La guerre secrète de la France contre le peuple syrien

La guerre secrète de la France contre le peuple syrien

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 22 février 2012
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Lors de la prise du bastion insurgé dans le quartier de Bab Amr, à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1 500 prisonniers, dont une majorité d’étrangers. Parmi ceux-ci, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonnier de guerre en déclinant leur identité, leur grade et leur unité d’affectation. L’un d’entre eux est colonel du service de transmission de la DGSE.

En armant la Légion wahhabite et en lui fournissant des renseignements satellitaires, la France a conduit une guerre secrète contre l’armée syrienne, qui a fait plus de 3 000 morts dans les rangs, et plus de 1 500 morts parmi les civils, en dix mois de combats.

Ces informations ont été partiellement dévoilées par Thierry Meyssan lors d’une intervention sur la première chaîne de télévision russe, le lundi 13 février 2012 ; puis dans un article publié le mardi 14 par Komsomolskaïa Pravda ; enfin dans une vidéo de Voltaire Network TV.

La France a sollicité l’aide de la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie la libération des prisonniers de guerre.

Le Réseau Voltaire n’a pas trouvé d’éléments permettant de confirmer les imputations selon lesquelles 120 Français auraient été faits prisonniers à Zabadani. Cette rumeur semble être une exagération de nos informations et paraît sans fondement.

Par ailleurs, le Réseau Voltaire s’interroge sur les articles d’envoyés spéciaux à Homs parus ces derniers jours dans des quotidiens français : une semaine après la reprise en main du quartier insurgé, et alors que ne subsistent que des combats urbains de faible intensité, ces reporters persistent à décrire une fiction de révolution, masquant la vérité à leurs lecteurs, laissant ainsi à Alain Juppé la possibilité de négocier en secret la restitution des prisonniers de guerre.

Le 17 février, Nicolas Sarkozy et David Cameron signaient une déclaration commune. On peut y lire : « La France et le Royaume-Uni soulignent que les personnes responsables des violences dans toute la Syrie ne doivent pas douter que le jour viendra où elles devront répondre de leurs actes. La France et le Royaume-Uni réaffirment leur détermination à faire en sorte que des éléments de preuve concernant les crimes soient dûment recueillis afin que les personnes qui ont ordonné ou commis des atrocités puissent rendre des comptes. »

En l’absence d’obligation par des traités pertinents, la guerre secrète conduite par le président Sarkozy et son gouvernement est un acte sans précédent sous la Ve République. Elle viole l’article 35 de la Constitution et constitue un crime passible de la Haute Cour (article 68).

La Charia source de la législation ? par Prof. Ali Mezghani

La Charia source de la législation ?
Signification et portée.
par
Ali Mezghani
Professeur de droit

Les Tunisiens se sont-ils libérés d’une peur pour en ressentir une autre ? Crainte persistante et intense sur leur devenir immédiat, sur la préservation d’un mode de vie qui fait leur originalité. C’est cette peur qui conduit les nouveaux dirigeants du pays à tenter de les rassurer. C’est un paradoxe de la vie politique que les vainqueurs des élections se sentent dans l’obligation de donner des gages quant à leurs intentions. Et, s’il en est ainsi c’est bien parce que celles-ci ne sont pas de nature à apaiser l’inquiétude que ressentent les Tunisiens. Un discours fait de déclarations générales et imprécises peut-il rassurer ? Le peut-il alors qu’un contre discours explicite parfois, implicite plus souvent mais sans équivoque, vient introduire le doute ?

Les hérauts peuvent inquiéter lorsqu’ils évoquent les signes divins qui annonceraient l’ère d’un sixième Califat. A l’évidence ce sont ces signes qui conduisent au pouvoir les vicaires de Dieu et non le peuple. Les élections elles-mêmes ne seraient qu’un de Ses signes. Comment ne pas craindre pour les libertés et l’intégrité physique des citoyens lorsque, stigmatisant les sans-emplois, les démunis, les travailleurs protestataires, un membre de l’assemblée constituante évoque à leur propos les sanctions corporelles de crucifixion, d’amputation des mains et des pieds en diagonale, de bannissement ? Il est vrai, précise-t-il ultérieurement, que ceux qui, sans qualité, occupent l’université pour faire valoir le port au niqad ne sont pas astreints à de telles rigueurs. Ceux-là, en effet, ne combattent pas Dieu mais tentent de réaliser ses desseins, plus exactement ceux que des hommes, minoritaires dans l’orthodoxie, lui ont attribués. Il est ainsi fait abstraction du droit tunisien qui a banni depuis fort longtemps de telles sanctions. Mais là aussi ce sont les hérauts annonciateurs d’un ordre ancien, mais qui se veut nouveau, qui parlent. Il y a des mots qui sont distillés : Une caisse de zakat est évoquée sans que l’on sache s’il s’agira d’un impôt obligatoire ou d’une contribution de solidarité volontaire. Le waqf (ou habous, biens de mainsmortes) est aussi annoncé sans que l’on sache si seul est visé le waqf public affecté à l’entretien d’une œuvre d’intérêt social (une mosquée, une école, un hôpital), à l’exclusion du waqf privé dont seuls les descendants de sexe masculin sont en général les bénéficiaires. Tout ceci ne compte point, de même que ne sont pas prises en considération les conséquences économiques d’une institution, qui est l’œuvre des fuqaha, dont l’effet était la dégradation matérielle et la dévaluation économique d’un bien, exclu des échanges marchands, figé à perpétuité. L’essentiel est de remplir l’horizon mental des Tunisiens de catégories anciennes et de les y habituer. Il est de réveiller dans l’imaginaire et l’inconscient collectifs la nostalgie du passé. Restaurer le passé, tel est le projet, puisque les habous ont été dissous en Tunisie en 1957. Comment être rassurés alors qu’avec la bénédiction de ceux qui nous gouvernent, des prédicateurs d’un autre âge viennent, sur nos terres, tenter d’introduire dans un pays qui l’ignore, la pratique barbare de l’excision des jeunes filles, diviser le peuple en croyants et incroyants, jeter l’anathème sur la démocratie et excommunier les démocrates, appeler à la violence et, sans vergogne, s’attaquer, à travers son drapeau, à la Nation?

La Tunisie est une Nation bien singulière : ni d’Orient ni d’Occident, ou plus exactement appartenant autant à l’un comme à l’autre, avait soutenu Mahjoub Ben Miled, il y a plus de cinquante ans. Sans se renier elle a épousé son temps. Refusant de rester prisonnière d’un passé révolu, elle s’est modernisée. Privée de vie démocratique, elle n’en a pas moins réalisé certains de ses pré-requis. Car la démocratie n’est pas seulement un système politique, une procédure de sélection des dirigeants, elle est aussi un état social. En même temps que l’instauration d’un système politique démocratique, c’est à la préservation et au renforcement de ce qu’il est convenu d’appeler « les acquis de la Tunisie moderne », qui sont bien réels, que la révolution doit naturellement conduire. La peur est une émotion qui peut aussi réveiller l’instinct de survie.

C’est par la loi et notamment par le Code du Statut Personnel que la société tunisienne s’est libérée. C’est autour de la loi que se joue aujourd’hui son devenir. Si la loi fut libératrice, ne risque-t-elle pas de devenir liberticide ? Invoquer la loi c’est convoquer l’Etat et ses prérogatives juridiques, législatrices notamment. C’est aussi soulever la question du politique et de la souveraineté populaire. Or il se trouve que les islamistes investissent le politique pour tuer le politique en le chargeant de théologie. Ils investissent l’Etat pour faire obstacle à la construction de l’Etat de droit en le soumettant à une Loi déjà faite et en le mettant à son service. Ce faisant ils vident de sa substance la souveraineté populaire et dépossèdent les citoyens de leur pouvoir de faire leur loi. Lorsque la ministre de la femme tient le mariage orf (coutumier) qui ne nécessite pas l’intervention d’un officier public, pour l’exercice d’une liberté, le sens de l’Etat, en prend un coup, la loi est violée, et la notion de liberté est pervertie. Le registre de l’état civil n’est pas un caprice de l’Etat moderne, il est une de ses exigences, indispensable à son organisation. C’est pour répondre à besoin d’ordre et de protection des deux époux que l’intervention d’un officier ministériel lors de la célébration du mariage, est requise. Madame la ministre ignore que c’est parce que le recours à la forme traditionnelle du mariage avait été utilisée pour contourner l’interdiction de la polygamie qu’elle a été interdit et incriminée. Par sa déclaration intempestive Madame la ministre n’en appelle pas moins à la violation d’une loi pénale. Il est vrai que même lors de ses multiples mises au point, il apparaît clairement qu’elle n’en a cure, puisque c’est en référence au char‘ et à la religion (dîn) qu’elle prend position. En invoquant les libertés individuelles, elle fait montre de confusions puisqu’elle tient la liberté pour de la licence et le laisser faire. Elle aura réussi sur un point puisqu’elle prétend avoir voulu tester les réactions de l’opinion. Si elle a été servie, cela en dit long sur son sens des responsabilités.

Pour réaliser leur projet, les islamistes tunisiens ont la lourde tâche de devoir, d’abord, défaire l’œuvre de l’Etat moderne et ses lois. Malgré les promesses, ils ne peuvent avoir de la religion qu’une conception légale. Elle est à leurs yeux à la fois aqida et charia, foi et Loi, l’une n’allant pas sans l’autre, l’une se confondant avec l’autre. Comment alors prétendre qu’il ne s’agit point de théocratie ? Leur horizon est naturellement le passé. Lorsqu’ils annoncent de revenir sur l’adoption pour l’interdire c’est pour se conformer à une norme déjà donnée, sans se préoccuper de son efficacité sociale, sans voir les avantages comparatifs qui militent sans conteste en sa faveur: offrir à un enfant abandonné et sans filiation la chaleur d’un foyer, et l’amour de ses parents. Ainsi, ils anticipent sur le contenu de la future constitution, c’est-à-dire sur la volonté du peuple. La charia est déjà en œuvre dans leur démarche. Plus encore, ils ne tiennent pas parole, car si la loi qui organise l’adoption n’est pas intégrée au CSP, ils savent pertinemment que c’est dans sa logique qu’elle a été édictée. Ils savent qu’elle n’en est pas séparable, puisqu’elle participe de sa philosophie.

L’heure de la rédaction de la nouvelle constitution ayant sonné, ils ne respectent pas plus la parole donnée. Texte fondamental, la constitution est au fondement de la vie commune, et de l’organisation des pouvoirs publics. Démocratique elle ne reconnaît d’autres souverains que la Nation, et préserve toutes les libertés qui doivent être reconnues à des citoyens égaux. Dans ce cas elle unie le peuple sans méconnaître ses diversités. Lorsqu’elle est au service d’une idéologie, elle est particulière à un groupe. Elle divise le peuple et le dépouille de sa souveraineté. La question est d’autant plus légitime qu’est à l’ordre du jour l’insertion dans la nouvelle constitution d’un article aux termes duquel la charia est une des principales sources de la législation (a-charia masdarun assassiyun min masâdir a-tachri‘). Si la proposition était retenue, ce serait une première dans l’histoire constitutionnelle de la Tunisie, la plus ancienne du monde arabe. Elle l’alignerait sur les pays arabes du Moyen – Orient, Bahreïn et l’Égypte en particulier. Dans le même temps elle l’éloignerait de l’Algérie et du Maroc dont les constitutions ne prévoient rien de comparable. Ce serait, dans tous les cas, une régression pour un pays qui était jusque là à la tête du mouvement de réforme et de modernisation politique et sociale.

Pour autant la disposition n’est pas sans signification. Elle ne se comprend que dans la mesure elle montre que le simple fait de dire que l’islam est la religion de l’Etat n’implique nullement que la législation doit être conforme à ses prescriptions. Rétrospectivement, un démenti formel est apporté à certaines interprétations soutenues pendant de longues années sous l’empire de l’ancien article 1er de la constitution de 1959, prétendant qu’il subordonne la loi étatique au fiqh. Le fait pour un Etat d’avoir une religion officielle est donc sans incidence sur l’étendue de sa liberté législatrice. Il y a bien une différence entre religion et droit, entre foi et loi. Dont acte !

Il faut interroger la proposition dans sa mise en œuvre pour en entrevoir la porté réelle. L’ambiguïté peut alors s’ajouter à l’incertitude. Que faut-il entendre par charia? quelle place elle occupera dans la théorie des sources, et quel effet elle produira sur la fonction législatrice de la Nation ?

C’est à dessein que le terme charia n’est pas défini. Sa signification n’est cependant pas évidente. Dépassant son sens étymologique de voie ou de chemin, les auteurs classiques l’ont différemment comprise, loi pour certains, religion (dîn) pour d’autres, Parce qu’on ne peut refaire l’histoire, la charia s’est au fil des siècles remplie de normativité. Système global plus large que le droit, rien n’échappe à son emprise. Nous admettrons qu’en se rapportant aux source de la législation, la formule retenue en limite le domaine aux seules questions d’ordre juridique. Sauf si dorénavant la morale et les mœurs seront aussi l’objet de réglementation. Mais une telle limite ne dit rien sur ses règles ni sur leur contenu ou sur le procédé de leur reconnaissance. La réponse peut bien être implicite quoique aux yeux de certains sans équivoque. Il s’agira alors de se référer au système tel qu’il fut stabilisé au tournant du XIème siècle, soit au moment où se ferme la porte de l’ijthâd. Au nom de la fidélité aux ancêtres, l’ère de l’imitation est ainsi appelée à se prolonger. L’interprétation des versets coraniques qui a été ainsi donnée par les théologiens et jurisconsultes des siècles passés est la seule interprétation valide, l’ijtihâd leur étant exclusivement réservé. Ainsi, par exemple, ne serait pas admise, parce qu’erronée, la justification de la monogamie dégagée du Coran lui-même en raison de l’impossible égalité de traitement des coépouses par le mari. Les tentatives de relecture du corpus par les réformateurs du XIXème et XXème siècles ne seront donc pas à considérer. De même que seront interdits d’innovation les contemporains. Il est vrai qu’ainsi entendue la charia ne peut obéir au principe d’actualité. Il ne serait alors pas possible de reconsidérer sa théorie des sources. En conséquence il ne serait pas possible de redonner effet à la distinction classique entre les hadith récurrents (mutawatîr) et les hadith unipersonnels (ahâd). S’il ne faut retenir que ce que le passé nous a légué, il faudra alors tenir pour obligatoires tous les hadith, quel que soit leur mode de transmission, dès lors qu’ils ont été reçus comme tels par la communauté. Fera ainsi partie de la charia l’ensemble normatif établi par sa source la plus importance à savoir le consensus (ijma‘). Œuvre purement humaine, les règles qu’il a établi devraient-elles continuer à régir les temps présents et à obstruer l’évolution ? Il est en effet utile de rappeler que les règles établies par le consensus de nos ancêtres obligent toutes les générations qui les suivent jusqu’à la fin des temps. Elles sont le seules à ne pas subir l’effet du temps, à ne pouvoir être abrogées. Si le rôle de la doctrine est essentiel dans l’élaboration du système comment régler les nombreuses divergences qui l’affectent. Faut-il alors à l’instar de la Haute Cour Constitutionnelle d’Egypte, distinguer entre les règles absolues que le temps ne peut affecter et celles qui peuvent, à partir de la construction des fuqaha, faire l’objet de divergences ? Le règlement de toutes ces questions est-il de la compétence des uléma de formation traditionnelle, ou relèvera-t-il de la compétence des autorités étatiques sécularisées? Dans le premier cas la souveraineté populaire est mise à mal puisqu’elle n’a pas le mot de la fin. Dans le second, la disposition pourrait être vidée de son sens.

Au delà de ces interrogations sur la signification précise de la charia, la proposition peut n’avoir aucune utilité. Source matérielle, c’est-à-dire d’inspiration pour le législateur, la charia n’a pas vocation à s’appliquer directement. La médiation de la loi lui est donc nécessaire. Or, si le législateur est souverain, il lui appartient de déterminer librement ses sources d’influence. Mais l’inspiration n’est pas la subordination et n’entraîne aucune obligation de conformité. Elle est, en effet, libératrice de la créativité. Dans l’art de faire la loi le législateur s’instruit des expériences passées, il prend aussi connaissance des solutions étrangères. Dans tous les cas l’acte de légiférer n’est pas réductible à l’acte passif de la copie.

Si la charia n’est qu’une source, fut-elle principale, d’inspiration pour législateur, c’est qu’elle n’est pas seule. L’on est alors en droit de s’interroger sur l’absence de toute référence à d’autres sources susceptibles d’inspirer le législateur. Pourquoi il n’est pas fait mention des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, au respect de l’intégrité physique, à l’égalité entre les sexes, à la non discrimination pour cause d’appartenance confessionnelle, à la liberté de conscience et de pensée ? Leur radicale absence signifie-t-elle, que dans l’esprit de ses rédacteurs la charia n’est pas, dans la disposition, l’une des principales sources de la législation mais la seule? Sans être sûr qu’elle puisse pourvoir à tous les besoins de la vie moderne et à toutes les attentes, il est probable que c’est dans cette signification qu’il faut l’entendre. Si la charia doit coexister avec d’autres sources se pose alors la question de leur coordination et de leur harmonisation. Que faire avec les préceptes qui attentent à l’intégrité physique ou qui contredisent le principe d’égalité et de liberté ? L’horizon idéologique de la proposition devra-t-il conduire naturellement à la prévalence de la charia ?

Dans les faits ce n’est pas ainsi qu’opère un législateur. L’Etat de droit agit par le droit pour répondre à des besoins sociaux et pour préconiser des évolutions. Le droit n’est pas une coquille vide que viendrait remplir des instances sociales, économiques, sociales, ou idéologiques ayant chacune sa propre logique et répondant à des finalités spécifiques. Le droit est précisément cette instance d’arbitrage qui pour ce faire a besoin d’être autonome. C’est pourquoi dans un système démocratique moderne la source première et ultime de la loi est la volonté du peuple souverain. S’il faut donner quelque effet à la disposition proposée, il faut l’entendre dans le sens où la loi se doit d’être conforme à la charia. C’est ainsi qu’à été compris l’article 2 de la constitution égyptienne faisant de la charia la principale source de la législation.

Dans une telle hypothèse la Nation n’est plus souveraine. La loi cesse d’être l’expression de la volonté générale si son contenu est prédéterminé par un ordre qui lui est extérieur, antérieur et supérieur.

Dans son principe même le souverain est celui qui n’est pas soumis. Or, l’obligation de se conformer aux enseignements de la charia, est une limite à la souveraineté qui est ainsi vidée de sa substance, puisque ses prérogatives sont limitées. En effet ce n’est plus au regard de la société que la loi est édictée dès lors que sa validité est tributaire de sa conformité à l’ordre transcendant. La charia n’est alors plus uniquement une source matérielle d’inspiration, elle devient une norme fondamentale à l’aune de laquelle s’apprécie la constitutionalité et donc la validité de la loi. La conformité risque alors de prendre la forme d’une identité ce qui exclurait l’adoption de solutions qui sont seulement différentes. La question est de savoir si cette vérification ne vaut que pour l’avenir ou si elle s’applique aux lois antérieures. La Haute Cour constitutionnelle d’Egypte a sans convaincre limiter les dégâts en invoquant le principe de non rétroactivité. Les lois anciennes ne peuvent donc être remises en cause en vertu de l’article 2. Il y allait en effet de la sécurité nécessaire à tout ordre juridique et à sa stabilité. La solution n’est pas incontestable mais elle a le tout relatif mérite de préserver ce qui a été acquis. Cependant si la solution égyptienne est adoptée c’est toute possibilité d’évolution, qui serait alors proscrite. Le législateur ne pourrait pas même tenter d’améliorer les lois anciennes parce qu’il se soumettrait à l’obligation de conformité. En revanche si malgré sa faiblesse cette voie n’est pas suivie alors il sera possible de remettre en cause les innovations du droit tunisien. Ce qui signifie que la voie sera ouverte à l’abandon des acquis de la Tunisie moderne. Dans tous les cas la solution n’est pas adéquate à un pays qui a besoin de se moderniser. En effet, elle conduira nécessairement à la remise en cause de l’œuvre que les juges ont réalisée dans le sillage du CSP. Libérant le droit étatique de la normativité religieuse ils ont donné sens à l’égalité entre les hommes et les femmes, et ont banni la discrimination en raison de l’appartenance confessionnelle. De la sorte, ils ont non seulement approfondi et renforcé les apports du CSP ; ils ont, en les mettant en œuvre dans le cadre des relations familiales, rendu plus effectifs les droits fondamentaux. A peine entamée, l’œuvre est déjà menacée !

La volonté générale est vide de substance, est inexistante si la loi de l’Etat n’a d’autre fonction que de servir de relais à une norme qui est déjà faite, et qui de surcroît est jugée parfaite non pas tant en raison de contenu qu’en raison de son origine. Plus exactement, son origine est le gage de sa perfection substantielle. Pourtant, cette norme n’est que le fruit d’interprétations et d’élaborations purement humaines et circonstanciées.

Ces préconisations restent, en toute hypothèse, incompatibles avec l’essence même de la démocratie. Car la capacité qui y est reconnue aux citoyens libres et égaux de faire et défaire la loi suppose que son contenu soit indéterminé. Fait social et culturel la loi est une œuvre humaine inscrite dans un certain contexte. En démocratie la perfection de la loi est une quête jamais atteinte. Œuvre humaine elle est toujours imparfaite. C’est pourquoi il est du pouvoir de ceux qui l’ont faite de la défaire. La délibération du peuple est sans signification et est dépourvue d’effectivité si la loi, qui doit être son œuvre, n’est pas le résultat de son choix, toujours renouvelé, et n’est pas l’expression de ses décisions toujours actualisées. C’est aussi cela, c’est-à-dire cette remise en cause permanente, qui fait défaut à une norme qui, transcendant le temps, est immuable. C’est au final la démocratie qui est en question.

Pour achever le travail il ne restera plus qu’à introduire une règle, qui cette fois s’adressera au juge, l’obligeant, pour les besoins du comblement des lacunes de loi étatique et de son interprétation, de revenir aux solutions du fiqh. C’est alors que toute l’œuvre juridique engagée depuis le XIXème siècle et accomplie par l’Etat moderne sera reléguée à l’histoire. Ce faisant c’est bien une restauration qui est aujourd’hui en marche. Restauration d’un passé antérieur que l’on pensait, en Tunisie du moins, révolu.

Comment ne pas ressentir de la tristesse lorsque la Tunisie se voit contrainte de revenir à un débat d’un autre âge ? L’obscurantisme est le contraire des lumières. Empêchant de voir, ses ténèbres ne s’ouvrent sur aucune perspective d’avenir. C’est pourquoi il s’oppose au progrès. Occupés par des controverses anachroniques et stériles, sommes-nous condamnés à nouveau, après avoir manqué la révolution copernicienne, puis la révolution industrielle, puis ensuite la révolution informatique, à ne pas prendre part à la révolution des nanosciences et des nanotechnologies que le monde est par ailleurs en train de préparer et de s’y préparer ? La posture de consommateur et de récepteur passif est-elle notre destin ? Si les hommes doivent s’en libérer c’est en devenant maîtres de leur histoire. Il s’avérerait alors que les techniques, le progrès économique, culturel et social, que la démocratie même, sont inséparables des valeurs et des principes de la modernité. Franchement la Tunisie mérite mieux !

Le 21 février 2012
Ali Mezghani

La decadencia de EE.UU por Noam Chomsky

La decadencia de EE.UU. en perspectiva (Parte I)
“Perdiendo” el mundo
Noam Chomsky

Tom Dispatch (introducción)

Traducido del inglés para Rebelión por Germán Leyens

Introducción del editor de Tom Dispatch
En mayo de 2007, tropecé con bocetos en el sitio en la web de una firma arquitectónica de Kansas contratada para construir una monstruosa embajada combinada con ciudadela para el centro de comando de Gran Medio Oriente en 42 hectáreas en el centro de la capital iraquí, Bagdad. Presentaban las impresiones de un artista de cómo se vería el lugar – un gigantesco complejo autosuficiente prosaico (pensad en centros comerciales o proyectos habitacionales) y opulento (una gigantesca piscina, canchas de tenis, un centro recreativo).

Impresionado por el hecho de que el gobierno de EE.UU. se propusiera construir la mayor embajada de todos los tiempos en el corazón petrolero del planeta, escribí un artículo: “El buque nodriza aterriza en Iraq” sobre esos planes y presenté un pequeño tour del proyecto mediante esos burdos dibujos. Desde TomDispatch comenzó a circular por Internet y pronto un Departamento de Estado aterrorizado declaró una “ruptura de la seguridad” y obligó a la firma a retirar los bocetos de su sitio en la web.
Ahora, más de cinco años después, tenemos las primeras fotos públicas de la embajada –una piscina, un campo de baloncesto, canchas de tenis, y una cafetería maravillosa– precisamente cuando llegó la noticia de que el vasto despilfarro, construido con 750 millones de dólares del contribuyente, con un presupuesto de 6.000 millones del Departamento de Estado para este año, y su propia fuerza aérea mercenaria, está a punto de sufrir una reducción de su personal de 16.000. En un artículo del Washington Post sobre el tema, citan al senador Patrick Leahy diciendo: “He estado en embajadas en todo el mundo, y uno llega a ese sitio y se siente como ‘¡Híjole! ¡Wuau!’ De repente se está frente a algo tan completamente fuera de escala con todo lo que conoce, que uno se tiene que preguntar ¿qué estaban pensando cuando lo construyeron?”

La respuesta es: en 2004, cuando comenzó la planificación para este elefante blanco entre las embajadas, el gobierno de Bush todavía soñaba con una Pax Americana impuesta por Washington en el Gran Medio Oriente y lo veía como su puesto de comando occidental. Ahora, claro está, las vastas mega-bases estadounidenses en Iraq con sus múltiples rutas de autobuses, gigantescos supermercados, Pizza Huts, Cinnabons y Burger Kings, donde iban a poner en guarnición durante décadas a soldados estadounidenses siguiendo el “modelo coreano”, son otros tantos pueblos fantasma, decadentes zigurats estadounidenses en Mesopotamia. Del mismo modo, esas fotos de la embajada parecen instantáneas de Pompeya justo cuando la ceniza comenzaba a caer. Mientras tanto, en Afganistán, las noticias son similarmente deprimentes, y reducciones y retiradas se encuentran repentinamente a la orden del día. Algo está cambiando. Es un sentimiento tectónico. Ciertamente estamos recibiendo otro conjunto de señales de que los planes imperiales estadounidenses en Eurasia continental se han derrumbado y quemado y que EE.UU. se reagrupa ahora y se dirige “mar adentro”.

Qué momento entonces para que Noam Chomsky intervenga sobre el tema de la decadencia de EE.UU. Tom

“Perdiendo” el mundo
La decadencia de EE.UU. en perspectiva, Parte I
Noam Chomsky

Los aniversarios significativos son conmemorados solemnemente – el ataque de Japón contra la base naval de EE.UU. en Pearl Harbor, por ejemplos. Otros son ignorados, y frecuentemente nos enseñan lecciones valiosas sobre lo que probablemente nos espera. Ahora mismo, de hecho.

Por el momento, no estamos conmemorando el 50 aniversario de la decisión del presidente
John F. Kennedy de lanzar el acto de agresión más destructivo y asesino del período posterior a la Segunda Guerra Mundial: la invasión de Vietnam del Sur, y después de toda Indochina, dejando a millones de muertos y a cuatro países devastados, con víctimas que siguen aumentando por los efectos a largo plazo de la saturación de Vietnam del Sur con algunos de los carcinógenos más letales conocidos, realizada para destruir la cobertura en el terreno y los cultivos alimentarios.

El objetivo primordial era Vietnam del Sur. Posteriormente la agresión se extendió hacia el Norte, luego a la remota sociedad campesina del norte de Laos, y finalmente a Camboya rural, que fue bombardeada al sorprendente nivel de todas las operaciones aéreas aliadas en la región del Pacífico durante la Segunda Guerra Mundial, incluidas las dos bombas atómicas arrojadas sobre Hiroshima y Nagasaki. Al hacerlo, se cumplieron las órdenes de Henry Kissinger –“todo lo que vuela sobre todo lo que se mueve”– un llamado al genocidio que es raro en los antecedentes históricos. Poco de esto es recordado. La mayor parte es apenas conocida más allá de círculos limitados de activistas.

Cuando la invasión fue lanzada hace 50 años, la preocupación fue tan ligera que hubo pocos esfuerzos por justificarla, apenas más que el apasionado argumento del presidente de que “en todo el mundo se nos opone una conspiración monolítica e implacable que se basa primordialmente en medios clandestinos para expandir su esfera de influencia” y si la conspiración logra sus objetivos en Laos y Vietnam: “las puertas se abrirán ampliamente”.
En otro sitio, advirtió además que “los complacientes, los autoindulgentes, las sociedades blandas están a punto de ser barridos con los despojos de la historia [y] solo los fuertes… pueden llegar a sobrevivir”, reflexionando en este caso sobre el fracaso de la agresión y del terror estadounidense para aplastar la independencia de Cuba.
Para cuando la protesta comenzó a aumentar media docena de años después, el respetado especialista en Vietnam e historiador militar Bernard Fall, ningún pacifista, predijo que “Vietnam como entidad cultural e histórica… está amenazado por la extinción… [mientras]… el campo muere literalmente bajo los golpes de la mayor maquinaria militar jamás desencadenada sobre un área de este tamaño”. De nuevo se refería a Vietnam del Sur.
Cuando la guerra terminó después de ocho horrendos años, la opinión dominante estaba dividida entre los que describían la guerra como una “noble causa” que podría haber sido ganada con más dedicación, y en el extremo opuesto, los críticos, para quienes fue un “error” demasiado costoso. En 1977, el presidente Carter, provocó poca atención cuando explicó que “no tenemos ninguna deuda” con Vietnam porque “la destrucción fue mutua”.
Todo esto contiene importantes lecciones para nuestros días, incluso fuera de otro recuerdo de que solo los débiles y derrotados tienen que rendir cuentas por sus crímenes. Una lección es comprender lo que está sucediendo cuando solo prestamos atención a los eventos críticos del mundo real, a menudo desdeñados en la historia, sino también a lo que creen los dirigentes y la opinión de la elite, por teñidos de fantasía que estén. Otra lección es que junto a la fantasía elucubrada para aterrorizar y movilizar al público (y que tal vez sea creída por algunos que son atrapados por su propia retórica), también existe una planificación geoestratégica basa en principios que son racionales y estables durante largos períodos porque están arraigados en instituciones estables y sus preocupaciones. Eso también vale en el caso de Vietnam. Volveré al tema, solo subrayo aquí que los factores persistentes en la acción estatal son generalmente bien ocultados.
La guerra de Iraq es un caso instructivo. Fue mercadeada a un público aterrado sobre las bases usuales de la autodefensa contra una terrible amenaza a la supervivencia: la “única pregunta” declararon George W. Bush y Tony Blair era si Sadam Hussein terminaría sus programas de desarrollo de armas de destrucción masiva. Cuando la única pregunta recibió la respuesta equivocada, la retórica del gobierno giró desenvueltamente hacia nuestro “anhelo de democracia”, y la opinión educada, como se debe, siguió el camino indicado; todo rutina.
Más adelante, a medida que resultaba más difícil ocultar la escala de la derrota de EE.UU. en Iraq, el gobierno admitió silenciosamente lo que siempre estuvo claro. En 2007-2008, el gobierno anunció oficialmente que un acuerdo final debía otorgar a EE.UU. bases militares y el derecho a operaciones de combate, y preferir a inversionistas estadounidenses en el rico sistema energético – demandas que fueron renuentemente abandonadas más tarde ante la resistencia iraquí. Y todo fue ocultado a la población en general.
Midiendo la decadencia de EE.UU.
Con semejantes lecciones en mente, vale la pena considerar lo que es destacado actualmente en los grandes periódicos de política y opinión. Limitémonos a la más prestigiosa de las revistas del establishment, Foreign Affairs. El titular que vociferaba en la portada de la edición de diciembre de 2011, dice en negrita: “¿Se acabó EE.UU.?”
El artículo titular llama a “recortes económicos” en las “misiones humanitarias” en el extranjero que consumen la riqueza del país, a fin de detener la decadencia de EE.UU. que es un tema importante en el discurso de los asuntos internacionales, acompañado usualmente por el corolario de que el poder se orienta hacia el Este, hacia China y (tal vez) India.
Los principales artículos tienen que ver con Israel-Palestina. El primero, de dos altos funcionarios israelíes, lleva el título de “El problema es el rechazo palestino”: el conflicto no puede ser resuelto porque los palestinos se niegan a reconocer Israel como Estado judío – ajustándose así a la práctica diplomática estándar: los Estados son reconocidos, pero no sectores privilegiados en su interior. La demanda es apenas más que un nuevo artilugio para desalentar de la amenaza de un arreglo político que debilitaría los objetivos expansionistas de Israel.
La posición opuesta, defendida por un profesor estadounidense, tiene el título: “El problema es la ocupación”. El subtítulo dice “Cómo la ocupación destruye la nación”. ¿Qué nación? Israel, por supuesto. El par de artículos aparece bajo el titular “Israel sitiado”.
La edición de enero de 2012 presenta un llamado más para bombardear Irán ahora, antes que sea demasiado tarde. Advirtiendo contra “los peligros de la disuasión”, el autor sugiere que “los escépticos de la acción militar no aprecian el verdadero peligro que un Irán con armas nucleares plantearía a los intereses de EE.UU. en Medio Oriente y más allá. Y sus sombríos pronósticos asumen que la cura sería peor que la enfermedad –es decir, que las consecuencias de un ataque de EE.UU. contra Irán serían tan malas o peores que las de que Irán logre sus ambiciones nucleares. Pero es una suposición defectuosa. La verdad es que un ataque militar con el propósito de destruir el programa nuclear de Irán, si es dirigido cuidadosamente, podría ahorrar a la región y al mundo una amenaza muy real y mejorar dramáticamente la seguridad nacional a largo plazo de EE.UU.”
Otros argumentan que los costes serían demasiado elevados, y en los extremos algunos incluso señalan que un ataque violaría el derecho internacional – como lo hace la posición de los moderados, quienes regularmente planean amenazas de violencia, en violación de la Carta de la ONU.
Veamos una por una esas principales preocupaciones.
La demografía es solo uno de los numerosos problemas serios del futuro. Para India, los problemas son mucho más severos.
No todas las voces prominentes prevén una decadencia de EE.UU. Entre los medios internacionales, no hay ninguno más serio y responsable que el London Financial Times. Recientemente dedicó toda una página a la expectativa optimista de que nueva tecnología para la extracción de combustibles fósiles norteamericanos podría permitir que EE.UU. llegue a ser independiente energéticamente, y por ello retenga su hegemonía global durante un siglo. No hay ninguna mención del tipo de mundo que EE.UU. dominaría en ese caso, pero no por falta de evidencia.
Aproximadamente al mismo tiempo, la Agencia Internacional de Energía (IEA) informó que, con el rápido aumento de las emisiones de carbono por el uso de combustible fósil, se llegará al límite de seguridad en 2017 si el mundo continúa por su camino actual. “La puerta se está cerrando” dijo el economista jefe de la IEA, y muy pronto “se cerrará para siempre”.
Poco antes el Departamento de Energía de EE.UU. informó sobre las cifras más recientes de emisiones de dióxido de carbono, que “aumentaron por la cantidad más alta registrada” a un nivel mayor que el peor de los casos previstos por el Panel Internacional sobre Cambio Climático (IPCC). No fue ninguna sorpresa para muchos científicos, incluido el programa del MIT sobre cambio climático, que ha advertido durante años que las predicciones del IPCC son demasiado conservadoras.
Semejantes críticos de las predicciones del IPCC no reciben prácticamente ninguna atención pública, a diferencia del margen de negacionistas que son apoyados por el sector corporativo, junto con inmensas campañas de propaganda que han apartado a los estadounidenses del espectro internacional en su negación de las amenazas. El apoyo empresarial también se traduce directamente en poder político. El negacionismo forma parte del catequismo que debe ser entonado por los candidatos republicanos en la grotesca campaña electoral que está en curso, y en el Congreso son suficientemente poderosos como para abortar hasta esfuerzos para estudiar los efectos del calentamiento global, para no hablar de hacer algo serio al respecto.
En breve, la decadencia de EE.UU. puede posiblemente ser detenida si abandonamos la esperanza de supervivencia decente, perspectivas que son demasiado reales en vista del equilibrio de fuerzas en el mundo.
“Perdiendo” China y Vietnam
Dejando de lado pensamientos tan desagradables, una mirada de cerca a la decadencia de EE.UU. muestra que China juega ciertamente un importante papel, como lo ha hecho durante 60 años. La decadencia que ahora provoca una preocupación semejante no es un fenómeno reciente. Se remonta a fines de la Segunda Guerra Mundial, cuando EE.UU. tenía la mitad de la riqueza del mundo e incomparable seguridad y alcance global. Los planificadores eran naturalmente bien conscientes de la enorme disparidad del poder, y querían mantenerla de esa manera.
El punto de vista básico fue presentado con admirable franqueza en un importante documento estatal de 1948 (PPS 23). El autor fue uno de los arquitectos del Nuevo Orden Mundial de esos días, presidente del Personal de Planificación Política del Departamento de Estado, el respetado estadista y erudito George Kennan, un pacifista moderado dentro del espectro de la planificación. Señaló que el objetivo político central era mantener la “posición de disparidad” que separaba nuestra inmensa riqueza de la pobreza de otros. Para lograr ese objetivo, aconsejó: “Debemos cesar de hablar de objetivos vagos… pero irreales como ser derechos humanos, el aumento de los estándares de vida, y democratización”, y debemos “utilizar conceptos de poder directo”, no “embarazados por consignas idealistas” sobre “altruismo y obras de beneficencia hacia el mundo”.
Kennan se refería específicamente a Asia, pero las observaciones se generalizan, con excepciones, para participantes en el sistema global dirigido por EE.UU. Se comprendía bien que las “consignas idealistas” debían ser ostentadas prominentemente cuando iban dirigidas a otros, incluidas las clases intelectuales, de quienes se esperaba que las promulgaran.
Los planes que Kennan ayudó a formular e implementar daban por entendido que EE.UU. controlaría el Hemisferio Occidental, Lejano Oriente, el antiguo imperio británico (incluidos los incomparables recursos energéticos de Medio Oriente), y tanto de Eurasia como fuera posible, crucialmente sus centros comerciales e industriales. No eran objetivos poco realistas, en vista de la distribución del poder. Pero la decadencia comenzó de inmediato.
En 1949, China declaró la independencia, un evento conocido en el discurso occidental como “la pérdida de China” – en EE.UU. con amargas recriminaciones y conflicto sobre quién era responsable de esa pérdida. La terminología es reveladora. Solo se puede perder algo que uno posee. La suposición tácita era que EE.UU. poseía China, por derecho, junto con la mayor parte del resto del mundo, tal como lo asumían los planificadores de la posguerra.
La “pérdida de China” fue el primer paso importante en la “decadencia de EE.UU.” Tuvo importantes consecuencias políticas. Una fue la decisión inmediata de apoyar el esfuerzo de Francia por reconquistar su antigua colonia de Indochina, para que esta, no fuera también “perdida”.
La propia Indochina no era una preocupación enorme, a pesar de las afirmaciones sobre sus ricos recursos por el presidente Eisenhower y otros. La preocupación fue más bien la “teoría del dominó”, frecuentemente ridiculizada cuando los dominós no caen, pero sigue siendo un principio dominante en la política porque es bastante racional. Para adoptar la versión de Henry Kissinger, una región que cae fuera de control puede convertirse en un “virus” que “propagará el contagio”, induciendo a otros a seguir el mismo camino.
En el caso de Vietnam, la preocupación era que el virus del desarrollo independiente pudiera infectar Indonesia, que realmente posee ricos recursos. Y eso podría llevar a Japón –el “súper dominó” como fue llamado por el destacado historiador sobre Asia, John Dower, – a “acomodarse” a un Asia independiente como su centro tecnológico e industrial en un sistema que escaparía al alcance del poder de EE.UU. Eso significaría, en efecto, que EE.UU. había perdido la fase del Pacífico de la Segunda Guerra Mundial, librada para impedir el intento de Japón de establecer un Nuevo Orden semejante en Asia.
El camino para encarar un problema semejante es obvio: destruir el virus e “inocular” a los que podrían estar infectados. En el caso de Vietnam, la decisión racional era destruir toda esperanza de un exitoso desarrollo independiente e imponer dictaduras brutales en las regiones vecinas. Esas tareas fueron realizadas con éxito – aunque la historia tiene su propia astucia, y algo similar a lo que se temía se ha estado desarrollando desde entonces en el Este de Asia, para consternación de EE.UU.
La victoria más importante de las guerras de Indochina fue en 1965, cuando un golpe militar en Indonesia, respaldado por EE.UU. y dirigido por el general Suharto, realizó masivos crímenes que fueron comparados por la CIA con los de Hitler, Stalin y Mao. Los medios dominantes informaron fielmente y con euforia irrestricta sobre la “asombrosa matanza masiva”, como la describió el New York Times.
Fue un “rayo de luz en Asia”, como escribió el renombrado comentarista ‘liberal’ James Reston en el Times. El golpe terminó la amenaza de democracia al demoler al partido político de los pobres, basado en las masas; estableció una dictadura que procedió a compilar uno de los peores historiales de derechos humanos en el mundo, y abrió las riquezas del país a inversionistas occidentales. No es de extrañar que, después de muchos otros horrores, incluida la casi genocida invasión de Timor Oriental, Suharto haya sido saludado por el gobierno de Clinton en 1995 como “nuestro tipo de hombre”.
Años después de los grandes eventos de 1965, el consejero de seguridad nacional de
Kennedy-Johnson, McGeorge Bundy, reflexionó que hubiera sido sabio terminar la guerra de Vietnam en ese momento, con el “virus” virtualmente destruido y el dominó primordial sólidamente en su sitio, reforzado por otras dictaduras respaldadas por EE.UU. en toda la región.
Procedimientos similares han sido seguidos rutinariamente en otros sitios. Kissinger se refirió específicamente a la amenaza de una democracia socialista en Chile. Esa amenaza fue destruida en otra fecha olvidada, lo que los latinoamericanos llaman “el primer 11-S”, que en violencia y amargos efectos excedió de lejos el 11-S conmemorado en Occidente. Una cruel dictadura fue impuesta en Chile, parte de una plaga de brutal represión que se extendió por Latinoamérica, alcanzando Centroamérica bajo Reagan. Los virus también han causado profundas preocupaciones en otros sitios, incluido Medio Oriente, donde la amenaza del nacionalismo secular ha preocupado frecuentemente a los planificadores británicos y estadounidenses, induciéndolos a apoyar al fundamentalismo islámico radical para contrarrestarlo.
La concentración de la riqueza y la decadencia de EE.UU.
A pesar de semejantes victorias, la decadencia de EE.UU. continuó. En 1970, la parte estadounidense de la riqueza del mundo había caído a un 25%, aproximadamente donde permanece, todavía colosal, pero mucho menos que al fin de la Segunda Guerra Entonces. Para entonces, el mundo industrial era “tripolar”: Norteamérica basada en EE.UU., Europa basada en Alemania, y el Este de Asia, que ya era la región industrial más dinámica, basada en aquel entonces en Japón, pero que entonces incluía a las antiguas colonias japonesas Taiwán y Corea del Sur, y más recientemente China.
Aproximadamente en esos días, la decadencia de EE.UU. entró a una nueva fase: decadencia conscientemente auto-infligida. Desde los años setenta, ha habido un cambio significativo en la economía estadounidense, cuando planificadores, privados y estatales, se volvieron hacia la financialización y la subcontratación al extranjero de producción, impulsada en parte por la tasa de beneficios en disminución en la manufactura en el interior. Esas decisiones iniciaron un ciclo maligno en el cual la riqueza se concentró considerablemente (dramáticamente en el máximo 0,1% de la población), causando la concentración del poder político; de ahí la legislación para llevar aún más lejos el ciclo: la tributación y otras políticas fiscales, desregulación, cambios en las reglas de la gobernancia corporativa permitiendo inmensos beneficios para los ejecutivos, etc.
Mientras tanto, para la mayoría, los salarios reales se estancaron en gran parte, y la gente pudo arreglárselas solo mediante cargas laborales fuertemente aumentadas (mucho más que en Europa), deudas insostenibles, y burbujas repetidas desde los años de Reagan, creando riqueza en el papel que inevitablemente desaparecía cuando reventaban (y los perpetradores eran rescatados por el contribuyente). Paralelamente, el sistema político ha sido cada vez más desgarrado mientras ambos partidos son impulsados más profundamente dentro de los bolsillos corporativos con el aumento del coste de las elecciones, los republicanos a un nivel grotesco, los demócratas (ahora sobre todo los antiguos “republicanos moderados”) no se quedaron demasiado atrás.
Un reciente estudio del Instituto de Política Económica, que ha sido durante años la mayor fuente de datos probos sobre estos eventos, es titulado Failure by Design [Fracaso deliberado]. La palabra “deliberado” es exacta. Otras alternativas eran ciertamente posibles. Y como señala el estudio, el “fracaso” tiene una base clasista. No hay fracaso para los que deliberan. Lo contrario es lo cierto. Las políticas fueron, más bien, un fracaso para la gran mayoría, el 99% en la imaginería de los movimientos Ocupa – y para el país, que ha declinado y seguirá haciéndolo bajo estas políticas.
Otro factor es la subcontratación al extranjero de la manufactura. Como lo ilustra el ejemplo de los paneles solares, la capacidad manufacturera provee la base y el estímulo para la innovación llevando a niveles más elevados de sofisticación en la producción, el diseño y la invención. Eso, también, está siendo subcontratado, lo que no es un problema para los “mandarines del dinero” que elaboran cada vez más la política, pero es un problema serio para la gente trabajadora y las clases medias, y un verdadero desastre para los más oprimidos, los africano-estadounidenses, que nunca han escapado al legado de la esclavitud y sus crueles secuelas, y cuya exigua riqueza desapareció virtualmente después del colapso de la burbuja de la vivienda en 2008, provocando la más reciente crisis financiera, la peor hasta ahora.
…………..
Noam Chomsky es profesor emérito del Departamento de Lingüística y Filosofía del MIT. Es autor de numerosas obras políticas que son éxitos de ventas. Sus últimos libros son
Making the Future: Occupations, Intervention, Empire, and Resistance, The Essential Chomsky (editado por Anthony Arnove), una colección de sus escritos de los años cincuenta hasta la actualidad, Gaza in Crisis, con Ilan Pappé, y Hopes and Prospects.

[Nota: La II Parte de la discusión de Noam Chomsky de la decadencia estadounidense, “El camino imperial” aparecerá mañana en Rebelión.
Copyright 2012 Noam Chomsky
© 2012 TomDispatch. All rights reserved.
Fuente: http://www.tomdispatch.com/blog/175502/

Hegemony and Its Dilemmas by Noam Chomsky

Tomgram:
Noam Chomsky, Hegemony and Its Dilemmas
Posted by Noam Chomsky at 9:41am, February 14, 2012.

Back in May 2007, I stumbled across online sketches at the website of a Kansas architectural firm hired to build a monster U.S. embassy-cum-citadel-cum-Greater-Middle-Eastern command center on 104 acres in the middle of the Iraqi capital, Baghdad. They offered an artist’s impressions of what the place would look like — a giant self-sufficient compound both prosaic (think malls or housing projects) and opulent (a giant pool, tennis courts, a recreation center).

Struck by the fact that the U.S. government was intent on building the largest embassy ever in the planet’s oil heartlands, I wrote a piece, “The Mother Ship Lands in Iraq” about those plans and offered a little tour of the project via those crude drawings. From TomDispatch, they then began to run around the Internet and soon a panicky State Department had declared a “security breach” and forced the firm to pull the sketches off its website.

Now, more than five years later, we have the first public photos of the embassy — a pool, basketball court, tennis courts, and food court to die for — just as the news has arrived that the vast boondoggle of a place, built for three-quarters of a billion of your tax dollars, with a $6 billion State Department budget this year and its own mercenary air force, is about to get its staff of 16,000 slashed. In a Washington Post piece on the subject, Senator Patrick Leahy is quoted as saying: “I’ve been in embassies all over the world, and you come to this place and you’re like: ‘Whoa. Wow.’ All of a sudden you’ve got something so completely out of scale to anything, you have to wonder, what were they thinking when they first built it?”
The answer is: in 2004, when planning for this white elephant of embassies first began, the Bush administration was still dreaming of a Washington-enforced Pax Americana in the Greater Middle East and saw it as its western command post. Now, of course, the vast American mega-bases in Iraq with their multiple bus routes, giant PXes, Pizza Huts, Cinnabons, and Burger Kings, where American troops were to be garrisoned on the “Korean model” for decades to come, are so many ghost towns, fading American ziggurats in Mesopotamia. Similarly, those embassy photos seem like snapshots from Pompeii just as the ash was beginning to fall. Meanwhile, in Afghanistan, the news is similarly dismal with drawdowns and withdrawals suddenly the order of the day. Something’s changing. It feels tectonic. Certainly, we’re receiving another set of signs that American imperial plans on the Eurasian mainland have crashed and burned and that the U.S. is now regrouping and heading “offshore.”
What a moment then for Noam Chomsky to weigh in on the subject of American decline. (His earlier TomDispatch post “Who Owns the World?” might be considered a companion piece to this one.) For him, a TomDispatch first: a two-day, back-to-back two-parter on imperial hegemony and its discontents. (To catch Timothy MacBain’s latest Tomcast audio interview in which Chomsky offers an anatomy of American defeats in the Greater Middle East, click here, or download it to your iPod here.) Tom
“Losing” the World
American Decline in Perspective, Part 1
By Noam Chomsky
Significant anniversaries are solemnly commemorated — Japan’s attack on the U.S. naval base at Pearl Harbor, for example. Others are ignored, and we can often learn valuable lessons from them about what is likely to lie ahead. Right now, in fact.
At the moment, we are failing to commemorate the 50th anniversary of President John F. Kennedy’s decision to launch the most destructive and murderous act of aggression of the post-World War II period: the invasion of South Vietnam, later all of Indochina, leaving millions dead and four countries devastated, with casualties still mounting from the long-term effects of drenching South Vietnam with some of the most lethal carcinogens known, undertaken to destroy ground cover and food crops.
The prime target was South Vietnam. The aggression later spread to the North, then to the remote peasant society of northern Laos, and finally to rural Cambodia, which was bombed at the stunning level of all allied air operations in the Pacific region during World War II, including the two atom bombs dropped on Hiroshima and Nagasaki. In this, Henry Kissinger’s orders were being carried out — “anything that flies on anything that moves” — a call for genocide that is rare in the historical record. Little of this is remembered. Most was scarcely known beyond narrow circles of activists.
When the invasion was launched 50 years ago, concern was so slight that there were few efforts at justification, hardly more than the president’s impassioned plea that “we are opposed around the world by a monolithic and ruthless conspiracy that relies primarily on covert means for expanding its sphere of influence” and if the conspiracy achieves its ends in Laos and Vietnam, “the gates will be opened wide.”
Elsewhere, he warned further that “the complacent, the self-indulgent, the soft societies are about to be swept away with the debris of history [and] only the strong… can possibly survive,” in this case reflecting on the failure of U.S. aggression and terror to crush Cuban independence.
By the time protest began to mount half a dozen years later, the respected Vietnam specialist and military historian Bernard Fall, no dove, forecast that “Vietnam as a cultural and historic entity… is threatened with extinction…[as]…the countryside literally dies under the blows of the largest military machine ever unleashed on an area of this size.” He was again referring to South Vietnam.
When the war ended eight horrendous years later, mainstream opinion was divided between those who described the war as a “noble cause” that could have been won with more dedication, and at the opposite extreme, the critics, to whom it was “a mistake” that proved too costly. By 1977, President Carter aroused little notice when he explained that we owe Vietnam “no debt” because “the destruction was mutual.”
There are important lessons in all this for today, even apart from another reminder that only the weak and defeated are called to account for their crimes. One lesson is that to understand what is happening we should attend not only to critical events of the real world, often dismissed from history, but also to what leaders and elite opinion believe, however tinged with fantasy. Another lesson is that alongside the flights of fancy concocted to terrify and mobilize the public (and perhaps believed by some who are trapped in their own rhetoric), there is also geostrategic planning based on principles that are rational and stable over long periods because they are rooted in stable institutions and their concerns. That is true in the case of Vietnam as well. I will return to that, only stressing here that the persistent factors in state action are generally well concealed.
The Iraq war is an instructive case. It was marketed to a terrified public on the usual grounds of self-defense against an awesome threat to survival: the “single question,” George W. Bush and Tony Blair declared, was whether Saddam Hussein would end his programs of developing weapons of mass destruction. When the single question received the wrong answer, government rhetoric shifted effortlessly to our “yearning for democracy,” and educated opinion duly followed course; all routine.
Later, as the scale of the U.S. defeat in Iraq was becoming difficult to suppress, the government quietly conceded what had been clear all along. In 2007-2008, the administration officially announced that a final settlement must grant the U.S. military bases and the right of combat operations, and must privilege U.S. investors in the rich energy system — demands later reluctantly abandoned in the face of Iraqi resistance. And all well kept from the general population.
Gauging American Decline
With such lessons in mind, it is useful to look at what is highlighted in the major journals of policy and opinion today. Let us keep to the most prestigious of the establishment journals, Foreign Affairs. The headline blaring on the cover of the December 2011 issue reads in bold face: “Is America Over?”
The title article calls for “retrenchment” in the “humanitarian missions” abroad that are consuming the country’s wealth, so as to arrest the American decline that is a major theme of international affairs discourse, usually accompanied by the corollary that power is shifting to the East, to China and (maybe) India.
The lead articles are on Israel-Palestine. The first, by two high Israeli officials, is entitled “The Problem is Palestinian Rejection”: the conflict cannot be resolved because Palestinians refuse to recognize Israel as a Jewish state — thereby conforming to standard diplomatic practice: states are recognized, but not privileged sectors within them. The demand is hardly more than a new device to deter the threat of political settlement that would undermine Israel’s expansionist goals.
The opposing position, defended by an American professor, is entitled “The Problem Is the Occupation.” The subtitle reads “How the Occupation is Destroying the Nation.” Which nation? Israel, of course. The paired articles appear under the heading “Israel under Siege.”
The January 2012 issue features yet another call to bomb Iran now, before it is too late. Warning of “the dangers of deterrence,” the author suggests that “skeptics of military action fail to appreciate the true danger that a nuclear-armed Iran would pose to U.S. interests in the Middle East and beyond. And their grim forecasts assume that the cure would be worse than the disease — that is, that the consequences of a U.S. assault on Iran would be as bad as or worse than those of Iran achieving its nuclear ambitions. But that is a faulty assumption. The truth is that a military strike intended to destroy Iran’s nuclear program, if managed carefully, could spare the region and the world a very real threat and dramatically improve the long-term national security of the United States.”
Others argue that the costs would be too high, and at the extremes some even point out that an attack would violate international law — as does the stand of the moderates, who regularly deliver threats of violence, in violation of the U.N. Charter.
Let us review these dominant concerns in turn.
American decline is real, though the apocalyptic vision reflects the familiar ruling class perception that anything short of total control amounts to total disaster. Despite the piteous laments, the U.S. remains the world dominant power by a large margin, and no competitor is in sight, not only in the military dimension, in which of course the U.S. reigns supreme.
China and India have recorded rapid (though highly inegalitarian) growth, but remain very poor countries, with enormous internal problems not faced by the West. China is the world’s major manufacturing center, but largely as an assembly plant for the advanced industrial powers on its periphery and for western multinationals. That is likely to change over time. Manufacturing regularly provides the basis for innovation, often breakthroughs, as is now sometimes happening in China. One example that has impressed western specialists is China’s takeover of the growing global solar panel market, not on the basis of cheap labor but by coordinated planning and, increasingly, innovation.
But the problems China faces are serious. Some are demographic, reviewed in Science, the leading U.S. science weekly. The study shows that mortality sharply decreased in China during the Maoist years, “mainly a result of economic development and improvements in education and health services, especially the public hygiene movement that resulted in a sharp drop in mortality from infectious diseases.” This progress ended with the initiation of the capitalist reforms 30 years ago, and the death rate has since increased.
Furthermore, China’s recent economic growth has relied substantially on a “demographic bonus,” a very large working-age population. “But the window for harvesting this bonus may close soon,” with a “profound impact on development”: “Excess cheap labor supply, which is one of the major factors driving China’s economic miracle, will no longer be available.”
Demography is only one of many serious problems ahead. For India, the problems are far more severe.
Not all prominent voices foresee American decline. Among international media, there is none more serious and responsible than the London Financial Times. It recently devoted a full page to the optimistic expectation that new technology for extracting North American fossil fuels might allow the U.S. to become energy independent, hence to retain its global hegemony for a century. There is no mention of the kind of world the U.S. would rule in this happy event, but not for lack of evidence.
At about the same time, the International Energy Agency reported that, with rapidly increasing carbon emissions from fossil fuel use, the limit of safety will be reached by 2017 if the world continues on its present course. “The door is closing,” the IEA chief economist said, and very soon it “will be closed forever.”
Shortly before the U.S. Department of Energy reported the most recent carbon dioxide emissions figures, which “jumped by the biggest amount on record” to a level higher than the worst-case scenario anticipated by the International Panel on Climate Change (IPCC). That came as no surprise to many scientists, including the MIT program on climate change, which for years has warned that the IPCC predictions are too conservative.
Such critics of the IPCC predictions receive virtually no public attention, unlike the fringe of denialists who are supported by the corporate sector, along with huge propaganda campaigns that have driven Americans off the international spectrum in dismissal of the threats. Business support also translates directly to political power. Denialism is part of the catechism that must be intoned by Republican candidates in the farcical election campaign now in progress, and in Congress they are powerful enough to abort even efforts to inquire into the effects of global warming, let alone do anything serious about it.
In brief, American decline can perhaps be stemmed if we abandon hope for decent survival, prospects that are all too real given the balance of forces in the world.
“Losing” China and Vietnam
Putting such unpleasant thoughts aside, a close look at American decline shows that China indeed plays a large role, as it has for 60 years. The decline that now elicits such concern is not a recent phenomenon. It traces back to the end of World War II, when the U.S. had half the world’s wealth and incomparable security and global reach. Planners were naturally well aware of the enormous disparity of power, and intended to keep it that way.
The basic viewpoint was outlined with admirable frankness in a major state paper of 1948 (PPS 23). The author was one of the architects of the New World Order of the day, the chair of the State Department Policy Planning Staff, the respected statesman and scholar George Kennan, a moderate dove within the planning spectrum. He observed that the central policy goal was to maintain the “position of disparity” that separated our enormous wealth from the poverty of others. To achieve that goal, he advised, “We should cease to talk about vague and… unreal objectives such as human rights, the raising of the living standards, and democratization,” and must “deal in straight power concepts,” not “hampered by idealistic slogans” about “altruism and world-benefaction.”
Kennan was referring specifically to Asia, but the observations generalize, with exceptions, for participants in the U.S.-run global system. It was well understood that the “idealistic slogans” were to be displayed prominently when addressing others, including the intellectual classes, who were expected to promulgate them.
The plans that Kennan helped formulate and implement took for granted that the U.S. would control the Western Hemisphere, the Far East, the former British empire (including the incomparable energy resources of the Middle East), and as much of Eurasia as possible, crucially its commercial and industrial centers. These were not unrealistic objectives, given the distribution of power. But decline set in at once.
In 1949, China declared independence, an event known in Western discourse as “the loss of China” — in the U.S., with bitter recriminations and conflict over who was responsible for that loss. The terminology is revealing. It is only possible to lose something that one owns. The tacit assumption was that the U.S. owned China, by right, along with most of the rest of the world, much as postwar planners assumed.
The “loss of China” was the first major step in “America’s decline.” It had major policy consequences. One was the immediate decision to support France’s effort to reconquer its former colony of Indochina, so that it, too, would not be “lost.”
Indochina itself was not a major concern, despite claims about its rich resources by President Eisenhower and others. Rather, the concern was the “domino theory,” which is often ridiculed when dominoes don’t fall, but remains a leading principle of policy because it is quite rational. To adopt Henry Kissinger’s version, a region that falls out of control can become a “virus” that will “spread contagion,” inducing others to follow the same path.
In the case of Vietnam, the concern was that the virus of independent development might infect Indonesia, which really does have rich resources. And that might lead Japan — the “superdomino” as it was called by the prominent Asia historian John Dower — to “accommodate” to an independent Asia as its technological and industrial center in a system that would escape the reach of U.S. power. That would mean, in effect, that the U.S. had lost the Pacific phase of World War II, fought to prevent Japan’s attempt to establish such a New Order in Asia.
The way to deal with such a problem is clear: destroy the virus and “inoculate” those who might be infected. In the Vietnam case, the rational choice was to destroy any hope of successful independent development and to impose brutal dictatorships in the surrounding regions. Those tasks were successfully carried out — though history has its own cunning, and something similar to what was feared has since been developing in East Asia, much to Washington’s dismay.
The most important victory of the Indochina wars was in 1965, when a U.S.-backed military coup in Indonesia led by General Suharto carried out massive crimes that were compared by the CIA to those of Hitler, Stalin, and Mao. The “staggering mass slaughter,” as the New York Times described it, was reported accurately across the mainstream, and with unrestrained euphoria.
It was “a gleam of light in Asia,” as the noted liberal commentator James Reston wrote in the Times. The coup ended the threat of democracy by demolishing the mass-based political party of the poor, established a dictatorship that went on to compile one of the worst human rights records in the world, and threw the riches of the country open to western investors. Small wonder that, after many other horrors, including the near-genocidal invasion of East Timor, Suharto was welcomed by the Clinton administration in 1995 as “our kind of guy.”
Years after the great events of 1965, Kennedy-Johnson National Security Adviser McGeorge Bundy reflected that it would have been wise to end the Vietnam war at that time, with the “virus” virtually destroyed and the primary domino solidly in place, buttressed by other U.S.-backed dictatorships throughout the region.
Similar procedures have been routinely followed elsewhere. Kissinger was referring specifically to the threat of socialist democracy in Chile. That threat was ended on another forgotten date, what Latin Americans call “the first 9/11,” which in violence and bitter effects far exceeded the 9/11 commemorated in the West. A vicious dictatorship was imposed in Chile, one part of a plague of brutal repression that spread through Latin America, reaching Central America under Reagan. Viruses have aroused deep concern elsewhere as well, including the Middle East, where the threat of secular nationalism has often concerned British and U.S. planners, inducing them to support radical Islamic fundamentalism to counter it.
The Concentration of Wealth and American Decline
Despite such victories, American decline continued. By 1970, U.S. share of world wealth had dropped to about 25%, roughly where it remains, still colossal but far below the end of World War II. By then, the industrial world was “tripolar”: US-based North America, German-based Europe, and East Asia, already the most dynamic industrial region, at the time Japan-based, but by now including the former Japanese colonies Taiwan and South Korea, and more recently China.
At about that time, American decline entered a new phase: conscious self-inflicted decline. From the 1970s, there has been a significant change in the U.S. economy, as planners, private and state, shifted it toward financialization and the offshoring of production, driven in part by the declining rate of profit in domestic manufacturing. These decisions initiated a vicious cycle in which wealth became highly concentrated (dramatically so in the top 0.1% of the population), yielding concentration of political power, hence legislation to carry the cycle further: taxation and other fiscal policies, deregulation, changes in the rules of corporate governance allowing huge gains for executives, and so on.
Meanwhile, for the majority, real wages largely stagnated, and people were able to get by only by sharply increased workloads (far beyond Europe), unsustainable debt, and repeated bubbles since the Reagan years, creating paper wealth that inevitably disappeared when they burst (and the perpetrators were bailed out by the taxpayer). In parallel, the political system has been increasingly shredded as both parties are driven deeper into corporate pockets with the escalating cost of elections, the Republicans to the level of farce, the Democrats (now largely the former “moderate Republicans”) not far behind.
A recent study by the Economic Policy Institute, which has been the major source of reputable data on these developments for years, is entitled Failure by Design. The phrase “by design” is accurate. Other choices were certainly possible. And as the study points out, the “failure” is class-based. There is no failure for the designers. Far from it. Rather, the policies are a failure for the large majority, the 99% in the imagery of the Occupy movements — and for the country, which has declined and will continue to do so under these policies.
One factor is the offshoring of manufacturing. As the solar panel example mentioned earlier illustrates, manufacturing capacity provides the basis and stimulus for innovation leading to higher stages of sophistication in production, design, and invention. That, too, is being outsourced, not a problem for the “money mandarins” who increasingly design policy, but a serious problem for working people and the middle classes, and a real disaster for the most oppressed, African Americans, who have never escaped the legacy of slavery and its ugly aftermath, and whose meager wealth virtually disappeared after the collapse of the housing bubble in 2008, setting off the most recent financial crisis, the worst so far.
Noam Chomsky is Institute Professor emeritus in the MIT Department of Linguistics and Philosophy. He is the author of numerous best-selling political works. His latest books are Making the Future: Occupations, Intervention, Empire, and Resistance, The Essential Chomsky (edited by Anthony Arnove), a collection of his writings on politics and on language from the 1950s to the present, Gaza in Crisis, with Ilan Pappé, and Hopes and Prospects, also available as an audiobook. To listen to Timothy MacBain’s latest Tomcast audio interview in which Chomsky offers an anatomy of American defeats in the Greater Middle East, click here, or download it to your iPod here.
[Note: Part 2 of Noam Chomsky’s discussion of American decline, “The Imperial Way,” will be posted at TomDispatch tomorrow.]
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Copyright 2012 Noam Chomsky

La vérité pour la Grèce. Mikis Theodorakis

La vérité pour la Grèce
par
Mikis Theodorakis

Il existe une conspiration internationale dont le but est d’achever la destruction de mon pays. Ils ont commencé depuis 1975 avec comme cible la civilisation néohellénique, ils ont continué avec la déformation de notre histoire la plus récente et de notre identité nationale, et maintenant ils essayent de nous annihiler biologiquement par le chômage, la faim et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas, uni comme un seul homme, pour les empêcher, le danger que la Grèce disparaisse est réel. Je le situe dans les dix années à venir. De nous ne restera que la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.

Jusqu’en 2009 il n’y avait pas de problème économique sérieux . Les grandes blessures à notre économie étaient les dépenses exagérés pour l’achat de matériel de guerre et la corruption d’une partie de l’espaceéconomique-journalistique. Mais pour ces deux blessures des étrangers étaient coresponsables. Comme par exemple les Allemands, les Français, les Britanniques et les étasuniens qui ont gagné des milliards d’euros sur le dos de notre patrimoine national par la vente annuelle de matériel de guerre. Cette constante hémorragie nous a mis à genoux et ne nous permettant pas d’aller de l’avant, alors qu’elle offrait de la richesse à des nations étrangères. La même chose arriva avec la question de la corruption. Par exemple, la société allemande Siemens avait un département spécial consacré l’achat d’intervenants grecs, en vue de placer ses produits sur notre marché. Par conséquent le peuple grec fut la victime de ce duo de larrons qui s’enrichissaient à ses dépens.

Il est évident que ces grandes blessures auraient pu être évitées si les directions des deux partis américanophiles au pouvoir n’avaient pas été pourris par des éléments corrompus, qui pour couvrir la fuite de la richesse (produit du travail du peuple grec) vers les caisses des pays étrangers, avaient eu recours à un endettement excessif, de sorte que la dette publique ait atteint 300 milliards d’euros, soit 130% du PIB(produit national brut).

Avec cette combine les étrangers déjà cités gagnaient doublement . Premièrement par la vente d’armes et de produits et deuxièmement par les intérêts sur l’argent qu’ils prêtaient aux gouvernements et non pas au peuple. Comme vous l’avons vu, le peuple était la victime dans les deux cas. Un seul exemple vous convaincra. Les intérêts de l’emprunt d’un milliard de dollars souscrit par Andréas Papandreou en 1986, auprès d’un grand pays européen, a atteint 54 milliards d’euros quand il a été finalement remboursé en ….2010!
M. Junger il y a un an a déclaré avoir constaté une grande hémorragie chez les Grecs en raison de leur dépenses exagérées (et nécessaires) destinées à l’achat de matériel de guerre à l’Allemagne et à la France. Il avait conclu en disant que nos citoyens étaient conduits vers une ruine certaine. Toutefois il avait avoué que la Grèce ne s’était engagée à aucune action qui aurait heurté les intérêts des pays amis!

En 2008 il y a eu une grave crise économique en Europe. Il était normal donc que l’économie grecque soit aussi affectée. Cependant, le niveau de vie qui était suffisamment élevé pour que nous soyons parmi les 30 pays le plus riches du monde, est resté fondamentalement le même. Mais il y a eu une augmentation de la dette publique. Mais la dette publique ne conduit pas nécessairement à une crise économique. Les dettes des grands pays, comme par exemple les États-Unis et de l’Allemagne se calculent en trillions d’euros. Le problème consiste à savoir s’il y a développement économique et production. Dans ce cas les grandes banques prêtent avec des intérêts de 5% jusqu’à ce que la crise soit passée.

En 2009 nous étions précisément dans cette position, quand le Premier ministre Georges Papandreou a pris ses fonctions en novembre. Pour que l’on se rende compte de ce que pense le peuple grec aujourd’hui de sa politique catastrophique je donne deux chiffres: aux élections de 2009 le PASOK [Parti socialiste – NdT] avait obtenu 44% des suffrages. Aujourd’hui les sondages lui en donnent 6%.
M. Papandreou aurait pu affronter la crise économique (qui comme je l’ai dit précédemment reflétait celle de l’Europe) par des prêts aux banques étrangères à des taux d’intérêt habituels, soit en dessous de 5%. S’il avait fait cela, il n’y aurait pas eu le moindre problème dans notre pays. C’est même l’inverse qui se serait produit, parce que nous étions dans une phase de développement économique. Par conséquent notre niveau de vie se serait amélioré. Pourtant M. Papandreou avait déjà commencé depuis l’été 2009, à conspirer contre le peuple grec, lorsqu’il avait rencontré secrètement Strauss-Kahn, avec pour objet de mettre la Grèce sous la férule du FMI. L’information concernant cette rencontre a été divulguée publiquement par l’ancien président du FMI…

Pour en arriver là, il fallait déformer la situation réelle de l’économie du pays, afin que les banques étrangèress’alarment et augmentent leurs taux d’intérêt à des niveaux prohibitifs. Cette onéreuse affaire a commencé avec la fausse explosion du déficit budgétaire de 9,2% à 15%. Il y a vingt jours, pour cet acte criminel, le procureur M. Peponis a déferré en justice messieurs Papandréou et Papaconstantinou (ministre de l’économie).

S’en est suivie, en Europe, une campagne systématique orchestrée par M. Papandréou et le ministre de l’économie, et ce durant 5 mois, lors de laquelle ils ont tout fait pour convaincre les étrangers que la Grèce était un Titanic prêt à sombrer, que les Grecs étaient des fainéants corrompus et par conséquent incapables de s’occuper des besoins du pays. Dans chacune de leurs déclarations les taux d’intérêt montaient au point que nous ne puissions plus emprunter, et que notre subordination auFMI et à la Banque centrale européenne, caractérisait notre salut, alors qu’en réalité c’était le commencement de notre mise à mort.

En mai 2010 fut signée par un seul et unique ministre le fameux Mémorandum, c’est-à-dire notre totale soumission à nos créditeurs. Le droit grec dans le cas d’un si important accord, exige qu’il soit adopté par le vote des trois cinquièmes des députés de l’Assemble nationale. Donc le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent actuellement, fonctionnent illégalement, non seulement selon le droit grec mais aussi selon le droit européen.

Depuis lors et jusqu’à maintenant, si les marches qui conduisent à notre mort sont au nombre de vingt, nous en avons déjà parcouru plus de la moitié. Imaginez qu’avec ce Mémorandum nous cédons aux étrangers notreindépendance nationale et notre patrimoine public. C’est-à-dire nos ports, nos aérodromes, notre réseau routier, l’électricité, l’eau, les richesses du sous-sol et sous la mer etc. etc. Même nos monuments historiques l’Acropole, Delphes, Olympie, Épidaure etc., puisque nous avons renoncé à faire les objections pertinentes.

La production s’est arrêtée, le chômage est monté à 18%, 80.000 magasins ont fermé, et de même des milliers d’artisanats et des centaines d’industries. En tout 432.000 entreprises ont mis la clé sous la porte. Des milliers de jeunes scientifiques quittent le pays, qui sombre chaque jour davantage dans l’obscurité moyenâgeuse. Des milliers de citoyens, anciennement aisés cherchent dans les ordures et dorment sur les trottoirs.

Entretemps nous sommes supposés vivre de la générosité de nos bailleurs de fonds, de l’Europe, desBanques et du FMI. En réalité chaque paquet de dizaines de milliards avec lesquels la Grèce s’endette, retourne dans sa totalité d’où il provient, alors que s’accumulent de nouveaux insupportables intérêts. Parce qu’il y a nécessité de maintenir l’état, les hôpitaux et les écoles, la Troïka accable les couches économiques moyennes et inférieures de la société avec des impôts exorbitants, qui conduisent directement à la famine. C’est le retour de la famine généralisée que nous avions connue au début de l’occupation allemande en 1941 avec ses 300.000 morts en une période de six mois. Depuis le spectre de la faim revient dans notre malheureux pays calomnié.

Quand on pense que l’occupation allemande nous a couté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment nous est-il possible à nous les Grecs d’accepter les menaces de Mme Merkel et la prétention des Allemands de nous imposer un nouveau gauleiter… cette fois-ci avec une cravate…

Pour démontrer combien la Grèce est riche et combien son Peuple grec est travailleur et consciencieux (conscience de la Dette envers la Liberté et l’amour de la patrie) nous avons la période de l’occupation allemande de 1941 à octobre 1944, quand les SS et la faim ont tué un million de citoyens et que la Wehrmacht détruisait systématiquement le pays, volait la production agricole et l’or des Banques. Les Grecs ont sauvé le Peuple de la faim grâce au mouvement de Solidarité Nationale, ils ont formé une armée de 100.000 partisans, qui a immobilisé dans le pays 20 divisions allemandes [plus de 200.000 troupes – NdT].

Simultanément, non seulement les Grecs ont, grâce à leurs efforts, réussi à survivre, mais ont aussi développé la culture néohellénique dans des conditions d’occupation, particulièrement dans les secteurs de la littérature et de la musique.

La Grèce a choisit la voie du sacrifice pour la liberté en même temps que celle de la survivance.

Alors nous avons été frappés sans justification, nous avons répondu avec la Solidarité et la Résistance et nous avons survécu. Nous ferons de même maintenant avec la certitude que le vainqueur final sera le peuple grec. C’est ce message que j’envoie maintenant à Mme Merkel et M. Scheuble, tout en déclarant que je reste toujours l’ami du Peuple allemand et admirateur de sa grande contribution à la Science, à la Philosophie et à l’Art, particulièrement à la Musique! La meilleure preuve peut être est d’avoir confié la totalité de mon œuvre à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkop, qui comptent parmi les plus grands éditeurs mondiaux, et dont la collaboration a été extrêmement amicale.
Ils menacent de nous expulser de l’Europe. Si cette fois l’Europe ne veut pas de nous, nous cette Europe de Merkel–Sarkozy, nous ne la voulons pas dix fois.

Aujourd’hui dimanche 12 février, je me prépare à prendre part moi aussi à la manifestation avec Manolis Glezos, le héros qui a fait enlever la Swastika de l’Acropole, donnant ainsi le signal de départ non seulement de la résistance grecque mais aussi européenne contre Hitler. Nos rues et nos places seront inondées de centaines de milliers de citoyens qui manifesteront leur fureur contre le gouvernement et la Troïka.

J’ai écouté hier le banquier-Premier ministre dans son discours au peuple grec qui disait que «nous sommes arrivés presqu’au zéro». Mais qui sont ceux qui nous ont conduits au Zéro. Pourquoi? Parce que c’est ce qu’ordonnent le FMI et l’Eurogroupe en faisant du chantage: si nous n’obéissons pas, nous serons conduits à la faillite…. Ici ce se joue le théâtre de l’insensé. Tous ces cercles qui essentiellement nous haïssent (étrangers et Grecs) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique dans laquelle ils ont plongé le pays, menacent, font du chantage, dans le but de poursuivre leur œuvre de destruction, c’est-à-dire de nous faire passer sous le Zéro, jusqu’à notre disparition définitive.

Nous avons survécu à travers les siècles à des conditions très difficiles et il est certain que même s’ils devaient nous conduire par la force à l’avant-dernière marche avant la mort, les Grecs non seulement survivront mais se régénéreront. En ce moment j’ai consacré toutes mes forces dans l’effort d’unifier dynamiquement le peuple grec. Je tente de convaincre que la Troïka et la FMI ne sont pas l’unique issue et qu’il existe une autre solution. Elle consiste à changer fondamentalement l’orientation de notre pays, à nous tourner vers la Russie pour une collaboration économique et créer des partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse naturelle de notre pays dans des conditions garantissant notre intérêt national. En ce qui concerne l’Europe, je propose que nous nous arrêtions d’acheter du matériel militaire à l’Allemagne et à la France. Alors que nous ferons tout ce qui est possible pour que l’Allemagne règle les dommages de guerre qu’elle nous doit et qui aujourd’hui atteignent avec les intérêts, les 500 milliards d’euros.

La seule puissance qui puisse réaliser ces changements révolutionnaires est le peuple grec uni dans un énorme Front de Resistance et de Solidarité, pour que soit expulsé de notre pays la Troïka (FMI et les Banques européennes). Parallèlement seront considérés comme nuls et non avenus tous leurs actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats du patrimoine public). Naturellement leurs collaborateurs grecs qui ont déjà été condamnés dans la conscience du peuple comme des traitres, devront être punis.
Je me consacre entièrement à ce but (l’unité du Peuple dans un Front) et je crois que mes efforts seront finalement justifiés. J’ai combattu contre l’occupation hitlérienne l’arme à la main. J’ai connu les donjons de laGestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai survécu comme par miracle. En 1967 j’ai crée lePAM [Front antidictatorial panhéllenique – NdT], la première organisation de résistance contre la junte militaire. J’ai lutté dans l’illégalité. J’ai été pris et emprisonné dans la «boucherie» de la Sûreté de la junte. Au final j’ai tout de même survécu.

Aujourd’hui j’ai 87 ans, et il est probable que je ne survive pas pour voir le salut de ma patrie bien aimée. Cependant je mourrai avec la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin à faire mon Devoirpar rapport aux idéaux de la Liberté et du Droit.

Athènes 12.2.2012

Mikis Theodorakis

http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-mikis-theodorakis-la-verite-pour-la-grece-99841559.html

La nueva estrategia de defensa de EEUU

La nueva estrategia de defensa de EEUU: el último intento por mantener el dominio mundial

Alberto Cruz
CEPRID

El declive del poder de EEUU es imparable. Esta constatación, ya poco cuestionable, se confirma cuando se analizan decisiones de la Administración Obama como la que se ha puesto en práctica el mes de enero de 2012: una nueva concepción de la defensa que desarrolla la Estrategia de Seguridad Nacional de 2010, obsoleta en algunos de sus planteamientos por la rapidez con que se ha movido la geopolítica en estos dos últimos años (de hecho, ahora se reconoce así cuando se afirma que una de las razones que ha llevado a EEUU a adoptar esta medida es la constatación de que “no podemos predecir cómo va a evolucionar el entorno estratégico con absoluta certeza” en los años venideros). EEUU falló en sus predicciones hace dos años y ahora se cura en salud en una sorprendente, por lo atípica, actitud casi autocrítica.
A la hora de hablar de la política exterior de EEUU, cuya base es la ESN, hay que partir de una premisa: el afán de seguir la estrategia diseñada a comienzos de la década de 1950 por Hans Morgentahu, el teórico del llamado “realismo político” en las relaciones internacionales, quien afirmaba que “la política de EEUU, en su lucha constante y perpetua por el poder mundial, tiene que desarrollarse en tres formas: la política de statu quo, la política de prestigio y la política imperialista” (1). Asumida como tal por EEUU después de la II Guerra Mundial se ha mantenido inalterable durante seis decenios, desarrollándose con mayor o menor intensidad una u otra de estas formas tanto durante la etapa de confrontación con la URSS en la guerra fría como los dos decenios en los que EEUU ha ejercido como la única superpotencia mundial tras el desmoronamiento de la Unión Soviética.
Sin entrar en consideraciones académicas, sí cabe mencionar que estos tres ejes de la política exterior estadounidense se han venido poniendo en práctica de forma individual y/o en conjunto siempre que EEUU lo ha estimado necesario, con independencia del inquilino de la Casa Blanca, y con el objetivo explícito de afirmar sus « intereses nacionales vitales » en todo el planeta.
Sin embargo, ahora la situación mundial hace inviable esta histórica aplicación de la política exterior estadounidense. El surgimiento del eje BRICS –especialmente China- y el rechazo a EEUU que se ha hecho visible en las revueltas árabes –por matizado que sea en función de los países-, así como el despertar regional latinoamericano -con iniciativas que aún tienen que cuajar como la CELAC o la UNASUR, pero que demuestran una voluntad de alejarse de su vecino del norte-, deja como único eje sobre el que pivota la dominación mundial de EEUU la política imperialista basada en su superioridad militar. Pero esta, a su vez, se tiene que enfrentar a un declive económico que afectará a medio plazo a la presencia militar estadounidense en todo el mundo, razón por la que ahora EEUU se vuelve un ferviente partidario de la “multilateralidad” y un defensor a ultranza de los organismos multinacionales como la ONU, así como la búsqueda de aliados que secunden su política (bien los países de la OTAN o, ahora, la Liga Árabe).
Enfrentar este declive es lo que pretende la nueva concepción de la defensa que adelantó Obama el 5 de enero y que se ha conocido con detalle en la presentación oficial de la misma el 26 de ese mismo mes. El documento que la recoge no puede tener un título más explícito: “Sustentando el liderazgo global de EEUU: prioridades de la Defensa para el siglo XXI” (2). Pero no es más que un desesperado intento, puede que el último, de mantener el dominio mundial.
Es tradición en EEUU que con cada presidente se impulse una ESN. Eso no quiere decir que se rompa con la de su predecesor puesto que, en muchas ocasiones, no ha sido más que una simple continuidad. Es lo que hizo Obama al llegar a la presidencia. Su primera ESN se promulgó en 2010 (3) aunque se decía claramente que era una ESN “de transición” puesto que la Administración Obama se obligaba a ocuparse “de los problemas y retos contraídos con anterioridad” (es decir, las guerras de ocupación en Irak y Afganistán) antes que a afrontar “los nuevos retos” que aparecían en el horizonte de EEUU. Esos “nuevos retos” eran Rusia, China e Indonesia (por este orden); Oriente Próximo se consideraba “seguro” –la atención preferente se centraba en Irán-, y aparecía una mención algo preocupante a Brasil –como el eje sobre el que iba a pivotar una política latinoamericana más autónoma respecto de EEUU-.
Las revueltas árabes demostraron la errónea apreciación de esa ESN respecto a Oriente Próximo, tal y como se viene a reconocer ahora. Al haberlo considerado “seguro”, EEUU fue pillado claramente a contrapié y tuvo que ir a remolque de lo que le dictaban socios menores –como Turquía y Arabia Saudita (4)- que supieron aprovechar el desconcierto estadounidense y afianzarse como potencias regionales hasta el punto que EEUU aún no ha podido recuperar su papel en esa zona y no es probable que lo haga en los términos en los que había ejercido su poder hasta ahora. Un ejemplo es que por la crisis económica se ve constreñido a reducir de forma significativa la asistencia económica a los nuevos gobiernos (al Egipto de la junta militar sólo le ha podido ofrecer 1.000 millones de dólares). Por el contrario, Arabia Saudita es quien ha tomado el relevo económico en la zona y comprado voluntades con ello (Túnez es el caso más evidente).
De una forma simple, se puede decir que en las relaciones internacionales la riqueza fortalece el poder de una nación y el poder es un medio para incrementar esa riqueza. EEUU no tiene en estos momentos ni una ni otro. La pregunta que se hace casi la totalidad del establishment estadounidense es ¿puede EEUU seguir siendo la mayor potencia mundial, pero sin ejercer la misma influencia que antes disfrutaba? (5). Como ese es el caso, entonces EEUU debe diseñar una estrategia global que reconozca esta nueva realidad. Eso es, ni más ni menos, lo que se intenta con la nueva concepción de la defensa que pretende “adecuar” la ESN de 2010 a los nuevos tiempos. El que se presente en un año electoral como es este 2012 –en noviembre habrá elecciones presidenciales- indica o bien una confianza en la relección de Obama o bien que, al igual que hizo Bush con él, va a hipotecar los primeros años de la administración republicana. Por el momento, e inmersos en una lucha interna por ver quién va ser el contrincante de Obama en las presidenciales de noviembre, los republicanos se han referido a la “nueva” ESN con una ligera protesta al considerar, lisa y llanamente, que no sólo supone una “desinversión” en la industria militar sino una “retirada [del papel] de EEUU en el mundo”.
Europa y Oriente Próximo
Para empezar, la nueva concepción de defensa que desarrolla la ESN de 2010 reconoce la crisis económica por la que atraviesa el país y establece una reducción de 487.000 millones de dólares en el presupuesto destinado a defensa hasta el 2020 y una reducción de 100.000 soldados (80.000 del Ejército de Tierra y 20.000 de la Marina). Al mismo tiempo, se plantea una reducción de gastos en la compra de algunos aviones (a solventar con la modernización de otros como los C-130) o en la partida referente a los “contratistas” y la retirada del servicio operacional de una parte del material bélico, especialmente aviones (100 aparatos C-5A Galaxy y C-130 Hércules). También reducirá (sin cuantificar) el número de armas nucleares estratégicas en lo que parece un guiño a Rusia, que en esta nueva concepción de la defensa aparece ya como el segundo país del que preocuparse y no como el primero, puesto que ahora se otorga a China.
Aunque es real, la reducción en el presupuesto tiene algo de trampa puesto que a raíz de la guerra contra Yugoslavia (1999), más luego las de Afganistán e Irak, el presupuesto de defensa en 2010 prácticamente era el doble que el de 1998. Y es precisamente en la retirada de las tropas de Irak y de Afganistán donde la Administración Obama justifica la reducción: “la pregunta que tenemos que hacernos es qué tipo de estrategia militar necesitamos mucho tiempo después de que las guerras de la última década se hayan terminado”, dijo Obama el 5 de enero. Y añadió: “debemos tener unas Fuerzas Armadas ágiles, flexibles y listas para toda la gama de contingencias y amenazas” (6). Para afrontar estas “contingencias y amenazas” se establecen tres áreas fundamentales para el desarrollo de la nueva estrategia: 1) reducción de las fuerzas convencionales de EEUU en Europa; 2) consolidación de su presencia en Oriente Próximo, y 3) reorientación hacia la zona Asia-Pacífico. Veámoslo con algo más de detenimiento.
1.- La reducción de las fuerzas estadounidenses en Europa es consecuencia de la confirmación oficial del fin de la guerra fría con Rusia. Para EEUU el peligro ya no viene de Rusia en primer lugar (como sí se hacía en la ESN de 2010), sino de China y –en menor medida- de Irán, por lo que hay que reacomodar sus tropas en zonas próximas a estos países. La amenaza principal ya es China -Rusia está rodeada de países de la OTAN y a quien se apunta con el “escudo antimisiles”- por lo que es así como hay que interpretar el establecimiento de una base militar en Darwin (Australia), las negociaciones para reabrir la de Subic Bay en Filipinas, conversaciones en el mismo sentido con Vietnam y Tailandia y el reposicionamiento de gran parte de la flota naval tanto en aguas del Golfo Pérsico como en el Mar Meridional de China y toda la zona próxima a Japón. El pasado 5 de febrero se anunció la modificación del acuerdo vigente con Japón para el “reacomodo” de parte de los 50.000 soldados estadounidenses acantonados en la base de Futenma (Okinawa) en la isla de Guam (7).
Además, el documento menciona en varias ocasiones la importancia que adquiere la OTAN como “ancla de esperanza” de la estrategia global de EEUU en el siglo XXI. Es un hecho desde hace tiempo que el papel de la OTAN ya no está circunscrito a los límites territoriales establecidos en el Atlántico Norte. Su presencia en Afganistán o Libia son una muestra evidente de ello y, también, el acuerdo alcanzado en 2008 al margen de las estructuras de la ONU (directamente con su secretario general, el dócil y sumiso Ban Ki-moon, lo que fue criticado con dureza por Rusia) para que la OTAN asuma el papel que ahora tienen los “cascos azules”. Esta es la razón por la que EEUU se ampara cada vez más en ella para sus intervenciones militares en el extranjero buscando más un sistema de alianzas que imponiendo su clásica actitud unilateralista.
Pero reducción de tropas no es retirada. EEUU está lejos de retirarse de Europa. La reducción es obligada puesto que en Alemania está surgiendo un fuerte componente nacionalista que ve más como un inconveniente que como una ventaja para su papel como potencia regional la presencia militar estadounidense en su suelo. Alemania no participó en la agresión a Libia, por ejemplo. No lo refleja el documento, pero la prensa estadounidense ha justificado la nueva estrategia de defensa en que es conveniente la reducción prevista “porque Alemania quiere ser ella misma” y porque “hay que hacer un gran esfuerzo de imaginación para pensar que Rusia es una amenaza para Europa occidental” (8). Lo que se va a retirar de Europa son sólo dos brigadas de combate, unos 7.000 soldados, todos de Alemania. Y es que en este país hay 54.000 efectivos militares estadounidenses, 11.000 en Italia, 9.400 en Gran Bretaña, 1.500 en España y 68 en Francia, por mencionar sólo a unos cuantos países. EEUU tiene en Europa 80.000 soldados, por lo que la reducción no llega siquiera al 10% del total.
Por lo tanto, y como dice el documento, lo que se propone Washington con esta ESN revisada es “aprovechar una oportunidad estratégica para equilibrar la inversión militar de EEUU en Europa » para que pueda centrarse en el desarrollo de « capacidades de futuro » que son adecuadas para “una época de recursos limitados ». El nuevo mantra es « defensa inteligente ». Por supuesto, “los compromisos de los Estados Unidos con el artículo 5 de la Carta Atlántica”, es decir, el acudir en ayuda de cualquier país de la OTAN si es atacado, “se mantendrán firmes”.
Obsérvese que se menciona la parte occidental de Europa, no la oriental como zona exenta de la “amenaza” rusa. El documento cita a Rusia como el país con el que EEUU seguirá enfrentándose de forma selectiva puesto que señala la “determinación de EEUU de involucrarse en los problemas de seguridad y los conflictos no resueltos en Eurasia”. Es decir, Kazajstán, Uzbekistán, Kirguistán, Tayikistán y Turkmenistán son países que a partir de ahora pasan a ser determinantes para EEUU. Con ello EEUU pretende debilitar el proyecto ruso-chino de crear la Unión Euroasiática, decidido el pasado mes de octubre tras una visita de Putin a Beijing en la que se firmó un acuerdo estratégico entre los dos países que pone fin al poder de Occidente (9). Consciente de esto, Rusia ha decidido no quedarse quieta y el 6 de febrero anunció el reforzamiento de sus bases militares en las repúblicas caucásicas de Abjasia y Osetia del Sur (10).
2.- Siguiendo este hilo argumental sobre Eurasia, la nueva estrategia estima que Al-Qaeda se ha vuelto « menos capaz », pero no obstante, es una organización que se mantiene activa y seguirá siendo una amenaza para los intereses de EEUU y para el « futuro inmediato » dado que tendría “grupos durmientes en Asia y Medio Oriente”. En concreto, el documento menciona a Pakistán, Afganistán, Yemen, Somalia “y otros lugares”, que no especifica, en los que Al-Qaeda estaría presente.
EEUU justifica así su presencia en estas dos regiones del mundo siguiendo la estrategia de Bush de “guerra contra el terrorismo”. El eje entre las dos zonas es Afganistán. En este país la nueva ESN contempla “una mezcla de la acción directa y la asistencia a las fuerzas de seguridad ». Por lo tanto, una importante presencia de las tropas de combate de EEUU y las fuerzas especiales se mantendrán en Afganistán durante un largo tiempo –por lo que hay que relativizar la supuesta retirada de este país- y la amenaza de Al-Qaeda se espera que proporcione la coartada necesaria para que el gobierno colaboracionista de Kabul acepte el establecimiento de bases permanentes de militares de EEUU.
Dado que las revueltas árabes pillaron por sorpresa a EEUU que, hay que reiterar, en 2010 consideraba la zona “segura” para sus intereses, ahora se menciona Oriente Próximo como una zona en la que EEUU se enfrenta tanto a “oportunidades estratégicas como a desafíos”. En las oportunidades están los nuevos gobiernos surgidos tras ellas, a quienes dice apoyar por compartir “los anhelos de los pueblos”; en los desafíos aparecen los “extremistas violentos” y la posibilidad de que se hagan con armas de destrucción masiva. O sea, la misma y burda excusa de Irak o ahora el tema nuclear de Irán. Es por ello por lo que EEUU reforzará la seguridad del Golfo Pérsico “en colaboración con los países del Consejo de Cooperación del Golfo” con una finalidad claramente expresada: “evitar que Irán tenga el arma nuclear y contrarrestar sus políticas de desestabilización”. Aquí no va a mover un solo soldado y, por el contrario, se muestra partidario de aumentar sus bases. Y todo ello se hará al mismo tiempo que mantiene su “firme” compromiso con la defensa de Israel.
Pero dado que en Oriente Próximo hay “agentes no estatales” capaces de desarrollar una “guerra irregular” –una denominación que ha empezado a tomar cuerpo dentro del Pentágono tras la derrota de Israel en la guerra contra Hizbulá en 2006- hay que fortalecer una Fuerza Conjunta capaz de actuar tanto “contra el terrorismo como en una guerra irregular aprendiendo de las lecciones aprendidas en la década pasada”. Y es muy significativo que en todo el documento sólo se mencione uno de esos “agentes no estatales”: el movimiento político-militar libanés Hizbulá, al que se califica de “organización terrorista”.
En todo momento “las fuerzas estadounidenses van a operar, cuando sea posible, con aliados y fuerzas de coalición”. Esta es una de las principales novedades de la nueva estrategia de defensa y ya se está poniendo en práctica con la Liga Árabe.
Asia-Pacífico
3.- La forma de actuación será tanto la clásica -“una campaña de armas combinada en todos los dominios, terrestre, aéreo y marítimo”- como la guerra cibernética. Aquí es donde entra el principal enemigo, China, y el secundario, Irán, a quien por lo que se deduce del documento se le otorga un poder en este campo mucho mayor del que se creía. No en vano, parece haberle hecho mucho daño a EEUU la captura por Irán del avión espía no tripulado de última generación RQ-170 el pasado diciembre cuando recopilaba información en territorio iraní.
Para EEUU hay zonas que pueden serle vetadas a corto y medio plazo. El documento habla de “desafíos” a los que se enfrenta EEUU por parte de “adversarios que utilizan la guerra asimétrica, incluyendo la guerra cibernética y electrónica, balística, misiles de crucero, avanzados sistemas de defensa antiaérea, minería y otros métodos para complicar nuestros cálculos operativos”. Y menciona a dos de esos adversarios: “estados como China e Irán seguirán persiguiendo los medios asimétricos para hacer frente a nuestras capacidades y nuestro poder”.
La mención a la minería como amenaza sólo se entiende si te tiene en cuenta que China es el principal exportador de las denominadas “tierras raras” (controla el 95% del comercio mundial) en las que se han descubierto minerales imprescindibles para la industria más sofisticada. En estos momentos, China mantiene un contencioso legal con la Organización Mundial de Comercio porque este organismo, a instancias de EEUU, la prohibido a China limitar sus exportaciones de estas materias primas en nombre del “libre comercio”. China ha contestado a esta prohibición con una frase lapidaria, “obtener la aprobación de Occidente no es nuestra principal preocupación”, al tiempo que ha hecho una petición expresa para que se renueven las normas bajo las que se rige la OMC: “la OMC no sólo debe defender el libre comercio, sino también permitir a sus miembros a tomar las medidas necesarias para proteger el medio ambiente y los recursos naturales », dice un comunicado oficial del Ministerio de Comercio (11).
Esto es lo que hace que EEUU establezca “la necesidad de requilibrar [su presencia] hacia la región de Asia-Pacífico”. Esta se ha convertido en la prioridad para EEUU, que siente una necesidad de la que depende su hegemonía como superpotencia, la de hacer frente al desafío que le plantea el creciente poder regional y mundial de China. Ya lo dijo Obama en su discurso del 5 de enero: « vamos a fortalecer nuestra presencia en la región de Asia-Pacífico, y las reducciones de presupuesto no serán a costa de esta región crítica ». Por lo tanto, y dado que se reconocen dificultades financieras, si no se va a reducir aquí hay que hacerlo en otro sitio. Esta es la razón del por qué se actúa ahora con Europa como se hace, se deja fuera de juego material militar algo viejo y costoso de modernizar y se hacen guiños a Rusia con el arsenal nuclear.
El documento sobre la nueva estrategia de defensa lo deja bien claro: “los intereses de EEUU están inextricablemente ligados a la evolución del arco que se extiende desde el Pacífico Occidental al Este de Asia en el Océano Índico y el Pacífico Sur”. Y no quedan dudas cuando se lee más abajo que “a largo plazo, el surgimiento de China como potencia regional [no se le reconoce la categoría de superpotencia, aunque ya para el 2018 será la primera economía del mundo, ocho años antes de lo que había predicho Goldman Sachs el año pasado] tendrá el potencial de afectar la economía de EEUU y nuestra seguridad en una gran variedad de formas”. Curiosamente, en paralelo a este documento EEUU anunció que para el año 2018 va a disponer de una base permanente de aviones no tripulados en la zona de Asia. Por una parte, se reduce la parte obsoleta de la fuerza aérea; por otra, se apuesta por las nuevas tecnologías y el uso de aviones no tripulados.
Está clara, por lo tanto, la intención de EEUU de mantener –e incrementar- su presencia militar tanto en el Golfo Pérsico como en el Mar Meridional de China, aunque lo hace arropado con el discurso del libre comercio y de la libertad de navegación: “EEUU continuará ejerciendo su papel global como superpotencia para proteger la libertad de acceso al patrimonio mundial en las áreas que no están dentro de la jurisdicción nacional y que constituyen el tejido conjuntivo fundamental del sistema internacional”. Es decir, el petróleo. El caso del Golfo Pérsico es conocido y no hay que olvidar que en el Mar Meridional hay un contencioso –que está alentando EEUU- entre China y Vietnam por las islas conocidas como Spratly (Truong Sa para los vietnamitas, Nansha para los chinos), bajo cuyas aguas se estima hay ingentes cantidades de petróleo y gas. La idea que subyace de la nueva estrategia de defensa es muy similar a la aplicada durante la guerra fría con la URSS: presencia global y alguna demostración de fuerza para frenar el avance de China.
Además, se permite el lujo de recriminar a China su política militar: “el crecimiento del poder militar de China debe ir acompañado de una mayor claridad de sus intenciones estratégicas con el fin de no causar un enfrentamiento en la región”. Desde luego, las intenciones de EEUU son bastante claras puesto que quiere controlar rutas marítimas vitales y enormes cantidades de petróleo y gas sin explotar aún. Pero los chinos son duros de roer. El Ejército Popular de Liberación ha dicho que “toma nota” de la actitud de EEUU y le ha advertido que se abstenga de continuar por esa línea (12).
El contralmirante Yang Li, geoestratega de la Universidad de Defensa Nacional, ha dicho que lo que pretende EEUU es “socavar la modernización militar de China”. Que no diga un militar es normal, pero cuando ese es el sentimiento general –como se expresa de forma palmaria en un editorial del diario Global Times- y se pide al gobierno chino que “guarde algunas iniciativas estratégicas contra EEUU para contrarrestar su política de contención”, la cosa indica que se está a punto de cruzar la línea roja de lo que puede aguantar China. Pero, por si fuese poco, se pide al gobierno “reforzar las capacidades ofensivas de largo alcance con mayor persuasión militar contra EEUU para que se percate [EEUU] de que no puede detener el ascenso de China y que le convenga más ser su amigo” (13).
Es obvio que China lleva una gran ventaja a EEUU en el ámbito económico (en diciembre el renmimbi (yuan) ha marcado un hito histórico en el cambio respecto al dólar y ya se están realizando transacciones económicas en las que se prescinde del dólar en el comercio exterior chino), pero aún no está en condiciones de alcanzar la prioridad estratégica militar a corto plazo. Sí se está preparando para ello y, en concreto, para asegurar las rutas marítimas para su comercio. Ya cuenta con bases militares en el extranjero (Sri Lanka y Scheylles), ha desarrollado su primer portaviones y el super avión J-20 –el cazabombardero más avanzado del mundo hasta ahora (14)- ya realiza vuelos de prueba a total satisfacción y tiene muy preocupados a los militares estadounidenses porque cuando sea operativo ya no tendrían la aplastante superioridad aérea que tienen ahora.
Alguna reflexión final
El impacto de la nueva estrategia de defensa en los conflictos regionales y la política mundial sólo puede ser evaluado a medio y largo plazo. Hay que ver si la afirmación sobre que la intención de EEUU de “renunciar a la doctrina de contrainsurgencia, invasiones sobre el terreno y operaciones en tierra” que recoge el documento es real o no. Por el acontecer sirio, parece que el estilo de intervención miliar en Irak puede ser descartado al menos mientras dure la crisis económica. Por lo ocurrido en Libia, parece que EEUU ha apostado por sustituir la agresión militar clásica directa e impulsar a la misma a sus socios y subalternos de la OTAN y de la Liga Árabe.
Por lo tanto, si el expediente de Siria sirve como modelo de análisis, aunque se mantenga la presión contra Irán va a ser imposible el cambio de gobierno que alienta EEUU –y sus aliados del Consejo de Cooperación del Golfo- sólo con bombardeos. Si las guerras de Irak y Afganistán han ido muy mal, no es difícil imaginar lo que ocurrirá en un país con una larga historia de resistencia y revolución cuyo sistema de gobierno, además, cuenta con una base social importante por mucho que en Occidente se magnifiquen las expresiones de descontento.
Así pues, no es tan fácil un ataque a Irán aunque el comportamiento de EEUU se parezca cada vez más al de un animal herido y, por lo tanto, se vuelve mucho más peligroso. Primero, porque sea Israel el brazo ejecutor o no, para EEUU sería como morir matando puesto que las consecuencias serían catastróficas no sólo en la zona, sino en todo Oriente Próximo. Segundo, porque tanto Rusia como China están demostrando en el caso sirio que se acabó el mundo unipolar y que la antigua superpotencia y la superpotencia en ciernes tienen mucho que decir en el tablero geoestratégico. Tanto Siria como Irán son sus líneas rojas, Siria para Rusia e Irán para China. Y Siria es la antesala de Irán para Occidente y las monarquías del Golfo. Rusia y China no van a dejar que caigan porque si así fuese estarían tirando piedras contra su propio tejado. Y tras la aprobación de la nueva estrategia de defensa de EEUU tienen muy claro que no hay que hacer ninguna concesión a un enemigo cada vez más débil.
Es tanto en Siria como en Irán donde Rusia y China han decidido escenificar claramente el fin del mundo unipolar y el surgimiento de una nueva era geoestratégica. Vienen a decir que por mucha nueva estrategia de defensa, y por mucho se les amenace, loa situación nunca será la misma antes. El doble veto –por segunda vez- en el Consejo de Seguridad de la ONU marca un hito. Si la primera (octubre) pretendía dejar claro que ni iba a haber otra Libia, la segunda (febrero) muestra una decidida postura geopolítica sobre el futuro de Irán, el control del petróleo en la zona y el combate conjunto por el declive de Occidente a nivel mundial. A EEUU y a sus satélites sólo les queda violar, de nuevo, el derecho internacional. Con la apuesta que se hace, por necesidad, con la “multilateralidad” y la ONU es muy improbable. Hay, por lo tanto, un nuevo equilibrio en la estructura de poder internacional.
La nueva estrategia de defensa de EEUU ya ha provocado un primer efecto: reforzar el acuerdo de cooperación estratégica alcanzado en octubre por Rusia y China. Hasta ahora ambos países se habían mostrado muy comedidos y moderados respecto a Occidente. Pero la expansión de la OTAN y el escudo antimisiles han hecho enfurecer a Rusia y el giro hacia Asia y el Pacífico de EEUU ha tenido el mismo efecto en China. A poco que se mantengan en sus posiciones actuales, muchos asuntos mundiales comenzarán a cambiar. Ya lo están haciendo.
Notas:
(1) Hans Morgentahu: « In defense of the National Interest », American Political Science Review, vol. 66, Nueva York 1952.
(2) http://www.defense.gov/news/Defense_Strategic_Guidance.pdf
(3) http://www.whitehouse.gov/sites/default/files/rss_viewer/national_security_strategy.pdf
(4) Alberto Cruz, “EEUU en declive en Oriente Próximo: potencias medias ponen en duda su supremacía (I, II y III),
http://www.nodo50.org/ceprid/spip.php?article1141
(5) Benjamin Friedman, uno de los principales dirigentes del think tank Cato Institute, 27 de enero de 2012.
(6) BBC, 5 de enero de 1012.
(7) Reuters, 5 de febrero de 2012.
(8) The New York Times, 4 de febrero de 2012.
(9) Alberto Cruz, “La cooperación entre Rusia y China: el nuevo enfoque geoestratégico que pone fin al poder de Occidente”, http://www.nodo50.org/ceprid/spip.php?article1291
(10) Ria Novosti, 6 de febrero de 2012.
(11) Diario del Pueblo, 1 de febrero de 2012.
(12) Xinhua, 1 de febrero de 2012.
(13) Global Times, 5 de enero de 2012.
(14) Alberto Cruz, “China: Ejército, geopolítica y el retorno a Mao”, http://www.nodo50.org/ceprid/spip.php?article1205
Alberto Cruz es periodista, politólogo y escritor. Su último libro es “La violencia política en la India. Más allá del mito de Gandhi””, editado por La Caída con la colaboración del CEPRID. Los pedidos se pueden hacer a libros@lacaida.info o bien a ceprid@nodo50.org
albercruz@eresmas.com

Pour la révolution africaine, dans le sillage de Frantz Fanon

Pour la révolution africaine, dans le sillage de Frantz Fanon

Pour la révolution africaine, dans le sillage de Frantz Fanon
Aziz Salmone Fall
http://pambazuka.org/fr/category/features/78488

Les soulèvements populaires qui ont changé le visage du Maghreb et secoué quelques autres pays africains ont fait entrevoir beaucoup d’espoirs. Mais il faut relire Fanon pour comprendre que les ruptures d’avec les dominations impérialistes, dans toutes leurs formes, requièrent des bouleversements encore plus profonds. A la lumière de Fanon, Aziz Salmone Fall propose une alternative qui consiste au «panafricentrage» comme «processus de conscience politique et historique d’autonomie collective continentale ».

J’ai relu dans l’avion « Pour une révolution africaine » en allant au congrès panafricain de Munich (1) pour me galvaniser et comme me conforter que cette voie est toujours la bonne. « Pour la révolution africaine » sera le sujet de notre table ronde ce 13 Décembre 2011, pour célébrer Fanon. Elle suivra le film que nous projetterons en son honneur.

Les poussées révolutionnaires en Afrique du nord sonnent comme un boomerang de l’histoire et le printemps propagé a saveur d’optimisme. « L’optimisme qui règne aujourd’hui en Afrique n’est pas un optimisme né du spectacle de forces de la nature enfin bénéfiques aux Africains. Cet optimisme n’est pas non plus dû à la constatation chez l’ancien oppresseur de dispositions moins inhumaines et plus bienveillantes. L’optimisme en Afrique est le produit direct de l’action révolutionnaire, politique ou armée-souvent les deux à la fois-des masses africaines». (2)

En revenant récemment de Tunisie et d’Égypte, j’ai pu me rendre compte certes que derrière cet optimisme la route est longue ; que ces avancées peuvent très bien ne pas accoucher de révolution, tellement le culturalisme, l’intégrisme et l’impérialisme peuvent l’infléchir. J’ai noté aussi combien les forces progressistes y sont encore fragiles et incapables de diriger le mouvement historique. C’est aussi le cas du Congo qui demeure, comme l’avait prédit Fanon, la gâchette de l’Afrique, et qui au lieu de tourner la violence contre l’impérialisme, se fait violence. Ce Congo, scandale géologique qui a connu ce que Fanon redoutait le plus et dont les millions de morts, sacrifiés sur l’autel de nos modes de consommation post-modernes et de nos zizanies entretenus par un capitalisme tronqué, supplient, par leur tragédie, l’Afrique de s’unir. Fanon a encore raison, il nous faut parachever les avancées amorcées en Afrique du Nord et pousser l’Afrique vers l’émancipation totale.

Il n’y a pas que les Maghrébins et les Congolais qui doivent lire ou relire « Pour la révolution africaine », mais toutes les Africaines et tous les Africains. C’est un recueil de textes politiques, de journal de bord et de lettres de Frantz Fanon publiés initialement chez Maspero. Il couvre une ère allant de sa jeunesse avec « Peau noire, masques blancs » (1952) à celle des Damnés de la terre (1961), année de sa disparition. Synthèse entre lutte anti-impérialiste et lutte de classes, cet ouvrage est une lecture de l’évolution coloniale et des pièges de la décolonisation. Il a permis à Fanon l’introspection, la compréhension de l’aliénation et de la dépersonnalisation du colonisé, ainsi que du racisme sous toutes ses formes. Fanon y a illustré la nécessité, pour le colonisé, de prendre en compte sa psyché et d’organiser la riposte. L’univers dépeint y montre que le monde du colonisé est le miroir brisé, à tous les niveaux, des oppressions et des aliénations du colonisateur et que la libération nationale passe par la libération individuelle. Alliant sa pratique de psychiatre à celle d’homme engagé dans la guerre d’Algérie, il y interpelle ses camarades de gauche, et urge ceux du continent à s’unir sur une base révolutionnaire et panafricaine.
Au GRILA (3), durant ces 25 ans, nous avons prôné la libération totale de l’Afrique dans l’acception de Fanon dont l’analyse demeure pertinente et toujours actuelle pour le panafricanisme. En d’autres mots, il nous interpelle encore sur quelle transformation sociale dans l’ère post-coloniale ?
En ce 21ème siècle, le panafricanisme est à la croisée des chemins alors que notre continent est assailli par l’impérialisme sous des formes renouvelées et complexes.
J’appelle supraimpérialisme la forme particulière que fait prendre le néolibéralisme au segment des oligopoles financiarisés qui s’est reproduit durant les trois dernières décennies. Ses contradictions le poussent à intensifier le mode de production et de consommation prédateur malgré l’impasse à laquelle il la voue. La contradiction la plus aigue du système se jouera entre les Centres (Etats Unis, Japon, Europe) en déclin et les formations sociales émergentes, dont le peloton de tête – les BRICS peuvent autant revigorer le capitalisme qu’hâter les chances de sa restructuration dans une autre direction. Cela à condition qu’elles optent pour un sursaut autocentré et un monde plus polycentrique. Les intérêts de classe de leurs dirigeants et ceux de leurs peuples seront déterminants à cet égard, et le cas de l’Afrique du Sud à lui seul en est un microcosme.
L’Afrique, qui pourtant contribue tant à la croissance mondiale reste, pour l’essentiel de ses formations sociales, encore enfermée dans l’économie de rente de la vieille division internationale du travail. Cet ordre rime davantage avec l’Afrique des ressources désormais bradées par des firmes transnationales et des gens d’affaires locaux peu soucieux de la condition et du devenir des Africaines et Africains. La stratégie de contrôle militaire des forces de l’impérialisme sur nos ressources et nos résistances ne s’estompera pas.
Mais Fanon nous avait bien mis en garde : «L’Afrique sera libre. Oui, mais il faut qu’elle se mette au travail, qu’elle ne perde pas de vue sa propre unité. C’est dans cet esprit qu’avait entre autres, été adopté l’un des points les plus importants du premier congrès des peuples africains à Accra en 1958. Les peuples africains, était-il dit dans cette resolution, s’engagent à constituer une milice qui sera chargée d’appuyer les peuples africains en lutte pour leur independance». (4)
En lieu et place, tétanisée et divisée notre population a assisté, après tout un 20e siècle de brutales interventions impérialistes, à un 21e siècle qui augure des mêmes invasions. Cette année 2011 nous a gratifié de quelques 14000 sorties de bombardements des avions de combat de l’OTAN sur des cibles souvent civiles en Libye , la recolonisation néo-coloniale de la Côte d’ivoire et l’extension rampante de l’AFRICOM sous divers prétextes dans le rang de nos armées et territoires.
«Si les expéditions coloniales obéissent à un schéma donné et connu – nécessité de faire régner l’ordre chez les barbares, protection des concessions et intérêts des pays européens, apport généreux de la civilisation occidentale -, on n’a pas suffisamment montré la stéréotypie des moyens utilisés par les métropoles pour s’accrocher à leurs colonies». (5) En réalité, la barbarie est secrétée par l’extension obstinée du capitalisme en crise. De surcroit, il jouera la contre-révolution devant chaque avancées de nos luttes. Partout, il suscitera des compromissions à laquelle succomberont des forces social-démocrates et même de gauche radicale, au nom de la peur de s’opposer à une confrontation inégale. Il n’y a pourtant plus rien à réformer.
La coopération internationale, la Déclaration de Paris et son efficacité de l’«aide», ainsi que les élans bilatéraux contrits ne trompent plus personne. L’instrumentalisation des instances multilatérales est encore plus prononcée qu’au siècle dernier. Le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC ont été préservés, malgré leur désuétude et en dépit de leur échec patent, en instruments de reproduction de l’ordre international. Pourtant ce dernier est désormais transcendé par un ordre transnational où le rôle des grandes corporations comme des grandes lignes de fractures culturalistes et civilisationnelles ne peut être régulé par le G20. Cette instance assure la gouvernementalité mondiale sans en avoir le mandat. C’est l’ONU qui en a avait le mandat, mais elle a été transformée en chambre d’enregistrement des desiderata de l’OTAN et des nouveaux outils comme le droit d’ingérence humanitaire, la responsabilité de protéger, qui ont encore écartelé le droit international aux bénéfices stratégiques des plus puissants.
Ce que Fanon disait à propos de la mise sous séquestre du Congo résonne encore. «Le tort de Lumumba a été alors, dans un premier temps, de croire en l’impartialité amicale de l’ONU. Il oubliait singulièrement que l’ONU dans l’État actuel n’est qu’une assemblée de réserve, mise sur pied par les grands, pour continuer, entre deux conflits armés, la ‘’lutte pacifique’’ pour le partage du monde»… «Notre tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas». (6)
Plus que jamais l’impératif révolutionnaire apparait pertinent et les avancées ouvertes par la chute de l’apartheid et les récents renversements des autocraties séniles en Afrique du Nord doivent être poursuivies. En ce sens s’est substituée, à la lutte coloniale de l’ère de Fanon, la lutte contre le néocolonialisme et les forces retrogrades. Autant les forces compradores que des pans entiers de nos sociétés aliénées et désorientées par les mirages du capitalisme. «La solidarité interafricaine doit être une solidarité de fait, une solidarité d’action, une solidarité concrète en hommes, en matériel, en argent». (7)
L’Union africaine qui a supplanté l’OUA apparaît pour nombre de nos concitoyens comme une institution éloignée de leurs préoccupations concrètes, comme un syndicat de chefs d’États qui n’a pas les moyens de ses politiques. La Libye était le seul pays non endetté d’Afrique. L’assassinat de Khaddafi occasionne une saignée financière pour l’Union Africaine qui a si malencontreusement été dépendante des fonds libyens. La Libye avait fini par payer le tiers des finances d’opération de l’organisation, puisque nombre de pays ne cotisaient plus. En fait, avec elle, l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Egypte assument chacun un peu moins de 15% des dépenses. Au delà de cette singularité gênante, comment ne pas déplorer que ces pays africains ne contribuent qu’en moyenne pour 8% au budget de l’Union Africaine dont 92% du financement relèverait de partenaires et de bailleurs étrangers. Jean Ping reconnait que ce serait plutôt 77% qui provient de financements extrafricains. (Officiellement le budget de l’Union africaine pour 2011 avait été prévu comme 256 millions 754 447 dollars, dont 122 millions 602 045 des Etats membres et 134 millions 152 402 des bailleurs internationaux).

Il n’y a pas que les fonds qui posent problème. Le débat sur la nature du panafricanisme concret à construire n’y est toujours pas amorcé. Le manque de volonté politique y est patent, et le Groupe de Monrovia qui a symboliquement pris le dessus sur le Groupe de Casablanca y domine les esprits. L’essentiel des orientations, si d’aventure elles peuvent être progressistes, s’avèrent inopérationnelles. Les instances de l’organisation en sont encore à croire à la faisabilité du NEPAD, un projet peu viable laissé à la discrétion des occidentaux, dont nous avions dès son lancement au G8 de Kananaskis démontré l’impasse pour le continent . (8) Aujourd’hui, Fanon pourrait déplorer que l’Afrique n’a toujours pas de développement continental et c’est pourquoi nous l’encourageons dans ce sens en proposant l’alternative du panafricentrage . (9)
Le panafricanisme gagnerait en effet à être infléchi vers deux impératifs que suggère le panafricentrage. La reconstitution de son africanité et un renouveau progressiste pour maîtriser l’accumulation et développer nos forces productives. Tous deux doivent revenir sur la question du progrès, de la modernité et donc du développement et lui déterminer d’autres impératifs homéomorphes (c’est à dire qui tiennent compte de leur équivalent local). L’africanité comme le renouveau panafricain pourraient être axés sur l’équilibre de la “maat” et de l’internationalisme. En d’autres mots, les racines fécondes qui permettent un avenir harmonieux pour l’Afrique et sa diaspora. Renouer sans passéisme narcissique avec nos racines communes, les regénérer scientifiquement après les assauts historiques ayant mené à l’amnésie et l’apathie. La redynamisation du panafricanisme passé par d’autres urgences.
Ainsi le moment est venu de lancer une conférence internationale et panafricaine sur l’accaparement des terres africaines, surtout les terres agricoles, à l’instar de celle l’avocat trinidadien Henry Sylvester Williams qui, en lançant en 1900 un événement consacré à cet enjeu, impulsa le panafricanisme. L’oeuvre des W.E.B Dubois, Marcus Garvey, Lamine Senghor, Garan Kouyate, Price Mars C.L.R James, Casely Hayford, Alioune Diop et de Présence africaine dès 1947, propulseront les congrès et projets panafricains. Leurs legs comme ceux de leurs successeurs à l’instar de Lumumba, Ben Barka, Fanon, Nkrumah, Cabral, Sankara. Rosa Parks, Sankara, Makonnen, Malcom X, Booker T Washington, Kenyatta, Diop, Rodney, Mandela,… ces ancêtres de l’avenir, nous servent encore de phare.
La reconstitution du panafricanisme révolutionnaire permet non seulement une critique de l’africanisme occidentalocentrique, mais aussi une relecture sans complaisance et surtout objective et historique de l’Afrique et son apport à l’avènement du système monde. Ceci passe par la pleine reconnaissance de l’origine monocentrique de l’humanité qui annihile toute forme de racisme et d’eugénisme, par le rétablissement de l’antériorité de civilisations négro-africaines de l’antiquité et de la contribution de celles-ci, comme des celles des périodes traditionnelles subséquentes, à l’édification des systèmes monde. C’est aussi la compréhension de la manière dont l’Afrique a servi la périphérie de l’Europe, c’est à dire les Amériques, avant de devenir elle-même la périphérie du capitalisme. Elle est toujours dans cette condition qui la maintient dans une injuste et désuète division internationale du travail, qui se perpétue désormais avec des dynamiques endogènes prédatrices. L’UNICEF semble impuissante à éviter qu’environ 29 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour – 21 toutes les minutes -, principalement de causes qui auraient pu être évitées» ; un enfant sur 8 meurt donc en Afrique avant l’âge de 5 ans. (10)
«Nous Africains disons que depuis plus de 100 ans la vie de 200 000 000 d’Africans est une vie au rabais, contestée, une vie hantée perpétuellement par la mort. Nous disons que nous ne devons pas faire confiance dans la bonne foi des colonialistes, mais que nous devons nous armer de fermeté et de combativité. L’Afrique ne sera pas libre par le développement mécanique des forces matérielles, mais c’est la main de l’Africain et son cerveau qui déclenchent et mèneront à bien la dialectique de la libération du continent». (11) Personne ne sauvera notre peuple à notre place, et nous serons bientôt 1 milliard dont les 3\4 vivent la condition décrite 50 ans plus tôt.
La nécessité du renouveau passe par la lutte contre l’amnésie quasi collective de l’Histoire concrète de l’Afrique et de sa diaspora, mais surtout par le sursaut nécessaire tirant les leçons des luttes anti-impérialistes et de la décolonisation ; des indépendances négociées et des luttes de libération nationale et surtout de l’échec du panafricanisme institutionaliste. C’est admettre le caractère toujours inachevé de la libération totale de l’Afrique et de ses diasporas.
Ceci suppose une réorganisation hardie des forces du changement, notamment notre jeunesse qui, malgré sa capacité d’indignation et de réaction, a vécu plus deux décennies de dépolitisation et de désaffection politique. Ce phénomène fut autant entretenu par nos États désengagés de l’économie, fonctionnant sous procuration des institutions de développement, que par la réduction du champ de vision de nombre de nos partis politiques englués dans les scenarii de factices démocraties pluralistes et de sociétés civiles cooptées. Nous sommes astreints à un impératif et immense effort de stratégies et d’unité, mais aussi de sens de l’introspection, du respect de soi et des autres. Dans cet élan où beaucoup souhaiteraient étiqueter le panafricentrage comme une des doctrines africaines, je précise que afrocentré ou afrocentricité doivent être préférés à afrocentrisme. Afrocentrisme comme eurocentrisme sont justement les formes de culturalismes et autres intégrismes qu’il faut critiquer et dépasser et qui demeurent des impasses.
Le panafricentrage se propose plutôt d’être une doctrine puisant dans des racines réactivées. Le panafricentrage s’articule, d’une part, autour d’une philosophie qui prône la « maa’t » (au sens d’équilibres cosmique, terrestre et personnel, de vérité et de justice sociale) et la redécouverte de nos schémas historiques socioculturels et politiques de régulation. Il repose, d’autre part, sur une praxis d’intégrité menant à un progrès autocentré panafricain internationaliste, non sexiste et écologique pour une contribution à un monde polycentrique.
C’est un historique « matérialisme », partant des conditions historiques d’existence matérielle des Africains et Africaines, appréhendant leur processus de transformation et de reproduction afin d’atteindre une praxis révolutionnaire. Il incombe aux masses laborieuses et aux intellectuels organiques de l’Afrique et de la diaspora de forger cette alternative contre les phases prédatrices de mondialisation qui n’autorisent que des options compradores et leurs chimériques intégrations continentales. Il nous faut apprendre à endurer et contrer l’oppression en multipliant et en canalisant des milliers de réseaux et ramifications qui vont dans le sens de cet élan panafricain.
Le panafricentrage c’est le processus de conscience politique et historique d’autonomie collective continentale favorisant, par une rupture sélective avec le capitalisme dominant, la maîtrise de l’accumulation, son équitable redistribution. Il promeut la revalorisation de la valeur d’usage et de nos solidarités, un renouveau socioculturel permettant à l’Afrique d’apporter sa contribution active à notre ère.
De plus en plus, les conditions de l’éveil révolutionnaire se précisent. D’abord du fait de la crise financière mondialisée, des fermetures des archipels de prospérité aux migrations de nos jeunesses désabusées, de l’exaspération qui touche désormais plus que les classes les plus pauvres et à laquelle se mêle le désespoir qui restreint les champs d’horizon embrumés par l’automne de modèles capitalistes séniles et prédateurs. Enfin, il y a un espoir, les percées de l’aube que laissent entrevoir les avancées révolutionnaires timidement amorcées par ci et par là sur le continent. L’espace nous manque, mais illustrons par une dimension.
POUR UNE URGENTE STRATEGIE AGRICOLE AUTOCENTREE
Les dispositifs de recolonisation néolibérale doivent être inlassablement combattus, autant dans l’accaparement des terres, les cultures commerciales prédatrices que dans l’introduction d’OGM. Un des champs de combat est l’enjeu alimentaire mondial, et pour l’Afrique cet enjeu est capital alors que de plus en plus de ses terres sont bradées et que le problème alimentaire y demeure chronique. La production alimentaire mondiale actuelle pourrait nourrir la planète, mais l’essentiel des céréales – 40% – sert de fourrage concentré au bétail qui nourrit de viandes les plus nanties. Aussi la FAO préconise-t-elle de doubler la production alimentaire d’ici l’an 2050. En attendant, la hausse du prix des denrées expose à la famine plus d’un milliard de personnes et enclenche le cycle d’émeutes de la faim. Le développement autocentré exige une réforme agraire et l’autosuffisance alimentaire. Il nous faut des modes agraires organiques et des technologies appropriées. Il s’agit de produire et de transformer, en amont et en aval d’une agriculture la plus organique possible et en fonction d’une autre loi de la valeur (équilibre revenu rural/urbain, stratégie de plein emploi, prix de production et de transformation, etc.). Le projet a la forme d’autocentrage collectif (collective self reliance), c’est à dire de permettre l’échange de produit entre les zones et des péréquations entre zones excédentaires et déficitaires. La productivité dans tous les domaines d’activités peut être spectaculaire, tout en y générant le plein emploi dans les étapes de préparation et de transformation de l’agriculture.
Une utilisation bio-organique de l’agriculture ne recourt plus à des intrants chimiques et recycle tous ses déchets. Il y est facilement envisageable du biogaz qui assainit les villages et les villes tout en fournissant l’énergie et aussi couplé à de l’énergie solaire pour combler les besoins énergétiques des communautés. Les métiers qui préparent l’agriculture et ceux qui la transforment fixent des populations qui échappent à l’exode rural, parce que dotées de meilleur revenu et d’une qualité de vie. L’agriculture biologique (biomasse, assolement, percolation, pesticides verts, etc.) est faussement décrite comme moins productive par des industriels de pesticides et d’engrais chimiques et de biotechnologies. Une meilleure concentration professionnelle à l’hectare est possible avec ce modèle intensif intégré préservant l’environnement attenant et une durabilité des écosystèmes arables. Nous prônons donc un développement endurable et non un développement durable. Il est au cœur de la construction d’un marché intérieur de biens de consommation de masse axé sur nos produits et des importations sélectivement tournées sur nos besoins essentiels.
Mais là comme ailleurs, plusieurs obstacles demeurent pour l’avènement d’un panafricentrage. Identifions sommairement des horizons stratégiques imminents conditionnant les luttes de l’Afrique et de sa diaspora à venir et susceptibles de les faire triompher avec l’aide d’internationalistes du Nord :
• L’autosuffisance alimentaire, la réforme agraire, la modernisation agricole au rythme de chaque société ; l’avènement de marchés de biens de consommation de masse, pour la satisfaction des besoins essentiels.
• La nationalisation des ressources dans une perspective de participation citoyenne et patriotique.
• L’industrialisation légère complémentant l’agriculture et le rééquilibrage du revenu ville/campagne.
• L’intégration régionale et continentale accélérée par complémentarité et péréquation.
• Miser sur des brevets et une technologie à notre portée et moyens.
• Banque centrale, monnaie continentale, Parlement bi ou tricontinental sur les grands enjeux de développement et de sécurité.
• Armée continentale et brigade civile de prévention des conflits et de reconstruction post-conflits.
• Coopération tricontinentale contre la spéculation avec des internationalistes du Nord qui partagent la lutte contre l’impunité, l’enrichissement illicite et l’atteinte aux droits de la personne.
• Lutter collectivement pour refuser de payer la dette ; décrocher des programmes de plafonnement de la pauvreté et peser pour réformer les institutions internationales et pour une coopération internationaliste plafonnée à 0,7 % et non liée.
• L’émancipation totale des femmes et le changement des mentalités masculines.
• La repolitisation démocratique des masses et leur auto-organisation contre l’impérialisme, les régimes compradors et les comportements anti-progressistes.
La participation active des jeunes aux mécanismes de décision et d’exécution socio-politiques.
• Décrypter les comportements irresponsables consuméristes et ostentatoires et redécouvertes des schémas de solidarité.
• Sauvegarder les ressources naturelles et environnementales, par un comportement civique et écologique.
• Organiser les forces de la diaspora progressiste et les forces vives du continent vers le panafricentrage.
• Organiser le retour des diasporas africaines volontaires des Amériques et d’ailleurs.
• Œuvrer pour un monde humaniste progressiste et polycentrique et la préservation des «biens» communs par un développement responsable et populaire.
Nul ne peut prédire l’issue des luttes,et le futur proche résultera des bouleversements dans les rapports de forces socio-politiques, économico-culturels, entre genres et entre générations. Il s’agit, entre-temps, de consolider les acquis, d’élargir le champ d’une réponse sociale humaniste progressiste et si possible socialiste contre le modèle unilatéral du marché et son apartheid mondial.
Lucidement aborder notre futur sans nostalgie passéiste et compromissions.
Or les exigences d’un tel avènement passent pas la concrétisation, à l’échelle des formations sociales, de réformes sociales majeures, voire des projets de société viables. Ceci ne me semble pas possible en dehors d’un effort de désengagement sélectif et d’autocentrage anticapitaliste et surtout de soutien réciproque par l’intégration collective de ceux qui optent pour une telle alternative. L’option de forces nationales populaires et démocratiques d’Afrique (Etats et peuples) dans une dynamique de type panafricentrage contre la logique de compradorisation serait capable de structurer, en concertation et cohésion, une riposte pour la défense d’un tel projet , voire l’avènement d’un autre monde.
«L’Afrique doit être libre, a dit le Dr N’krumah dans son discours inaugural, nous n’avons rien à perdre que nos chaînes et nous avons à conquérir un continent immense. À Accra les Africains se sont jurés fidélité et assistance.»
A luta continua. Amandla Ngawethu ! Uhuru !
* Aziz Salmone Fall est politologue, membre du GRILA et Coordonnateur de la Campagne Internationale Justice pour Sankara
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NOTES
1) http://www.panafrikanismusforum.net/start.fr.html et Conférence sur le Panafricentrage : http://vimeo.com/31803004
2) Fanon Frantz, Pour la révolution africaine, FM/Petite collection Maspero, Paris, 1978, p 172
3) http://www.grila.org
4) Fanon Frantz, ibid, p 175
5) ibid p 54
6) ibid p 194-195
7) ibid p 175
8) GRILA, Critique annotée des 200 points du NEPAD, http://www.grila.org
9) http://www.azizfall.com/ressources.html
10) UNICEF’ http://www.unicef.org/french/mdg/childmortality.html
11) Fanon, op cit p175
12) Fanon, op cit p 159