Michel Chossudovsky. Articles. Libye. Syrie. Al Qaeda.Occupy Wall Street

Mondialisation.ca, Le 10 janvier 2012
SYRIE: Les Forces spéciales britanniques, la CIA et le MI6 appuient l’insurrection armée.
Une intervention de l’OTAN est envisagée.

par Michel Chossudovsky

Plusieurs articles dans les médias britanniques confirment que les Forces spéciales britanniques (UKSF) entraînent les rebelles syriens.

Le modèle sous-jacent est similaire à celui de la Libye où les Special Air Services (SAS) britanniques étaient sur le terrain avant le lancement de l’intervention militaire de l’OTAN.

Une intervention de l’OTAN, calquée sur celle de la Libye, est envisagée en vertu de la responsabilité de protéger (R2P). L’Armée syrienne libre (ASL) est une création paramilitaire de facto de l’OTAN.

Les reportages confirment que des agents de l’armée et du renseignement sont déjà sur le terrain en Syrie :

Il ya de plus en plus de rumeurs indiquant que les Forces spéciales britanniques assistent d’une manière quelconque les forces alignées contre le régime syrien.

Des reportages de la fin novembre de l’an dernier mentionnent que les Forces spéciales britanniques ont rencontré des membres de l’Armée syrienne libre (ASL), le bras armé du Conseil national syrien. Le but apparent de ce contact initial était d’établir la puissance des forces rebelles et d’ouvrir la voie à toute forme future d’opération d’entraînement.

Des reportages plus récents ont indiqué que des Forces spéciales britanniques et françaises ont entraîné activement des membres de l’ASL sur une base en Turquie. Certains reportages mentionnent qu’un entraînement a lieu également en Libye et au nord du Liban. Des agents du MI6 britannique et du personnel de l’UKSF (SAS/SBS (Special Boat Service)) auraient entraîné des rebelles pour le combat en zone urbaine et leur auraient fourni des armes et de l’équipement. Des agents de la CIA et des forces spéciales des États-Unis apporteraient de l’aide aux rebelles dans le secteur des communications. (British Special Forces Training Syrian Rebels?, Elite UK Forces, 5 janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.)

Ces reportages confirment sans équivoque une interférence étrangère dans les affaires d’un État souverain.

Il ne s’agit pas d’une révolte populaire.

L’insurrection ainsi que les meurtres de civils ont été commandités dès le début par des puissances occidentales.

Des agents des États-Unis, du Royaume-Uni et de la Turquie fournissent des armes aux rebelles, en violation du droit international. Des reportages confirment que les rebelles sont des tireurs qualifiés et des membres d’organisations associées à Al-Qaïda.

La Grande-Bretagne se prépare à un combat en Syrie qui pourrait être plus important et plus sanglant que la bataille contre Kadhafi. Le ministre de la Défense dresse des plans secrets pour une zone d’exclusion aérienne sous l’égide de l’OTAN, mais celle-ci doit d’abord être appuyée par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Alors que les troubles et les tueries s’intensifient au sein de l’État arabe en crise, un représentant de la sécurité a révélé que des agents du MI6 et de la CIA sont déjà en Syrie pour évaluer la situation.

Des forces spéciales discutent également avec des soldats dissidents.

Ils veulent savoir de quelles armes et de quels instruments de communications les forces rebelles auront besoin si le gouvernement décide de les aider.

Une source bien placée a affirmé : « Le MI6 et la CIA sont en Syrie pour infiltrer et connaître la vérité. ».

« Nous avons les SAS et les SBS qui ne sont pas très loin. Ils veulent savoir ce qui se passe et se renseignent sur l’équipement dont les soldats dissidents ont besoin. (Deborah Sherwood, Syria will be bloodiest yet, Daily Star, 1er janvier 2012. C’est l’auteur qui souligne.))

Article original en anglais publié le 7 janvier 2012 : SYRIA: British Special Forces, CIA and MI6 Supporting Armed Insurgency. NATO Intervention Contemplated

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
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Mondialisation.ca, Le 2 janvier 2012
L’Iran face à une attaque à l’arme nucléaire : « Aucune option n’est écartée »
par Michel Chossudovsky

« Lorsqu’une guerre nucléaire sous l’égide des États-Unis devient un “instrument de paix” toléré et accepté par les institutions internationales et les plus importantes autorités, dont les Nations Unies, il n’y a pas de retour en arrière : la société humaine a été précipitée la tête la première et de manière indélébile sur la voie de l’autodestruction. » (Towards a World War III Scenario, Global Research, mai 2011)

Le monde est à un carrefour dangereux. Les États-Unis sont sur le sentier de la guerre.

La Troisième Guerre mondiale n’est plus un concept abstrait.

Les États-Unis et leurs alliés se préparent à lancer contre l’Iran une guerre nucléaire aux conséquences dévastatrices.

Cette aventure militaire, dans le vrai sens du terme, menace l’avenir de l’humanité.

Le modèle militaire mondial du Pentagone en est un de conquête du monde.

Le déploiement militaire des forces des États-Unis et de l’OTAN a lieu simultanément dans plusieurs régions du monde.

Les prétextes de guerre et les « justifications » abondent. L’Iran est présenté comme une menace pour Israël et le reste du monde.

La guerre contre l’Iran est sur la planche à dessin du Pentagone depuis plus de huit ans. Récemment, une nouvelle série de menaces et d’accusations ont été proférées à l’endroit de Téhéran.

Une guerre non déclarée («war of stealth») a déjà débuté. Des agents de renseignement du Mossad sont sur le terrain. Des formations paramilitaires clandestines sont envoyées en Iran et des drones de la CIA sont déployés.

Pendant ce temps, Washington, Londres, Bruxelles et Tel-Aviv ont lancé des initiatives de déstabilisation spécifiques visant à « étouffer l’Iran sur le plan diplomatique, économique et financier » .

Un régime de sanctions accru a été formulé par le Congrès des États-Unis :

« “[U]n consensus bipartite a émergé à Washington en faveur de l’étranglement de l’économie iranienne.” Celui-ci consiste à introduire “un amendement au projet de loi sur l’autorisation de défense de 2012, conçu pour anéantir l’économie iranienne […] en rendant la vente de son pétrole pratiquement impossible pour Téhéran”. » (Tom Burghardt, Target Iran: Washington’s Countdown to War, Global Research, décembre 2011.)

Cette nouvelle vague de battage diplomatique accouplée à la menace de sanctions économiques a également contribué à déclencher une aura d’incertitude dans le marché du pétrole brut, ce qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour l’économie mondiale.

Entre-temps, les entreprises médiatiques se sont lancées dans une opération renouvelée de propagande relative au présumé programme nucléaire iranien en soulignant des « activités possiblement liées à l’armement ».

Dernièrement le président Barack Obama a rencontré Ehoud Barak, le ministre israélien de la Défense, en privé, derrière des portes closes (le 16 décembre), fait à peine cité par les médias étasuniens. La réunion s’est tenue en périphérie de Washington D.C., à l’hôtel Gaylord de National Harbor dans le Maryland, sous les auspices de l’Union for Reform Judaism.

Barack rencontre Barak, Barack Obama et le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak. 16 décembre 2011 à la Plénière biennale de l’URJ à l’hôtel Gaylord de National Harbor. (Photo de la Maison-Blanche.)

On ne peut pas sous-estimer l’importance de cette réunion privée à ce moment opportun sous les auspices de l’URJ. Des reportages suggèrent que cette rencontre était largement axée sur la question d’une attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

Dans un texte du Haaretz, l’analyste politique Amir Oren a décrit cette réunion comme un « feu vert » donné à Israël pour lancer une guerre totale contre l’Iran :

Se pourrait-il que dans l’histoire d’Israël on se souvienne de la réunion d’une demi-heure vendredi dernier entre le président des États-Unis et le ministre de la Défense Ehoud Barak à l’hôtel Gaylord de National Harbor comme du moment où Barack O. a donné le feu vert à E. Barak pour attaquer l’Iran, pour le meilleur ou pour le pire? […] Peut-on voir cela comme un flashback des pourparlers entre le ministre de la Défense Ariel Sharon et le secrétaire d’État étasunien Alexander Haig à Washington en mai 1982 et ayant donné l’impression (erronée) à Israël qu’il y avait une entente avec les États-Unis pour entrer en guerre avec le Liban […] (No sign U.S. has given Israel green light to strike Iran – Haaretz Daily Newspaper | Israel News)

Après cette rencontre privée, Obama s’est adressé à la Plénière biennale de l’Union for Reform Judaism et a rassuré son public en leur affirmant que la « coopération entre nos armées [et nos services de renseignement] n’a jamais été si forte ».

Obama a souligné que l’Iran constitue une « menace à la sécurité d’Israël, des États-Unis et du monde entier […] » Ila ajouté : « C’est pour cela que notre politique est très claire : nous sommes déterminés à empêcher l’Iran de se procurer des armes nucléaires […] Et c’est pourquoi […] nous avons imposé les sanctions les plus complètes et percutantes que le régime iranien ait jamais affrontées […] Et, rassurez-vous, c’est pour cette raison que nous n’écartons aucune option. » (Transcription de la vidéo du discours du président Obama devant l’Union for Reform Judaism le 16 décembre 2011: Discours à la Biennale de l’URJ, 71e Assemblée générale. C’est l’auteur qui souligne.)

Vers une attaque « coordonnée » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran?

Durant les dernières semaines, les tabloïds étasuniens ont été littéralement couverts de déclarations d’Hillary Clinton et du secrétaire à la Défense Leon Panetta : « aucune option n’est écartée ». Panetta a toutefois indiqué qu’« Israël ne devrait pas envisager d’action unilatérale contre l’Iran », tout en soulignant que « toute opération militaire d’Israël contre l’Iran doit être appuyée par les États-Unis et coordonnée avec eux ». (Déclaration de Leon Panetta le 2 décembre au Saban Center, cité dans U.S. Defense Secretary: Iran could get nuclear bomb within a year – Haaretz, 11 décembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

La menace d’une guerre nucléaire contre l’Iran

La déclaration « aucune option n’est écartée » indique que les États-Unis envisagent non seulement une attaque contre l’Iran, mais aussi que cette attaque pourrait inclure l’utilisation d’armes nucléaires tactiques antiblockhaus ayant une capacité explosive allant de trois à six fois celle d’une bombe d’Hiroshima. Ironie cruelle du sort, pour riposter contre le programme d’armement nucléaire inexistant de l’Iran, on envisage d’utiliser contre lui ces bombes nucléaires « humanitaires » et « pacificatrices » « fabriquées aux États-Unis », lesquelles, selon des « avis scientifiques » d’experts sous contrats avec le Pentagone, sont inoffensives pour les populations civiles environnantes.

Alors que l’Iran ne possède pas d’armes nucléaires, on mentionne rarement que cinq « États (officiellement) non nucléarisés », incluant l’Allemagne, la Belgique les Pays-Bas, l’Italie et la Turquie, possèdent des armes nucléaires tactiques fabriquées aux États-Unis et déployées sous commandement national sur leurs bases militaires respectives. On prévoit utiliser cet arsenal nucléaire contre l’Iran.

Le stockage et le déploiement de B61 tactiques dans ces cinq « États non nucléarisés » visent des cibles au Moyen-Orient. Conformément à des « plans de frappe de l’OTAN », ces bombes B61 antiblockhaus thermonucléaires seraient lancées contre la Russie ou des pays du Moyen-Orient comme la Syrie et l’Iran (cité dans National Resources Defense Council, Nuclear Weapons in Europe , février 2005. C’est l’auteur qui souligne.)

Tandis que ces « États nucléarisés non déclarés » accusent Téhéran nonchalamment et sans preuves documentaires de développer des armes nucléaires, ils ont eux-mêmes la capacité de lancer des ogives nucléaires, lesquelles ciblent l’Iran la Syrie et la Russie. (Voir Michel Chossudovsky, Les « cinq puissances nucléaires » européennes « non déclarées », Mondialisation.ca, 18 février 2010.)

Les armes nucléaires israéliennes visent l’Iran. « Coordination » du déploiement d’armes nucléaires par les États-Unis et Israël.

C’est Israël plutôt que l’Iran qui constitue une menace à la sécurité mondiale.

Israël possède entre 100 et 200 ogives nucléaires stratégiques, toutes déployées contre l’Iran.

Déjà en 2003, Washington et Tel-Aviv confirmaient qu’ils collaboraient au « déploiement de missiles de croisière Harpoon dans la flotte israélienne de sous-marins de classe Dolphin. Ces missiles, fournis par les États-Unis, étaient armés d’ogives nucléaires ».(The Observer, 12 October 2003).

Selon le général russe Leonid Ivashov :

Depuis octobre 2006, l’armée et les cercles politiques israéliens parlent ouvertement de la possibilité de lancer des missiles et d’effectuer des frappes nucléaires contre l’Iran, et G. Bush a immédiatement appuyé l’idée. À l’heure actuelle [2007], on vante les mérites des frappes nucléaires sous la forme d’une « nécessité ». On apprend au public à croire qu’une telle possibilité n’a rien de monstrueux et qu’au contraire, une frappe nucléaire est tout à fait réalisable. On prétend qu’il n’y a aucun autre moyen d’« arrêter » l’Iran. (Général Leonid Ivashov, Iran Must Get Ready to Repel a Nuclear Attack, Global Research, janvier 2007. C’est l’auteur qui souligne.)

Il convient de noter qu’au début du second terme de Bush, le vice-président Dick Cheney avait dit très clairement que l’Iran était « en tête sur la liste » des ennemis voyous des États-Unis et qu’Israël allait, pour ainsi dire, « bombarder pour eux », sans que les États-Unis mettent de pression pour « qu’ils le fassent » et sans s’impliquer militairement.

Dans le contexte ci-dessus, l’analyste politique et historien Michael Carmichael a souligné l’intégration et la coordination du processus décisionnel militaire entre les États-Unis et Israël relativement au déploiement d’armes nucléaires :

Au lieu d’effectuer une frappe nucléaire directe contre les cibles renforcées de l’Iran, les États-Unis ont donné à Israël le devoir de lancer un ensemble coordonné de frappes nucléaires ciblant des installations nucléaires dans les villes iraniennes de Natanz, Ispahan et Arak. (Michael Carmichael, Global Research, janvier 2007)

« Aucune option n’est écartée » : Qu’est-ce que cela signifie dans le contexte de la planification militaire? L’intégration de systèmes d’armes nucléaires et conventionnelles

Les règles et directives de l’Armée étasunienne régissant l’utilisation des armes nucléaires ont été « libéralisées » (par exemple, elles ont été « déréglementées » par rapport à celles qui prévalaient durant la guerre froide). La décision d’utiliser des armes nucléaires tactiques contre l’Iran ne dépend plus du Commandant en chef, soit Barack Obama. Il s’agit d’une décision strictement militaire. La nouvelle doctrine stipule que le Commandement, le Contrôle et la Coordination (CCC) concernant l’utilisation d’armes nucléaires devraient être « flexible », permettant aux différents commandants de combat de décider d’utiliser ou non des armes nucléaires et à quel moment le faire :

Connue dans les cercles officiels de Washington sous le nom de « Joint Publication 3-12 », la nouvelle doctrine nucléaire (Doctrine for Joint Nuclear Operations, (DJNO) (mars 2005)) réclame « l’intégration des attaques nucléaires et conventionnelles » sous un Commandement et un Contrôle unifié et « intégré » (C2).

On y décrit largement la planification militaire comme un processus décisionnel managérial, où l’on doit atteindre des objectifs stratégiques et militaires grâce à un mélange d’instruments, cela sans trop se préoccuper de la perte de vies humaines qui en résulte.

Cela signifie que si une attaque contre l’Iran est lancée, des armes nucléaires tactiques feront partie intégrante de l’arsenal.

Du point de vue d’un processus décisionnel militaire, « aucune option n’est écartée » signifie que l’armée appliquera « l’utilisation de la force la plus efficace ». Dans ce contexte, les armes conventionnelles et nucléaires font partie de ce que le Pentagone appelle « le coffre à outils » dans laquelle les commandants militaires peuvent choisir à sa guise les instruments dont ils ont besoin conformément à « l’évolution des circonstances » dans le « théâtre de guerre ». (Voir Michel Chossudovsky, Is the Bush Administration Planning a Nuclear Holocaust? Global Research, 22 février 2006)

Une fois qu’une décision de lancer une opération militaire est prise (par exemple, des frappes aériennes contre l’Iran), les commandants de théâtre ont une certaine latitude. Cela signifie qu’en pratique, une fois que la décision présidentielle est prise, USSTRATCOM, en liaison avec les commandants de théâtre, peut décider quelles seront les cibles et le type d’armement utilisé. Les armes nucléaires tactiques stockées sont maintenant considérées comme partie intégrante de l’arsenal de champs de bataille. Autrement dit, les armes nucléaires font désormais « partie du coffre à outils » utilisé dans des théâtres de guerre conventionnels. (Michel Chossudovsky,Targeting Iran, Is the US Administration Planning a Nuclear Holocaust, Global Research, février 2006, C’est l’auteur qui souligne.)

L’intégration des guerres conventionnelle et nucléaire. CONPLAN 8022

Relativement à l’attaque planifiée contre l’Iran, la mention de l’intégration des armes nucléaires et conventionnelles, ainsi que l’utilisation de bombes nucléaires de manière préemptive dans un théâtre de guerre conventionnel constitue ce qu’il ya de plus pertinent dans les documents de l’Armée étasunienne

Cette proposition d’« intégrer » des systèmes d’armes conventionnels et nucléaires a d’abord été formulée en 2003 dans le CONPLAN 8022. On le décrit comme étant « un plan concept pour l’utilisation rapide des capacités de guerre conventionnelle, nucléaire et de l’information visant à détruire, de manière préemptive si nécessaire, des cibles “urgentes” n’importe où dans le monde [incluant en Iran] ». (Voir Michel Chossudovsky, US, NATO and Israel Deploy Nukes directed against Iran, Global Research, 27 septembre, 2007). Coordonné par l’US Strategic Command, le CONPLAN est devenu opérationnel au début de 2004. (Robert S. Norris and Hans M. Kristensen, Bulletin of Atomic Scientists).

Le CONPLAN ouvre une boîte de Pandore militaire. Il brouille la ligne séparant les armes conventionnelles des armes nucléaires et ouvre la porte à l’utilisation préemptive de bombes nucléaires « n’importe où dans le monde ».

L’absence de sensibilisation du public

La « communauté internationale » a cautionné une attaque contre l’Iran au nom de la paix mondiale.

« Rendre le monde plus sécuritaire » constitue la justification pour lancer une opération militaire qui pourrait résulter en un holocauste nucléaire.

Alors que l’on peut concevoir la perte de vie et la destruction résultant des guerres actuelles, incluant celles d’Irak et d’Afghanistan, il est impossible de comprendre entièrement la dévastation que pourrait entraîner une Troisième Guerre mondiale employant de « nouvelles technologies » et des armes sophistiquées, dont des bombes nucléaires, avant que cela ne se produise et devienne une réalité.

Les entreprises médiatiques bloquent délibérément la couverture de ces préparatifs de guerre. La guerre contre l’Iran et les dangers d’escalade ne sont pas considérés comme des « unes » de journaux. Les médias dominants ont exclu les analyses de fond et les débats sur les implications de ces plans de guerre.

L’Iran ne représente pas une menace nucléaire.

La menace à la sécurité mondiale émane de l’alliance militaire entre les États-Unis, l’OTAN et Israël, laquelle envisage, dans le cadre de CONPLAN, l’utilisation d’armes thermonucléaires contre un État non nucléarisé.

Dans les termes du général Ivashov : « On fait croire à l’opinion publique qu’une telle possibilité n’a rien de monstrueux. » Les armes nucléaires font partie du « coffre à outils ».

Une attaque contre l’Iran aurait des conséquences dévastatrices. Elle déclencherait une guerre régionale totale de l’est de la Méditerranée à l’Asie centrale, conduisant peut-être l’humanité à un scénario de Troisième Guerre mondiale.

L’administration Obama représente une menace nucléaire.

L’OTAN représente une menace nucléaire.

Cinq États européens « non nucléarisés » (l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie et la Turquie) détenant des armes nucléaires tactiques déployées sous commandement national et devant être utilisées contre l’Iran constituent une menace nucléaire.

Le gouvernement israélien du premier ministre Benjamin Netanyahou représente non seulement une menace nucléaire, mais aussi une menace à la sécurité du peuple israélien, induit en erreur quant aux implications d’une attaque des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

La complaisance de l’opinion publique occidentale, incluant des segments du mouvement antiguerre étasunien, est troublante. Aucune préoccupation n’a été exprimée dans la sphère politique concernant les conséquences probables d’une attaque contre l’Iran par les États-Unis, l’OTAN et Israël, et l’utilisation d’armes nucléaires contre un État non nucléarisé.

Une telle action entraînerait l’« impensable » : un holocauste nucléaire sur une grande partie du Moyen-Orient.

Il convient de noter qu’un cauchemar nucléaire aurait lieu même si l’on n’utilisait pas d’armes nucléaires. Le bombardement des installations nucléaires iraniennes à l’aide d’armes conventionnelles contribuerait à déclencher un désastre du même genre que Tchernobyl ou Fukushima avec des retombées radioactives de grande envergure.
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Discours de Barack Obama devant l’Union of Reform Judaism, 16 décembre 2011

Transcription (Extraits)

« Je souhaite la bienvenue au vice-premier ministre et ministre de la Défense Ehoud Barak. (Applaudissements.) La coopération entre nos armées n’a jamais été aussi forte et je voudrais remercier Ehoud pour son leadership, son engagement de toute une vie envers la sécurité d’Israël et la recherche d’une paix juste et durable. (Applaudissements.) Le programme nucléaire de l’Iran représente également une importante source d’inquiétudes et une menace pour la sécurité d’Israël, des États-Unis et du monde entier. C’est pour cela que notre politique est très claire : nous sommes déterminés à empêcher l’Iran de se procurer des armes nucléaires. (Applaudissements.) Et c’est pourquoi, dès que je suis entrée en fonction, nous avons travaillé assidument avec nos alliés et partenaires et nous avons imposé les sanctions les plus complètes et percutantes que le régime iranien ait jamais affrontées. Nous n’en avons pas seulement discuté, nous avons agi. Et nous allons maintenir la pression. (Applaudissements.) Et, rassurez-vous, c’est pour cette raison que nous n’écartons aucune option. Nous avons été clairs.

Nous continuerons à appuyer nos amis et alliés israéliens comme nous l’avons fait lorsqu’ils en ont eu le plus besoin. En septembre, lorsqu’un gang a menacé l’ambassade israélienne au Caire, nous nous sommes assurés que les hommes et les femmes qui y travaillaient puissent sortir en sécurité. (Applaudissements.) L’an dernier alors que des incendies menaçaient Haïfa, nous avons dépêché des avions anti-incendie pour aider à éteindre le feu. (Applaudissements.)

Sous ma surveillance, les États-Unis d’Amérique ont montré l’exemple, de Durban aux Nations Unies, en contrant les tentatives d’utiliser les forums internationaux pour délégitimer Israël et nous continueront à le faire. (Applaudissements.). C’est ce que font les amis et alliés l’un pour l’autre. Alors ne laissez personne vous dire le contraire. Nous avons été présents et le seront encore. Voilà les faits. (Applaudissements.)

Transcription disponible ici en anglais : vidéo du discours du président Obama devant l’Union for Reform Judaism le 16 décembre 2011: Discours à la Biennale de l’URJ, 71e Assemblée générale

Article original en anglais : Preparing to Attack Iran with Nuclear Weapons: “No Option can be taken off the Table.”, publié le 26 décembre 2011

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
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Mondialisation.ca, Le 11 octobre 2011
Al-Qaïda : la fin d’une légende
par Michel Chossudovsky

Tout au long de l’ère post 11-Septembre, Al-Qaïda et la « menace du terrorisme islamique » ont joué un rôle central dans la définition du programme diplomatique de Washington, façonnant sa rhétorique aux sommets mondiaux et établissant les limites de la doctrine militaire étasunienne.
La « guerre défensive » « préemptive » [1] contre Al-Qaïda et ses soi-disant « États commanditaires » constitue le fondement de la Stratégie de sécurité nationale (SSN) post 11-Septembre des États-Unis, formulée pour la première fois en 2002.
Dans la foulée du 11-Septembre, la légende d’Al-Qaïda s’est intégrée au pilier de la politique étrangère étasunienne. Dans la SSN de 2002, on trouve la notion de « réseau mondial de terroristes djihadistes » et d’« États finançant le terrorisme ». La réaction de l’administration étasunienne est de lancer « une guerre d’envergure mondiale », une « guerre mondiale au terrorisme » (GMAT) :
La guerre contre les terroristes ayant une portée internationale est une entreprise planétaire d’une durée incertaine [...] Les États-Unis agiront contre de telles menaces émergentes avant qu’elles ne soient entièrement formées […]
Les États voyous et les terroristes ne cherchent pas à nous attaquer par des moyens conventionnels. Ils savent que de telles attaques échoueraient. Ils s’en remettent plutôt à des actes de terreur et, potentiellement, à l’utilisation d’armes de destruction massive [...]
Les cibles de ces attaques sont nos forces militaires et notre population civile, une violation directe d’une des normes principales du droit de la guerre. Tel que démontré par les pertes le 11 septembre 2001, l’objectif spécifique des terroristes est d’infliger des pertes civiles massives et l’importance de ces pertes augmenterait de façon exponentielle si les terroristes obtenaient et utilisaient des armes de destruction massive.
Les États-Unis ont longtemps conservé la possibilité de mener des actions préemptives pour contrer une menace considérable pour notre sécurité nationale. Plus cette menace est grande, plus le risque de l’inaction l’est également et plus le plaidoyer en faveur d’une action par anticipation afin de nous défendre est convaincant [...] Afin de prévenir ou désamorcer de tels actes hostiles de la part de nos adversaires, les États-Unis agiront, si nécessaire, de manière préemptive. (National Security Strategy, Maison-Blanche, 2002)
L’objectif sous-jacent de la SSN de 2002 était de présenter l’« action militaire préemptive ». Elle signifiait que la guerre constituait un « acte d’autodéfense » contre deux catégories d’ennemis : les « États voyous » et les « terroristes islamiques », tous deux, disait-on, possédant des « armes de destruction massive ». Les « États voyous » étaient également définis comme des « États finançant le terrorisme ».
La SSN de 2002, ainsi que les documents subséquents de la Sécurité nationale comprenaient une liste de pays identifiés comme l’« axe du mal », sélectionnés pour une intervention militaire préemptive en vertu de la « guerre mondiale au terrorisme ». Cette liste comprenait l’Irak, l’Iran, le Soudan, la Syrie, la Libye et la Corée du Nord.
Alors que la Russie et la Chine, anciens ennemis du temps de la guerre froide, n’étaient pas officiellement désignées comme faisant partie de l’« axe du mal », elles étaient tout de même incluses (dans plusieurs documents militaires) dans la liste de pays ciblés pour une intervention militaire.
Dès le début en 2001, une vaste campagne de relations publiques a été lancée par le Pentagone dans le but de former et de manipuler l’opinion publique. Le coup de relations publiques consistait à couler des rapports sur les liens ou les relations entre Al-Qaïda et ses présumés États commanditaires (par exemple, comment Saddam appuyait ben Laden, etc.). L’objectif était de justifier des actions militaires préemptives contre des pays « abritant les terroristes ».
Ces déclarations émanant d’une autorité supérieure n’étaient ni vraies ni logiques. La « poursuite de ben Laden » est devenue un élément d’un consensus inflexible. La peur et l’insécurité prédominait sur le bon sens. Il s’agit d’une acceptation catégorique des structures du pouvoir et de l’autorité politique.
Immédiatement après les attaques du 11-Septembre, l’Afghanistan a été accusé d’abriter le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, le cerveau présumé derrière les attaques du 11-Septembre.
L’Afghanistan a été identifié comme un « État finançant le terrorisme ». Les attaques du 11-Septembre ont été catégorisées comme un acte de guerre, une attaque contre les États-Unis par une puissance étrangère. Le droit à l’autodéfense a été mis de l’avant.
Les agresseurs, les États-Unis et l’OTAN, ont été dépeints comme les victimes.
Le 12 septembre, moins de 24 heures après les attaques, pour la première fois de son histoire l’OTAN a invoqué « l’article 5 du traité de Washington, sa clause de défense collective », en déclarant que les attaques du 11-Septembre contre le World Trade Center (WTC) et le Pentagone constituaient « une attaque contre tous les membres de l’OTAN ».
On avait préconnaissance des événements du 11-Septembre. Les analystes militaires confirmeront que la guerre contre l’Afghanistan lancée le 7 octobre 2001 a été planifiée bien avant le 11-Septembre.
On a fait croire à l’opinion publique que les préparatifs de guerre ont été entamés le 12 septembre, à l’improviste, alors qu’il s’agissait du résultat de l’indignation et de l’outrage.
Homeland Security
« La patrie » (homeland) a émergé comme concept politique dans la foulée du 11-Septembre et a mené à l’instauration de l’US Department of Homeland Security (Département de la sécurité de la patrie des États-Unis [2])
La doctrine de guerre préemptive et la « défense de la patrie » sont intimement liées. Al-Qaïda, l’auteur présumé des attaques du 11-Septembre menace la « patrie étasunienne » avec l’appui des États finançant le terrorisme.
Feu Oussama ben Laden a été décrit comme le monstre, « l’ennemi numéro des États-Unis » menaçant la patrie.
Le but était de maintenir l’illusion que « les États-Unis sont attaqués » par Al-Qaïda. Washington a un mandat divin autoproclamé pour anéantir le fondamentalisme islamique et « propager la démocratie » à travers le monde.
La logique de l’« ennemi extérieur » et du scélérat, prétendument responsable des morts civils étasuniens, prédomine sur le bon sens. Dans la conscience intérieure des Étasuniens, les attaques du 11-Septembre 2001 justifient des actes de guerre et de conquête dirigés contre les États appuyant le terrorisme, incluant l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran.
À ce sujet, l’« Inquisition étasunienne » post 11-Septembre en tant que concept idéologique est, à bien des égards, similaire à l’ordre social inquisitorial qui prévalait en France et en Espagne durant le Moyen Âge. L’inquisition, ayant débuté en France au 12e siècle, a été utilisée pour justifier des interventions militaires et de conquête.
La guerre mondiale au terrorisme (GMAT)
On dit des actes terroristes qu’ils sont perpétrés par des organisations djihadistes non étatiques, prétendument appuyées et encouragées par les gouvernements de plusieurs pays musulmans, décrits comme les « États commanditaires » de la terreur. L’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, le Pakistan et l’Arabie Saoudite ont été accusés par Washington de soutenir Al-Qaïda.
Le 11-Septembre demeure le prétexte et la justification d’une guerre sans frontières. Après la « libération » de la Libye organisée par l’OTAN (août 2011), la Syrie et l’Iran, tous deux reconnus dans la doctrine militaire des États-Unis comme des États finançant la terreur, constituent la prochaine étape de la feuille de route militaire des États-Unis et de l’OTAN.
Al-Qaïda, dépeint comme un réseau fondamentaliste sunnite, est de plus en plus considéré comme une organisation djihadiste mondiale, une base, un réseau décentralisé composé d’organisations affiliées nationales et régionales.
La « guerre mondiale au terrorisme » est fondée dans le but de défendre la patrie étasunienne ainsi que le « mode de vie occidental ». Elle nécessite « la poursuite » des terroristes, et l’utilisation de systèmes d’armes sophistiqués, dont des ogives nucléaires. Elle prône une croisade préemptive contre le mal, de style religieux, servant à occulter les objectifs réels de l’action militaire.
L’acceptation de cette croisade contre le mal par le peuple étasunien ne se base sur aucune compréhension rationnelle ni aucune analyse des faits. Les mensonges sous-jacents au 11-Septembre sont connus et documentés. Les preuves confirment amplement qu’Al-Qaïda a été fondé avec l’appui de la CIA, en lien avec le renseignement pakistanais, la Direction pour le renseignement interservices (Inter-Services Intelligence ou ISI).
De la guerre soviéto-afghane à aujourd’hui, Al-Qaïda et ses organisations affiliées ont constitué des « atouts du renseignement » financés par les États-Unis et utilisés dans l’implantation des opérations clandestines de la CIA.
L’inquisition des États-Unis est employée pour étendre la sphère d’influence du pays et justifier des interventions militaires dans le cadre d’une campagne internationale contre le « terrorisme islamique ». Son but ultime, jamais mentionné dans les reportages, est la conquête territoriale et le contrôle des ressources stratégiques.
Dix ans plus tard : le discours présidentiel sur Al-Qaïda et le 11-Septembre continue
Le dogme de la GMAT a été initialement énoncé et formulé par les cercles de réflexions néoconservateurs de Washington. Il a été incorporé à la doctrine militaire étasunienne et fait toujours partie d’un consensus bipartisan. De George W. Bush à Barack Obama, ce dogme est devenu un thème central des discours présidentiels à la Maison-Blanche et dans les conférences de presse :
[George W. Bush, septembre 2001] « On nous a mis en garde contre la présence de personnes malfaisantes dans ce monde. On nous a avertit très clairement […] Et nous seront vigilants. Votre gouvernement est vigilant. Les gouverneurs et les maires sont conscients que des êtres diaboliques rôdent encore à l’extérieur. Comme je l’ai dit hier, des gens ont déclaré la guerre aux États-Unis et ils ont commis une grave erreur […] Mon administration a un travail à faire et elle le fera. Nous débarrasserons le monde des malfaiteurs. » (George W. Bush, CNN, 16 septembre 2001.)
[Barack Obama, septembre 2011] « Détrompez-vous, ils vont essayer de nous frapper à nouveau, mais comme nous l’avons encore démontré ce weekend, nous demeurons vigilants. Nous faisons tout en notre pouvoir pour protéger notre peuple […] Ils [les terroristes en Afghanistan et en Irak] veulent nous attirer dans des guerres sans fin en sapant notre force et notre confiance nationale. Toutefois, même si nous mettons une pression incessante sur Al-Qaïda, nous mettons un terme à la guerre en Irak et commençons à ramener les troupes d’Afghanistan à la maison. Après une longue décennie de guerre, il est temps de construire notre pays ici, à la maison. » (Barack Obama, Free Internet Press : President Obama: Al-Qaeda Threat Still Remains, 11 septembre 2011).
L’objectif de la « guerre mondiale au terrorisme » lancée en septembre 2001 était de galvaniser l’appui du public en faveur d’une campagne planétaire contre l’hérésie. Depuis les dix dernières années, une compréhension des événements politiques et sociaux fondamentaux est remplacée par un monde de pure fantaisie, où rôdent « des être malfaisants ».
Entre-temps, dans la foulée des attaques du 11-Septembre, Al-Qaïda a établi de nombreuses organisations affiliées à travers le monde musulman.
Al-Qaïda a proliféré. Là où la CIA mène des opérations de contre-insurrection, il y a des organisations affiliées à Al-Qaïda, dont :
Al-Qaïda en Irak (AQI);
Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) (comprenant Al-Qaïda en Arabie Saoudite et le Djihad islamique yéménite);
Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI);
le Groupe islamique combattant en Libye (GICL);
Al-Shabaab (Mouvement de la jeunesse moudjahidine) en Somalie;
le Djihad islamique égyptien;
le Mouvement islamique du Turkestan oriental au Xinjiang, en Chine;
etc.
Partout où Al-Qaïda s’est installé, les États-Unis ont mené des opérations de contre-insurrection sous l’égide de la « guerre mondiale au terrorisme ». Il semble qu’un bon nombre de ces associations liées à Al-Qaïda aient été établies avec l’appui de la CIA, en utilisant l’ISI pakistanais comme intermédiaire.
Là où se trouve Al-Qaïda, là où « rôdent des méchants », les États-Unis ont l’obligation d’intervenir au nom de la « communauté internationale ». La menace terroriste est utilisée comme prétexte pour interférer dans les affaires internes des pays souverains, impliquant l’envoi de forces spéciales et des attaques de drones, sans qu’il y ait réellement de déclaration de guerre. Ce genre d’opérations est décrit dans le Project of New American Century (Projet pour un nouveau siècle américain, PNAC) comme une fonction de gendarmerie.
Par ailleurs, dans le cadre de la GMAT, des campagnes militaires de grande envergure ont été menées dans plusieurs pays, comme les guerres en Afghanistan et en Irak. Les gouvernements afghan et irakien ont tous deux été identifiés comme des « états finançant le terrorisme ».
On dit également de la République islamique d’Iran qu’elle appuie Al-Qaïda. La doctrine de guerre préemptive de l’administration étasunienne repose sur cette relation présumée entre des organisations terroristes non étatiques et les États terroristes qui les financent. Il est entendu, pari passu, que les États qui financent le terrorisme, peu importe lesquels, sont également responsables des attaques du 11-Septembre, c’est-à-dire d’avoir soutenu et encouragé Al-Qaïda.

Article original en anglais : The Al Qaeda Legend : Wither The “Global War on Terrorism”? Part I, paru le 3 octobre 2011.
Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca
[1] Note de l’éditeur : « préemptive » est une terme anglais qui a été utilisé par l’ex-président Georges W. Bush en juin 2002. Le terme de « guerre préemptive » est ainsi différent de celui de « guerre préventive » et signifie plus précisément « devancer l’adversaire » face à une menace – soi-disant – réelle et constatée. Ce terme est employé en relation avec la guerre au terrorisme. Pour plus d’informations sur l’utilisation du concept de guerre préemptive voir le site web Ressources pour la Paix http://www.irenees.net/fr/fiches/notions/fiche-notions-175.html
[2] NDT : Homeland Security signifie littéralement « sécurité de la patrie », mais on emploie communément « sécurité intérieure ».

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
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Mondialisation.ca, Le 23 septembre 2011
La destruction du niveau de vie d’un pays: Ce que la Libye avait accompli, ce qui a été détruit
par Michel Chossudovsky

« Il n’y a pas de lendemain » dans le cadre d’une rébellion d’Al-Qaïda financée par l’OTAN.

Alors qu’un gouvernement rebelle « prodémocratique » a été établi, le pays a été détruit.

Avec la propagande de guerre en toile de fond, les réussites économiques et sociales de la Libye des trente dernières années ont été brutalement ruinées:

La Jamahiriya arabe libyenne a un niveau de vie élevé et un solide apport calorique quotidien de 3144 par habitant. Le pays a fait des progrès sur le plan de la santé publique et depuis 1980, le taux de mortalité infantile a chuté de 70 à 19 sur mille naissances vivantes. L’espérance de vie est passée de 61 à 74 ans durant la même période. (FAO, Rome, Libya, Country Profile)

Selon des secteurs de la « gauche progressiste » ayant endossé le mandat de la responsabilité de protéger de l’OTAN, « l’ambiance en Libye, particulièrement à Tripoli, est celui d’un sentiment d’euphorie, partout. Les gens sont incroyablement excités à l’idée de repartir à zéro. Il y a vraiment une sensation de renaissance, une impression que leurs vie recommencent. (DemocracyNow.org, 14, septembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

On présente simplement les rebelles comme des « libérateurs ». Le rôle principal des terroristes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs des rebelles n’est pas mentionné.

« Recommencer à zéro » dans la foulée de la destruction? La peur et le désespoir social, les innombrables décès et les atrocités sont amplement documentés dans les médias indépendants.

Il n’y a pas d’euphorie. Il s’est produit un renversement historique dans le développement économique et social du pays. Les réalisations ont été effacées.

L’invasion et l’occupation de l’OTAN signalent la « renaissance » désastreuse du niveau de vie libyen. Voici la vérité interdite et inexprimée : un pays entier a été déstabilisé et détruit, son peuple a été mené à une extrême pauvreté.

Dès le départ, le but des bombardements de l’OTAN consistait à anéantir le niveau de vie, les infrastructures sanitaires, les écoles, les hôpitaux et le réseau de distribution d’eau du pays, pour ensuite « reconstruire » avec l’aide des donateurs et créanciers gouvernés par le FMI et la Banque mondiale.

Les diktats du « marché libre » sont une condition préalable à l’instauration d’une « dictature démocratique » à l’occidentale.

Il y a eu environ 9 mille sorties de frappe, des dizaines de milliers de frappes sur des cibles civiles, incluant des zones résidentielles, des édifices gouvernementaux, des installations électrogènes et d’approvisionnement d’eau. (Voir Communiqué de l’OTAN, 5 septembre 2011. 8140 sorties de frappe du 31 mars au 5 septembre 2011.)

Un pays en entier a été bombardé avec l’artillerie la plus sophistiquée qui soit, y compris des munitions à revêtement d’uranium.

Déjà en août, l’UNICEF annonçait que le bombardement intensif des infrastructures hydrauliques libyennes par l’OTAN « pourrait se transformer en une crise sanitaire sans précédent ». (Christian Balslev-Olesen du bureau de l’UNICEF en Libye, août 2011.)

Entre-temps, les investisseurs et donateurs se sont positionnés. « La guerre, c’est bon pour les affaires. » L’OTAN, le Pentagone et les institutions financières internationales (IFI) établies à Washington collaborent étroitement. Ce qui a été détruit par l’OTAN sera reconstruit et financé par les créanciers externes de la Libye, chapeautés par le « consensus de Washington » :

« On a spécifiquement demandé à la Banque [mondiale] d’examiner les besoins de réparation et de restauration des services dans les secteurs de l’eau, de l’énergie et du transport [bombardés par l'OTAN] et, en coopération avec le Fonds monétaire international, d’appuyer la préparation du budget [mesures d'austérité] et d’aider à remettre le secteur bancaire sur pied [la banque centrale libyenne a été l'un des premiers édifices gouvernementaux à être bombardés]. La création d’emplois pour les jeunes Libyens a été ajoutée aux besoins urgents auxquels le pays est confronté. » (Aide de la Banque mondiale à la Libye en vue de sa reconstruction et de la fourniture de services essentiels à ses citoyens C’est l’auteur qui souligne.)

Les réussites de la Libye sur le plan du développement

Peu importe l’opinion que l’on peut avoir de Mouammar Kadhafi, le gouvernement libyen postcolonial a joué un rôle clé dans l’élimination de la pauvreté et le développement des infrastructures sanitaires et d’enseignement. Selon la journaliste italienne Yvonne de Vito :

« Contrairement aux autres pays ayant connu une révolution, la Libye est considérée comme la Suisse du continent africain. Elle est très riche et l’éducation est gratuite, les soins de santé sont gratuits et les conditions pour les femmes sont bien meilleures que dans d’autres pays arabes. » (Russia Today, 25 août 2011.)

Ces développements contrastent drastiquement avec ce que la plupart des pays du tiers-monde ont été en mesure d’« accomplir » dans le cadre d’une « démocratie » et d’une « gouvernance » à l’occidentale, et le contexte d’un traditionnel programme d’ajustement culturel (PAS) du FMI et de la Banque mondiale.

Système de santé public

Avant l’« intervention humanitaire » de l’OTAN, le système de santé public en Libye était le meilleur d’Afrique. « Tous les citoyens ont [avaient] accès gratuitement aux soins de santé publics. En Afrique du nord, le pays affiche les plus hauts taux d’alphabétisation et d’inscriptions aux collèges et universités. Le gouvernement augmente [augmentait] substantiellement le budget du développement pour les services de santé. (WHO Libya Country Brief).

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a confirmé que la dénutrition était en-deçà de 5 % avec un apport calorique quotidien de 3144. (Les données de la FAO relatives à l’apport calorique indiquent la disponibilité plutôt que la consommation.)

La Jamahiriya arabe libyenne fournissait à ses citoyens ce qui est refusé à bien des Étasuniens : des services de santé gratuits et une éducation gratuite, comme le confirment les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de l’UNESCO.

Selon l’OMS, l’espérance de vie à la naissance était de 72,3 ans (2009), l’une des plus élevées des pays en développement.

Le taux de mortalité infantile des moins de 5 ans pour 1000 naissances vivantes a chuté, passant de 71 en 1991 à 14 en 2009. (WHO Libya Country Brief).

INFORMATION GÉNÉRALE Jamahiriya arabe libyenne 2009
Population totale (000) 6 420

Taux annuel moyen de croissance (%) ^ 2,0

Population 0-14 ans (%) ^ 28

Population rurale (%) ^ 22

Indice synthétique de fécondité (naissances par femme) ^ 2,6

Taux de mortalité infantile (0/00^ 17

Espérance de vie à la naissance (années) ^ 75

Taux (%) de prévalence du VIH, adultes (15-49 ans) ^ …

Population vivant avec moins de 2 $EU par jour (%) ^ …

PIB par habitant (PPP) $ EU ^ 16502

Taux annuel moyen de croissance du PIB (%) ^ 2,1

Total de la dette en pourcentage du GNI (%) ^ …

Enfants d’âge scolaire du primaire qui ne sont pas scolarisés (%) (1978) 2

Source: UNESCO. Profil de la Libye

Jamahiriya arabe libyenne (2009)

Espérance de vie générale à la naissance (années) 72.3
Espérance de vie à la naissance chez les hommes (années) 70.2
Espérance de vie à la naissance chez les femmes (années) 74.9
Nouveaux nés ayant un faible poids à la naissance (%) 4.0
Enfants d’un poids insuffisant (%) 4.8
Taux de mortalité périnatale pour 1000 naissances totales 19
Taux de mortalité néonatale 11.0
Taux de mortalité infantile (pour 1000 naissances vivantes) 14.0
Mortalité infantile chez les moins de 5 ans (pour 1000 naissances vivantes) 20.1
Ratio de mortalité maternelle (pour 1000 naissances vivantes) 23

Source OMS http://www.emro.who.int/emrinfo/index.aspx?Ctry=liy

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Éducation

Le taux d’alphabétisme était de 89 % en 2009, (94 % chez les hommes et 83 % chez les femmes) et 99,9 % des jeunes sont alphabètes. (UNESCO données de 2009. Voir UNESCO, Profil de la Libye)

Le ratio brut d’effectifs scolarisés au primaire était de 97 % pour les garçons et les filles. (Voir les tableaux de l’UNESCO)

Le ratio de professeurs stagiaires dans les écoles primaires libyennes était de 17 et 74 % des enfants graduant de l’école primaire étaient inscrits à l’école secondaire (données de 1983 de l’UNESCO).

Selon des données plus récentes, lesquelles confirment une nette augmentation des effectifs scolarisés, le taux brut de scolarisation (TBS) dans les écoles secondaires était de l’ordre de 108 % en 2002. « Pour un niveau d’éducation donné, le TBS représente le nombre d’enfants scolarisés, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage du groupe d’âge pour ce niveau » (Ibid).

En ce qui a trait aux effectifs scolarisés au niveau supérieur (postsecondaire, collège et université), le TBS était de 54 % en 2002 (52 chez les hommes et 57 chez les femmes). (Pour plus de détails voir Profil éducation (tous les niveaux) – Jamahiriya arabe libyenne)

Droits des femmes

Relativement aux droits des femmes, la Banque mondiale cite des performances significatives.

« Au cours d’une période relativement courte, la Libye a réussi à offrir un accès universel à l’éducation primaire avec 98 % d’effectifs scolarisés au secondaire et 46 % au niveau supérieur. Dans la dernière décennie, les effectifs féminins ont augmenté de 12 % à tous les niveaux d’éducation. Aux niveaux primaire et secondaire, les filles ont dépassé les garçons de 10 %. » (World Bank Libya Country Brief. C’est l’auteur qui souligne.)

Contrôle des prix des produits alimentaires de première nécessité

Dans la plupart des pays en développement les prix des denrées alimentaires essentielles ont monté en flèche en raison de la déréglementation des marchés, la levée du contrôle des prix et l’élimination des subventions, suivant les conseils de la Banque mondiale et du FMI favorisant le « marché libre ».

Ces dernières années, les prix du carburant et des denrées alimentaires essentielles ont augmenté drastiquement à la suite de transactions spéculatives sur les grandes bourses de marchandises.

La Libye a été l’un des rares pays en développement à maintenir un système de contrôle des prix sur les denrées alimentaires de première nécessité.

Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a reconnu dans une déclaration d’avril 2011 que le prix des denrées alimentaires essentielles avait grimpé de 36 % au cours de la dernière année. (Voir Robert Zoellick, World Bank.)

La Jamahiriya arabe libyenne avait instauré un système de contrôle de prix sur ces denrées, lequel était toujours en vigueur au début de la guerre menée par l’OTAN.

Alors que l’augmentation des prix des aliments dans les pays voisins comme la Tunisie et l’Égypte ont déclenché des troubles sociaux et une dissidence politique, le système de subventions alimentaires en Libye a été maintenu.

Ces faits sont confirmés par plusieurs agences spécialisées de l’ONU.

« La diplomatie des missiles » et « le marché libre »

La guerre et la mondialisation sont intrinsèquement liées. Le FMI et l’OTAN travaillent en tandem, en lien avec les cercles de réflexion de Washington.

Les pays peu disposés à accepter les remèdes enrobés de sucre de la « médecine économique » du FMI feront tôt ou tard l’objet d’une opération humanitaire de l’OTAN en vertu de sa responsabilité de protéger.

Déjà Vu? Sous le règne de l’Empire britannique, « la diplomatie canonnière » était une façon d’imposer le « libre-échange ». Le 5 octobre 1850, l’envoyé britannique au Siam, Sir James Brooke, avait recommandé au gouvernement de Sa Majesté que :

« [S]i ces exigences équitables [d’imposer le libre-échange] étaient refusées, la présence d’une force serait immédiatement requise pour les faire respecter par la destruction rapide des défenses du fleuve [Chao Praya] […] Le Siam devrait avoir la leçon qu’il mérite depuis longtemps : son gouvernement devrait être remodelé, un roi plus favorable mis sur le trône et une influence devrait être acquise dans le pays, le rendant ainsi important pour l’Angleterre sur le plan commercial. (The Mission of Sir James Brooke, cité dans M.L. Manich Jumsai, King Mongkut et Sir John Bowring, Chalermit, Bangkok, 1970, p. 23)

Aujourd’hui nous appelons cette tactique « changement de régime » et « diplomatie de missile », laquelle prend invariablement la forme d’une « zone d’exclusion aérienne » sous l’égide de l’ONU. Son but est d’imposer la « médecine économique » fatale du FMI, faite de mesures d’austérité et de privatisation.

Les programmes de « reconstruction » des pays déchirés par la guerre et financés par la Banque mondiale sont en coordination avec la planification militaire des États-Unis et de l’OTAN. Ils sont toujours formulés avant l’offensive militaire.

La confiscation des avoirs financiers libyens

Les avoirs financiers étrangers bloqués de la Libye sont estimés à 150 milliards de dollars, les pays de l’OTAN en détenant plus 100 milliards.

Avant la guerre, la Libye n’avait pas de dettes. Au contraire. C’était un pays créancier investissant dans les pays africains voisins.

L’intervention militaire en vertu de la « responsabilité de protéger » vise à pousser la Jamahiriya arabe libyenne dans le carcan d’un pays en développement endetté, sous la supervision des institutions de Bretton Woods établies à Washington.

Ironie amère du sort, après avoir volé la richesse pétrolière libyenne et confisqué ses avoirs financiers à l’étranger, la « communauté de donateurs » s’est engagée à prêter cet argent (volé) pour financer la « reconstruction » d’après-guerre en Libye. La Libye doit joindre les rangs des pays africains endettés que le FMI et la Banque mondiale ont menés à la pauvreté depuis l’offensive de la crise de la dette au début des années 1980.

Le FMI a promis 35 milliards de dollars de financement [prêts] supplémentaire aux pays affectés par les soulèvements du printemps arabe et a reconnu formellement le conseil intérimaire libyen comme autorité légitime, ouvrant ainsi l’accès à une myriade de prêteurs internationaux alors que le pays envisage de se reconstruire après une guerre de six mois. […]

La reconnaissance du FMI est significative pour les dirigeants intérimaires de la Libye puisque cela signifie que les banques internationales de développement et les donateurs tels que la Banque mondiale peuvent maintenant offrir du financement.

Les pourparlers de Marseille ont eu lieu quelques jours après que les dirigeants mondiaux se furent entendus pour dégeler des milliards de dollars d’avoirs [d’argent volé] pour aider [par des prêts] les dirigeants intérimaires libyens à restaurer des services fondamentaux et à reconstruire après un conflit ayant mis fin à 42 ans de dictature.

L’accord de financement par les grandes puissances économiques du Groupe des 7 et de la Russie vise à appuyer les efforts de réforme [ajustement structurel sous l’égide du FMI] dans la foulée des révoltes en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Le financement vient principalement sous forme de prêts plutôt que de subventions. La moitié provient du G8 et des pays arabes, et le reste de divers prêteurs ainsi que de banques de développement. (Financial Post, 10 septembre 2011. C’est l’auteur qui souligne.)

http://www.truthseeker444.blogspot.com/

TABLEAU (Traduction)

Estimation des fonds libyens investis à l’étranger par la Libyan Investment Authority (Autorité libyenne d’investissements) 150 milliards.

États-Unis 34 milliards
Grande-Bretagne 19,2 milliards
France 10,56 milliards
Belgique 19 milliards
Italie 9,73 milliards
Pays-Bas 4,17 milliards
Canada 2,4 milliards

La totalité des fonds détenus par l’alliance envahisseuse de l’OTAN est de 99,9 milliards de dollars. Il se trouve que près des 2/3 des investissements libyens à l’étranger sont détenus dans des pays constituant les forces envahisseuses de l’OTAN!

L’Allemagne possède 9,73 milliards de plus!

Article original en anglais : Destroying a Country’s Standard of Living: What Libya Had Achieved, What has been Destroyed, publié le 23 septembre 2011.

Traduction par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.
Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
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Mondialisation.ca, Le 24 octobre 2011
Occupy Wall Street et « l’automne étasunien » : S’agit-il d’une révolution de couleur?
par Michel Chossudovsky

Un mouvement de protestation populaire se développe à travers les États-Unis, comprenant des gens de tous les milieux et de tous les groupes d’âge, conscients qu’un changement social est nécessaire et tous engagés à renverser la vapeur.

Les racines de ce mouvement constituent une réponse au « programme de Wall Street » favorisant la fraude et la manipulation financières et ayant servi à entraîner chômage et pauvreté à travers le pays.

Dans sa forme actuelle, ce mouvement est-il un instrument de réforme significative et de changement social aux États-Unis?

Quelle est la structure organisationnelle de ce mouvement? Qui en sont les principaux artisans?
Le mouvement a-t-il été coopté, en partie ou en entier?

Il s’agit de questions importantes qui doivent être abordées par ceux qui font partie du mouvement Occupons Wall Street et ceux qui, partout aux États-Unis, appuient la véritable démocratie.

Introduction

À travers l’histoire, les mouvements sociaux ont été infiltrés, leurs chefs cooptés et manipulés par le financement privé d’organisations non gouvernementales (ONG), de syndicats et de partis politiques. Le but ultime du financement de la dissidence est d’empêcher le mouvement protestataire de contester la légitimité des élites économiques :

L’ironie amère dans cette histoire est qu’une partie des gains financiers frauduleux obtenus à Wall Street dans les dernières années ont été recyclés dans les fondations et organisations caritatives exonérées d’impôts appartenant aux élites. Ces gains financiers fortuits n’ont pas été uniquement utilisés pour acheter des politiciens, mais ont aussi été acheminés aux ONG, aux instituts de recherche, aux centres communautaires, aux groupes confessionnels, aux environnementalistes, aux médias alternatifs, aux groupes de défense des droits humains, etc.

L’objectif profond est de « fabriquer la dissidence » et d’établir les limites d’une opposition « politiquement correcte ». Par ailleurs, bien des ONG sont infiltrées par des informateurs agissant au nom de services de renseignement occidentaux. En outre, un segment de plus en plus grand des médias alternatifs progressistes sur Internet est devenu dépendant du financement de fondations et d’organisations caritatives privées.

Le but des dirigeants d’entreprise a été de fragmenter le mouvement populaire en une vaste mosaïque du type « faites-le-vous-même ». (Voir Michel Chossudovsky, Manufacturing Dissent: the Anti-globalization Movement is Funded by the Corporate Elites, Global Research, 20 septembre 2010.)

« Fabriquer la dissidence »

« La dissidence fabriquée » vise en même temps à promouvoir les divisions sociales et politiques (par exemple à l’intérieur des partis politiques et des mouvements sociaux et entre ceux-ci). Cela encourage la création de factions au sein de chaque organisation.

En ce qui a trait au mouvement antimondialisation, ce processus de division et de fragmentation date des débuts du Forum social mondial. (Ibid.)

Au cours des trente dernières années, la plupart des organisations progressistes fondées après la Seconde Guerre mondiale, incluant la « gauche » européenne, ont été transformées et remodelées. Le système de « marché libre » (néolibéralisme) constitue le consensus de la « gauche ». Cela s’applique entre autres au Parti socialiste en France, au Parti travailliste en Grande-Bretagne, au Parti social-démocrate en Allemagne, sans oublier le Parti vert en France et en Allemagne.

Aux États-Unis, le bipartisme n’est pas le produit d’une entente entre deux partis. Une poignée de puissants lobbys d’entreprise contrôlent à la fois les Républicains et les Démocrates. « Le consensus bipartite » est établi par les élites qui œuvrent dans les coulisses. Ce consensus est appliqué par les principaux lobbys d’entreprise qui ont une emprise sur les deux principaux partis politiques.

En outre, les chefs de l’AFL-CIO [la fédération des organisations syndicales] ont aussi été cooptés par l’establishment d’entreprise, contre la base du mouvement ouvrier étasunien.

Les chefs des organisations syndicales assistent aux réunions annuelles du Forum économique mondial de Davos (FEM) et collaborent à la Table ronde des entreprises. Toutefois, la base du mouvement ouvrier étasunien cherche simultanément à mettre en œuvre des changements organisationnels contribuant à démocratiser le leadership de chaque syndicat.

Les élites promouvront un « rituel de dissidence » bien en vue dans les médias et sur Internet, avec l’appui de la télévision réseau et des réseaux privés d’information.

Les élites économiques, qui contrôlent les grandes fondations, supervisent également le financement de nombreuses organisations de la société civile historiquement impliquées dans les mouvements de protestation contre l’ordre économique et social établi. Les programmes de bien des ONG (incluant celles impliquées dans le mouvement Occupy Wall Street) comptent sur le financement de fondations privées, dont, entre autres, les Fondations Ford, Rockefeller, MacArthur et Tides.

À travers l’histoire, le mouvement antimondialisation, ayant émergé dans les années 1990, s’est opposé à Wall Street et aux géants texans du pétrole contrôlés par Rockefeller et al. Pourtant, au fil des ans, les fondations et organisations caritatives des Rockefeller, Ford et al. ont généreusement financé les réseaux progressistes anticapitalistes, ainsi que les environnementalistes (opposés aux grandes pétrolières), dans le but ultime de superviser et de modeler leurs diverses activités.

Les « révolutions de couleur »

Au cours de la dernière décennie, les « révolutions de couleur » ont émergé dans plusieurs pays. Elles sont des opérations des services de renseignement des États-Unis consistant à appuyer clandestinement des mouvements de protestation dans le but de provoquer un « changement de régime » en vertu d’un mouvement démocratique.

Les « révolutions de couleur » sont soutenues entre autres par le National Endowment for Democracy (NED), l’International Republican Institute (IRI) et Freedom House (FH). L’objectif de telles révolutions est de fomenter des troubles sociaux et d’utiliser le mouvement de protestation pour renverser le gouvernement existant. Le but ultime de la politique étrangère est de mettre en place un gouvernement pro-étasunien (ou « régime fantoche »).

Le « printemps arabe »

Dans le « printemps arabe » égyptien, les principales organisations de la société civile, dont Kifaya! (Assez!) et le Mouvement de la Jeunesse du 6 avril, ont non seulement été appuyées par des fondations situées aux États-Unis, mais elles avaient également l’approbation du département d’État étasunien. (Pour de plus amples détails voir Michel Chossudovsky, Le mouvement de protestation en Égypte : Les « dictateurs » ne dictent pas, ils obéissent aux ordres, Mondialisation.ca, 29 janvier 2011.)

Dissidents égytptiens, fellows de Freedom House à Washington D.C. (2008)

L’ironie amère du sort est que Washington a soutenu la dictature de Moubarak, incluant ses atrocités, tout en appuyant et en finançant ses détracteurs […] Sous les auspices de Freedom House, les dissidents égyptiens et les opposants d’Hosni Moubarak (voir ci-dessus), ont été reçus en mai 2008 par Condoleezza Rice […] et le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche Stephen Hadley. (Voir Michel Chossudovsky, Le mouvement de protestation en Égypte : Les « dictateurs » ne dictent pas, ils obéissent aux ordres, Mondialisation.ca, 29 janvier 2011.)

L’année suivante (mai 2009), une délégation de dissidents égyptiens a été reçue par la secrétaire d’État Hillary Clinton (voir ci-dessous).

La secrétaire d’État Hillary Clinton parle avec des « activistes égyptiens promouvant la liberté et la démocratie » avant des réunions avec le département d’État à Washington, D.C., le 28 mai 2009.

Comparez les deux photos. Une partie de la délégation de 2008, rencontrant Condoleezza Rice, fait partie de la délégation de 2009 rencontrant Hillary Clinton.

OTPOR et le Centre for Applied Non Violent Action and Strategies (CANVAS)

Les dissidents du Mouvement de la Jeunesse du 6 avril, lequel a été durant plusieurs années en liaison permanente avec l’ambassade des États-Unis au Caire, ont été entraînés par le Centre for Applied Non Violent Action and Strategies (Centre d’action et de stratégies non-violentes appliquées, CANVAS) une firme serbe de formation et d’experts-conseils spécialisée dans la « révolution », appuyée pas FH et NED.

CANVAS a été établi en 2003 par OTPOR, une organisation serbe soutenue par la CIA et ayant joué un rôle central dans la chute de Slobodan Milosevic dans la foulée des bombardements de l’OTAN en Yougoslavie en 1999.

À peine deux mois après la fin des bombardements de la Yougoslavie en 1999, OTPOR a été amené à jouer un rôle clé dans l’installation d’un gouvernement « gardien » en Serbie, financé par les États-Unis et l’OTAN. Ces développements ont aussi ouvert la voie à la séparation du Monténégro de la Yougoslavie, à l’établissement de la base militaire étasunienne Bondsteel et, ultimement, à la formation d’un État mafieux au Kosovo.

En août 1999, la CIA aurait mis en place un programme de formation pour OTPOR dans la capitale bulgare, Sofia :

À l’été 1999, le chef de la CIA, George Tenet, s’est installé à Sofia en Bulgarie pour « éduquer » l’opposition serbe. Le 28 août dernier [2000] la BBC a confirmé qu’un cours spécial de 10 jours avait été donné aux militants d’OTPOR, eux aussi à Sofia.

Le programme de la CIA est un programme divisé en phases successives. Au début, ils flattent le patriotisme serbe et l’esprit d’indépendance, en agissant comme s’ils respectent ces qualités. Mais après avoir semé la confusion et brisé l’unité du pays, la CIA et l’OTAN allaient aller beaucoup plus loin. (Gerard Mugemangano et Michel Collon, « Être en partie contrôlé par la CIA? Ca ne me dérange pas trop. ». Entrevue avec deux activistes du mouvement étudiant OTPOR, Investig’Action, 1er octobre 2000. Voir aussi « CIA is tutoring Serbian group, Otpor », The Monitor, Sofia, traduit par Blagovesta Doncheva, Emperors Clothes, 8 septembre 2000.)

« Le commerce de la révolution »

Le Centre for Applied Non Violent Action and Strategies (CANVAS) d’OTPOR se décrit comme « un réseau international de formateur et d’experts-conseils » impliqué dans « le commerce de la révolution ». Financé par NED, il constitue une boîte de services-conseils qui, dans plus de 40 pays, conseille et forme des groupes d’opposition financés par les États-Unis.

OTPOR a joué un rôle clé en Égypte.

Place Tahir, Égypte : Ce qui semblait être un processus spontané de démocratisation était une opération du renseignement soigneusement planifiée. Voir la vidéo ci-dessous.

Égypte. Le logo du Mouvement du 6 avril.

Le Mouvement de la Jeunesse du 6 avril en Égypte, le même logo avec le poing. Source Infowars.

Et le Mouvement du 6 avril et Kifaya (Assez!) ont reçu auparavant une formation de CANVAS à Belgrade « en stratégies de révolution non violente ». « Selon Stratfor, les tactiques utilisées par le Mouvement du 6 avril et Kifaya “sortaient tout droit du plan de formation de CANVAS” ». (Cité dans Tina Rosenberg, Revolution U, Foreign Policy, 16 février 2011.)

Il convient de noter la similarité entre les logos ainsi que les noms des « révolutions de couleur » organisées par CANVAS et OTPOR. Le Mouvement du 6 avril en Égypte a employé le poing fermé comme logo et Kifaya (Assez !) a le même nom que le mouvement jeunesse de protestation soutenu par OTPOR en Géorgie, appelé Kmara ! (Assez !). Les deux groupes ont été entraînés par CANVAS.

Kmara ! (Assez !) en Géorgie

Le rôle de CANVAS et OTPOR dans le mouvement Occupy Wall Street

CANVAS et OTPOR sont actuellement impliqués dans le mouvement Occupy Wall Street (#OWS).

Plusieurs organisations clés également impliquées dans ce mouvement ont joué un rôle notoire dans le « printemps arabe ». Fait significatif, Anonymous, le groupe d’hacktivistes actifs dans les médias sociaux, s’est engagé dans des cyberattaques contre des sites Web du gouvernement égyptien au plus fort du « printemps arabe ». (http://anonops.blogspot.com, voir aussi http://anonnews.org/)

En mai 2011, Anonymous a mené des cyberattaques contre l’Iran. En août dernier il a livré des attaques similaires contre le ministère syrien de la Défense. Ces cyberattaques ont été lancées en appui à l’« opposition » syrienne en exil, intégrée en grande partie par des islamistes. (Voir Syrian Ministry Of Defense Website Hacked By ‘Anonymous’, Huffington Post, 8 août 2011.)

Les actions d’Anonymous en Syrie et en Iran concordent avec la structure des « révolutions de couleur ». Elles visent à diaboliser le régime politique et à créer de l’instabilité. (Pour une analyse sur l’opposition syrienne voir Michel Chossudovsky, SYRIA: Who is Behind The Protest Movement? Fabricating a Pretext for a US-NATO “Humanitarian Intervention” Global Research, 3 mai 2011)

CANVAS et Anonymous sont maintenant impliqués activement dans le mouvement Occupy Wall Street.

Il faut encore évaluer le rôle précis de CANVAS dans ce mouvement.

Ivan Marovic, un leader de CANVAS s’est adressé récemment au mouvement de protestation Occupy Wall Street à New York. Écoutez attentivement son discours. (Rappelez-vous que son organisation, CANVAS, est appuyée par NED.)

Both CANVAS and Anonymous are now actively involved in the Occupy Wall Street Movement.
The precise role of CANVAS in the Occupy Wall Street Movement remains to be assessed.
Ivan Marovic, a leader of CANVAS recently addressed the Occupy Wall Street protest movement in New York City. Listen carefully to his speech. (Bear in mind that his organization CANVAS is supported by NED).

Ivan Marovic s’adresse au mouvement Occupy Wall Street
http:/www.youtube.com/watch?v=LkM3BBtc7N0

Marovic a reconnu dans une déclaration antérieure qu’il n’y a rien de spontané dans la planification d’un « événement révolutionnaire » :

On dirait que les gens sont simplement allés dans la rue, mais c’est le résultat de mois voire d’années de préparation. C’est très ennuyeux jusqu’à ce que l’on atteigne un certain point, où l’on organise des manifestations ou des grèves de grande envergure. Si c’est soigneusement planifié, lorsque ça commence, c’est une question de semaines avant que tout soit terminé. (Cité dans Tina Rosenberg, Revolution U, Foreign Policy, 16 février 2011.)

Cette déclaration du porte-parole d’OTPOR, Ivan Marovic, suggère que les mouvements de protestation dans le monde arabe ne se sont pas étendus spontanément d’un pays à l’autre, tel que l’on présenté les médias occidentaux. Les mouvements de protestation nationaux ont été planifiés bien à l’avance. La chronologie et la succession de ces mouvements ont également été planifiées.

Cette déclaration de Marovic suggère aussi que le mouvement Occupy Wall Street a également fait l’objet d’une planification par un certain nombre d’organisations clés en ce qui a trait aux tactiques et à la stratégie.

Il convient de noter que l’une des tactiques d’OTPOR n’est pas d’« éviter les arrestations », mais plutôt de les « provoquer et de les utiliser au profit du mouvement » comme stratégie de relations publiques. (Ibid.)

Le poing fermé d’Occupy Wall Street sur http://occupywallst.org

PORA ; Il est temps!

KMARA ; Assez!

OBORONA ; Défense

KELKEL ; Nouvelle époque

Article original en anglais : Occupy Wall Street and “The American Autumn”: Is It a “Colored Revolution”?, paru le 13 octobre 2011.

Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).
Guerre et mondialisation
Mondialisation de la pauvreté.
Articles de Michel Chossudovsky publiés par Mondialisation.ca

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