Présence du CNS-Syrie enTunisie, entre traîtrise et servitude par Fatma BEN MOSBAH

http://libnanews.com/2011/12/17/presence-du-cns-entunisie-entre-traitrise-et-servitude/
LIBNANEWS
Le Media citoyen du Liban
Samedi, décembre 17th, 2011
Présence du CNS enTunisie, entre traîtrise et servitude
Publier 30
On se souvient que lors de sa visite à Washington, Rached Ghannouchi avait déclaré qu’à son retour à Tunis, il allait à s’atteler à unir toute l’opposition syrienne sous l’unique bannière du Conseil «national» syrien créée en octobre 2011 et qu’il allait inviter son Président Borhane Ghalioun.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Non seulement Borhane Ghalioun a répondu présent à l’appel, mais il vient accompagné de 200 personnes, opposants de l’extérieur, pour tenir le 1er Congrès du CNS du 16 au 18 décembre 2011.
Un nationalisme très international
Selon certaines sources qui ne veulent pas que du bien à notre Cheikh, la décision aurait été prise cet été, lors de l’une de ses visites secrètes à Qatar, où il aurait rencontré Ali Sadreddine El Bayanouni, ancien chef des Frères musulmans syriens venu probablement lui aussi percevoir ses honoraires pour son engagement qatari-turco-atlantiste. A la création du CNS à Istambul, El Bayanouni, a appelé l’administration américaine à appuyer le soulèvement populaire en Syrie, estimant qu’elle devait « réaliser enfin que son intérêt est d’appuyer le peuple et non ce régime qui est fini ». Non seulement le régime syrien n’en finit pas de tomber depuis maintenant près de neuf mois mais il semble encore très soutenu par son peuple et c’est là une subtilité qui semble avoir échappé aux dirigeants tunisiens qui ne voit que ce l’Occident leur offre à regarder.
Mais qui est donc de Conseil « national » syrien que la Tunisie post-révolution a été l’un des premiers pays à reconnaître officiellement comme seul interlocuteur et représentant du peuple syrien. Il est à noter que la France, et avec elle une grande partie de la communauté internationale, n’a pas encore reconnu selon les déclarations de M. .Alain Juppé, en visite en Libye. « Le CNS n’est pas encore suffisamment organisé, pas suffisamment représentatif des différentes sensibilités syriennes », a-t-il aussi jugé, mais « dès que les conditions seront réunies, nous serons disposés à le reconnaître plus officiellement ». C’est à notre Cheikh qu’est incombé le rôle de le faire.
Selon son Président, M. Borhane Ghalioune, le CNS représenterait plus de 80% de la population syrienne. Allégations fondées ou simples élucubrations d’esprit ? La réponse est apportée par Haythem Manai, opposant syrien et président de la Commission Arabe des Droits de l’Homme (CADH), lors d’un entretien accordé à la chaine Al-Alam, dans lequel il affirme qu’aucune force politique de l’opposition intérieure ou extérieure, ni aucun mouvement de jeunes révolutionnaires n’a mandaté le CNS pour le représenter. Toujours selon Haythem Manai, personnage très peu susceptible de sympathie pour le régime d’El Assad, lors d’une rencontre antérieure de l’opposition syrienne organisée par Azmi Béchara, intellectuel palestinien vivant au Qatar, et comprenant 25 dirigeants, seuls 3 s’étaient prononcés pour un CNS, dont son président actuel Bourhane Ghalioune. « Pendant un mois et demi, nous avons vécu des tentatives claires pour intégrer le vocabulaire libyen dans la révolution syrienne. Ceux qui ont fait ceci sont un groupe de professionnels, qui n’appartiennent pas à des forces politiques connues, et qui se présentent comme « des indépendants » ou comme « le courant islamique indépendant ». Et Manai de déplorer que « bien que la représentation des Frères Musulmans ne dépasse les 10% dans la société syrienne, 60% des membres du CNS sont issus de la Confrérie ». On comprend l’intérêt et la compassion que leur porte Rached Ghannouchi.
Outre les hommes d’affaires syriens, les soutiens financiers du CNS ne sont autres que la fondation américaine Avaaz,(qui, sous couvert de pétitions contre l’ordre mondial établi travaille pour l’expansion de l’Impérialisme) ainsi que l’Endowment For Democracy, (très souvent accusé de poursuivre par des moyens légaux, les actions secrètes de la CIA en soutenant certains partis politiques et en s’immiscant dans les politiques des pays étrangers) et la Ford Fondation,(dont les objectifs avoués ne sont rien d’autre que la défense des intérêts stratégiques des États-Unis) et dans laquelle travaille depuis une dizaine d’années la porte-parole du CNS, Bassma Kadamani. Il va de soi qu’au premier rang du palmarès de ces généreux bailleurs de fonds, on retrouve les pays du Golfe, avec en chef de file le Qatar et l’Arabie Séoudite.
Il n’y a donc rien d’étonnant d’apprendre que dans une interview publiée par le Wall Street Journal début décembre Borhane Ghalioune, a déclaré que la nouvelle Syrie dirigée par le CNS romprait ses relations avec l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, (comme par hasard des ennemis jurés d’Israël) et qu’elle entreprendrait de recouvrer le Golan (occupé par les sionistes en juin 1967) par voie de négociations plutôt que « par un conflit armé ou par procuration ». En d’autres termes, tous ces mois de révolte et tout ce sang versé autant de la part des révolutionnaires que des partisans et de l’armée n’auront servi qu’à une seule chose, la normalisation des relations avec Israël. Le CNS aura au moins à son actif de nous conforter dans nos convictions qu’on ne peut pas être ami avec les Etats-Unis sans être ami avec Israël. Cela vaut pour Rached Gannouchi, qui offre la révolution tunisienne (une révolution faite sans lui) aux Palestiniens mais qui va rassurer les Israéliens à travers ses conférences dans les annexes de l’AIPAC. Comme l’a si bien dit M. Poutine, les Etats-Unis ne veulent pas de collaborateurs mais des serviteurs.
Révolution syrienne ou guerre contre la Syrie ?
Le régime syrien est l’un des plus policiers et des plus répressifs au monde, cela tout le monde en convient. Que le peuple syrien ait droit à la liberté et à la démocratie, personne ne s’y oppose. Que comme tout autre peuple son honneur et da dignité ne peuvent être bafoués par les subalternes mafieux du régime, ceci ne fait aucun doute. « http://libnanews.com/2011/02/21/syrie-le-vent-de-la-revolte-arabe-franchira-t-il-les-portes-de-damas/ »
Mais est-ce réellement le bien être de la population syrienne qui est derrière tout ce vacarme fait par les médias occidentaux et leurs auxiliaires arabes ? Combien de guerres contre les pays arabes ou musulmans a mené l’Occident avec l’aide de ses suppôts arabes et qui sous couvert d’humanitaire, se sont avérées des invasions dans le seul but est de mieux asservir les régimes et les peuples ?
Après huit années d’occupation irakienne, l’armée américaine rentre chez elle la tête basse comme elle l’a fait au Vietnam. Le peuple irakien a obligé son gouvernement à refuser toute concession (ni équipes au sol, ni liberté de survoler le ciel, ni immunité pour les membres de l’ambassade, ni droit de regard sur les exportations pétrolières…). Essuyer une telle humiliation sans se venger n’est pas dans la culture de l’Oncle Sam. Tous les pays arabes se sont pliés aux exigences de leur souverain américain sauf un, et ce Un est la Syrie. Aujourd’hui, elle doit servir d’exutoire à la vanité occidentale. Dès 2003, Colin Powell avait prévenu le régime syrien qu’il paierait très cher son refus d’obtempérer à sa demande de quitter l’axe Iran-Hezbollah-Hamas et d’entrer dans le cercle des pays arabes modérés. A l’époque, il désignait par « modérés », les dictateurs mafieux que son gouvernement a laissé tomber comme des kleenex pour les remplacer par des brebis encore plus galeuses que sont ces Frères Musulmans en passe de prendre la direction de tous les pays arabes avec l’appui de leur mentor turc avait le même but de veiller à la sécurité d’Israël. Comme on témoigne la lettre ouverte de Khaled Meshaal à Kardhaoui, seule la Syrie n’a jamais laissé tomber les Palestiniens.
http://notre-tunisie14.blogspot.com/2011/12/blog-post_9551.html
Il est déplorable et même douloureux qu’à la veille de l’anniversaire de la première révolution mondiale du XXIème siècle, révolution de la dignité et la liberté, le gouvernement tunisien reçoive sur son sol des « opposants » qui appellent les armées étrangères à venir envahir leur pays pour les débarrasser d’un tyran.
Pour finir, terminons sur un texte de Djamel LABIDi qui décrit bien qui sont ces opposants :
« A tous les opposants des pays arabes qui appellent aux interventions occidentales pour les « PROTEGER » – Tout petit, mon père m’avait raconté cette histoire: C’était pendant la période coloniale. Clemenceau, le président du Conseil français, visitait l’Algérie et était arrivé à la porte d’une ville. Un bachagha algérien, l’accueillant, lui dit: «C’est mon père qui a ouvert cette ville à la France». Et Clemenceau de lui répondre: «Monsieur, chez nous, on appelle cela un traître.» Djamel Labidi, Le Quotidien d’Oran, 24 mars 2011
Fatma BEN MOSBAH
http://taamul.net

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