

Un malheur n’arrivant jamais seul, depuis le 25 juin 2006, date à laquelle un commando d’activistes palestiniens a enlevé le caporal israélien Gilad Shalit à la lisière sud-est de la bande de Gaza, l’Etat juif a mené une multitude d’incursions, de bombardements et d’assassinats « ciblés », causant la mort d’au moins 230 personnes dont, selon le centre des droits de l’homme Al-Mezan, 39 enfants et cela continue… Pour un otage israélien, alors que l’Etat juif en détient plus de onze mille, ils massacrent, détruisent, affament tous les Gazaouis.

L’unique centrale électrique, qui fournissait 60 % des besoins en électricité de la bande de Gaza, a été bombardée et détruite le 28 juin 2006. Les 40 % restants sont fournis par Israël, qui continue ainsi d’empocher des revenus et contraint les Palestiniens à une rotation de l’approvisionnement, quartier par quartier, toutes les huit heures.

Du passage de Karni dépend la survie de la bande de Gaza. A travers ses vingt-sept portes passe l’oxygène qui permet aux Palestiniens de ne pas mourir asphyxiés. Mais les robinets sont entre les mains des Israéliens. « Ils voient tout, commandent tout, et nous, nous exécutons selon leur bon vouloir, sans jamais les voir », explique le directeur du point de passage. Tout se passe de part et d’autre d’un haut mur percé de portes et de guichets surveillés par des caméras. Les camions circulent dans un no man’s land, une zone tampon créée pour éviter les attaques. Alentour, tout a été rasé, les arbres arrachés, les hangars détruits et le terrain nivelé pour voir de loin. Une profonde tranchée a été creusée par crainte d’éventuels tunnels.

Dans le bâtiment de l’administration palestinienne, il n’y a plus ni électricité, ni eau, ni téléphone. Les chars israéliens ont tout ravagé. Tous les prétextes sécuritaires sont bons pour fermer. Les exportations sont très difficiles et des centaines de tonnes de produits agricoles palestiniens pourrissent souvent sur place, alors que les produits israéliens sont avantagés. Il est également très difficile d’échanger des marchandises avec la Cisjordanie, l’autre partie des territoires. A Karni, l’attente est souvent interminable, ce qui renchérit le coût des produits. John Ging, directeur de l’UNRWA (Organisation des Nations Unies pour les réfugiés), explique que les seuls frais de retard pour la circulation des conteneurs ont coûté 1 million de dollars à l’ONU, empochés par des sociétés israéliennes.

LA CISJORDANIE TRONCONNEE.

L’office de coordination de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHA) vient de publier un rapport qui illustre, faits à l’appui, que l’emprise d’Israël sur la Cisjordanie est telle, que la création d’un Etat viable et continu n’est plus qu’une fiction. En effet, par ce que la Cisjordanie est occupée par des colons, par l’armée ou encore décrétée en partie « réserves naturelles », 45,47 % des 5 600 km2 sont soit interdits d’accès, soit soumis à un régime de permis pour les Palestiniens. Le reste du territoire, dont les principaux centres comme Naplouse et Jéricho, est divisé et coupé en secteurs isolés. Le déplacement entre eux est limité par 450 barrages routiers et 70 check points contrôlés par des soldats armés. Vous pouvez vous imaginer le casse-tête.
Selon le rapport, le taux de croissance démographique des colonies israéliennes est de 5,5 % par an, « soit l’équivalent de deux bus entiers qui, chaque jour, s’ajoutent aux 450 000 personnes déjà installées, c’est-à-dire trois fois la croissance de population naturelle de l’Etat juif ». Les chances d’une inversion de tendance ou d’un démantèlement des implantations apparaissent illusoires. En cela le rapport de l’OCHA est on ne peut plus instructif. Il révèle tous les détails de la façon dont l’Etat juif fait main basse sur la Cisjordanie, la tronçonnant en une quinzaine de cantons desquels il est pratiquement impossible de sortir pour les 2,5 millions d’habitants qui vivent sur ce territoire. « La réalité s’oriente dans une direction qui va rendre la vie des Palestiniens plus difficile et ne va pas leur permettre d’atteindre ce à quoi ils aspirent », conclut ce rapport..

* LES COLONIES DE PEUPLEMENT ET L’ARROGANCE DES COLONS.

Les colonies de peuplement fermées à Gaza, ne continuent pas moins à se développer et à prospérer en Cisjordanie, englobant entièrement Jérusalem et isolant les familles les unes des autres.
Construites souvent en hauteur, surplombant les villages elles accaparent l’eau à leur profit. Nous avons vu des pelouses arrosées à jet continu alors que quelques mètres plus bas les Palestiniens ont du mal à se désaltérer. Les routes de contournement construites afin de relier les colonies entre elles, coupent villages et champs de cultures en deux et compliquent sérieusement la vie des populations autochtones dans leur vie quotidienne. Nous avons vu des Palestiniennes faire un détour de trois km pour acheter le pain dans une boulangerie qui se trouve sur le trottoir en face, dans la rue coupée en deux.

Les Territoires palestiniens comptent 161 colonies juives et 96 implantations « sauvages ». Des barrages interdisent l’accès des Palestiniens aux routes qui desservent les colonies. Celles-ci se sont transformées en des corridors, réservés aux colons et reliant les implantations au territoire israélien.
« Les Palestiniens sont désormais obligés de se déplacer d’une enclave à l’autre en utilisant un réseau de barrages militaires, de routes et de tunnels qui leur sont réservés », relève le document. Les autorités israéliennes peuvent fermer ces points d’accès à volonté.
Si l’on additionne les zones militaires israéliennes, les colonies, les réserves naturelles, les routes et les terres grignotées par la construction du mur de séparation israélien, il ne reste pas plus de 60 % de la Cisjordanie aux Palestiniens, selon les calculs de l’OCHA . « Le développement des colonies et des infrastructures israéliennes empêche le développement d’une économie palestinienne jusqu’alors dynamique en Cisjordanie », écrit l’OCHA.

* LES PUNITIONS COLLECTIVES.

– La destruction de nourriture.

L’un des plaisirs favoris de l’armée est de mélanger la nourriture, le sucre et le sel, confiture et condiment, farine et céréales ou de saccager tout simplement les aliments. Cette action inhumaine pénalise les familles car elles sont si pauvres qu’elles ne peuvent refaire leur stock de réserves. Si cela arrive en période de couvre-feu, cette action devient un véritable drame. C’est une des principales angoisses des familles victimes de ces exactions. Déjà, elles ne peuvent stocker beaucoup de nourriture vu l’exiguïté des maisons et le peu de moyens dont elles disposent et le peu qu’elles ont est détruit délibérément.

– Les mesures d’intimidation et de terrorisme physique et moral.

La population est harcelée continuellement, en but à des perquisitions non justifiées et à tout moment du jour ou de la nuit, tous les déplacements sont contrôlés. La présence constante et apparente des forces occupantes ne permet aucune intimité. Elles confisquent les pièces d’identité sans aucune raison justifiée. Les survols fréquents des camps de réfugiés par des hélicoptères ou les snipers en patrouilles sont stressants… L’entrée de jour comme de nuit dans les maisons, le contrôle de toute la population à n’importe quel moment, sous n’importe quel prétexte, tel est le triste sort des Palestiniens.
L’armée coloniale peut emmener n’importe qui, tabasser, casser des mains, blesser, achever comme bon lui semble. Elle est souveraine, non contrôlée, et n’est comptable de rien devant la justice. Les Palestiniens ont juste le droit de se taire.

* LA CONFISCATION DES TERRES ET DE L’EAU.

Parallèlement à la confiscation des terres agricoles, s’est développée depuis 1970 une politique d’implantation de colonies de peuplement. Cette violation du droit international est particulièrement active.

Les colons, bien briefés, récupèrent les meilleures terres en Cisjordanie comme à Gaza, abandonnant les terres semi-arides aux Palestiniens.

En 1985, Israël avait pris le contrôle de 2 835 000 Duns (1D = 1 000 m2), soit 52 % de la surface totale en Cisjordanie, et 48 % dans la Bande de Gaza.

L’utilisation de l’eau a été scrupuleusement réglementée par les Autorités israéliennes, notamment à l’aide de quotas afin d’en faire bénéficier les colonies de peuplement.

Il est interdit aux Palestiniens de creuser ou d’approfondir les puits artésiens. Ils ne disposent que de 20 % des réserves souterraines de Cisjordanie, les 80 % restants étant principalement utilisées par les colonies, ou directement pompées pour servir en Israël.

En cas de couvre-feu, l’une des punitions les plus fréquentes est la coupure immédiate de l’eau, ce qui s’avère très dommageable pour les plantes et les cultures, et évidemment aussi pour les personnes.

Généralement la confiscation du matériel agricole, des voitures de transports ou des outils accompagnent les couvre-feux. Les bergers et leurs troupeaux en souffrent en permanence. Ils sont en même temps exposés aux attaques des colons, qui eux peuvent commettre leurs exactions en toute impunité à n’importe quel moment, vu qu’ils ne sont pas soumis aux couvre-feux.
Les troupeaux se trouvant dans la zone du couvre feu sont confisqués et retenus dans des locaux jusqu’à paiement par leur propriétaire d’une amende à laquelle s’ajoutent des frais d’entretien par tête et par jour de confiscation. Dans les cas de couvre-feu prolongé, l’amende s’élève rapidement à une véritable petite fortune que le propriétaire est dans l’impossibilité d’acquitter. Le colon récupère alors les bêtes, ce qui lui permet d’accroître son cheptel à peu de frais.

– L’arrachage et le déracinement des arbres.

L’armée s’acharne également sur les arbres. Le nombre d’arbres et de pieds de vignes déracinés est incalculable.

Nous avions assisté au déracinement d’un champ de vigne dans la vallée d’Hébron. A notre arrivée, une voiture démarrait à toute vitesse. A son bord, un rabbin, et plusieurs militaires. Ils venaient de procéder à l’arrachage de vignes, que le rabbin venait de bénir.

Dans le champ nu, où restaient encore quelques trognons de ceps, une petite fille pleurait. Ses parents nous ont raconté leurs malheurs. L’armée ayant soupçonné leur fils d’avoir participé à un rassemblement, au cours duquel on avait brûlé des pneus, avait décidé, en représailles, de punir la famille, lui enlevant son seul gagne pain.

Nous avions vu des champs d’oliviers, dont certains plusieurs fois centenaires, entièrement rasés sur plusieurs ares.

Pendant ce temps, l’Etat sioniste essaie de se doter d’une facette humaine et veut se faire passer pour un pays à la pointe dans le secteur des produits agrobiologiques, voulant donner des leçons d’écologie.

Nous ne voyons pas qui pourra qualifier ce pays d’écologique. Etant fondé sur le dogme de la domination de la terre, sur l’expansionnisme et le colonialisme, il nous semble que ces idéologies sont largement antinomiques avec les principes fondamentaux de l’écologie.

Au moment où toute la planète prend conscience du désastre écologique, et se mobilise notamment pour sauver la forêt amazonienne, l’Etat d’Israël se permet en toute impunité de détruire des oliveraies, des arbres fruitiers, des vignes et d’autres plantations indispensables à la vie, pour asseoir encore une fois, avec une brutalité rare, sa domination sans partage sur le peuple palestinien.

Le peuple palestinien contrairement aux thèses sionistes, était de tout temps un peuple d’agriculteurs. Tout l’Occident, en avalant et en répétant aveuglement le mensonge sioniste selon lequel la Palestine était un désert que les pionniers-juifs ont fait refleurir, porte une grande part de responsabilité dans la « Nakba » (le désastre palestinien).

Les moyens de répression visant la terre, l’eau, l’interdiction de planter des arbres fruitiers, des oliviers ou des vignes le touchent au plus profond de lui-même, et le laissent complètement démuni face à un occupant qui s’empare de sa terre et de ses ressources avec une brutalité sans pareille.

Ces méthodes, on le voit, relèvent purement et simplement du brigandage organisé.

– Les Palestiniens dépossédés de leurs ressources en eau.

Depuis sa création, Israël a toujours cherché à contrôler l’accès à l’eau, ressource rare dans cette région semi-aride qui ne supporte pas une agriculture intensive très grosse consommatrice d’eau telle que se sont mis à la pratiquer les agriculteurs israéliens.

Lors de la mise en œuvre de la planification des ressources en eau après la création de l’Autorité internationale des eaux par l’ONU, en 1950, les pays arabes avaient commencé à mener un projet hydraulique de partage équitable des ressources en eau.

La guerre de 1967 empêcha ce projet d’être mené à terme et permit à Israël d’accentuer son emprise sur les eaux de la région, notamment en poursuivant le pompage des eaux du Jourdain au rythme de 330 millions de m3 par an.

Une des premières mesures, après l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza et de l’annexion de Jérusalem, suite à la conquête de 1967, a été de déclarer les eaux des territoires occupés comme ressources stratégiques sous contrôle militaire. Parallèlement à ce hold-up sur l’eau, Israël arrêta de délivrer des autorisations de creusage de puits aux palestiniens qui devenaient de ce fait complètement dépendants du bon vouloir de l’occupant pour leurs cultures et leurs besoins domestiques.

Depuis 1967, l’ensemble des ressources hydrauliques des territoires palestiniens est administré par la Commission israélienne de l’eau et plus spécialement par deux sociétés : la Mékorot (compagnie israélienne des eaux) créée en 1936 par l’agence juive et l’Histadrout, chargée de construire les réseaux d’irrigation et d’alimentation en eau, ainsi que la Tahal (compagnie de planification des ressources en eau d’Israël) créée en 1952.

L’imposition de règlements datant de 1959, empêche les Palestiniens de disposer librement de leurs ressources hydrauliques et impose la limitation de la consommation au profit des colons dont certains arrosent leurs pelouses à longueur de journée, alimentent des fontaines monumentales et des piscines. Il y a eu 144 colonies de peuplement dont 42 nouvelles implantations entre 1998 et 1999 en violation flagrante des lois internationales. La Convention de La Haye de 1907 stipule que la puissance occupante doit respecter les lois en vigueur avant occupation, et établit que la propriété privée, dont les ressources en eau, ne saurait être l’objet de confiscation.

– La discrimination commence par le refus d’accès aux ressources.

Le droit de creuser de nouveaux puits ou de procéder à leur réfection, nécessite des permis délivrés au compte-goutte par les autorités israéliennes. Les paysans palestiniens n’ont pas le droit de s’alimenter dans les nappes phréatiques en creusant des puits ou en approfondissant ceux qui existent au-delà de 20 mètres alors que ceux des colons sont parfois à 80 m de profondeur. L’eau qui vient des puits provient pour 30 % des puits des colons qui représentent tout au plus 6 % de la population.
Un système de quota est instauré pour limiter les volumes d’eau destinés aux populations autochtones. Chaque puits comporte un compteur et de lourdes amendes sont infligées à ceux qui dépassent leur quota. La quantité d’eau allouée aux agriculteurs palestiniens est gelée depuis 1967, alors que celle des colons est en progression constante.

Les paysans palestiniens sont soumis à un lourd handicap, car ils ne peuvent irriguer que 6 % de leurs terres contre 45 % en Israël et 60 % dans les colonies juives.

Les investissements publics privilégient les colonies au détriment des municipalités palestiniennes. Ainsi 51 % des villages de Cisjordanie ne possèdent aucune infrastructure pour l’eau potable.

Dans la bande de Gaza, malgré l’autonomie annoncée à grands cris, l’eau est toujours rationnée et contrôlée par l’occupant dont dépendent 1,2 millions de Palestiniens. Les ressources d’eau sont aussi soumises à cet apartheid qui caractérise si fortement cette Palestine qui ne demande qu’à vivre normalement.

La régularité des approvisionnements est un autre signe de discrimination, les Israéliens bénéficiant de l’eau courante toute l’année, les Palestiniens eux, sont victimes des coupures durant l’été, destinées à économiser l’eau au profit des colonies.

Plusieurs rivières ou ruisseaux asséchés sont transformés en tout à l’égout par les colonies de peuplement situées en haut des collines dominant les terres palestiniennes et qui déversent impunément leurs déchets de toutes sortes dans ces cours d’eau. Souvent la pénurie d’eau, ainsi que la pollution des cours d’eau, car il n’existe pratiquement pas de station d’épuration, provoquent la propagation de maladies. Le siège des villages s’accompagne très souvent de coupures d’eau car les sites de pompage sont « zones militaires », et le système de canalisation dépend de la colonie israélienne située en hauteur avec parfois, un petit château d’eau. Les Israéliens consomment, par tête, quatre fois plus d’eau que les Palestiniens. Eux seuls ont l’autorisation de creuser des puits jusqu’aux nappes phréatiques les plus profondes. Par conséquent, un très grand nombre de villages dépendent des camions-citernes qui doivent se ravitailler auprès des points d’eau éloignés et qui sont régulièrement visés par les colons.

Actuellement les Palestiniens sans ressources, ne peuvent payer cette eau. C’est spécialement dans les villages que la situation est la plus dramatique. Complètement isolés, les villageois souffrent de malnutrition et seule une autosuffisance locale, ainsi que l’aide du PARC, leur permet de survivre.
N’oublions pas de dire qu’un des objectifs constants des tirs israéliens, colons ou armée, est de cribler de balles à distance, les réservoirs d’eau individuels – de un ou deux mètres cubes – qui sont placés sur les toits ou les terrasses.

La situation faite aux Palestiniens nous rappelle de bien tristes souvenirs du temps de l’occupation de la France.

Tous les accords signés et « resignés », toutes les pressions organisées, toutes les conférences nationales et internationales, tous les parrainages, n’auront pas beaucoup d’impact dans cette région du monde tant que la justice pour tous ne sera pas rétablie, tant que tous les peuples de cette région ne seront pas conduits à gérer ce qui leur revient de droit, y compris pour les peuples palestiniens, libanais et syriens : la gestion de leur terre et de leurs ressources, sources de vie.

– LES CONDITIONS SOCIALES SOUS OCCUPATION.

– LE MANQUE D’ESPACE VITAL.

Je crois que la pire des tortures que subissent les Palestiniens et qui contribue à une mort lente, c’est le manque d’espace vital, pour se déplacer, pour communiquer, pour dormir, pour manger, pour se laver, pour faire leur toilette ou tout simplement vivre, respirer, s’étirer etc. Comment ne pas devenir fou ou révolté dans ces conditions là ?

– LA VIE DANS LES CAMPS.

En franchissant les barbelés qui entouraient les camps, nous sommes rentrés de plain-pied dans la misère extrême, la privation de libertés, une « prison à l’air libre ».

Plus question de vieilles pierres ou de richesses architecturales, de beauté du paysage, ni de flonflons, de néons, ou encore moins de pelouses décorées. Le visage hideux du colonialisme nous a accueilli de plein fouet.

L’armée était omniprésente, sur tous les toits des maisons, autour du camp. C’était sinistre et terriblement éprouvant, surtout avec tous ces barbelés qui nous donnaient froid dans le dos. Les maisons étaient accolées les unes aux autres. Les toits en tôle n’étaient pas directement posés sur les murs. Il y avait un grand espace. Les Palestiniens nous ont raconté que c’était par ces interstices que l’armée d’occupation envoyait les gaz lorsqu’elle cherchait des jeunes manifestants.

Ce qui sautait immédiatement aux yeux, c’est le manque d’espace. Plusieurs d’entre nous se sont posés cette question qui ne nous a jamais quittée lors de la durée de notre séjour : « Mais où dorment donc tous ces enfants ? Ont-ils un lieu pour eux, pour jouer, pour bouger, comme tous les enfants de leur âge? »

Ce qui nous a également dérangés : c’est ce silence pesant, étrangement lourd à supporter. Pas un bruit, pas un son de voix. Les gens parlaient tout bas, voire même chuchotaient, y compris les enfants. Connaissant l’exubérance des populations dans les pays arabes, nous nous imaginions sans peine ce qu’ils ont dû endurer pour en arriver là.

Nous étions directement confrontés à l’occupation dans toutes ses dimensions au niveau de la vie quotidienne : privation de toute liberté de bouger, d’écouter, de s’informer, de s’instruire, de travailler, de se nourrir correctement, de se reposer.

– Les cautions réclamées aux familles pour libérer les enfants.

Lorsque l’armée surprend un enfant jouant dans la rue, et quel que soit son âge, elle l’arrête et l’embarque. Il est fréquent que l’enfant soit l’objet d’un marchandage entre les Autorités militaires et la famille, surtout lorsque l’un des membres de cette famille est recherché. Les parents doivent ainsi payer une caution pour récupérer leur enfant. Caution, bien entendu, exorbitante et pouvant aller jusqu’à 1 500 shekels et plus, soit environ 1 000 Euros.

Nous avons eu connaissance d’enfants de 3 ans arrêtés et gardés pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que les parents aient pu réunir la somme de la caution exigée.

Il existe des associations venant en aide aux parents victimes de ce chantage, s’occupant surtout de réunir les fonds nécessaires à la libération des enfants retenus en otage.

– Le couvre-feu.

En général, décidé par l’Autorité militaire de la ville, c’est l’interdiction de sortir du camp, du quartier, de sa maison, d’ouvrir ses fenêtres, ses volets, en un mot : de rester confiné dans son petit et misérable « chez soi ».
Cette interdiction peut être totale, 24 heures sur 24.
Elle peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines.

L’armée tire avec des balles réelles, ou en plastique ou en caoutchouc. Les balles en plastique ou en caoutchouc sont composées de 90 % de métal, seule l’enveloppe soit 10 % est en plastique ou caoutchouc, elles sont également mortelles.

Les maisons exiguës (2 à 3 pièces) sont généralement occupées par une dizaine de membres de chaque famille, et souvent plus lorsque les occupants hébergent les personnes dont la maison vient d’être détruite, ce qui arrive très souvent.
Le couvre-feu dans ces conditions est à la limite du supportable.

Pour les femmes, le problème de la nourriture reste le principal problème.

Il n’y a pas de possibilité de stockage par manque de place ou par manque de moyens de réfrigération. Nombre de camps n’ont pas l’électricité, ou si elle existe, elle est coupée dès l’instauration du couvre-feu. Certaines familles sont carrément dans la misère.

Le couvre-feu implique automatiquement l’impossibilité de se rendre à son travail, ce qui signifie l’absence totale de ressources pendant ces périodes. Les enfants sont également interdits d’école.

De plus, il est impossible de cultiver champs et jardins, de s’occuper des bêtes et de récolter ou de faire la cueillette selon le cycle naturel des saisons. Comme la nature n’attend pas la levée des interdictions, il en résulte souvent un indicible gâchis des légumes et des fruits qui pourrissent sur place. Ce qui provoque l’accélération de l’appauvrissement des familles.

Comme de surcroît, le couvre-feu s’accompagne souvent de coupures d’eau. Cette privation entraîne notamment lors des étés torrides, la déshydratation des enfants et des personnes âgées, et cause des pertes dans le bétail et les cultures.

Le manque de structures médicales et hospitalières est particulièrement criant.

– L’intrusion de l’armée d’occupation.

Les forces de l’occupation investissent surtout à l’aube les maisons dans les villages ou dans les camps. Elles pénètrent dans le village, au milieu d’un feu nourri et désordonné, en détruisant les affaires et meubles qui s’y trouvent, en bloquant ses occupants dans une des pièces pour pouvoir voler les économies et les objets. Les soldats tirent également en direction des gens et lancent des grenades, ce qui effraie particulièrement les enfants.

– Les coupures de routes.

Les bourgades, les villes et les villages sont souvent assiégés ou partiellement occupés de façon variable et semi-aléatoire par les troupes israéliennes. A toutes ces mesures de harcèlement de la population civile, les Israéliens ont ajouté le recours aux représailles ciblées : assassinat de responsables politiques palestiniens, bombardements de maison où habite un responsable recherché.
Autour des villages et hameaux, est organisé un système de destruction de la vie quotidienne. Il s’agit parfois de simples postes de contrôle « volants », parfois de coupures de route par blocs de béton ou d’énormes tas de terre et de cailloux amassés au bulldozer Les routes étant coupées, la population complètement déboussolée ne sait plus comment s’orienter pour son ravitaillement ou ses besoins quotidiens. Des tranchées d’à peine un mètre de large et de profondeur qui sont creusées en quelques minutes à la pelle mécanique coupent ainsi les routes et isolent les villages.

– Les fermetures d’écoles et d’universités.

Avec le couvre-feu, la fermeture des écoles reste le moyen de répression le plus sensible pour les femmes.

Ces fermetures sont, depuis 1948, l’instrument privilégié de la répression collective. Les prétextes invoqués par l’armée sont très nombreux : enfants en train de jouer dehors, laissés sans surveillance, participation des jeunes aux jets de pierres, aux rassemblements, aux enterrements…

Les écoles sont souvent fermées, et servent au besoin de lieux de détention pour les enfants. Les écolier/ières sont souvent poursuivis en voiture par les colons alors qu’ils se rendent à l’école. Des témoins affirment que certains ont été blessés et emmenés dans des hôpitaux.

– La démolition des maisons.

Là encore toutes sortes de prétextes sont mis en avant pour appliquer cet excellent moyen de répression exercé sur une famille pour :
– récupérer des personnes recherchées par l’armée.
– punir la famille dont un membre est soupçonné d’avoir participé à un jet de pierres, à l’organisation ou à la participation d’une manifestation (1er mai, 8 mars…)
– lors d’une provocation au moment où l’armée fouille une maison, saccageant tout sur son passage.

L’armée arrive avec des bulldozers, et procède à la démolition de la maison, mais aussi des maisons mitoyennes, car les vibrations se répercutent sur les autres murs, et les destructeurs ne se préoccupent guère de sauvegarder les alentours.
En outre le gouvernement occupant interdit de reconstruire toute maison détruite ou bien de bâtir une autre ailleurs. Il ne reste plus d’autre alternative que d’aller se réfugier chez des amis, la famille, ou de rester sous une tente.

Ces démolitions touchent non seulement le cercle de famille proche, mais aussi les oncles, tantes, cousins. Comme les familles sont nombreuses, et les prétextes faciles à trouver, les camps et les villages sont jonchés de tas de pierres chaque jour plus nombreux.

Les Palestiniens, entassés et soumis à un étouffement par manque d’espace, font les frais d’une humiliation supplémentaire qui vient s’ajouter à toute « la palette » répressive mise en place par les Autorités sionistes.

– Les maisons murées.

Une activité assez banale de l’armée d’occupation consiste à murer, soit totalement, soit partiellement des maisons. Les militaires élèvent des murs de parpaings, barrant l’accès à une chambre, ou à une partie de la maison, ou à la totalité de celle-ci. Dix personnes doivent ainsi dormir dans une même pièce, alors que les deux autres, murées, sont vides. Un sommet de perversion organisée !!!

* LA MISERE DU PAYSAN PALESTINIEN

– Les paysans ne peuvent cueillir les olives.

Le paysan est devenu la cible de l’agression des colons, la victime des portails et des soldats de l’occupation. Plusieurs villageois de la région de Qalqylia s’attendent tous les matins soit au martyre, soit aux coups et blessures de la part de l’armée sioniste, qui les attend et les pourchasse comme s’ils étaient des criminels ou étrangers sur cette terre. Les propriétaires des terrains situés près des colonies sont empêchés par les colons de cueillir leurs olives.
Selon les statistiques du ministère palestinien de l’agriculture, plus de 6600 dunums (unité de mesure de surface de terrain) de la région est de Qalqylia ont été séparés de leurs propriétaires par le mur et autres procédés d’annexion.

Le PARC (Palestinien Agriculture Relief Committee) élargit des dizaines de sentiers afin de permettre aux voitures de circuler, travail de fourmi à renouveler chaque jour, pendant que les campagnes sont parcourues par d’énormes camions porteurs de bulldozers et d’excavatrices, qui détruisent ces sentiers. Des colons en arme protègent ces convois spéciaux de sociétés privées.

– L’imagination destructrice des Israéliens est sans limites.

*LES PALESTINIENS SONT LES PLUS VIEUX PRISONNIERS DU MONDE.

Plus de onze mille prisonniers, otages de l’occupant, croupissent dans les prisons sionistes, dont de nombreuses femmes et beaucoup d’enfants.

Depuis la guerre de 1967 et l’occupation de toute la Cisjordanie, partie orientale arabe de Jérusalem incluse, près de 700 000 Palestiniens ont été détenus au moins une fois : 20 % de la population. Sachant que l’immense majorité d’entre eux appartient au genre masculin, ce sont près de 40 % des hommes de Palestine qui ont connu le béton des cachots israéliens. Les statistiques de 2006 révèlent que la moyenne mensuelle varie de 369 à 573 arrestations, dont 19 à 80 enfants et adolescents. Les vingt-trois prisons de haute sécurité en Israël ne désemplissent pas. Souvent les détenus sont installés dans des tentes, faute de place. Quand certains sont libérés, le plein est de nouveau fait rapidement, de manière à toujours disposer d’un volant de « libérables, une sorte de monnaie d’échange », indique un médecin incarcéré à sept reprises pour des périodes allant jusqu’à neuf mois. Sur les 11 050 personnes actuellement détenues, 1 829 le sont dans des camps militaires. Quelque 386 sont des mineurs et 83 des femmes, 5 904 ont été condamnés dont 636 à perpétuité et 472 à plus de vingt ans ! Cinq détenus ont plus de 65 ans, deux plus de 70 ans et vingt-cinq ont moins de 16 ans ! Et nous ne parlerons pas des humiliations, des mauvais traitements, des tortures, de l’isolement, des détentions sans jugement, du chantage exercé par rapport aux menaces pesant sur la famille et les proches.

Naturellement, toutes ces incarcérations coûtent cher. L’une des ressources de financement du système est constituée par les amendes infligées aux prisonniers et leurs familles. En 2005, le système a ainsi encaissé 14,3 millions de shekels (2,7 millions d’euros). Pour les familles très pauvres, c’est un poids considérable, de l’ordre de 200 dollars par mois, selon Jehan Jarrar, de l’association « Addamer » (la Conscience). Les familles sont non seulement privées des leurs, mais comble de la cruauté, elles sont obligées de payer pour leur incarcération.

Les prisons foisonnent dans les Territoires occupés. Toutes les administrations civiles et souvent les écoles sont transformées en prisons.

Les mesures de détentions administratives sans jugement introduites en Palestine en 1945 par les lois d’urgence à l’époque du mandat britannique, et maintenues par l’Etat d’Israël, ont été étendues en 1970 aux Territoires occupés, et sont toujours en vigueur. Ces textes autorisent le gouvernement de la région militaire à placer sous détention toute personne s’il estime que les raisons de sécurité l’exigent et ce pour une durée pouvant aller jusqu’à 6 mois renouvelables sans limite.

Lors de leur arrestation, les détenus ne sont jamais informés des raisons de leur détention. Ils ignorent dans quelle prison on les emmène. Leur famille reste également dans l’ignorance, donc dans l’impossibilité de contacter un avocat. D’ailleurs aucune visite d’avocat n’est autorisée en début de détention.

Les conditions de détention sont très dures. Les prisonniers subissent fréquemment des tortures physiques, morales et sexuelles, au cours d’interrogatoires interminables destinés à les briser.

Ils ne sont pas pourvus de vêtements chauds en hiver, la nourriture est insuffisante, le manque d’eau, de douches et de savons est évident. Tel est le régime banal des prisonniers à Ansar 3, surnommée « La mort lente ». Les détenus manquent également de soins médicaux, même s’ils sont blessés, malades ou victimes de tortures.

Les femmes subissent des peines de prisons très lourdes. Elles sont torturées comme les hommes. Les violences sexuelles sont monnaie courante. Elles restent sans nouvelles de leurs enfants, ou pire reçoivent de fausses nouvelles pour les briser.

*L’UTILISATION DES GAZ CHIMIQUES.

Lorsque nous avions visité un autre camp que
L’armée venait de quitter nous avons senti une forte odeur de gaz.

Et quels gaz ? Trois jours après le dernier exploit de ces sinistres militaires, l’odeur était toujours présente dans les maisons que nous avons visitées.

Nous avions appris, en discutant avec plusieurs personnes, que les nourrissons ou les personnes âgées mouraient par inhalation de ces gaz et que les femmes enceintes avortaient spontanément. Comme nous savions que l’Etat d’Israël était un véritable expert dans la fabrication d’armes chimiques, la solution semblait toute trouvée : Israël testait des gaz chimiques sur la population palestinienne en toute impunité.
Nous savons aussi que l’armée israélienne utilise ponctuellement des gaz qui auraient des effets sur le système nerveux pour les personnes qui les inhalent. Accusation sur laquelle s’était fondé un journaliste de France culture pour mener une enquête dans la Bande de Gaza. Nous avions déjà, lors d’un voyage en Palestine été confrontés à ce genre de gaz qui pue comme des œufs brouillés et est d’une couleur jaunâtre très bizarre. Ce ne sont certainement pas des gaz lacrymaux. Les femmes nous disaient que ce gaz faisait avorter les femmes enceintes et était responsable de l’étouffement des personnes âgées ou de ceux qui avaient des problèmes respiratoires.

*L’ASSASSINAT CIBLE DES DIRIGEANTS PALESTINIENS.

Israël est devenu le champion de l’assassinat ciblé des dirigeants palestiniens, y compris lorsqu’ils sont infirmes comme Cheikh Yassine, soit par des missiles envoyés dans leur bureau, soit en les massacrant dans leur voiture ou dans la rue. Les élus du peuple sont également enlevés et jetés en prison.

LE MUR DE L’APARTHEID.

Et pendant ce temps, la construction du Mur de la honte avance au vu et au su du monde entier, la colonisation de la Cisjordanie se poursuit, les check points prolifèrent et … le bourreau sioniste continue impunément à jouer les victimes, à traiter tous ceux qui dénoncent ce génocide du XXIème siècle d’antisémites, avec la complicité active de la
« Communauté internationale », en premier lieu USA et Union européenne.
Ce mur qui isole la Cisjordanie de sa capitale Jérusalem, qui empêche un développement harmonieux en étouffant l’agriculture et en torturant moralement les populations colonisées, ressemble étrangement au « Mur de Berlin » qui a cassé l’Europe en deux pendant toute la durée de la guerre froide.

* HEBRON /KHALIL SYMBOLE DE L’APARTHEID.

Les terrasses des immeubles israéliens construits au cœur du souk sont occupées par des miradors protégés par des sacs de sable renforçant le dispositif dit « de protection », déjà impressionnant, par les grillages et fils de fer barbelés qui entourent la colonie.
Pour se protéger des bouteilles d’alcool, des jets de pierres, des ordures, des papiers balancés sur eux à longueur de journée, les habitants palestiniens ont dû tendre à l’horizontale des filets de protection, dans les rues où les maisons des colons jouxtent le marché.
Mais c’est plus loin, là où de gros blocs de pierre obstruent la rue, que passe la vraie frontière, celle marquant l’entrée d’Hébron, sous contrôle palestinien Au croisement d’une autre rue, séparant le quartier colon de l’ancien marché aux légumes, un groupe de jeunes colons joue au ballon pendant qu’une de leurs fillettes lance des pierres vers un petit groupe de femmes palestiniennes qui traversent.

Nos amis palestiniens n’arrivent plus à supporter cette vie faite de bombardements et de couvre-feux. D’ailleurs tous ceux qui les rencontrent sont en admiration devant leur patience. Les enfants ne dorment plus et font des cauchemars. Pour ceux qui ont encore un travail et qui font chaque jour le trajet Hébron-Jérusalem, se déplacer est devenu un véritable calvaire.

Hébron est un brutal condensé de ce qui se passe ailleurs dans les Territoires occupés. Quelques cinq cents colons vivent au cœur d’une ville peuplée de cent vingt mille Palestiniens, sous la haute protection de l’armée israélienne, à proximité du Caveau des Patriarches, lieu saint pour les Juifs et les Musulmans. Des soldats israéliens en barrent l’accès en permanence, alors qu’ils ont tranquillement laissés assassiner 29 Palestiniens qui priaient dans la mosquée par le sinistre Barud Goldstein.

Hébron est la seule grande ville de Cisjordanie occupée en 1967 où l’armée israélienne est toujours présente. Elle est la seule – si l’on exclut Jérusalem-Est – au cœur de laquelle sont installés des colons fanatiques.

Les habitants de la zone H2, zone où vivent les Palestiniens sont sous couvre-feu quasi permanent. Les colons, eux, en sont dispensés !
Les voitures palestiniennes, dont les ambulances, ne peuvent circuler dans la zone H2. Les Palestiniens malades ou blessés, doivent être portés à bout de bras vers la zone (H1) contrôlée par l’Autorité palestinienne, pour être évacués en ambulance. Une jeune femme, atteinte de crise aiguë d’appendicite a été transportée dans une benne à ordures, les soldats israéliens empêchant tout véhicule d’entrer dans la zone.

*LA JUDAÏSATION PROGRAMMEE D’AL QODS / JERUSALEM.

En annexant la ville d’Al-Qods (Jérusalem), en juin 1967, les mesures de colonisation et de destruction qui ont suivi l’occupation de la partie orientale d’Al-Qods furent nombreuses et continuent toujours. Un ensemble d’actes illégaux, visant à réduire la population palestinienne, à favoriser l’implantation des colonies juives à l’intérieur même des quartiers arabes, à réduire la fréquentation des lieux saints palestiniens, chrétiens ou musulmans, à étouffer l’économie palestinienne, à contrecarrer les efforts palestiniens pour l’éducation, la santé et le développement humain d’une manière générale, furent instaurés. Leurs maisons sont régulièrement détruites, des Palestiniens originaires de la ville sont refoulés et leurs papiers d’identité confisqués sous les prétextes les plus divers. Des lieux publics comme les bibliothèques sont transformés en casernes. Les marchés de la ville sont envahis par les produits israéliens, les terres et les propriétés palestiniennes sont volées par des moyens mafieux et détournés. Les centres sociaux et éducatifs sont fermés et saccagés.

L’annexion de la partie orientale de Jérusalem a permis aux autorités de l’occupation de morceler encore une fois le peuple palestinien au niveau de son rattachement administratif. Pour l’Etat sioniste, les Palestiniens de l’Est de Jérusalem ont un statut différent de celui des Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais aussi de celui des territoires occupés en 48, y compris la partie occidentale de Jérusalem. Ce statut administratif différent leur a servi pour réprimer tous ceux qui ont participé aux élections législatives de l’Autorité palestinienne et pour nier le caractère palestinien et arabe de la ville.

* LES REFUGIES PALESTINIENS ET LE DROIT AU RETOUR.

La résolution 194 adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948 spécifie dans son paragraphe 11 : « Il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins, que des indemnités doivent être payées au titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers ou pour tout bien perdu et endommagé ».
Cette résolution pourtant acceptée par Israël pour pouvoir accéder à l’ONU n’a jamais été appliquée. Encore aujourd’hui, après 55 ans d’errances des réfugiés et plusieurs guerres subies, l’Etat juif refuse toujours d’en discuter.
Actuellement, selon l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) organisation crée en 1949, les réfugiés Palestiniens et leurs descendants, sont au nombre, de l’ordre de trois millions et demi de personnes dont 30 % vivent dans des camps. Le sort de ces réfugiés constitue depuis plus d’un demi-siècle le plus grand problème humanitaire jamais résolu, la honte des Nations Unies et de la Communauté internationale et surtout un problème de sécurité majeure, ayant eu des répercussions régionales énormes et jouant un rôle central pour la paix dans le Moyen-Orient. Ce problème s’est encore accentué depuis la colonisation de l’Irak, vu que les Palestiniens qui s’étaient intégrés dans la population irakienne ont été ramenés dans des camps et revivent dans le plus complet dénuement.

* LE DROIT AU RETOUR DES DEPORTES TOUJOURS DENIGRE.

Le peuple palestinien devrait, comme tous les peuples du monde profiter du droit au retour, comme l’affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, dans son article 13 : «Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ». Ce droit a été confirmé par les Conventions de Genève de 1949, relatives à la protection des populations en temps de guerre, garantissant le rapatriement des victimes, ainsi que par la Commission des droits de l’homme de l’ONU, dans sa résolution 188 affirmant que nul ne peut être privé de sa nationalité.
La dépossession de la terre et l’exil des réfugiés palestiniens, ceux de la guerre de 1948 ou de celle de 1967, reste encore aujourd’hui au cœur de la paix du Moyen-Orient.

– LES REFUGIES DE 1948.

Au moment de la création de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948, près de 400 villages ancestraux palestiniens furent détruits et plus de 800 000 Palestiniens ont été contraints à l’exil, fuyant vers la Cisjordanie, la bande de Gaza ou les pays arabes limitrophes. Cette catastrophe (La Nakba) s’accompagnera de la spoliation des terres. Cela fait maintenant 59 ans qu’ils attendent le retour, vivant toujours dans des camps et gardant précieusement attachée autour du cou la clef de leur maison, ainsi que dans de vieilles malles, les titres jaunis de propriété de l’habitation dont ils ont été expulsés.
D’après de nombreuses études, dont celle d’Elias Sambar (Les Palestiniens dans le siècle, 1994), à ce moment, il ne restait plus que 150 000 habitants sur une population initiale qui comptait 1 400 000 Palestiniens.

– LES REFUGIES DE 1967.

Moins de vingt ans plus tard, le drame s’est reproduit presque de façon similaire. En quelques jours 100 000 réfugiés de 48, ainsi que 200 000 Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza conquises par Israël trouvent refuge dans les pays arabes. L’Etat juif met en place un grand nombre de règlements militaires interdisant le retour et lui permettant de récupérer de nouvelles terres à coloniser.

– LES LIEUX D’ACCUEIL.

Les Palestiniens, au moment de leur exode, se sont dirigés vers les localités les plus proches de leurs villages d’origine, ou vers les endroits où ils avaient des connaissances et des parents.
C’est la Jordanie qui a vu arriver le plus grand nombre de ces réfugiés. Près de 500 000 au moment de la Nakba. La Syrie et le Liban en accueillirent chacun environ 100 000. L’Irak, environ 5 000.
Ces Palestiniens sont souvent issus des mêmes villages et ont gardé tout au long de l’exil, la mémoire de leurs maisons, de leurs champs, qu’ils ont transmis à travers les générations. Les femmes ont continué à broder sur les robes traditionnelles le symbole des lieux détruits.
Au Liban, environ 400 000 réfugiés, dont une grande partie dans les camps attendent eux aussi de pouvoir rentrer chez eux. La Syrie en héberge autant dans une dizaine de camps. Il faudra bien trouver une solution pour leur retour.
L’illogisme serait de croire que ces pays puissent continuer à supporter le drame des Réfugiés palestiniens orchestré par un Etat qui veut uniquement rester juif et refuse de ce fait que ces pauvres gens puissent réintégrer leurs maisons.

– LES RÉFUGIÉS PALESTINIENS DOIVENT RETOURNER A L’ENDROIT D’OU ILS ONT ETE CHASSES.

Israël s’est doté de beaucoup de lois pour empêcher le retour des Palestiniens et pour rendre définitive leur expropriation. La loi sur le retour datant de 1950 permet à tout juif d’acquérir automatiquement la nationalité israélienne, alors qu’un Palestinien ne peut même pas fouler la terre de ses ancêtres. Une loi sur la propriété des absents permet à Israël de prendre la propriété ou la terre de tout Palestinien absent (souvent réfugié et interdit de retour).

* LE DESARMEMENT ATOMIQUE D’ISRAËL DEVIENT URGENT.

N’oublions pas qu’Israël possède des armes de destruction massive qui prennent en otage tous les peuples de la région. L’armement nucléaire israélien a été dénoncé dès 1986 par l’ingénieur israélien Mordache Vanunu, dans le « Sunday Times » des 5 et 12 octobre 1986. Il a croupi en prison et au secret durant dix-huit ans et, libéré, il est toujours en résidence surveillée. C’est dans le complexe nucléaire de Dimona, selon, Vanunu, planqué dans le désert du Neguev, ayant plusieurs étages souterrains qu’Israël a produit une centaine d’ogives nucléaires. Depuis, le nombre de ces ogives a de toute évidence triplé. Personne, ni dans la région, ni parmi les « pays qui veulent donner des leçons au peuple iranien et à son président, après avoir programmé la destruction de l’Irak », ne s’en est inquiété. Le silence officiel, la protection des autres puissances nucléaires, de l’AIEA, de l’ONU, de toutes les Instances Officielles Internationales est total. Le barrage des informations reste à ce jour total et consensuel.
L’usine est cachée dans le désert et produit des ogives nucléaires depuis 1966. Entre-temps, elle a certainement, d’après certains articles échappés dans une certaine presse israélienne ou US, fabriqué des armes thermonucléaires d’une capacité suffisante pour détruire des villes entières et empêche de ce fait un développement harmonieux et durable du Moyen-Orient.

Ginette Hess Skandrani, Juillet 2007.

Annexe :

1 – Article 211-1 du code pénal français, relatif au crime de génocide.

2 – Convention du 9 décembre 1948, de l’ONU, pour la prévention et la répression du génocide.

3 – Résolutions de l’ONU (organisation des nations unies) et de l’OUA (organisation de l’Unité Africaine), relatives au sionisme et à l’Etat d’Israël.

4 – Exposé historique sur la résistance des palestiniens.

5 – Comité sur la génocide de Palestine :
Objet du Comité, et contacts.

1 – Code pénal français, article 211-1 :

« Constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critères arbitraires, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants :
– atteinte volontaire à la vie ;
– atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique ;
– soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe ;
– mesures visant à entraver les naissances ;
– transfert forcé d’enfants.

Le génocide est puni de la réclusion criminelle à perpétuité. »

2 – Convention de l’ONU du 9 décembre 1948, pour la prévention et la répression du crime de génocide (Extraits) :

Article II
Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants d’un groupe à un autre.

Article III
Seront punis les actes suivants :
a) Le génocide ; b) L’entente en vue de commettre le génocide ; c) L’incitation directe et publique à commettre le génocide ;
d) La tentative de génocide ; e) La complicité de génocide.

Article IV
Les personnes ayant commis le génocide ou l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III seront punies, qu’elles soient des gouvernants, des fonctionnaires ou des particuliers.

3 – Résolutions de l’ONU (organisation des nations unies) et de l’OUA (organisation de l’Unité Africaine), relatives au sionisme et à l’Etat d’Israël.

La résolution de l’ONU n° 3379 du 10 novembre 1975 assimile le sionisme à « une forme de racisme et de discrimination raciale »

La résolution de l’ONU n° 3151 en 1973 condamne « l’alliance impie entre le fascisme sud-africain et l’impérialisme israélien »

La résolution de l’ONU n° 3324 en 1974 « condamne le renforcement des relations politiques, économiques, militaires et autres » entre Israël et l’Afrique du Sud.

La résolution de l’OUA n° 77 adoptée en 1975 énonce que : « Le régime raciste en Palestine et les régimes racistes au Zimbabwé et en Afrique du sud ont une même origine impérialiste, possèdent les mêmes structures racistes, et sont liés organiquement dans une politique commune d’atteinte délibérée à la dignité et à l’intégrité de la personne humaine »

Nota :

Il est à relever que les régimes sud-africain et rhodésien (Zimbabwé), ont terminé dans les poubelles de l’histoire, et que le régime sud-africain, qui est considéré comme similaire au régime israélien, est qualifié de fascisme.

4 – Exposé historique sur la résistance des palestiniens.

5 – Comité sur le génocide de Palestine.

Objet du Comité :

L’objet du Comité sur le génocide de Palestine est la reconnaissance publique de ce génocide, car seule cette reconnaissance publique permettra la survie du peuple de Palestine.

Liste de contacts

Ginette HESS SKANDRANI :

Téléphone : 06 24 55 14 53

E-mail griianala@yahoo.fr

Michel DAKAR :

E-mail : dakarmichel @ yahoo.fr